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Comment expliquer le bon début de saison de Gregory Bourdy ?

Gregory Bourdy : de retour à son meilleur niveau en 2013

Avec deux podiums pour l’exercice 2013 de la Race To Dubai, Gregory Bourdy est assurément, le plus prolifique des golfeurs tricolores sur l’European Tour. Déjà vainqueur à trois reprises depuis le début de sa carrière sur le circuit professionnel européen, peut-il à nouveau s’imposer, et rejoindre le top 100 mondial?

3ème du dernier Alfred Dunhill Championship, cette prestation avait déjà éveillé notre intérêt dans un période plutôt difficile pour le golf français, mais on ne savait pas si elle serait suivi d’effet ou seulement anecdotique, tant les performances sur le circuit européen peuvent être difficiles à enchaîner.

Pourtant, Bourdy, 158ème mondial a fait encore mieux avec une récente 2ème place sur l’Africa Open, bouclant avec succès une première partie sud-africaine du calendrier de la Race To Dubaï, dont il occupe justement le 25ème rang à ce jour.

Peu de golfeurs pro sur l’European Tour peuvent se vanter d’avoir déjà réussi deux podiums sur les huit premiers tournois déjà disputés.

Et sur les cinq épreuves disputés en Afrique du Sud, quatre ont été remportées par des joueurs évoluant à domicile (Schwartzel, Oosthuizen, Sterne et Fichardt), c’est dire la difficulté pour un golfeur « européen » et qui plus est « français » de ramener des points sur ces tournois du bout du monde.

Loin des yeux pour les amateurs de golf français, Bourdy a donc sensiblement améliorer ses performances par rapport aux deux saisons précédentes.

Dans quel secteur de jeu a-t-il pu trouver de nouvelles clés techniques pour gagner des places aux sommets des leaderboards ?

 Statistiques de Greg Bourdy sur le circuit européen

Sur le tableau ci-dessus, qui présente les principales statistiques de jeu de Gregory Bourdy sur le tour européen (données europeantour.com), on constate que sur les huit premiers tournois 2013, Bourdy a sensiblement abaissé son total de coups joués par tour, pour atteindre son meilleur niveau depuis ses débuts ses débuts professionnels en 2003, et ses débuts sur le circuit élite européen en 2006.

Alors qu’il a longtemps joué autour de 71,3 de moyenne par tour (de 2006 à 2009), on remarque que le jeu de golf du français a nettement progressé en 2013 pour baisser 70,4, et donc lui permettre d’accrocher deux podiums.

Deux chiffres peuvent laisser entrevoir un début d’explication (à prendre avec des pincettes) : une distance au drive légèrement meilleure (258 m de moyenne en 2013 contre 251 m en 2012), et surtout un putt de moins par tour en moyenne.

Ces mouvements statistiques peuvent paraître infimes, mais pourtant cela symbolise à quel point le niveau sur l’european tour est serré entre tous les compétiteurs.

Un putt par tour de moyenne peut vous faire gagner 20 places au leaderboard, et l’inverse est aussi terrible dans l’autre sens.

Pour bien comprendre ce qui sépare encore le français du top-5 européen, comparons ces chiffres avec ceux de Louis Oosthuizen, star mondiale du golf, vainqueur d’un British Open, joueur sur les deux principaux tours professionnels (PGA Tour et European Tour), et actuel numéro 3 de la race to Dubaï.

 Statistiques de Louis Oosthuizen sur l'European Tour

La moyenne de coups par tour du champion sud-africain est autour de 69,5, soit près d’un coup de moins en moyenne par rapport à Bourdy.

Si la régularité des drives est très comparable (d’ailleurs, le français est même plus « propre » en 2013 avec 65% de drives posés sur le fairway contre 62% pour le sud-africain), Oosthuizen drive encore un peu plus loin que le français (20 mètres d’écarts), ce qui lui permet sans doute de gagner les 5% d’écarts entre les deux joueurs concernant les greens pris en régulations.

Avec 77% de greens pris en régulation, le sud-africain peut rentrer quelques birdies supplémentaires par rapport à un golfeur du top-25.

En fait, il ne putte ou il n’approche pas forcément beaucoup mieux que le français, puisque son nombre moyens de putts par tour est comparable, autour de 30 par tours.

Seulement, son nombre de putts par green en régulation, est légèrement meilleur à 1,7 contre 1,8 pour le français, ce qui se traduit en légèrement plus de putt pour rentrer des birdies ou sauver des pars, et donc un score légèrement plus bas.

En synthèse, en dehors de l’écart de distance au drive, qui est pour l’instant significatif, le reste du jeu de Bourdy est très proche de celui du top-5 européen.

Le fait de gagner un putt par tour lui a déjà permis de faire un grand saut en avant au classement, ce qui est sans aucun doute à l’origine de ces deux podiums presque successifs.

Pour aller encore plus loin, Bourdy devra aller chercher plus de distance au drive, car c’est le seul aspect où un progrès notable pourrait lui faire gagner très rapidement des places à la Race To Dubaï.

La difficulté, c’est qu’il ne faut pas sacrifier la précision à la distance…car le but ultime n’est pas de taper plus loin pour taper plus loin, mais bien de prendre plus de greens en régulation, de poser les coups d’approches plus près des drapeaux pour moins de putts sur le green.

Il faut retenir que les bonnes performances sur le circuit professionnel européen de golf se tiennent à très peu de choses.

Il suffit de prendre 3% de moins de greens en régulation pour se retrouver au-delà de la 90ème place à la Race To Dubai (à nombre d’épreuves disputées égales).

Pour l'instant, Gregory Bourdy semble avoir retrouvé de bonnes sensations, avoir très sensiblement améliorer son jeu de golf, et être en capacité de remporter très bientôt un nouveau succès sur l'European Tour...

Bon vent à lui, et à bientôt sur les parcours européens...

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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