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Classement mondial Golf: Comment ça marche et les enjeux de la fin de saison 2018

Classement mondial Golf: Comment ça marche et les enjeux de la fin de saison 2018

Comment déterminer avec précision quel pourrait être le meilleur golfeur du monde, dans un environnement sportif où n’existe pas un circuit professionnel unifié ? Tel est le casse-tête auquel s’est confronté le Royal et Ancient en 1986. Le classement mondial du golf professionnel est ainsi né, et a couronné 21 golfeurs depuis son origine.  D’ici à fin 2018, il reste un majeur et deux championnats du monde. Dustin Johnson peut-il être vraiment le meilleur golfeur de la planète, surtout sans gagner de majeur ?

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Dustin Johnson a commencé l’année 2018 en tête, avant de perdre le fauteuil de numéro un, au profit de Justin Thomas, le 21eme et dernier nom de la prestigieuse liste, qui a son tour, a rendu ce rang à son rival américain, en course pour devenir l’un des six golfeurs ayant occupé ce statut le plus longtemps.

Découvrez ci-après le fonctionnement du classement mondial golf (OWGR), son origine, et les enjeux de la saison en cours.

Avant le classement mondial golf édicté en 1986

Pendant longtemps, le meilleur golfeur de la planète était surtout celui qui brillait le plus en majeur.

L’une des difficultés rencontrées par le Royal et Ancient au moment de concevoir un classement mondial de golf professionnel, fut justement de convaincre les quatre majeurs du bien fondé de classer un numéro un mondial, et ce, à travers un système à points.

S’agissant du circuit américain, le PGA Tour, ce dernier avait déjà pris l’habitude depuis 1948 d’élire en fin de saison, le meilleur joueur de l’année.

Les américains ne ressentaient pas vraiment le besoin de définir un numéro un mondial, considérant trop souvent que le golf outre-Atlantique était déjà en soi le circuit mondial, à l’image de ce qui se fait toujours avec le Base-ball.

Dans ce sport, le champion des Etats-Unis est considéré comme le champion du monde.

Comme les américains aiment les chiffres et les statistiques en particulier, ils ont souvent tendance à compliquer les classements.

Le premier classement du joueur de l’année émis par la PGA (association des professionnels de golf américains) a été doublé en 1990 par une autre classement du joueur de l’année, émis cette fois par le PGA Tour.

Le golf est un drôle de sport qui peut décerner le titre de meilleur joueur à deux golfeurs différents !

Le titre émis par le PGA Tour est soumis à un vote des membres alors que le titre émis par la PGA est attribué sur la base d’un système à points depuis 1982.

Les points sont distribués selon les victoires, les top-10, des bonus pour des victoires en majeurs et tient aussi compte du classement du joueur sur la liste des gains, et la moyenne de score.

Fort heureusement pour la lisibilité, le choix du meilleur joueur n’a différé que deux fois, en 1991 et en 1992.

Depuis, le choix du meilleur joueur a toujours été identique quelque soit le mode de sélection, et l’organisation, comprenant bien le ridicule de la situation.

Entre temps, le circuit européen a progressé et émis le souhait d’unifier les classements pour déterminer un numéro un mondial, à défaut de réunifier tous les circuits européens, américains, sud-africains, et japonais, en un seul circuit professionnel.

Le consensus n’a pu se trouver que sur le classement du meilleur joueur, et encore, parce que le Royal et Ancient voulait absolument un système pour qualifier objectivement les joueurs pour The Open, son majeur.

Il faudra peut-être encore un siècle avant que le bon sens ne l’emporte.

De là, le Official World Golf Ranking System note la performance relative des joueurs en tournois à travers le monde.

Précisons que ce classement n’est bien que masculin, et que pour les femmes, il s’agit d’un autre classement.

A défaut d’un circuit mondial unifié, un classement officiel a vu le jour pour faciliter le mode de sélection des golfeurs éligibles pour disputer The Open

Pour un golfeur professionnel, glaner ce titre de numéro un ou même faire partie du top-10 représente un accomplissement notable sur une carrière.

A l’origine, le classement a été inspiré par un système non officiel inventé par l’agent sportif Mark McCormack qui travaillait pour Arnold Palmer.

McCormack a publié son classement de manière annualisée sur la période 1968 à 1985. Le classement officiel est quant à lui édité toutes les semaines depuis 1986.

C’est bien compliqué, alors justement pour tenter de déchiffrer le classement, ci-après, voyons comment les points sont attribués.

Les points sont notamment gagnés selon les places acquises en tournoi, surtout pour les joueurs qui passent les cuts.

Les quatre majeurs sont pris en compte : US Open, British Open, The Masters et le PGA Championship.

Le vainqueur reçoit 100 points, le second 60, le troisième 40, et ensuite l’échelle de valeur descend jusqu’à 1,5 points pour tout joueur ayant au moins disputé le dernier tour.

Tous les tournois ne sont pas dotés de la même manière.

Si un majeur distribue 100 points au vainqueur, un grand tournoi comme le Player’s ne distribue que 80 points alors que le tournoi de Wentworth, le BMW PGA Championship en donne 64, soit autant qu’un championnat du monde, tandis qu’un tournoi classique du PGA Tour ou de l’European Tour ne distribue que 24 points.

Un tournoi dit classique, c’est par exemple l’Open d’Espagne qui a rapporté 24 points à Jon Rahm, alors que l’Open de France, Rolex Series a rapporté 48 points à Alex Noren.

l’Open de France, Rolex Series a rapporté 48 points à Alex Noren.

Ensuite, les circuits ne sont pas non plus évalués sur la même base. Les circuits australiens ou japonais n’apportent que 16 points au vainqueur d’un tournoi classique contre 24 pour une victoire sur le PGA Tour ou l’European Tour.

Le classement fonctionne sur une période de deux ans.

L’OWGR présente la moyenne de points d’un joueur en tournoi. Le nombre total de points est divisé par le nombre de tournois disputés sur 104 semaines.

Le système donne une plus grande importance aux performances acquises au cours des 13 dernières semaines en déduisant une fraction des points gagnés sur les semaines précédentes.

Ainsi, un joueur qui a gagné un majeur commence à en perdre le bénéfice au bout de 18 mois.

Le système est compliqué, mais il fonctionne dans la mesure où il a permis une certaine stabilité et même fiabilité dans le choix des meilleurs joueurs du monde.

Tiger Woods a occupé le rang de numéro 1 pendant 683 semaines devant Greg Norman, numéro un pendant 331 semaines.

Nick Faldo est troisième au classement des plus longs numéro un de l’histoire avec 97 semaines devant Rory McIlroy, toujours en activité, et qui peut dépasser ce total avec déjà 95 semaines.

L’histoire retiendra que l’allemand Bernhard Langer a été le premier numéro un. Il n’a occupé cette place que trois semaines avant d’être délogé par Ballesteros, premier long numéro un avec 61 semaines. Que dire de son successeur, Greg Norman ?

Luke Donald et Lee Westwood sont les deux seuls golfeurs à avoir été numéro un sans jamais gagner un majeur.

Dustin Johnson est devenu numéro un l’an passé à la faveur de plusieurs victoires dans des tournois importants comme le Genesis Open ou le championnat du monde de Match-play, mais pas en majeur.

DJ a gagné son seul majeur, l’US Open en 2016.

Toujours en tête en 2018, il ne lui reste plus qu’une seule chance de remporter un majeur cette année, et complètement assoir sa domination sur le reste du champ de joueurs, et ils sont encore plusieurs à pouvoir lui contester son titre.

Un numéro un aux pieds d’argiles : Les enjeux de la fin de saison 2018

Après trois majeurs déjà disputés en 2018, Dustin Johnson occupe encore la tête du classement avec 406 points devant Justin Rose 399 points, et Justin Thomas 415 ???

Le classement est bien basé prioritairement sur la moyenne de points.

Entre Dustin Johnson et Justin Thomas, le premier a marqué 406 points sur 43 tournois disputés contre 415 sur 50 pour le second nommé. A la moyenne, Dustin Johnson devance bien Justin Thomas.

Fin juillet, Dustin Johnson n’a en réalité disputé que la moitié de sa saison. Il a joué 13 tournois pour deux victoires, et deux podiums.

Quand on regarde le nombre de points perdus ou gagnés en 2018, jusqu’à présent, Dustin Johnson a surtout perdu plus de points (271) qu’il n’en a gagné (209), signe que sa saison actuelle est légèrement moins prolifique, et idem pour son jeune rival américain, Justin Thomas, qui accuse un déficit de 20 petits points.

Justin Rose, à l’inverse, a marqué récemment plus de points qu’il n’en a perdu, ce qui explique sa progression au classement.

Régulier depuis le début de l’année, il est progressivement passé du sixième rang au second, profitant d’une victoire sur le PGA Tour à Fort Worth, et une belle seconde place à Carnoustie en majeur.

La place de numéro un ne tient donc qu’à un fil.

En cas de victoire de Rose sur le championnat du monde à Akron ou sur le dernier majeur de la saison, le PGA Championship, l’anglais pourrait alors prendre la tête du classement, et assez largement.

Les meilleurs joueurs du monde ne disputent qu’une vingtaine de tournois par saison.

Fin juillet, Dustin Johnson n’a en réalité disputé que la moitié de sa saison. Il a joué 13 tournois pour deux victoires, et deux podiums.

Il n’est pas si loin de son rendement de 2017, et pourrait bien sauver sa place avec encore au moins une victoire, et si possible, sur un tournoi qui donne un maximum de points.

Sans être devin, à en juger par le nombre de points encore à prendre, pour l’instant le match pour la première place se résume à un duel à trois entre Dustin Johnson, Justin Rose et Justin Thomas, qui lui aura à défendre des points sur le dernier majeur de la saison. Il est tenant du titre au PGA Championship.

Dustin Johnson est un leader fragile. Il lui faudra impérativement encore gagner cette saison.

Le fait que Dustin Johnson se soit aligné sur l’Open du Canada est significatif de sa volonté de mettre toutes les chances de son côté.

Leader après trois tours, il pourrait se donner un peu d’air avant les prochains gros rendez-vous.  

Koepka, Rahm, et Molinari  sont mathématiquement à porter de la première place, mais n’ont pas encore démontré qu’ils pouvaient performer sur toute une saison.

Molinari vient de réussir deux mois exceptionnels. Pour devenir le prochain numéro un, il faudrait qu’il étende cette période de réussite encore deux autre mois supplémentaires.

Jamais au cours de sa carrière, l’italien n’a amassé autant de points en si peu de temps. Il a tout simplement pris 200 de ses 359 points actuels en moins de 8 semaines.

Pas de répit pour les champions jusqu’en septembre et la Ryder Cup, en seulement 8 semaines, y compris les play-offs de la Fedex Cup, le titre de numéro un mondial va se décider pour 2018. Le mois d’août s’annonce déjà décisif.  

Crédit photo : Jason Mowry/Icon Sportswire et David Blunsden/Actionplus/Icon Sportswire

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