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Clap de fin pour le conflit juridique entre PXG et TaylorMade

Clap de fin pour le conflit juridique entre PXG et TaylorMade

Après deux ans de procédures judiciaires aux Etats-Unis, les sociétés PXG et TaylorMade ont trouvé un accord pour mettre fin au conflit qui les opposaient, en particulier au sujet des fers TaylorMade P790. Les détails de l’accord sont restés secrets. Cette pause dans le conflit juridique aura-t-elle un effet sur la bataille commerciale que les deux compagnies mènent sur le terrain.

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Les conflits juridiques entre les grandes compagnies du secteur du matériel de golf sont monnaies courantes, et la plupart du cas, menées sur le terrain des brevets. Titleist, Callaway, Cleveland, TaylorMade, ont toutes déjà par le passé eu à s’affronter devant une cour de justice, et dans la grande majorité des cas, les situations ont fini par se régler sans passer par une étape de condamnation, mais plutôt par une conciliation.

On n’était pas encore habitué au fait de retrouver la jeune société PXG dans la rubrique judiciaire.

C’était peut-être un passage obligé pour être pris au sérieux sur un marché qui pèse plus de 8 milliards de dollars dans le monde.

En 2017, le fondateur de PXG, Bob Parsons a effectivement entamé une procédure judiciaire à l’encontre de la société TaylorMade, l’accusant en particulier de plagiat ou plus exactement violation de brevets par rapport aux nouveaux fers P790.

L’épisode a fait grand bruit aux Etats-Unis, et sans doute contribué indirectement aux bonnes ventes de ce nouveau fer au look très réussi.

En retour, TaylorMade a répliqué et accusé PXG de violer ses propres brevets. De là, PXG a mis à jour sa plainte, pour dans une sorte d’escalade judiciaire, porter d’une à onze plaintes ses récriminations contre TaylorMade.

Les efforts de PXG pour empêcher la vente des fers P790 ont été vains.

Finalement, les deux entreprises se sont accordées pour fabriquer des produits sous un principe de licence croisée.

David Abeles, pd-g de TaylorMade a alors déclaré « Je suis heureux que nous ayons pu atteindre une résolution amicale, et laisser ce différend derrière nous. Ainsi, nous pouvons nous concentrer sur le fait d’apporter des innovations aux golfeurs. »

De son côté, Bob Parsons a commenté « En tant que société innovante dans le domaine des équipements pour le golf, PXG va continuer à poursuivre ses efforts de recherche et développement pour obtenir des brevets technologiques dans le domaine des fers. Nous n’hésiterons pas à revendiquer la paternité de ces brevets à l’avenir. »

C’est donc finalement un match nul sur le plan juridique. Tout le monde repart dans son coin, fort de ses certitudes, et sans perdre la face.

A l’origine, PXG contestait à TaylorMade la technologie SpeedFoam mise au point pour injecter de la mousse en polymère à l’intérieur de la tête du P790, et alors que justement, PXG avait utilisé un processus très proche, à base d’un élastomère thermoplastique.

La première requête de PXG avait été en fait rejetée par un juge de la cour du district en Arizona. C’est ce premier rejet qui avait permis la mise sur le marché des P790.

Dans la foulée, PXG avait entamé des procédures judiciaires contre les principaux distributeurs américains, comme par exemple Dick’s Sporting Goods, Golf Galaxy ou PGA Superstore, toujours dans le but d’empêcher la vente des P790.

Jusqu’à la récente et surprenante conciliation intervenue entre PXG et TaylorMade, la société de Bob Parsons s’était montrée très déterminée sur ce sujet.

Cependant, le fait que TaylorMade contre-attaque aussi vigoureusement à entraîner une situation que les deux entreprises n’avaient peut-être pas anticipées, et risquait de provoquer des problèmes encore plus importants.

En effet, l’office américain des brevets et marques a commencé à procéder à un examen des brevets de chacun.

Comme les deux sociétés cherchaient à invalider les brevets de l’un par rapport à l’autre, elles risquaient finalement toutes les deux de voir leurs brevets invalidés, et rendus dans la sphère public, y compris à tous leurs autres concurrents.

Ayant plus à perdre qu’à gagner sur des fers de toute façon déjà mis en vente, et sans doute remplacé fin 2019 ou début 2020, il semble que les deux sociétés aient fait marche arrière, pour protéger l’essentiel.

On peut considérer les choses selon deux angles : PXG a fait les frais d’être une jeune compagnie dans le business du golf. TaylorMade a très bien contré l’attaque de PXG, en faisant monter le niveau de risque au niveau supérieur, et la perte totale des brevets pour les deux compagnies.

Plus qu’en conception de clubs de golf, les deux compagnies ont démontré qu’elles étaient aussi très douées dans le domaine juridique, et certainement bien conseillés.

Pour autant, pas sûr que Bob Parsons ne soit pas déterminé à mener la bataille sur un autre terrain, et plus commercial.

Après avoir revendiqué un positionnement haut de gamme, un prix volontairement plus élevé et une image de marque à contre-courant de l’industrie, notamment en refusant de participer au PGA Show, PXG a récemment revu sa politique prix.

A l’occasion du lancement de ses derniers drivers, début 2019, PXG a annoncé une baisse significative de son prix de vente.

Pour Bob Parsons et les ingénieurs principaux dont Mike Nicolette, les premiers investissements pour concevoir des nouveaux drivers ont été amortis.

C’est peut-être la réponse diplomatique.

Bob Parsons et son équipe estiment que, grâce à un prix inférieur, une croissance significative et une plus grande pénétration du marché sont possibles.

Vendus autour de 630 euros, les nouveaux driver PXG pourront ainsi se placer plus frontalement contre les drivers TaylorMade M5 et M6, dont le premier nommé est annoncé à 539 euros.

La baisse de prix des drivers PXG est significative, tout en restant dans le haut du marché. Bob Parsons pense sans doute pouvoir prendre plus de part de marchés, et pas nécessairement se contenter de faire des produits d’images.

Or, qui dit prendre plus de parts de marchés, dit surtout en prendre au leader du secteur, TaylorMade ou Callaway.

N’ayant pas pu obtenir gain de cause auprès d’une cour de justice, Bob Parsons cherche peut-être à démontrer qu’il faudra de toute façon compter avec lui sur une autre cour, celle des clients.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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