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Christophe Cantegrel: Organisateur du Pro-Am de la Côte d’Opale

Christophe Cantegrel: Organisateur du Pro-Am de la Côte d’Opale

Rencontre avec un homme de passions ! D’abord, celle du service autour de l’événementiel et bien sûr en lien avec sa passion depuis tout jeune, le golf qu’il pratique depuis l’âge de dix ans. Avec son entreprise, Golf First, Christophe Cantegrel organise déjà avec succès le prestigieux Pro-Am de la Côte d’Opale, mais depuis cette année, il s’est lancé dans un nouveau défi, celui d’amener le golf en ville. Première étape, Lyon en Octobre 2016, avant de développer son concept en 2017 avec de plus en plus d’acteurs de la filière, pour une ambition concrète, utile, et pertinente.

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Pour mieux vous connaître, pourriez-vous nous dire quelques mots de votre parcours personnel en lien avec le golf ?

J’ai commencé le golf à l’âge de dix ans au golf de Wimereux (Je suis originaire du Nord) et à une époque où le golf en France n’était pas encore aussi développé. Nous étions peut-être 80 000 licenciés au début des années 70.

Puis, j’ai connu le grand boom du développement de l’activité dans l’hexagone au milieu des années 80. C’était fabuleux ! L’évolution a été très rapide.

Enfant, j’étais passionné de golf, mais pas au point de vouloir devenir professionnel. J’ai privilégié les études, ce qui m’a emmené à obtenir une maîtrise de gestion à Dauphine, puis un DESS de finance.

J’ai démarré ma carrière professionnelle chez Arthur Andersen (désormais Ernst & Young) pour pratiquer l’audit pendant deux ans. C’était une très bonne formation.

Cependant, j’avais envie de créer mon entreprise, et c’est ce que j’ai fait avec un copain, membre à Chantilly. Golf First est née en 1987.

Notre première mission, notre premier marché a été l’organisation d’initiations de golf auprès du grand public.

Nous vendions l’activité golf auprès de comités d’entreprises. A l’époque, développer du golf n’était pas très porteur. Nous proposions déjà des week-end golf et l’organisation de compétitions. Je me souviens que la rencontre avec Jacques Piquer du golf de Reims a compté dans mon parcours.

Toutefois, le marché étant difficile, Golf First a dévié vers d’autres activités pour créer des opérations de stimulations par le sport dans le monde de l’entreprise.

De 1988 à 1993, je pense que nous avons été une des premières agences de stimulations par le sport en France.

A la fin de cette période, passionné dans l’âme, et convaincu que nous n’étions pas allés assez loin dans le golf, j’ai décidé de me reconcentrer à 100% sur ce domaine d’activité.

D’une part, le marché était plus mûr. D’autre part, beaucoup de nouveaux golfs avaient vu le jour.

C’est là que vous avez eu l’idée de créer le Pro-Am de la Côte d’Opale ?

La Volkswagen Cup n’existait plus depuis quelques années. Je cherchais de l’argent pour monter une opération dans ma région de cœur. Le hasard a fait que j’ai rencontré le directeur du Golf de Belle Dune, Jean-Christian Cornette, qui m’a aidé en même temps que la région et les collectivités territoriales. C’est ce qui m’a permis de lancer le Pro-Am de la Côte d’Opale.

Au départ, nous n’avions pas de sponsor principal, et c’est sans doute ce qui nous a permis de développer le produit avec notre âme, avec un vrai sens familial auquel je tiens.

Le Pro-Am a une vraie empreinte des hommes qui ont contribué à le créer.

Il y a une véritable « humanité mais en contrepartie, c’est beaucoup d’exigences !

Je veux toujours que l’on offre le meilleur de nous-même. Chaque année, je délivre un petit questionnaire aux participants pour identifier des améliorations potentielles.

Et ce qui ressort le plus souvent, c’est « Authenticité », « esprit de famille », « convivialité », et « sportivité ».

Quatre mots qui sont importants dans ce que l’on veut développer avec ce pro-am. C’est une véritable aventure humaine.

Pour les joueurs, c’est aussi une compétition difficile. Ils en bavent !

Disputé fin avril, nous devons parfois composer avec des climats imprévisibles. Les golfeurs se mesurent réellement à eux-mêmes. Le côté sportif est très important pour moi. Au départ, je voulais vraiment recréer l’ambiance des Bulles Laurent Perrier qui avaient lieu à Biarritz dans les années 80. C’était avant la loi Evin…

Comment se déroule l’organisation du Pro-Am de la Côte d’Opale ?

C’est toujours un an de préparation en amont. Cela accélère de septembre à avril.

Nous avons la particularité d’être très innovant dans le domaine informatique, pour donner des résultats des différentes parties jouées sur différents parcours en même temps.

Notre système de scoring live est très innovant puisque nous sommes les seuls à pouvoir présenter les résultats en temps réel directement sur votre smartphone. Cela a nécessité un investissement de près de 8000 euros en développement.

Au départ, mon objectif était de créer un Pro-Am qui puisse durer. Nous avons d’abord eu beaucoup de français, et maintenant de plus en plus d’Européens.

Chaque année, il faut se remettre en cause. C’est un véritable projet d’entreprise…un projet très complet car on touche à tous les domaines : Sponsoring, presse, organisation, terrain, internet…

La majorité des participants s’inscrivent par équipes.

Depuis trois ans, nous avons développé un nouveau service pour les entreprises. La première année, j’ai presque été surpris d’accueillir quinze équipes alors que notre capacité d’accueil maximum pour ce service « plus plus » était de vingt-cinq.

Et cela se développe puisqu’en 2016, nous en sommes déjà à dix-neuf.

Ma principale préoccupation reste sur un paramètre que je ne peux pas maîtriser avec la météo : les greens.

Qu’est-ce qui motive les participants ?

Nous avons beaucoup d’habitués ! Pour eux, c’est un peu le « Rendez-vous » du début de saison. C’est même le rendez-vous à ne pas manquer. Fin avril, c’est une date juste fabuleuse.

Dernièrement, j’ai remarqué que nous avons des femmes qui ne sont pas golfeuses, mais qui, néanmoins offrent le Pro-Am à leurs maris, parce que justement ils voulaient le faire !

Je trouve que c’est un très beau cadeau que d’offrir à son conjoint sa passion.

Ensuite, il y a ceux qui veulent se faire les quatre parcours dans cette ambiance. Le Pro-Am de la Côte d’Opale est devenu quelque chose que l’on voudrait faire au moins une fois dans sa vie de golfeur.

Après, on a envie de le refaire !

Le soir, après chaque partie, tous les joueurs se retrouvent dans une superbe ambiance pour revivre la journée autour d’un verre.

Notre défi consiste à accueillir 400 personnes dans une grande salle de 400 m2.

En 2017, nous allons essayer d’apporter des nouveautés pour animer la salle.

Avec la participation de la société TPG, nous allons permettre de tester des clubs en indoor avec des cages de frappes ou des tapis pour le putting. L’idée, c’est de développer 6 ou 7 ateliers…d’autant que les golfeurs sont avides de nouveaux produits et de nouveaux tests.

Quelles sont vos principales contraintes sur un tel événement ?

Le jeu lent est en train de devenir une préoccupation. Il faut discipliner une partie des participants, car nous avons des parcours comme Belle-Dune qui sont longs et difficiles.

Je comprends que les joueurs ont payé, et en veulent pour leur argent.

Mais à force l’individuel va peser sur le collectif. Je ne sais pas encore comment je vais pouvoir instituer cela, mais je réfléchis à une forme de pénalisation au-delà de 5h30 de jeu.

Jusqu’à présent, et en fait, depuis 23 ans, nous avons toujours retenu les deux meilleurs scores en Strokeplay. Il se peut que le pro-am évolue vers le stableford, justement pour accélérer le jeu.

Pourquoi, selon vous, le jeu lent s’est aggravé ?

Les parcours se sont durcis ! Je note que le plus souvent les parcours pratiquent des améliorations mais pas dans le sens de plus de simplicité.

Il faut y faire attention, notamment à Belle-Dune où les distances sont très longues, ce qui impact le temps de jeu. Cela devient un vrai problème, si on veut que les gens viennent avec plaisir.

Au Touquet, 5h30, c’est encore correct.

Je constate aussi que les gens passent de plus en plus de temps au putting. Les joueurs voient ce que font les pros à la télévision, sauf qu’ils n’ont pas de cadets pour les aider ou qu’ils ne sont pas toujours habitués à bien placer leurs chariots aux bons endroits autour des greens.

Beaucoup de temps est perdu sur et autour des greens.

Quel est le niveau de jeu moyen ?

Nous avons plutôt des très bons index, et rarement au-dessus de 24. Je dirai même le plus souvent en-dessous de 18.

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Du Pro-Am de la Côte d’Opale à un premier événement de golf en ville à Lyon, qu’est-ce qui vous a inspiré ?

Au Touquet, en plus du Pro-Am, en collaboration avec la ville, nous avons pu organiser une opération Grand Public (3ème édition). SI le pro-am est un événement majeur pour golfeur, je voulais en faire une vraie fête du golf pour les golfeurs, et les non-golfeurs.

L’opération en ville est vraiment adaptée aux non-golfeurs. Beaucoup de futurs golfeurs n’osent tout simplement pas passer la porte d’un club de golf.

Au contraire, je considère qu’il faut aller vers les gens, dans les centres-villes, pour faire découvrir le golf à tout le monde.

Attention, ce n’est pas une journée porte-ouverte ! On va littéralement vers eux ! Il faut aller chercher les gens là où ils sont…

Pour la deuxième année au Touquet, on a réussi à accueillir entre 500 et 600 personnes.

Et de là, vous avez développé le concept à Lyon ?

J’adorerai pouvoir organiser un tour de France dans plusieurs villes.  Avec Lyon, la question était de voir comment réussir dans une grande ville. Il fallait vraiment se tester sur une ville d’une telle dimension.

Nous avons démarché l’adjoint aux sports de la ville, Yann Cucherat. Dans un premier temps, on avait imaginé organisé l’opération au Parc de la Tête d’Or, mais depuis un décret de 1945, ce n’est pas possible.

Gerland s’est ensuite logiquement imposé ! Cela a été une superbe expérience.

Nous avons eu beaucoup de médias qui ont couvert l’événement, et une centaine de panneaux Decaux dans toute la ville pour en faire la promotion en amont.

L’opération a aussi beaucoup bénéficié du fait d’être sélectionné comme « week-end coup de cœur » par OnlyLyon, l’office du tourisme de la ville dont le site Internet est très vu.

Le week-end, nous étions au maximum de notre capacité d’accueil avec peut-être beaucoup de futurs golfeurs. Les gens sont venus en famille. Nous avons eu des jeunes de 30 à 40 ans qui n’auraient jamais osé passer la porte d’un golf.

Le golf de Mionnay qui a participé à l’opération avec le concours de son directeur, Éric Lacoux, a justement offert deux heures d’initiations au sein de sa structure. Le week-end suivant, il avait vingt personnes…des vrais débutants !

Prévoyez-vous une deuxième édition ?

Il y aura effectivement une deuxième édition fin octobre 2017. C’est fabuleux de voir des non-golfeurs prendre du plaisir à jouer au golf.

Il faut absolument essayer de saisir l’opportunité de recevoir la Ryder Cup en France, pour mettre ce sport sur le devant de la scène. En faire un sport sympa à pratiquer, et qui a comme vertu de canaliser les jeunes.

En 2017, nous continuerons à innover avec notamment un suivi via internet et un fichier d’inscription pour mieux mesurer le retour sur investissement.

Après, j’aimerai vraiment développer le concept sur d’autres villes comme Bordeaux ou Nantes pour atteindre un jour l’objectif des dix villes en France.

Aujourd’hui, nous sommes seuls sur ce créneau de golf en ville. J’aimerai fédérer d’autres partenaires autour de nous. C’est un nouveau défi pour moi.

J’ai pour seule ambition de mettre ma petite pierre dans l’édifice golfique, et contribuer au développement du golf.

Selon vous, qu’est-ce qui peut justement créer du golfeur en France ?

Pour moi, il y a deux choses. D’une part, nos jeunes jouent de mieux en mieux. Nous allons avoir prochainement des champions qui vont arriver. Je crois que la fédération fait un très bon travail pour accompagner les jeunes dans cet objectif.

D’autre part, il faut commencer à changer les mentalités. Nous avons seulement 10% de golfs privés en France, et 90% de golfs qui sont ouverts.

Non seulement, il faut que la filière soit encore plus ouverte, mais aussi plus commerçante pour aller chercher ces fameux 500 000 licenciés.

Au rythme actuel, on va mettre dix ans pour y arriver.

L’image du golf n’est pas bonne. Il y a parfois des gros amalgames et clichés. Par exemple, on fait croire que les golfs ne sont pas écologiques alors qu’ils sont très écologiques, notamment dans le traitement des eaux.

Un golf n’est pas nécessairement une nuisance. Au contraire, cela peut être un poumon au niveau économique.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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