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Chris Wood : Géant par la taille et le talent ! Quel est son secret ?

Chris Wood : Géant par la taille et le talent ! Quel est son secret ?  Crédit photo : Getty Images

En remportant dimanche le célèbre tournoi de Wentworth, le BMW PGA Championship, une des prestigieuses étapes du circuit de golf professionnel européen, l’anglais Chris Wood a signé un nouveau coup d’éclat. Nouveau ? Pas tout à fait, le géant d’1m96 qui aurait plus le profil d’un basketteur est en fait coutumier des dernières grosses journées pour gagner sur le tour. Quel est son secret ? Avec l’aide de son équipementier, il nous révèle ses solutions pour bien jouer, et bien putter.

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Chris Wood remporte le BMW PGA Championship 2016

1m96 pour un golfeur, ce n’est pas commun ! Chris Wood fait partie de cette génération de jeunes talents issus des Iles Britanniques qui démontrent que l’héritage de Sir Nick Faldo n’est pas prêt d’être perdu.

Après la victoire inattendue de Danny Willett au Masters d’ Augusta, Chris Wood incarne cette génération de pré-trentenaire anglais avide d’occuper les premiers rôles sur le tour, et pas franchement complexé à l’idée de pousser un peu dehors, les Luke Donald, Lee Westwood et autre Ian Poulter, des piliers de l’équipe européenne de Ryder Cup.

Pro depuis 2008, Chris Wood n’en est donc pas à son premier coup d’éclat. Le plus notable n’est pourtant pas une victoire.

Et ce n’était pas non plus en tant que professionnel !

En revanche, c’était déjà sur ses terres, là où l’anglais se sent mieux que partout ailleurs dans le monde.

A l’occasion du 139ème British Open disputé à Birkdale, pour l’édition 2008, il avait réussi l’exploit de prendre la cinquième place !

De ce tournoi, nous nous souvenons surtout de la deuxième victoire de l’irlandais Padraig Harrington, alors encore au sommet de son golf, vainqueur avec quatre coups d’avances sur Ian Poulter.

Chris Wood, personne ne connaissait encore, si ce n’est qu’il avait empoché la médaille d’argent du meilleur amateur.

Un an plus tard, cette fois passé pro, il récidiva en terminant troisième à Turnberry, manquant d’un coup seulement la perspective d’un play-off historique entre Stewart Cink, le vainqueur, et Tom Watson, le perdant magnifique à 59 ans !

A l’époque, les deux prestations de Chris Wood laissaient envisager un phénomène…mais entre le potentiel et le réalisé, en matière de golf, il y a souvent un écart.

Ecart que Chris Wood a commencé par combler avec des victoires de prestiges.

A 28 ans, il n’a pas le palmarès de Jordan Spieth ou Rory McIlroy, plus jeunes que lui ou même celui de Jason Day, pour le coup du même âge, ceci dit, Wood n’est peut-être pas ou pas encore un joueur taillé pour performer sur 8,10, 12 tournois par an.

Aujourd’hui, il a plutôt le profil du golfeur taillé pour faire des coups !

Comme par exemple quand il a gagné son premier gros tournoi au Qatar en 2013, soit cinq ans après ses débuts sur le tour.

Lors du dernier tour, il lui fallait un birdie sur le 18, un par-5, pour rejoindre ses rivaux en play-off, Sergio Garcia et George Coetzee.

Le longiligne rouquin a profité de sa puissance naturelle pour toucher le green en deux, et rentrer un eagle !

Derrière cette victoire remarquée, deux ans plus tard, en Autriche, il récidiva pratiquement de la même manière.

Avec une carte de 67, soit cinq coups sous le par, Wood empocha la victoire avec deux coups d’avances.

Et ce week-end à Wentworth, sur un parcours décrié, Wood a de nouveau soulevé le trophée du vainqueur en étant parti de derrière, et sans que l’on s’attende à ce qu’il sorte vainqueur.

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Surtout qu’il a joué l’aller en seulement 29 coups, et au contraire, 40 au retour !

L’anglais a pourtant admis après coup n’avoir jamais eu connaissance de sa position au leaderboard jusqu’à la moitié du dernier trou !

Après avoir tapé un énorme drive, et alors qu’il s’apprêtait à jouer un fer 6 pour attaquer le green à 180 mètres, son caddie lui a demandé s’il voulait connaître sa position. Wood acquiesça et changea immédiatement de stratégie.

Il opta pour deux coups de wedges, et finalement deux putts pour  remporter, selon lui, sa plus belle victoire avec seulement un coup d’avance sur Rikard Karlberg, et deux coups sur Danny Willett, pourtant considéré comme le favori.

Sur les neuf premiers trous de la journée, Wood a non seulement signé un eagle mais aussi quatre birdies pour être six sous le par. Une explication ?

Selon lui, c’est une parfaite mesure des distances à jouer qui lui a permis d’être aussi près des drapeaux.

Sur le dernier trou, il l’admet jouer deux coups de wedges pour assurer était peut être un choix pas très glorieux, mais cela a suffi pour gagner sans risque inutile.

Une nouveauté pour lui jusqu’à présent habitué à prendre tous les risques dans la dernière ligne droite.

Mais là, n’est pas son secret pour bien jouer sur le parcours !

Interrogé plus tôt dans l’année, Chris Wood admettait que pour faire face à la pression sur le parcours, lui comme beaucoup d’autres golfeurs, pros ou amateurs, il lui fallait une routine.

Il considère même que c’est vital pour échapper aux incessantes questions que l’on peut naturellement se poser pendant une partie de golf.

A l’aide de petits mouvements, Wood essaie de ressentir son backswing, mais à d’autres moments, il focalise sur le downswing.

Son attention varie selon ses besoins, mais son but ultime consiste à travailler la balle de gauche à droite.

Pour Wood, il n’y a pas de mystère !

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Pour qu’il joue bien, il lui faut taper la balle de gauche à droite. C’est cette trajectoire qui lui procure du plaisir, et de la confiance.

Wood est un joueur de fade ! C’est son truc à lui pour tenir la pression, et étant donné sa longueur naturelle, le natif de Bristol peut se le permettre.

Avec une moyenne qui ne varie pas de plus de quatre mètres depuis 2008, soit 265 mètres de moyenne, Wood peut se permettre de privilégier le fade au draw.

Et ce n’est pas réellement le driving son point le plus fort.

L’anglais ne prend jamais plus de 63% de fairways en régulation.

Par contre, sa longueur sur son jeu de fers lui permet effectivement d’attaquer de longs par-5 avec un fer 6 le plus souvent, et avec une moyenne qui dépasse les 70% de greens pris en régulation.

Depuis 2013 et la date de sa première victoire, Wood ne joue pas nécessairement son meilleur golf du tee au green.

En revanche, le domaine où il a le plus progressé, est incontestablement le putting avec une moyenne de putts qui est tombée de 30 à 28 par tours.

Wood n’est pas seulement grand par la taille, il est habile au putting.

Découvrez ses conseils pour mieux putter… (Remerciements à Mizuno pour nous avoir permis de recueillir ses commentaires)

Les conseils putting de Chris Wood

La première étape pour bien putter consiste à lire correctement les putts. C’est très important !

Si vous vous précipitez et occultez ce processus, vous n’allez pas pouvoir rentrer beaucoup de putts.

Depuis quelques années, j’utilise une technique dite « Spot Putting », et cela m’aide vraiment.

Je vise un point précis avant le trou, en somme l’endroit où je pense que la pente va casser, et environ à 25% de la distance qui reste à parcourir. J’oublie le trou, et je me concentre sur le fait de faire rouler ma balle jusqu’à ce point.

En deuxième lieu, assurez-vous de choisir un grip qui favorise des mains et des doigts qui vont rester tranquilles tout au long du putt.

Quatre ans auparavant, j’ai commencé à travailler avec Peter Kenyon, et il m’a changé mon grip, considérant que mes doigts étaient trop actifs pendant le mouvement.

J’entoure le grip de putter avec mes deux mains de sorte qu’elles restent passives et le plus neutres possibles.

La posture est aussi importante ! Vous avez besoin de vous sentir à l’aise et relax tout du long du mouvement.

Je vous recommande d’adopter un putter qui correspond à votre corps et à votre façon de putter.

Par le passé, j’étais très raide et très droit au-dessus de la balle.

Du fait de ma taille, cela me causait en fait plus de problèmes que de solutions. Je n’aimais pas l’idée de devoir me baisser, et c’est pourquoi, j’ai ajouté de la longueur sur mon shaft de putter (37 inches).

Ainsi, mes mains sont plus hautes, et mon corps un peu plus arrondi…

Cela peut paraître simple mais la position de la balle est aussi quelque chose sur lequel je dois travailler.

Si je ne passe pas du temps dessus, j’ai tendance à manquer mes putts. Il suffit d’un petit écart pour rater.

Je considère même que c’est ma zone de danger.

J’essaie de toujours placer ma balle légèrement en avant du centre de mon stance. A l’inverse, si je la place trop en avant, c’est aussi finalement négatif, notamment sur l’impact et la roule.

La position de la balle, et mon alignement contribuent énormément à la qualité de mes putts.

Concernant, le stance bien qu’il n’y a pas de règles, j’essaie de trouver la bonne position pour moi, et je vous encourage à faire de même.

J’essaie toujours d’écarter mon stance au niveau des pieds de la largeur de mes épaules.

Même si je suis sans doute le golfeur le plus grand sur le tour, et que mon stance est sans doute plus grand que la moyenne, cela m’aide à équilibrer mon coup. Le plus important, c’est de se sentir à l’aise.

J’ajoute qu’un tempo doux est idéal. Un mouvement trop brusque peut diminuer votre habilité à centrer, et faire rouler parfaitement la balle.

Quand je suis au putting green, je porte toujours des écouteurs. Cela n’est pas pour  m’isoler des autres joueurs, mais au contraire, parce que j’utilise une application type métronome pour m’aider à rester consistant dans ma frappe.

Je putte sur un rythme de 77 pulsations par minute, et j’essaie de reproduire ce rythme sur le parcours.

Pour la visualisation des longs putts qu’ils soient à trois mètres ou plus, je prends toujours le temps de marcher sur le côté de la ligne, et ce, pour apprécier la distance globale.

Quand je ne joue pas en tournoi, et que je rentre chez moi pour jouer sur mon parcours local, je suis toujours surpris de voir des amateurs aller directement au tee de départ sans passer par le green.

C’est dommage ! Prenez ne serait-ce que dix minutes pour sentir la vitesse des greens…Cela vaut le coup, car cela peut vous faire gagner deux à trois coups sur l’ensemble de la carte.

Quand je m’entraîne, je commence toujours par faire des putts en ligne droite, justement pour contrôler si je commence mes putts en ligne.

Si par exemple, je commence par manquer à droite, cela veut dire que mon chemin est trop intérieur ou que la face est ouverte à l’impact.

En faisant ainsi, je ne perds pas du temps sur le parcours à me demander ce qui se passe…

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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