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Champion légitime ou scénario à suspense sur l'European Tour?

Champion légitime ou scénario à suspense sur l'European Tour?

Quand la Fedex Cup met en place un système de play-off, où priment les scénarios les plus improbables concernant le vainqueur final, l’European tour qui sacre en 2012 à travers la Race to Dubaï, le meilleur golfeur de la saison, regrette que ce dernier ait été désigné avant les DP World Championship !

Décidemment, le monde du golf a bien du mal à trouver chaussure à son pied !

Bill Haas et Brandt Snedeker sont les deux derniers golfeurs américains à avoir remporté la Fedex Cup, au profit d’un succès au Tour Championship (dernier tournoi de la saison comptant pour les play-offs du PGA Tour) mais tous deux n’ont pas été et de loin, les deux meilleurs golfeurs des saisons 2011 et 2012 !

Vainqueurs par hasard ?

Ce jugement est sans doute sévère, car dans les deux cas, ils ont dû battre les 29 autres finalistes de la Fedex Cup dont Tiger Woods, Phil Mickelson, Luke Donald et Rory McIlroy.

Pourtant le système de play-off mis en place aux USA pour passionner les foules au-delà du dernier majeur de la saison, et maintenir un semblant d’intérêt au classement du PGA Tour avait tout d’une bonne idée, à condition que son règlement récompense le meilleur joueur de la saison.

Le golf est un sport de haut niveau difficile, où les meilleurs golfeurs se départagent de seulement quelques coups à la fin d’un tournoi disputé sur quatre tours.

Comme si en Formule 1, Sebastian Vettel ne gagnait qu’un grand prix par saison, et encore avec seulement une demi-roue d’avance sur Fernando Alonso.

Alors quand McIlroy ou Woods s’imposent à plusieurs reprises au cours d’une saison qui consacre plus d’une quinzaine de vainqueurs sur le tour, on peut s’étonner que le système de points adoptés par la PGA, soit aussi mal approprié à la régularité de la performance.

L'European Tour file un mauvais coton !

A l’inverse, l’European tour n’avait pas encore mis en place de play-off, et restait encore cette année, sur le bon vieux système des points comptabilisés tout au long de l’année (money list) pour déterminer le meilleur golfeur de la saison.

Mal inspiré, les dirigeants du Tour, sans doute soucieux de ne pas reproduire en 2013, le scénario de 2012, à savoir un final joué d’avance et donc sans surprise, ont décidé de mettre en place la même mascarade de play-offs qualificatifs avant la finale des DP World Championship de 2013 à Dubaï.

L’an prochain, il faudra donc se qualifier pour trois tournois, appelés Final Series qui commenceront à Shanghai du 24 au 27 octobre 2013 avec les Masters de Chine (Lake Malaren), puis se poursuivront la semaine suivante, et toujours à Shanghai, par le Tournoi des Champions du 31 octobre au 3 novembre 2013, avant de se conclure à Antalya pour l’Open de Turquie du 7 au 10 novembre 2013.

Sans doute que le choix des villes hôtes de ces tournois ont été retenus au hasard des pays les plus disposés à verser d’énormes sommes d’argent aux organisateurs, et au détriment des spectateurs européens de…l’European Tour !

Un peu comme si tous les grand prix de formule 1 disputés par une majorité de pilotes européens dans des écuries européennes se courraient sur des circuits en Chine !

La logique business de l’European Tour correspond assez bien au désintérêt du public européen pour les compétitions de golf, et pour ce tour qui confirme qu’il est bien au second plan par rapport au PGA Tour sur au moins un point : la popularité !

Si le PGA Tour adopte des règles parfois discutables, à l’inverse de l’European Tour, il s’arrange toujours pour mettre le spectateur au centre du jeu !

Mettre les spectateurs au centre du jeu sur l'European Tour : un concept ?

Même si, ce système de play-off importé du base-ball ou du basket-ball US ne correspond pas au jeu de golf et à sa difficulté.

Ce qui est encore plus étonnant, c’est que cette initiative trouve son inspiration auprès de certains joueurs dont le numéro 2 mondial, Luke Donald, sans doute frustré de ne pas pouvoir rivaliser jusqu’au bout avec Rory McIlroy.

Mais peut-il réellement le faire ? Tant il a été transparent dans les tournois majeurs à l’inverse du numéro 1 mondial.

Certes, les esprits grincheux reprochent au nord-irlandais de n’avoir gagné qu’un seul tournoi sur le circuit européen, et encore, il s’agit justement du PGA Championship disputé aux USA !

Ils oublient pourtant que le numéro 1 mondial et européen a justement disputé quatre des cinq derniers tournois européens de la saison !

McIlroy a remporté la Race To Dubai des deux côtés de l’Atlantique !

Exactement de la même façon que Luke Donald, l’an passé !

A titre de comparaison, Branden Grace a remporté quatre tournois sur le sol européen, et n’est pourtant pas dans les 3 premiers de la Race To Dubaï.

Mauvais débat ? Faux procès ?

Ce n’est pas le golfeur ou ses prestations qu’il convient de remettre en question, mais plutôt le système d’attribution des points, ou plutôt les tournois éligibles au classement européen.

Ce nouveau play-off à l’européenne devrait se heurter à plusieurs problématiques :

  • Les meilleurs européens jouent sur le sol américain, et tenteront d’abord de se qualifier pour les play-offs du PGA Tour.
  • Que faire lors des années de Ryder Cup ou de President’s Cup ?
  • Et donc, à quel moment les golfeurs trouveront-ils le temps de disputer tous ces tournois ?
  • L’intérêt du public européen pour ce format de play-off disputé à des milliers de kilomètres est souvent discutable

Dommage que l’European Tour se contente de copier les mauvaises idées des américains en matière de tournois, et ne conservent pas des principes qui fait son authenticité pour répondre aux désirs d’un Prince ou d’un conglomérat en mal de distractions !

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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