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Caroles Descombes: Osez passer la porte d’un golf !

Caroles Descombes: Osez passer la porte d’un golf !

Dans le cadre de notre dossier consacré au Golf de Bourg-En-Bresse pour lequel nous publions un sujet sur son accessibilité tant géographique que commercial, et un sujet sur le test du parcours, nous complétons ci-après par l’interview de la directrice, Madame Carole Descombes. Nous avons abordé son « parcours » professionnel, son golf, sa vision du métier, et du développement du golf en France. La directrice croit beaucoup dans l’impact positif des JO sur l’image du golf, et le fait d’oser passer la porte d’un club !

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En arrivant sur le Golf de Bourg-En-Bresse par les petites routes, nous n’imaginions pas arriver sur un parcours situé entre ville et campagne.

L’ambiance du club-house respirait la décontraction.

Samedi matin, les jeunes, garçons et filles, enchaînaient les putts sur le putting-green en attendant le début de la leçon avec le pro, tandis que sur la terrasse du club-house, devant une tasse de café, des joueurs seniors « refaisaient » leurs parties amicalement.

Nous avons alors rejoint la directrice. L’interview pouvait débuter par la traditionnelle question posée à tous les directeurs de golf déjà interviewés :

Quel a été votre parcours pour devenir directrice du golf de Bourg-En-Bresse ?

J’ai un parcours un petit peu atypique. A l’origine, je me destinais à une carrière dans le sport.

Suite à une blessure, je me suis tournée vers la gestion, et notamment la gestion du personnel, un élément qui est d’ailleurs très important dans mes fonctions actuelles.

Suite à cela, n’abandonnant pas la perspective de travailler dans le milieu sportif, j’ai poursuivi mes études avec une licence et une maîtrise STAPS obtenue à Lyon en 1992.

Sans doute comme beaucoup, je suis parti sur Paris pour décrocher mon premier travail. Au début, cela a été un peu difficile. J’ai travaillé dans plusieurs domaines, et par exemple, chez Gaz de France au service communication.

Toujours dans l’idée d’évoluer dans le domaine du sport, j’ai sollicité la fédération française de cyclisme qui avait besoin d’une personne pour animer le club des partenaires.

Entrée en stage, j’ai ensuite intégré le service communication et relations presses pour une durée de sept ans.

Une période qui a été marquée par les années « Virenque », et en particulier l’affaire Festina. J’ai connu l’avant, et l’après.

Toujours dans le domaine du cyclisme, j’ai assuré une mission de relations presses pour la marque Champion, et à cette occasion, j’ai eu l’opportunité de faire venir des sportifs d’autres disciplines pour des rencontres pendant les étapes.

Mon mari ayant été muté sur Lyon, et originaire de Bourg-En-Bresse, je me suis recréée un petit réseau dans le domaine de la presse locale et sportive.

Quand le poste de directeur a été à pourvoir. Je me suis présentée et ma candidature a été retenue.

Je fêterai cette année mes dix ans dans ce poste.

Effectivement, on peut dire que je ne suis pas du tout issu du golf à l’origine. Je m’appuie sur un directeur sportif qui est dans le domaine depuis plus de vingt ans.

Quelles sont vos principales missions sur le golf de Bourg-En-Bresse ?

Dans un premier temps, il s’agit d’une mission de gestion générale. Il faut assurer l’équilibre, et pas seulement financier, mais aussi au niveau de l’équipe en place.

Je dirais que la gestion du personnel est en premier. Bien sûr, l’équilibre financier est important. C’était même le premier objectif qui m’avait été assigné au début, quand je suis arrivée dans ce poste.

Etant sous un régime associatif loi 1901, notre objectif commercial est purement de rechercher l’équilibre. Nous n’avons pas vocation à faire de bénéfices.

Il faut particulièrement être attentif au contrôle des dépenses. Notre budget annuel est de 500 000 euros.

Quelles sont vos principales contraintes ?

Le golf est public et appartient à la ville de Bourg-En-Bresse, aussi bien au niveau du terrain que des bâtiments.

L’association 1901 gère essentiellement la pratique sportive, et l’aspect pratique du golf au quotidien. Ce faisant, c’est la ville qui gère l’entretien du terrain, et c’est donc un domaine qui ne fait pas partie de mes prérogatives.

La ville dispose d’une équipe de jardiniers spécialisés pour l’entretien du parcours, affiliés à l’AGREF, formés au Greenkeeping, et sur laquelle, je me repose complètement.

Par rapport à d’autres golfs privés, je n’ai donc pas nécessairement cette contrainte. Pas plus que je n’ai de contraintes liées à de la restauration.

Les contraintes seront donc plutôt d’ordres météo puisque notre activité est très dépendante du beau temps par rapport à la fréquentation extérieure, et j’ajouterai que nous avons aussi une contrainte économique puisqu’il faut reverser une redevance à la ville, ce qui correspond à une partie de la cotisation annuelle des membres.

En fait, pour ma part, la principale contrainte est surtout d’ordre managériale puisque nous sommes ouverts sept jours sur sept avec de fortes amplitudes horaires. Nous employons 9 personnes à temps plein plus un saisonnier d’avril  à octobre.

Combien de membres sont inscrits au golf de Bourg-En-Bresse ?

Nous avons entre 530 et 600 membres selon les années, et près de 900 licences prises chez nous, ce qui correspond à notre potentiel de joueurs autour de Bourg-En-Bresse.

Le prix de la cotisation annuelle est de l’ordre de 600 euros.

Nous organisons beaucoup de compétitions, et pratiquement tous les week-ends. Je considère que c’est un gros plus de notre golf.

Est-ce que vous pensez que la proximité de la base de loisirs est un atout pour votre golf, et notamment par rapport aux personnes qui n’auraient jamais pensé découvrir le golf ?

Effectivement, je prends cette proximité comme un atout ! Nous nous trouvons vraiment dans la ville, et avec la base de loisirs, nous bénéficions d’une forte présence des scolaires.

Dans nos 540 membres cette année, il faut compter au moins une centaine d’enfants inscrits à l’école de golf.

Les jeunes à l'école de golf

Etant donné notre affiliation avec la ville, nous bénéficions d’échanges importants avec les scolaires. Tous les jours, nos pros sont mis à contributions pour initier des classes entières de jeunes qui arrivent en car, pour faire moitié-moitié des activités nautiques et golf.

Cela donne une ouverture extraordinaire auprès de jeunes qui n’auraient pas osé jouer au golf.

Sur ces scolaires, nous avons ensuite des jeunes qui reviennent individuellement pour pratiquer de manière plus soutenue chez nous.

Ce n’est pas forcément un chiffre énorme, mais c’est une véritable ouverture avec des enfants qui n’ont pas d’a priori négatif sur l’activité.

Quel est le principal attrait du parcours selon vous ?

C’est un parcours technique et sportif (valloné) qui présente de beaux panoramas sur les contreforts du Jura, et bien entendu le lac.

Bien que ce soit un golf dans la ville, le cadre est totalement campagnard, ce qui est vraiment très appréciable.

Vue du green sur le fairway du 9

Je dirai que c’est une fenêtre ouverte sur la forêt de Seillon. Si vous venez de l’autoroute, vous ne voyez même pas où se situe la ville.

Quel est le profil type du golfeur qui vient sur votre golf ?

On lance beaucoup de nouveaux ! Nous réalisons tous les dimanches des initiations gratuites, ce qui nous permet de lancer près de 80 nouveaux golfeurs par an. Des personnes qui n’ont jamais pratiqué le golf avant !

Comme vous avez pu le constater à votre arrivée, nous avons beaucoup de jeunes. Pour autant, nous n’avons pas réellement de profil type. En plus des nouveaux et des jeunes, nous avons des golfeurs qui sont dans le « sport », et qui aiment la compétition.

Je dirais que nous incitons beaucoup les joueurs à être dans cet état d’esprit. Un débutant peut très rapidement participer à un premier « scramble ».

Concernant les femmes, elles restent minoritaires un peu comme dans la majorité des golfs. En revanche, nos membres sont très présentes. Même si elles sont moins nombreuses, elles sont très pratiquantes.

Quelles sont les attentes de vos membres ?

En plus de la convivialité ou des compétitions, nous avons une pratique typée « santé » avec des joueurs qui viennent tous les jours à la même heure, en générale tôt le matin pour faire un parcours, marcher, s’arrêter au club-house pour prendre une collation. On les appelle affectueusement « nos petits papys du matin » puisqu’il s’agit généralement de personnes assez âgées.

Pause détente à la terrasse du club-house

Nous avons de plus en plus de membres de plus de 80 ans, et dans cet état d’esprit sport-santé où on comptabilise le fait de gagner 5 ans d’espérances de vie par la pratique sportive.

Quelles sont vos perspectives pour l’année 2016 ?

Après une année difficile où il a fallu beaucoup comprimer les dépenses, notamment en raison d’une baisse des greens-fees extérieurs, et malgré une bonne tenue de notre demande intérieure, à quoi, il faut ajouter des catastrophes (un cambriolage et une tornade), je ne peux que ressentir l’année à venir de manière très positive.

Je pense que cela peut repartir notamment à la faveur des JO qui auront lieu cet été. Les gens commencent à en parler, mais je crois surtout que cela peut apporter « un grand plus » au niveau de l’image du golf.

J’imagine qu’ils auront moins de réticences à passer la porte d’un golf. De notre côté, quand les gens arrivent chez nous, derrière, on arrive très bien à les capter, et à les garder avec nous.

C’est vrai qu’il faut oser faire le premier pas.

Groupe de joueurs et joueuses sur le trou numéro 6

Encore dimanche dernier, nous avons eu quatre personnes en initiation gratuite.

Après l’initiation, les quatre ont rempli notre fiche pour commencer l’activité. En discutant avec eux, ils nous ont avoué qu’ils ne pensaient pas que le golf était aussi accessible.

Si les gens osent, et comme notre véritable vocation, c’est de faire découvrir, je pense que nous sommes réellement propices à générer de nouveaux golfeurs.

C’est vraiment dans nos statuts !

C’est la mission de notre comité de direction que de veiller à ce que nous restions dans cette stratégie.

De manière générale, selon vous, qu’est-ce qui devrait être fait pour développer plus de golfeurs en France ?

Le travail qui reste à faire c’est de lever la réticence des gens, et les préjugés.

25 ans en arrière, quand je faisais mes études en STAPS, j’avais un professeur qui était à fond dans le golf, prétendant que c’était l’avenir, et que cela allait se démocratiser.

On parlait déjà beaucoup à cette époque de la démocratisation du golf, et franchement, aujourd’hui, on n’y est toujours pas. De ce point de vue, ce n’est franchement pas merveilleux.

Je suis un peu déçu par ça. Je trouve qu’en France, nous sommes très conservateurs de nos préjugés.

Pour moi, les moins de cinquante ans seront plus ouverts, et plus curieux par rapport au golf. Après, il y a toujours des milieux qui considèrent le golf comme un environnement infranchissable.

Dans la plupart des golfs, en règle générale, les enfants sont des enfants de golfeurs. Je constate un phénomène assez nouveau avec chez nous, des enfants qui ne sont pas des enfants de golfeurs.

Comme justement, ils ont découvert l’activité par l’école et qu’ils reviennent. Les parents nous disent souvent être étonnés par ce phénomène, étant totalement surpris par l’aspiration de leurs enfants.

La première crainte est toujours liée au prix. Alors quand ils découvrent que ce n’est pas plus cher qu’un autre sport, ils sont très surpris.

Je pense que la FFG a pris la mesure du problème, et du travail de fond à effectuer pour changer l’image du golf en France. C’est pour moi toujours la première chose à faire.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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