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Callaway Big Bertha 2019 : A la relance des fers Super Improvments

Callaway Big Bertha 2019 : A la relance des fers Super Improvments

Trois ans après les fers Big Bertha OS, Callaway annonce la sortie de ses nouveaux fers en version 2019 revisitée, pour promouvoir un meilleur lancement, et peut-être comme jamais vu auparavant, selon Alan Hocknell, patron de la création produits au sein de la marque. Les clubs Super Improvment qui désignent des fers à larges semelles et lofts très fermés devraient correspondre à une majorité de golfeurs, de débutant à peut-être 28 d’index, pourtant, ce ne sont pas nécessairement les clubs les plus vendus, ni même les plus renouvelés par les marques de matériel… Callaway peut-elle relancer le genre ?

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En France, le marché des fers est principalement dominé par trois marques : TaylorMade, Ping et Callaway. L’ordre du classement varie selon les années, selon les produits, et selon l’impact des nouveautés.

Si on regarde l’offre proposée par ces trois acteurs depuis le début de l’année 2018, force est de constater que TaylorMade et PING ont essentiellement renouvelé des séries de fers pour bons joueurs ou joueurs à la frontière d’être index à un chiffre.

PING a proposé un tout nouveau i500, et une remise à jour de sa lame cavity Back, le i210. TaylorMade a lancé le P760, encore une lame cavity back.

Srixon, qui est un des challengers du marché des fers a profité du mois de septembre pour revitaliser son modèle phare, le Z585 et au lieu de sortir deux lames, Z785 et Z985, s’est contentée pour l’instant d’un seul modèle.

Cobra va présenter au prochain PGA Merchandise Show la mise à jour de son Cobra KING F9 et ses nouveaux fers CB/MB.

C’est un peu sommaire pour en tirer une analyse complète, cependant, c’est comme si la tendance de fond des principales marques consistait à renouveler des offres plus au moins au centre du jeu, et pas trop en périphérie…

Le centre du jeu étant matérialisé par des fers pour des golfeurs allant de 5 d’index à 28. Pour les lames Muscle Back, que l’offre ne soit pas en plein boom paraît logique, compte tenu du faible potentiel de clients.

En revanche, il est plus surprenant de constater que seul Callaway semble encore porter une offre Super Improvment ou tenter une mise à jour fin 2018, et parmi les huit plus grandes marques.

Il peut m’arriver de me tromper, mais PING n’a pas revu sa copie depuis son Gmax de 2015. TaylorMade n’a jamais vraiment clairement développé un fer Oversized au sens exact du terme.

On pourrait penser que le M CGB est une sorte de réponse à ce marché.

Cobra a développé le KING OS en 2017, mais dans tous les cas, et malgré une forme de cohérence avec le niveau de jeu d’une majorité de golfeurs, ces clubs, dans leur ensemble n’occupent pas les premières places des ventes de clubs, en France, ou aux Etats-Unis.

Est-ce un délit de Grande Gueule ?

Plus large que la moyenne, ces clubs qui affichent des lofts aussi très fermés, sont souvent des armes de distances massives.

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A titre de comparaison, pour une vitesse de swing légèrement supérieure à 80 mph, avec un fer 7 type lame, un golfeur peut à peine atteindre 135 mètres de distance, avec un club Super Improvment ou Oversized, l’écart peut être de plus de 20 mètres.

Si on est mauvaise langue, on pourra toujours dire qu’un fer 7 oversized a bien plus du fer 5 que d’un vrai fer 7.

Toutefois, la stratégie d’acquisition de tels fers est souvent à coupler avec des hybrides à partir du fer 5.

S’agissant de sa nouvelle série Big Bertha, Callaway va clairement dans ce sens avec une proposition en combo avec des hybrides.

La série de fers va bien du fer 4 avec un loft de seulement 20 degrés au sandwedge 54 degrés.

Le fer 4 avec un loft de 20 degrés est en fait plus proche d’un fer 3, et devrait être plus rarement vendu, pour être très vite remplacé par un hybride avec un loft tout proche.

On peut même se poser la question pour le fer 5 avec 23 degrés de loft, la limite pour un golfeur qui a une vitesse de swing modérée ou lente.

En théorie, une série de 5 ou 6 clubs qui pourrait démarrer au fer 5 avec des lofts aussi fermés et des semelles bien larges ne manquerait pas complètement de sens pour un golfeur approchant les 70 ans, et swinguant juste au-dessus de 60 mph avec un fer.

A travers les tests que nous avons pu mener avec un golfeur senior dans cette tranche, cela ne s’est pourtant pas toujours confirmé.

C’est le terrible écart entre la théorie et la pratique, et c’est peut-être ce qui explique pourquoi ses clubs n’arrivent pas encore à complètement convaincre.

Si, un golfeur en pleine force de l’âge, avec un bon swing, et une bonne vitesse de balle frappe avec ce type de clubs, il va vraiment expérimenter un gain de distance spectaculaire.

La vitesse de balle à la sortie de la face du club va bondir, alors que le taux de spin va dramatiquement chuter, sans parler de la trajectoire qui va se tendre.

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Pour un golfeur qui manque de vitesse de swing, le problème ce n’est pas seulement la vitesse de swing… C’est aussi la régularité à centrer la balle dans la face, et produire un geste efficient.

Club adapté ou pas, tant que la balle n’est pas un minimum centré, le club ne peut pas toujours faire de miracle.

C’est le paradoxe d’un club super improvment, oversized, où tout est pensé pour que le golfeur propulse la balle très loin, et en fin de compte, il n’y parvient pas tant que cela, car le problème est ailleurs. Il n’est pas forcément que physique. Il est surtout technique, et là, les marques sont relativement impuissantes.

C’est une pure théorie, mais l’autre frein à l’achat de cette catégorie de fers, c’est sa signature qui ne trompe pas dans un sac de golf.

Quel que soit le golfeur, par ambition, par fierté, par signe de reconnaissance, quelle que soit la raison, on a tous envie de jouer des bons clubs.

Jouer des clubs Super Improvment, c’est peut-être d’emblée admettre que l’on joue avec une sorte de béquilles, et peut-être que la raison pousserait à les jouer, mais la passion pousse à jouer des clubs plus proches des conventions golfiques.

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Pour mieux jouer au golf, la bonne solution serait peut-être d’oublier un peu les conventions, prendre plus de cours, car même à plus de 65 ans, on peut progresser au golf, et jouer des clubs en théorie plus tolérants.

Je n’ai pas la réponse, ni la solution à cet enjeu de l’adéquation de l’offre clubs à la typologie des golfeurs, surtout dans une année de fort repli des ventes.

Les fers reculeraient de près de 20% en France, à ceci près des ventes sur Internet qui échappent à toute connaissance de la part des acteurs de la filière, sans parler du développement du marché de l’occasion.

Toujours est-il que les ventes de clubs Oversized ne semblent jamais avoir vraiment décollé en France. Cela tient peut-être aussi au prix ? La nouvelle série Callaway Big Bertha OS 2019 sera affichée autour de 1300 euros les 7 clubs du fer 4 au pitch, à partir du 1er mars 2019 en magasin.

Cela dit, Callaway tient compte de l’évolution du marché qui baisserait en volume, mais parallèlement résisterait mieux en valeur, sous l’effet des marques Ultra-premiums, comme PXG, XXIO ou HONMA.

Big Bertha a toujours été la tête d’affiche de Callaway.

Le défi de la marque sera donc de prouver ses dires. Callaway avance que cette série sera bien un pas en avant dans la facilité à lancer !

Les fers proposés en même temps que de nouveaux hybrides n’afficheront pas la technologie Jailbreak, mais on sent que Callaway veut capitaliser sur un élément qui a fait son succès en 2017, notamment sur les gammes de bois EPIC.

Pour convaincre, Callaway misera toujours sur les mêmes ingrédients, et notamment le fait de toujours reculer le centre de gravité de la tête.

Cette opération permet justement de fermer le loft du fer, tout en essayant de maintenir un angle de lancement aussi élevé. Le cumul de ces deux opérations aboutissant à plus de distance, avec en prime, moins de spin.

La tête est construite avec un poids en tungstène dit flottant, une notion qui n’est pas à cette heure, tout à fait claire pour moi. Comment un poids pourrait flotter au sein d’une tête de club ?

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C’est vraisemblablement le point technologique clé autour de ce nouveau fer. J’ai eu beau éplucher la documentation technique fournie par Callaway, cela m’échappe. J’aurai sans doute un éclaircissement à ce sujet pour amender cet article.

Tout l’enjeu est donc situé proche de la semelle, alors que la face aurait été encore amincie, tout en suivant le principe technique cher à Callaway, la construction 360 face cup.

Construction qui permettrait à la face d’être plus flexible, si je puis dire à propos d’une face en acier…

Alors que ce produit vient tout juste d’être annoncé, et que relativement peu d’éléments ont filtré, il y aura sans doute beaucoup de choses à ajouter, mais une chose est certaine, ce sera bien un club distance !

Compte tenu de l’historique de ce club, j’imagine que le taux de spin du fer 7 sera inférieur à 5000 tours, et la vitesse de balle bien supérieure à un club plus classique.

La question qui sera la clé de succès de ce produit, ce ne sera pas qu’un grand gaillard propulse la balle 20 mètres plus loin avec ce Big Bertha version 2019, mais qu’un golfeur senior arrive justement à lancer plus facilement, et constate ce bénéfice, tout ou partie.

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Dernière remarque, et c’est plutôt une bonne idée de la part de Callaway, la finition PVD dite Smoked que je qualifierai simplement de « noire » aura peut-être le mérite d’amincir visuellement ce club, et donc de rassurer de potentiels acheteurs par rapport à la dimension du club.

Hybrides et fers dégagent visuellement une belle impression, très « classe ». C’est déjà un bon point pour le fabricant qui veut semble-t-il épouser cette évolution du marché vers des produits plutôt premiums.

Si Callaway nous fait l’amabilité de nous prêter ces clubs, ayant renforcé notre panel de testeurs seniors ces dernières semaines, c’est plutôt avec eux que je compléterai ce sujet, et notamment un test, pour voir si Callaway peut en effet briser une sorte de plafond de verre pour les clubs Oversized.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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