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Bryson DeChambeau seul golfeur à avoir gagné 4 tournois en 2018

Bryson DeChambeau seul golfeur à avoir gagné 4 tournois en 2018

Nouveau driver dans son sac, et déjà une nouvelle victoire pour Bryson DeChambeau, le véritable phénomène de l’année 2018, désormais numéro 5 mondial, et qui n’en finit plus d’impressionner. A l’occasion d’un des premiers tournois de la nouvelle saison du PGA Tour, le Shrinner Hospitals for Children Open, l’américain de 25 ans a continué son entreprise de démonstration. Il semble bien parti pour durer et compter au plus haut niveau.

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Pour l’ensemble des observateurs du golf au plus haut niveau, le « Mad Scientist », Bryson DeChambeau, n’est pas un phénomène de mode, mais bien au contraire, un des principaux animateurs du circuit pour les années à venir.

Il l’admet lui-même. Il joue probablement le meilleur golf de sa vie au point de dépasser Rory McIlroy, Jon Rahm ou encore Jason Day au classement mondial.

En moins de quatre ans, Bryson DeChambeau est passé du 661eme rang mondial au sommet avec notamment une accélération spectaculaire en 2018.

En 12 départs depuis cet été, et le tournoi du Memorial organisé par Jack Nicklaus, DeChambeau a non seulement remporté quatre victoires (personne n’a fait mieux), mais au passage attrapé une place pour faire partie de l’équipe américaine de Ryder Cup, et faire partie du gotha des meilleurs golfeurs de la planète.

Dernièrement, à Las Vegas dans le cadre du Shriners, c’est un putt de 17 mètres qui lui a offert une victoire d’un coup sur Patrick Cantlay.

La réussite sourit aux audacieux.

Plus de deux ans en arrière, il était un néo-pro très scruté pour ses choix aux antipodes des golfeurs « classiques ». Il était l’un des meilleurs amateurs au monde aux côtés du français Romain Langasque et de l’espagnol Jon Rahm.

Des trois profils annoncés comme les prochains phénomènes, le plus atypique ne confirme pas immédiatement, laissant l’espagnol surprendre et briller.

En 2017, DeChambeau arrive enfin à gagner son premier tournoi à l’occasion du John Deere Classic, ce qui lui servira de déclic, et plus largement de validation de sa méthode à base de clubs d’une longueur unique, et plus largement d’une tendance à vouloir intellectualiser n’importe quel élément du jeu à son avantage.

Après avoir utilisé un compas pour tenter de mieux lire des pentes sur les greens, un principe qui a été interdit depuis, DeChambeau vient à nouveau de créer un débat au sujet des règles de golf 2019.

Il souhaite laisser le drapeau au fond du trou sur les greens au moment de putter, considérant que cela peut potentiellement l’aider sur certains putts.

Finalement, il ne se passe pas trois mois sans que DeChambeau ne tente pas quelque chose en vue de révolutionner la façon de jouer au golf.

On sent chez ce garçon une volonté de ne pas seulement jouer au golf, ou même de gagner, mais bien au-delà, de laisser une empreinte comme quelqu’un qui aura vraiment bouleversé le jeu de golf, et pour tout le monde, y compris les amateurs.

En septembre de cette année, DeChambeau a bien failli remporter la Fedex Cup. Il avait notamment remporté coup sur coup deux tournois des play-offs, le Northen Trust et le Dell Technologies Championship.

Sa force qui est en même temps son ambition profonde consiste à être très fort dans tous les compartiments du jeu. Cette ambition le pousse à toujours chercher de nouvelles méthodes que ce soit au putting ou pour le jeu long.

Parfois, c’est un peu trop alambiqué comme sa tentative de putter face au trou, une technique qu’il a tenté et abandonné.

Depuis le début de la saison 2019 (à cheval sur la fin 2018), sur encore peu de tournois pour que cela soit complètement significatif, on peut relever qu’il est l’actuel numéro un pour le total de coups gagnés.

Premier au global car cinquième depuis le tee de départ, troisième pour les approches vers le green, et en fait, premier du tee au green, il est aussi 17eme pour les coups autour du green, et 81eme pour le putting.

C’est justement dans ce dernier domaine qu’il a spectaculairement construit sa victoire d’un coup à l’occasion du dernier tournoi sur le TPC de Summerlin.

Son eagle au 16 après un putt de 17 mètres a été décisif pour sa victoire d’un coup sur Patrick Cantlay.

La grande force de DeChambeau est intéressante à commenter, car elle va à l’inverse de la logique défendue par le meilleur joueur PGA de l’année, en bataille pour être numéro un mondial, Brooks Koepka.

Ce dernier considère qu’à la vue des parcours du PGA Tour, il est plus important de taper très fort au drive, peu importe si la balle termine sa course dans le rough ou sur le fairway.

Le plus important est de sortir un wedge sur le coup suivant plutôt qu’un fer 9, et ce, en vue d’être plus près du drapeau sur le coup suivant.

Koepka drive à 313 yards de moyenne pour un pourcentage de fairways en régulation de seulement 56% en 2018.

Il est donc classé huitième plus long joueur du PGA tour, et seulement 158eme sur un peu plus de 200 pour la précision.

Sur près de 820 fairways joués, il n’en a touché que 462.

Pourtant, sur près de 1000 greens à toucher (il faut compter en plus les par-3), il en a pris 713, soit un pourcentage de 68%, ce qui le fait remonter au 57eme rang pour les greens en régulation.

Avec 4,19 birdies de moyenne par parties jouées, Koepka est même huitième, et valide ainsi cette stratégie payante, notamment en majeur.

A l’inverse, DeChambeau n’est pas franchement beaucoup moins long que son partenaire de Ryder Cup. Il drive en moyenne à 305 yards contre 313 pour Koepka.

En revanche, il prend nettement plus de fairways en régulation en proportion, soit 775 sur 1252 joués en 2018.

Derrière, cela a tout de même un petit impact sur sa capacité à prendre plus de greens, puisque DeChambeau monte à 70% contre 68% pour Koepka.

Sa moyenne de birdie est alors de 4,20, soit un soupçon supérieur à celle de Koepka.

Il y a un domaine dans lequel DeChambeau peut encore faire mieux.

C’est les sorties de bunker où pour le coup, il perd du terrain par rapport à Koepka. Il performe dans moins de 50% des cas.

Pour la saison à venir, DeChambeau pourrait bien continuer à se rapprocher du rang de numéro un mondial, à condition d’améliorer encore son putting, et donc ses sorties de bunker.

S’agissant du putting, il a déjà accompli une grande partie du chemin entre 2017 et 2018, arrivant à se situer dans les 45 meilleurs. C’est ce qui explique pourquoi il gagne soudainement beaucoup de tournois.

Depuis le début de la nouvelle campagne de Fedex Cup, il faut noter une sensible augmentation de sa distance au drive (312 yards) cumulée avec une précision en hausse (78%).

Il est trop tôt pour l’imputer à son seul changement de driver, et surtout, ces statistiques données sur seulement 8 drives mesurés et 44 fairways touchés (visiblement, il ne joue pas seulement le driver depuis le tee), bien qu’il s’agisse d’une excellente aubaine pour son équipementier, Cobra, dans le cadre du lancement du nouveau driver Cobra KING F9 Speedback, voué à être le phénomène de l’année prochaine.

Dans quelques semaines, et après plusieurs tournois, nous verrons bien si DeChambeau continue sur cette bonne tendance, et alors, avec la réussite en plus au putting, rien ne devrait pouvoir l’empêcher de gagner à nouveau.

Contrairement à ce qu’affirme Koepka, si un golfeur peut taper très loin tout en touchant plus de fairways en régulation, il y a tout de même un petit avantage pour faire un peu plus de birdies, ce qui semble être le jeu et l’ambition de DeChambeau.

Comme Eddie Pepperell l’indique fort justement sur Twitter, le golf peut réserver des moments relativement cruels, même pour les très bons joueurs, en prenant l’exemple du chinois Haotong Li qui manque un petit putt insignifiant pour partager le trou de play-off avec Justin Rose en Turquie « Quiconque veut être au top doit passer par des moments d’intenses frustrations. C’est difficile de rester humble et d’être un golfeur. »

DeChambeau doit sa victoire à un putt de 17 mètres qui finit sa course dans le trou. C’est le mince écart entre la victoire et la défaite au golf. Pour l’instant, il arrive aussi à avoir en plus un peu de chance.

Crédit photo : Cobra Golf

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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