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Brooks Koepka remporte l’US PGA Championship 2018

Brooks Koepka remporte l’US PGA Championship 2018 - crédit photo : Tim Spyers/Icon Sportswire

Au cours d’une dernière journée spectaculaire sur le parcours du Bellerive Country Club, près de Saint-Louis, théâtre du centième US PGA Championship, dernier majeur de la saison 2018, dans un match à quatre entre Justin Thomas, Tiger Woods, Adam Scott et Brooks Koepka, c’est bien ce dernier qui va lever le Wanamaker Trophy. Favori après 54 trous, il a su tenir son rang, et garder la tête froide, même quand Justin Thomas ou Adam Scott ont pu le rejoindre aux commandes du tournoi.

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Quelle dernière journée de golf à Bellerive !

Devant une foule immense, le dernier majeur de la saison a tenu toutes ses promesses. Le spectacle a largement été au rendez-vous, et un peu comme l’édition précédente, déjà spectaculaire.

Logiquement, l’issu du tournoi aurait dû se résumer à un duel entre Brooks Koepka (-12 au départ de la journée) et Adam Scott (-10).

De nombreux talents se sont exprimés pour tenter de perturber l’ordre établi pendant les trois premiers tours.

On retiendra la performance exceptionnelle du belge Thomas Pieters, auteur d’une carte de 66 (-4) qui a pointé un temps le bout de son nez tout près des leaders, sans qu’un vilain double ne vienne ternir sa journée au 17.

Sa sixième place finale à -10 pourrait ne pas suffire à en faire un choix du capitaine pour la prochaine Ryder Cup. Pourtant, sa performance du jour rappelle qu’il a marqué 4 points pour l’équipe européenne en qualité de rookie. Il est peut-être enfin en forme au bon moment…

On retiendra la performance exceptionnelle du belge Thomas Pieters, auteur d’une carte de 66 (-4) qui a pointé un temps le bout de son nez tout près des leaders

L’italien Francesco Molinari a confirmé quant à lui qu’il était bel et bien le meilleur européen de l’année.

En -3 pour la journée, il a perturbé un temps le sommet du leaderboard. Finalement sixième, il a tenu son rang de vainqueur en majeur.

Et que dire de Stewart Cink que personne n’attendait à ce niveau, finalement en -11, quatrième du tournoi.

Un match à quatre pour le Wanamaker Trophy

Cependant l’issue du tournoi s’est réellement jouée entre quatre hommes dont le tenant du titre Justin Thomas. Ce dernier partait de loin dimanche, peut-être de trop loin…

Au départ du premier trou, le numéro deux mondial pouvait ambitionner de reprendre le fauteuil de numéro un, à un Dustin Johnson assez décevant cette semaine, et en cas de victoire.

Il a commencé par irradier le début de la journée. Auteur de trois birdies sur sept trous, Thomas n’a pas mis longtemps à remonter Koepka, finalement timide sur le début de la journée.

Après un bogey évitable au 9 (en position pour eagle, il concède un trois putt), Thomas a fait preuve d’un mental de champion en signant deux birdies consécutifs au 10 et au 11.  

Sur le 12, il réussit une approche incroyable pour sauver le par depuis une position impossible, en surplomb du trou, et avec peu d’options pour poser sa balle.

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Au lieu de mettre la pression sur le futur vainqueur, il va commencer à s’énerver et perdre le contrôle des opérations. Au 14 puis au 15, la tension pouvait vraiment se lire sur son visage.

Le bogey du 14 a mis fin à ses chances de victoire, surtout que dans le même temps, Koepka a commencé à rentrer les putts pour birdie.

Encore un bogey au 16 après un coup de fer tapé en push fade pour ne pas dire mal contrôlé, et Thomas s’est finalement mis assez vite hors course, alors que les trois autres prétendants avaient encore beaucoup de trous à jouer.

Tiger, le principal animateur de ce 100eme US PGA Championship

Le grand animateur de la journée a été véritablement le tigre à -14 au club-house alors qu’il avait démarré la journée à -8.

Mis à part Koepka, il a été le golfeur le plus impressionnant.

Il a lutté avec détermination.

Clairement, il voulait la victoire.

Le grand animateur de la journée a été véritablement le tigre à -14 au club-house alors qu’il avait démarré la journée à -8.

A chaque fois qu’il a sauvé un par, on pouvait voir sur son visage l’énorme pression qu’il s’était mis pour tout tenter aujourd’hui.

Au final, il ne peut pas se reprocher grand-chose. Koepka a fait le boulot sur cette dernière journée encore jouée assez basse sous le PAR (66).

Woods n’a laissé en chemin que deux bogeys au 6 et au 14. Au total de la journée, il a signé 8 birdies, ce qui n’a pas manqué de soulever les vivats du public amassé autour de sa partie, jouée avec Gary Woodland.

Woods nous a régalé avec des coups dont lui seul a le secret, et notamment un coup de fer 9 depuis le bord d’un chemin sur le trou 9. Ce coup de fer magistral va lui ouvrir les portes d’un birdie improbable.

Le tigre a probablement été le meilleur de la journée dans le domaine des coups de recovery, alors qu’il a touché assez peu de fairways en régulation. Au départ du 8, il était notamment à 0 sur 7 !

Son jeu de fers va lui offrir de belles opportunités de birdies.

Sur cette partie, son putting va répondre présent, même si au 12, il n’en croit pas ses yeux, sa balle parfaite ne tombe pas. Il se tient les mains sur les genoux, et reste vouté un bon moment avant de se redresser.

Dans sa course contre la montre face à Koepka, il doit prendre tous les birdies possibles.

Woods arrive au 15 sur un trou clé pour la victoire. Sur ce long par-4, il faut absolument prendre le fairway en régulation pour espérer toucher le green en deux.

Woods va taper son meilleur drive de la journée à 297 yards au carry.

La balle est droite, parfaite, dans l’axe du trou. Derrière, il va faire le birdie avec un coup d’une précision chirurgicale. Sa balle s’arrête à moins d’un demi-mètre du trou. Il n’aura plus qu’à la pousser au fond pour un « easy birdie ».

Au 17, son driving erratique va de nouveau lui jouer un tour.

Si Koepka n’avait pas fini par mettre en route la machine à birdies sur les trous du retour, Tiger aurait pu regretter ce coup en slice qui a manqué de prendre l’obstacle d’eau latéral.

Dans les piquets rouges, mais avec une balle jouable, il va se remettre en jeu à la faveur d'un fer 8 replacé sur le fairway.  Sur le moment du drive raté, il s’est montré vraiment énervé. Peut-être le seul moment d’agacement de sa journée.

Au final, il sort du trou avec un par qui aurait pu être un double. Sur ce trou, il a manqué l’occasion de mettre un peu plus la pression sur le vainqueur, mais il aurait aussi pu reculer au-delà de la troisième place.

Il réussira un dernier birdie avec panache sur le 18, pour finalement terminer deuxième du tournoi à deux coups de Koepka.

Adam Scott a eu aussi sa chance

Comme il le prévoyait, il a fait preuve de patience.

Sa chance est arrivée entre les trous 7 et 13 où il a fait tomber 5 birdies.

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De toute la journée, il n’a commis pratiquement aucune erreur. Sans être spectaculaire ou en situation de recovery, l’australien a suivi son plan de jeu.

Sur le 16, un par-3 après un nouveau coup de fer 4 chirurgical de Koepka alors en pleine confiance, Scott lâche son coup de fer à droite. Il devait absolument taper un coup parfait sur ce trou pour espérer tenir le leader.

Longtemps au coude à coude avec Koepka, mais sans donner l’impression de réellement pouvoir le dépasser, Scott a lâché sur le 18. Il abandonne la seconde place à Woods après un dernier bogey.

L’australien valide néanmoins un beau retour au premier plan après deux années à broyer du noir.

Koepka en deux temps

De son côté, le vainqueur de cet US PGA Championship, Brooks Koepka a connu une journée en deux temps.

Brooks Koepka remporte l’US PGA Championship 2018 - crédit photo :  Keith Gillett/Icon Sportswire

Son début de partie jusqu’au trou 6 a été assez moyenne.

Il concède deux bogeys consécutifs au 4 et au 5, et manque de peu d’en concéder un troisième consécutif au 6.

De solide leader, il revient dans le « paquet », et directement sous la menace de Justin Thomas et Adam Scott.

Il se reprend brillamment au 7,8 et 9 avec trois birdies consécutifs. Il gagne certainement son troisième majeur en carrière sur cet enchaînement.

Sur les trous 12, 13 et 14, il manque d’un cheveu de faire birdie, ce qui maintient le suspense sur la fin du tournoi.

En réalité, Koepka tient le Wanamaker trophy dans ses mains. C’est lui qui a le scénario du tournoi dans ses clubs.

A force de se créer des occasions de birdies trous après trous, cela finit par rentrer au 15.

De là, il ne peut pratiquement plus perdre.

Il poursuit par un nouveau birdie au 16 avec un coup de fer qui va chercher le drapeau dans un coin à droite du green. Le coup parfait qui fait la différence.

Au final, il n’aura concédé que deux coups à Woods, et c’est probablement l’exploit du jour.

Koepka remporte deux majeurs dans la même année, ce qui en dit long sur son nouveau statut de big-star du golf américain.

Pourtant sur le 18, après son dernier putt, et celui de son partenaire Adam Scott, autour du green, ce n’est pas la même liesse que l’an passé pour Justin Thomas.

Le public applaudit brièvement mais clairement espérait un autre scénario, et notamment une victoire de Tiger.

Sans un Koepka aussi fort pendant quatre tours, Woods aurait bien pu gagner ce majeur, et écrire une grande page d’histoire du golf.

Mais voilà, Koepka vexé de ne pas être considéré comme un champion majeur en a décidé autrement.

En six départs, il remporte trois majeurs ! Il rejoint Woods, Nicklaus, Watson et Spieth au palmarès des multiples vainqueurs de majeurs avant 29 ans.

Son exploit est réel. Pas sûr que son propre public ait envie de l’apprécier.

Koepka souffre clairement d’un manque d’appréciation visible, une forme d’indifférence, pour ne pas dire d’amour de la part de son public, pas forcément impressionné par sa puissance, sa précision ou son putting parfait.

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Koepka n’a pas la cote.

Il s’en rend bien compte en restant très modeste dans son comportement sur le dernier green.

Sa petite amie arrive à se faufiler jusqu’à lui pour l’embrasser. C’est à peu près le seul moment de relative émotion dans un moment pourtant si historique.

Koepka devient alors le leader de l’équipe américaine de Ryder Cup, numéro deux mondial, et un sérieux candidat au titre de joueur de l’année, mais visiblement toujours pas dans le cœur des américains.

Crédit photo : Keith Gillett/Icon Sportswire

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.

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