Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...

Brooks Koepka remporte l’US Open 2017 en -16

Brooks Koepka remporte l’US Open 2017 en -16 - crédit photo : Mark Newcombe

Le verdict de ce 117eme US Open est tombé. L’américain Brooks Koepka a marché sur Erin Hills ! Avec un score total de -16 sous le par, il est loin le temps où l’US Open se gagnait dans le par ou au-dessus. L’USGA a beau tout tenter… rien n’arrête le talent des meilleurs golfeurs du monde. Et Brooks Koepka, grand espoir de notre sport, vient d’ajouter son nom à la longue liste des héros de l’Open.

Découvrez nos formules d'abonnements

Retour sur la victoire de Brooks Koepka à Erin Hills et les grands moments de l’US Open 2017

Après quatre jours de tournois, il est temps de prendre un peu de recul sur le feu de l’action.

On d’abord cru que ce serait enfin le tour de Rickie Fowler, impressionnant de maîtrise et de détermination sur le premier tour disputé en seulement 65 coups. Puis Paul Casey a laissé penser qu’il pourrait être enfin sacré en majeur au soir du deuxième tour.

Deuxième tour qui a fait beaucoup de casse avec l’élimination de trois des cinq meilleurs golfeurs du monde : Dustin Johnson qui décidément rate sa saison en majeurs (a-t-il perdu son mojo depuis sa chute dans les escaliers ?), Rory McIlroy en manque de rythme et de tempo, en même temps qu’il découvrait un nouveau putter, et Jason Day, qui lui n’y est plus depuis des mois, à se demander si Nike a bien fait de miser autant d’argent sur lui cette saison.

L’australien n’est que l’ombre de lui-même depuis la fin de la saison 2016.

Samedi, Justin Thomas est rentré dans l’histoire avec un 63, score le plus bas en relation avec le par sur un US Open.

Dimanche, j’émettais deux hypothèses : Soit ce 63 servait à remporter une victoire fantastique qui resterait dans les mémoires pour des années et des années, soit ce score ne resterait qu’une référence, et un marqueur des possibilités des golfeurs de notre ère moderne.

En jouant seulement +3 dimanche, Justin Thomas n’a jamais pu se mettre dans le coup pour la gagne.

Son exploit de samedi restera vain. Dommage, cela aura fait un récit historique…

Le dernier tour de l’US Open promettait beaucoup de suspense avec encore beaucoup de bons joueurs en passe de gagner.

Malheureusement, c’est un avis personnel, la fin de tournoi n’a pas été à la hauteur de mes espérances.

Le déroulement des opérations a été quelque peu soporifique.

Les contours de la fin de l’histoire se sont dessinés à mesure que deux joueurs ont été très solides en tête, et très tôt dans la journée : Brooks Koepka et Brian Harman qui avaient déjà tous deux placés leurs banderilles dès le samedi.

On aurait pu espérer un run final de Rickie Fowler dynamitant la fin de partie. Cela ne s’est jamais produit.

72 pour un dernier tour de majeur, c’est insuffisant pour espérer changer la donne, surtout sur un parcours qui finalement n’a rien eu d’un monstre ! Fowler s’est créé l’occasion jeudi… il ne l’a pas transformé dimanche !

Erin Hills, un théâtre pas si dramatique…

Pourquoi le Masters reste largement le majeur numéro 1 ?

Désolé d’être vindicatif, mais le parcours d’Erin Hills à beau proposer des trous très longs, beaucoup de bunkers (demandez à Louis Oosthuizen) et des herbes hautes impossibles aux bords des fairways, ce n’est pas un très beau parcours et surtout pas si difficile pour des joueurs qui envoient des drives à 290 mètres en même temps qu’ils puttent très bien.  

Cela manquait d’eau et d’arbres !

Surtout que le parcours n’a pas été finalement si étroit du fait de conditions météos très favorables pendant ce week-end.

Parmi les meilleurs joueurs, on n’a pas vu beaucoup de drives ratés !  Au bout de quatre jours de compétitions, ils sont tout de même 31 (sur 155) à avoir joué sous le par sur un tournoi censé être le plus difficile au monde.

De ce point de vue, l’USGA ne peut pas nous la « raconter ». Le choix d’Erin Hills dans le Wisconsin loin des grandes métropoles américaines ne restera pas dans les mémoires comme le plus grand US Open, et en tout cas, pas comme un véritable rival au Masters, en termes d’émotions et de difficultés.

Brooks Koepka, l’étoffe d’un champion

Cela n’enlève rien à Brooks Koepka qui a produit un jeu remarquable sur les quatre jours du tournoi.

Il a démontré qu’il était désormais capable de se hisser au niveau des plus grands. On devrait logiquement le revoir régulièrement à ce niveau.

Pour remporter cet US Open, il n’a pas seulement brillé pendant un tour comme Fowler ou Thomas.

Il a excellé du jeudi au dimanche, rendant lors du dernier tour, la deuxième meilleure carte du jour après celle du japonais Matsuyama, l’autre héros de cet US Open, l’un des rares top-10 mondial à ne pas avoir fait défaut, et au contraire tenu son rang.

Sans un démarrage poussif jeudi (74), il aurait pu challenger plus longtemps le futur vainqueur.

Le suspense n’a donc pas été si important dimanche, car très tôt Justin Thomas et Rickie Fowler n’ont pas rentré les putts pour se rapprocher de la tête.

Le seul à avoir « créé » quelque chose en venant de derrière fut bien Matsuyama, mais son retard au départ du un était tout de même important à combler, et sans compter sur une défaillance des leaders Koepka et Harman, rapidement détachés.

Le tournoi s’est réellement joué entre ces deux hommes.

Malheureusement pour le spectacle, Harman a lâché au plus mauvais moment.

Bogey au 12, au 13 puis encore bogey au 18, alors que Koepka n’a finalement jamais dévissé !

C’est peut-être la première caractéristique du vainqueur ! Il a été solide tout le temps, et tous les jours.

Alors que le dernier joueur capable de lui contester la victoire, Brian Harman baissait pavillon entre le 12 et le 13, sans sourciller, Koepka a « tué » le tournoi avec trois birdies consécutifs au 14,15 et 16.

Brooks Koepka, l’étoffe d’un champion - crédit photo : Mark Newcombe

Prédestiné à rentrer des birdies

La vie de Brooks Koepka pourrait se résumer à une histoire de birdie.

Né depuis seulement trois jours, son père Bob l’emmena sur un par-3 au Wycliffe Golf et Country Club, tapa un solide coup de fer 4, puis en tenant son nouveau-né sous le bras, rentra le putt pour birdie tout en lui disant « Mon fils, voilà ton premier birdie ! »

En ce jour de fêtes des pères, 27 ans et 15 jours après les faits, la famille Koepka s’est forcément remémoré ce moment.

Bien entendu, pour parvenir à un tel résultat, Koepka a dû jouer le meilleur golf de sa vie.  

Au passage, il a égalé le précédent record de -16 sur l’US Open déjà détenu par Rory McIlroy au Congressionnal, une performance qui peut laisser penser que Koepka risque bien de faire « partie du paysage » pour un moment.

Physique de déménageur ou plutôt de bombardier comme son copain Dustin Johnson, vainqueur de l’édition précédente, il partage d’ailleurs le même swing coach, le même entraineur, et le même cuisinier pendant les majeurs.…

Il dégage la même confiance en lui.

Fort avec les bras… fort avec la tête

Il faisait partie des rares joueurs à avoir déjà foulé les fairways d’Erin Hills en compétition puisqu’il l’avait joué à l’occasion de l’US Amateur 2011.

Pour Claude Harmon III, son entraîneur « C’est typique de Brooks, et très similaire à Dustin Johnson… quand nous avons marché le parcours en début de semaine, il ne se souvenait d’aucun trou. »

Pourtant, très rapidement en constatant le set-up et la longueur du parcours, l’américain a compris qu’il aurait sa chance.

En arrivant sur ce tournoi, le coach a constaté que Koepka n’avait tout simplement jamais aussi bien drivé la balle, et de manière très comparable à celle de Dustin Johnson, l’an passé à Oakmont.

Son copain l’a d’ailleurs appelé dans la soirée de samedi pour lui conseiller de s’en tenir à son plan de jeu sur le dimanche. Koepka avoue y avoir pensé au 14.

Fort avec les bras… fort avec la tête - Crédit photo : Mark Newcombe

Les majeurs poussent les joueurs à être au summum de concentration. Le vainqueur n’a d’ailleurs commis aucun double-bogey de toute la semaine. Sur les neuf trous du retour, Koepka n’a lâché qu’un coup en quatre jours !

Il a remporté ce majeur parce qu’il a dominé le champ de joueurs dans plusieurs catégories : Premier pour le nombre de greens en régulation (62 sur 72), septième pour la distance au drive avec 294 mètres de moyenne, quatrième pour la précision au drive avec 87,5% de fairways en régulations.

Pour symboliser la puissance et l’assurance du jeune homme, sur le dernier trou, le fameux 18, il s’est « contenté » d’un bois 3 tapé à 341 mètres depuis le tee de départ !

Un parcours atypique pour un golfeur américain

Pour parvenir jusqu’à cette performance de grande envergure, Koepka n’a pas nécessairement suivi un chemin usuel pour un jeune pro américain sur le PGA Tour. Il a fait ses premières armes en Europe et sur le Challenge Tour !

Quand il a été sur le point de gagner sa carte sur l’European Tour, à savoir au soir de sa troisième victoire sur le Challenge tour, il a appelé son agent et déclaré qu’il en avait assez des voyages, et même du golf. Il voulait tout simplement rentrer chez lui.

Heureusement pour la suite de l’histoire, ce petit coup de mou n’a pas été suivi d’effets.

Il est allé sur le circuit européen. Il a remporté le Turkish Airlines Open 2014 puis de retour aux USA, il a gagné le Waste Management Open 2015.

Solide en Ryder Cup pour sa première sortie en 2016, il a dominé trois matchs pour seulement un nul et zéro défaite.

A l’origine de sa victoire à l’US Open, il y a donc ce papa fan de golf, mais aussi un grand oncle deux fois champion du monde de base-ball, et meilleur joueur du monde en 1960 (Dick Groat). C’est lui qui a initié le père au golf.

Ce dimanche, chez les Koepka, c’était bien la fête des pères.

  • Taille du texte: Agrandir Réduire
  • Lectures : 870
  • 0 commentaires
  • Imprimer
Modifié le

Restez informé

Recevez notre newsletter

Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.