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Brooks Koepka : Le nouveau meilleur golfeur du monde ?

Brooks Koepka : Le nouveau meilleur golfeur du monde ? - crédit photo  Tim Spyers/Icon Sportswire

On ne gagne pas trois majeurs dont deux la même année par hasard.  Le doublé à l’US Open et la victoire sur l’US PGA Championship ne doivent pas être sous-estimées. Au cours du dernier majeur de la saison disputé sur le parcours du Bellerive Country Club, Koepka a démontré qu’il avait bel et bien une tête d’avance sur tous les compétiteurs.  Une avance qui pourrait rappeler le même type de domination quand Tiger Woods était arrivé sur le circuit à la fin des année 90, et avec le résultat que l’on connaît : 14 victoires en majeurs étalées sur une décennie et demi. Attention à Brooks Koepka, il ne fait peut-être que commencer…

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Il ne gagne pratiquement qu’en majeur, et pour l’instant, c’est ce qui le différencie du jeune Tiger Woods. Surtout, il est plus vieux au moment de devenir le golfeur le plus dominateur du moment en majeur.

Pourtant, en l’espace de 14 mois, il démontre une force assez rare dans un sport comme le golf.

Quatre victoires dont trois en majeurs, Koepka gagne quand cela compte plus que tout.

Pour remporter cet US PGA Championship à Bellerive, Koepka a signé 22 birdies sur quatre jours dont 13 sur la première partie du parcours. En contrepartie, il n’a concédé que 4 bogeys et un double.

Il n’a pas eu l’occasion de rentrer un eagle, mais le nombre de birdies et le peu de bogeys ont suffi à sa victoire.

Sur quatre tours de championnat, en réalité, il n’a commis que 5 erreurs.

Deux sont intervenues sur les neuf premiers trous dimanche. Il les a compensés par trois birdies consécutifs seulement quelques trous plus tard.

Le samedi lors du troisième tour, il avait aussi rendu deux bogeys consécutifs avant d’immédiatement se reprendre avec un birdie.

En résumé, pour gagner, Koepka a minimisé les erreurs, et maximisé les opportunités.

Très rapidement dans la semaine, en conférence de presse, il a donné les clés de sa domination sur ce championnat.

Sa puissance au drive, et surtout sa confiance dans cette puissance expliquent pourquoi il avait un peu plus d’une tête d’avance sur tout le reste du champ des joueurs.

« J’aime la façon dont le parcours est préparé. Les gens expliquent qu’il tourne de droite à gauche, mais il y a toujours un bunker à l’intérieur du virage. Cependant, je peux pratiquement tous les survoler, donc finalement, ce n’est pas un si gros problème pour moi que les trous tournent de droite à gauche. Je peux me mettre hors de danger avec ma longueur. »

Effectivement, sur l’aspect de la distance pure, Koepka n’avait pas de soucis à se faire. Cependant, il faut encore être capable de taper droit ou de taper sur sa cible !

Au cours de la même conférence de presse, Koepka en a dit encore un peu plus sur lui, et sur sa façon de préparer un majeur.

« Il faut faire encore plus attention aux détails. Il faut être encore plus affûté mentalement, plus concentré sur tous les coups. Si vous ratez un coup ou deux, vous vous mettez encore plus dans votre processus pour revenir. Il y a plus d’attention sur vous pendant un majeur. Dans mon équipe autour de moi, tout le monde me dit que j’agis un peu différemment. Je ne dis pas que je change ma routine, mais je me sens plus discipliné. Bien manger, aller à la gym… tout est orchestré à la perfection. »

Difficile de croire que ses rivaux ne font pas à peu près de la même façon, pourtant c’est lui qui tient le trophée du vainqueur. Koepka fait donc quelque chose de supérieur aux autres superstars du circuit.

Au cours de la même conférence de presse, Koepka en a dit encore un peu plus sur lui, et sur sa façon de préparer un majeur.

Jusqu’à présent, il était surtout considéré comme l’ami de…. L’ami de Dustin Johnson.

Encore cette semaine, en sortant de la salle de sport « J’étais avec Dustin et tout le monde voulait une photo avec lui. Tout le monde ne faisait que parler de lui. Les gens se disaient qu’ils pouvaient voir le numéro un mondial. Je ne savais pas quoi répondre à cela. Je paraissais invisible à ses côtés. »

Au lieu de réagir, Koepka est resté impassible, un peu comme au moment où sur le 18, lors du dernier coup, il n’a pas montré beaucoup d’émotions alors qu’il venait de gagner son troisième majeur.

« Je suis juste concentré sur moi. J’ai l’impression que si je fais ce que je suis supposé faire, je devrais bien pouvoir gagner le tournoi. »

Il ne veut pas paraître arrogant.  Il sait qu’il peut gagner à chaque fois qu’il met la balle sur le premier tee.

Quelques mois plus tôt, il était pourtant sur le flan, blessé au poignet, un segment si important pour la réalisation d’un swing de golf ! Il a manqué le Masters pour cela.

A l’époque, il était très inquiet de cette blessure. Personne ne pouvait vraiment lui dire ce qui en état la cause. Il a été voir un chiropraticien spécialisé dans les chevaux !

Dieu sait ce qu’il a trouvé. En une séance, le problème était réglé.

L’an prochain, le Masters sera surement son principal objectif.

A l’heure actuelle, il peut tout simplement être considéré comme la force dominante du golf. Il paraît insensible à la pression.

Sur l’US Open à Shinnecock, il a tenu sans sourciller la remontada de Tommy Fleetwood. Sur cet US PGA Championship à Bellerive, il a tenu la remontada de Tiger Woods.

Pour tous les commentateurs, il a donné l’impression de gagner facilement.

Il est apparu froid, et clinique.

Pour son entraîneur Pete Cowen qui a travaillé avec lui son petit-jeu, notamment quand l’américain jouait en Europe (Il a été membre du challenge et de l’European Tour avant de percer aux USA), Koepka n’avait pas cette approche si rigoureuse au début de sa carrière.

Koepka reconnaît à Claude Harmon, la paternité de son driving plus facile à répéter constamment. Au lieu de taper un draw qu’il pouvait manquer des deux côtés du fairway, il a adopté un power fade.

Il a amélioré son petit jeu avec Pete Cowen, le coach d’Alexander Levy, connu pour avoir travaillé avec Stenson, Oosthuizen et Garcia.

« Je l’avais suivi sur une partie avant qu’il n’aille jouer à Erin Hills. Son langage corporel était alors vraiment horrible. Il se disait qu’il ne pourrait jamais gagner. Je me suis assis avec lui et son caddie Ricky Elliot et je lui ai dit qu’il avait raison. Il ne gagnerait jamais avec cette attitude. Je pense que sur le moment je l’ai choqué. Brooks aime être challengé. A Shinnecock, je lui ai dit de défendre son titre comme personne ne l’avait fait. On connaît le résultat. Cette semaine, je lui ai dit vas-y et deviens le champion du monde poids-lourd du golf. Vous pouvez voir dans ses yeux qu’il aime ce type de challenge. »

Pour Cowen, même si Koepka n’a joué que trois majeurs, et n’est encore que numéro deux mondial, il est le meilleur joueur de l’année avec ses deux victoires à l’US Open et l’US PGA.

Le coach a commencé à travailler avec l’américain quand ce dernier a sécurisé sa carte sur le circuit européen cinq ans plus tôt.

Son cadet, Rickie Elliot, coach en Irlande du Nord est venu le voir « Il faudrait que tu jettes un coup d’œil sur ce garçon. »

Il avait tellement de potentiel, mais il avait besoin d’aide sur son petit-jeu.

« Quand nous avons commencé, son petit jeu valait peut-être un sur dix. Aujourd’hui, il vaut trois sur dix ! Il a encore des wagons de progressions possibles, et cela devrait inquiéter les autres. Il frappe déjà si loin, si droit et sans peur. »

Pas nécessairement considéré par les médias américains, Koepka en a tiré une source de motivation, alors que lui-même trouve le golf ennuyeux à regarder à la télévision ! Il préfère faire de la gym.

Pas nécessairement considéré par les médias américains, Koepka en a tiré une source de motivation, alors que lui-même trouve le golf ennuyeux à regarder à la télévision ! Il préfère faire de la gym.

Il a envie de prouver à tout le monde qu’il mérite plus d’attention pour son talent clubs en mains.

Nous risquons bien de devoir le considérer bien plus dans les semaines à venir, et notamment à Paris pour la Ryder Cup.

Il est le leader aux points de son équipe, peut-être le meilleur golfeur du monde, même si le public aura sans doute plus envie de voir Dustin Johnson, Jordan Spieth, Justin Thomas, Bryson DeChambeau, Phil Mickelson ou Tiger Woods. Attention, cela risque de le motiver encore plus !

Crédit photo : Tim Spyers/Icon Sportswire

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.

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