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Brooks Koepka : Meilleur golfeur de l’année 2018, et encore il n’a pas aussi bien putté qu’en 2017 !

Brooks Koepka : Meilleur golfeur de l’année 2018, et encore il n’a pas aussi bien putté qu’en 2017 !

Vainqueur de deux tournois majeurs en 2018, l’américain Brooks Koepka ancien pensionnaire du circuit européen de golf, a remporté le titre de « Joueur de l’année » pour le compte du PGA Tour. Son nom est sorti devant Bryson DeChambeau, Dustin Johnson, Francesco Molinari, Justin Rose ou encore Justin Thomas. Blessé en début de saison, peu de personnes auraient pu parier sur une tel scénario. Golfeur en manque de reconnaissance médiatique, le voilà propulsé sur le devant de la scène…

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Sur le flanc une bonne partie de l’année 2018, Brooks Koepka souffrait même le martyr.

En décembre 2017, il déclarait « J’ai des problèmes avec mes poignets. J’espère trouver une solution. Je ne peux rien agripper fortement avec ma main gauche. »

Ce qui pouvait paraître une banale blessure s’est rapidement transformée en angoisse à mesure que le golfeur ne savait pas de quel mal, il souffrait vraiment.

Un mois plus tard, il déclarait « J’ai l’impression que l’on m’a planté un couteau dans la main. Le problème, c’est que personne n’a vraiment de réponse. »

Après avoir trouvé un chiropracteur en Floride, Koepka a finalement compris qu’il s’était disloqué le poignet dans un mouvement de la vie quotidienne.

C’était tellement anodin que cela en était à peine croyable de la part d’un golfeur qui s’est métamorphosé physiquement en quelques années.

Pensant pouvoir jouer le Masters à Augusta, Koepka est donc resté loin du PGA Tour pendant 3 mois. Il a pu faire son retour à l’occasion du Zurich Classic disputé à la Nouvelle-Orléans fin avril.

Il avait réalisé jusque-là une prestation très moyenne aux Bahamas pour le Hero World Challenge, et idem au Tournoi des Champions à Hawaii, justement dominé de main de maître par son copain, Dustin Johnson.

Ce tournoi de début de saison, son dernier avant sa longue pause a aussi été son plus mauvais résultat de l’année, si on met de côté le cut manqué à la Nouvelle-Orléans, et sur l’Open du Canada.

Il a scoré 13 coups au-dessus du PAR sur quatre jours. Il ne fera plus jamais moins bien sur quatre tours en 2018, une fois sur pied

Pendant son absence, Dustin Johnson n’a pas réussi le même début de saison qu’un an auparavant. Beaucoup moins dominateur, il a commencé par ouvrir la porte à un retour de son principal challenger, Justin Thomas.

Les deux hommes vont se battre pour la place de numéro un mondial pendant une grande partie de l’année, mais sans arriver à gagner en majeur.

Patrick Reed a ouvert son compteur à Augusta pour le premier majeur de la saison. Ce fut finalement le point le plus haut de sa saison.

En réalité, les spectateurs étaient focalisés sur le retour de Tiger Woods, en progrès à chacune de ses sorties.

En l’absence de Koepka, finalement, personne n’avait réellement fait le « trou ».

« Mes médecins m’ont dit que je pourrais être à 80%, mais en fait, je ne sais pas jouer à 80%. Je préfère être en pleine possession de mes moyens ou ne pas jouer du tout. »

Pour expliquer son absence du Masters, Brooks Koepka a livré une déclaration intéressante au magazine USA Today quand on rembobine le scénario de l’année.

« Mes médecins m’ont dit que je pourrais être à 80%, mais en fait, je ne sais pas jouer à 80%. Je préfère être en pleine possession de mes moyens ou ne pas jouer du tout. »

En seulement quelques semaines, le joueur de l’année 2018 va très rapidement retrouver le bon rythme.

Certes, il a manqué le cut pour son retour, mais très vite, il va rejouer près du PAR comme par exemple au Wells Fargo joué en +1 sur quatre tours avec des cartes entre 70 et 72.

Bien entendu, il faut résumer son titre de meilleur joueur de l’année à ses deux victoires spectaculaires en majeur.

Personne n’a fait un tel coup d’éclat en 2018. 

Dans un environnement très serré, où le fauteuil de numéro un mondial a changé à de nombreuses reprises, on peut aussi penser que personne n’a réellement totalement dominé le sujet.

Johnson, Thomas, Rose ont été bons, mais pas franchement au-dessus les uns des autres, ou suffisamment longtemps.

Molinari a impressionné pour la précision de son jeu de fers. En réalité, c’est peut-être DeChambeau qui a réalisé la saison la plus complète, et aurait pu être le rival le plus dangereux de Koepka, mais pas au niveau de ses deux victoires à l’US Open et l’US PGA Championship.

Un autre élément peut expliquer pourquoi Koepka mérite ce titre de meilleur golfeur en 2018 : Le nombre de parties jouées sous le PAR, 42 dont 6 sans bogey.

En 2018, Koepka a rendu 50% de ses cartes dans des scores entre 65 et 69 coups !

Comme en atteste les quelques golfeurs français qui ont croisé Koepka sur le Challenge Tour, ce denier est un gros travailleur, et ne laisse rien au hasard. Il profite de chaque opportunité pour apprendre une nouvelle compétence.

Technique, physique, tactique, mental, il essaie vraiment d’être le golfeur le plus complet possible.

On peut imaginer que tout comme Dustin Johnson, sa principale motivation est de devenir numéro un mondial.

Au rendez-vous des tournois majeurs, Koepka a tiré une partie de sa motivation dans le fait d’être assez longtemps sous-coté par les médias américains.

Ce manque de reconnaissance pour un joueur qui avait déjà impressionné un an plus tôt pour l’US Open à Erin Hills, pouvait surprendre, le surprendre.

Quelques jours avant de disputer le British Open à Carnoustie, il déclare « A cet instant, je suis juste concentré sur le fait de gagner. C’est la seule chose qui occupe mon esprit. Une seconde place n’est pas suffisante. J’ai déjà beaucoup de places d’honneurs, et j’en suis même fatigué. Je veux gagner. »

Double vainqueur de l’US Open à Shinnecock Hills, Koepka a justement démontré qu’il pouvait gagner sur tous les terrains, dans toutes les conditions.

Cependant, si on devait donner un bémol sur sa saison, ce serait justement sur le parcours de Carnoustie et sur celui du Golf National pour la Ryder Cup.

Sa saison est d’ailleurs ternie par un incident lié à un drive égaré dans la foule, qui a heurté une spectatrice, lui causant des dégâts irrémédiables à un œil.

Sa saison est d’ailleurs ternie par un incident lié à un drive égaré dans la foule, qui a heurté une spectatrice, lui causant des dégâts irrémédiables à un œil.

En 2018, on a beaucoup évoqué le come-back réussi du Tigre, mais on aurait pu tout autant s’extasier devant celui de Koepka qui d’un poignet disloqué, s’est justement retrouvé à jouer la finale de la saison à l’occasion du PGA Championship, le dernier majeur de la saison, contre Tiger Woods, pour ce qui restera le moment le plus mémorable de l’année.

Oui, Koepka est bien le meilleur joueur de l’année sur le PGA Tour, car il a justement su être l’homme d’une journée, ce 12 août quand il soulève finalement le Wanamaker Trophy.

Quelques mois plus tôt, il ne pouvait tout simplement pas tenir un club dans sa main gauche.

« Quand je regarde ce que j’ai fait ces deux derniers mois, c’est incroyable. Quand je regarde où j’étais, cloué au lit à regarder le Masters à la télévision, jamais je n’aurai pensé pouvoir remporter deux majeurs. Je vous aurai ri au nez. »

Après cette deuxième victoire en majeur, la troisième en seulement 18 mois, Koepka a plutôt bien fini la saison des play-offs pour prendre la neuvième place finale de la Fedex Cup.

Il ne s’est pas montré aussi en veine que DeChambeau, Rose ou Woods, mais mis à part une partie raté lors de la seconde journée du TOUR Championship (un score de 78, sa quatrième plus mauvaise partie de l’année), il a plutôt maintenu un bon niveau de golf, avec des cartes le plus souvent sous le PAR.

Fin septembre, il pouvait déclarer « Je ne vois pas pourquoi cela s’arrêterait. Si je continue à faire ce que je suis en train de faire. Je ne me vois pas m’arrêter d’être performant. »

Pour une saison tronquée, Koepka a pris 17 départs, remporté 2 victoires, 2 places de second, 6 top-10, et 10 places dans les 25 premiers.

A son sujet, on parle beaucoup de puissance eu égard à son gabarit (84 kg pour 1m83), et effectivement, il a tapé 62% de ses drives à plus de 300 Yards. Aucun autre golfeur n’a fait aussi bien en 2018.

Il a surclassé McIlroy, Johnson et Rahm sur cette statistique.

En moyenne, il prend 20 yards de moyenne au reste du champ des joueurs du PGA Tour.

En moyenne, il prend 20 yards de moyenne au reste du champ des joueurs du PGA Tour.

Comme Woods au début des années 2000, il semble emmener le circuit dans une nouvelle dimension de puissance au drive. Il a alterné entre le M4 et le M3 de TaylorMade en 9,5 degrés avec un shaft Mitsubishi Diamana extra stiff de 70 grammes !

70 grammes ! Quand pour les amateurs, un shaft de 60 grammes en stiff est déjà relativement lourd !

Clairement, le driving a été sa principale force cette saison.

Classé 9eme pour le nombre de coups gagnés dans ce compartiment, il s’est montré assez bon autour du green, mais finalement assez moyen pour son jeu de fers, et son putting.

Pourtant connu pour être adroit avec un putter (un Scotty Cameron T10 Select Newport 2 sur lequel il a ajouté du poids pour passer d’un swing weight en D6 à D9), il n’a pas particulièrement bien putté sur les petites distances.

Malgré cela, il s’est classé au 11eme rang pour la conversion des opportunités de birdies !

Avec un putting encore amélioré, ce qui paraît tout à fait possible, Koepka pourrait donc être encore plus fort.

En 2017, il s’était classé parmi les dix meilleurs putters du circuit !

A croire que sa blessure au poignet n’a pas eu d’effets sur son driving, mais sur ses sensations sur les greens…

Mis à part le putting, il a progressé dans tous les autres domaines, y compris avec les fers.

A ce rythme, Koepka pourrait bien cumuler le prix de joueur de l’année 2019 avec le titre de numéro un mondial…

Il me paraît le plus sérieux rival de Woods dans cette perspective.

Crédit photo : George Walker/Icon Sportswire

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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