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British Open 2016: Sordet et Dubuisson dans la peine pour Nice

British Open 2016: Sordet et Dubuisson dans la peine pour Nice

Il y a des jours où le golf est bien accessoire ! 24 heures après le drame de Nice, comment commenter les performances de Clément Sordet et Victor Dubuisson, tous deux éliminés au soir du cut ? Pour le lyonnais qui vit à Nice et à 500 mètres des lieux du drame ou pour le cannois, même le plus beau tournoi de golf du monde, celui qu’ils rêvent de disputer depuis qu’ils sont enfants peut revêtir un caractère anecdotique et tragique.

La nuit a sans doute été courte pour beaucoup de français. Après un acte de folie barbare, plus de 80 personnes ont perdu la vie, dont beaucoup de familles, et d’enfants innocents.

Pour les deux français engagés sur The Open, disputé en Ecosse sur le Royal Troon, un links dans la plus pure tradition, et à plus de 2080 kilomètres de chez eux, Clément Sordet et Victor Dubuisson n’ont pas pu échapper à la réalité qui a frappé aux portes de chez eux.

Ce matin, à près de 4 heures, le jeune Sordet a été réveillé par des textos lui demandant s’il était en sécurité.

Malgré toutes les meilleures volontés du monde, comment arriver à se mettre dans une bulle, et rester concentré sur son tournoi ?

Déjà mal embarqué après un premier tour en 75 qui le mettait au pied du mur ce vendredi.

Dans des conditions météos typiquement écossaise, à savoir beaucoup de pluie et de vent, Clément Sordet, natif de Charbonnières-les-Bains, près de Lyon a de nouveau joué 75. Le mur s’est révélé infranchissable.

Dans de telles circonstances, est-ce réellement important ?

Le français, touché dans son être comme des millions de français pouvait-il être réellement pleinement focalisé sur son golf, lui qui disputait pourtant son premier British Open.

Un objectif qu’il poursuivait depuis des années, et pour lequel il a travaillé intensément pendant des mois, et même des années.

Car sa présence à Troon n’est pas le fruit d’un hasard, mais bien en soi, un premier grand résultat.

Un résultat gâché alors que sa petite-amie, Marie, niçoise, et sa famille étaient restées sur la riviera pour profiter des fêtes du 14 juillet.

Habitant à 500 mètres des lieux du drame, et très affecté, ses premiers mots ont été pour les victimes « C’est vraiment très triste. Mes pensées vont aux victimes et à leurs familles. »

Il a ensuite rassuré sur le fait que son entourage était en sécurité.

Parti dans le premier groupe ce matin (à 6h35), il arborait une casquette avec un « Pray for Nice » inscrit et improvisé à la dernière minute au feutre bleu.

Pour Sordet, c’était une façon de chasser les images de sa pensée, pour tenter de rester focaliser sur son golf. « J’ai juste essayé de profiter de ma dernière journée au British. »

Alors que pour nous français qui vivons l’état d’urgence sans finalement réellement savoir ce que c’est, quand des manifestions et des regroupements publics peuvent avoir lieu sous ce statut, Sordet a été obligé de répondre à des questions qui pourraient presque nous paraître surréalistes.

A-t-il peur de rentrer en France ?

Sans doute le décalage de perception entre nous en France, et les américains qui pensent que la France est un pays en guerre. Qui a raison ? Qui a tort ?

En attendant, Sordet ne va pas pouvoir rentrer immédiatement en France. C’est le lot des golfeurs professionnels que d’être loin de chez eux pendant plusieurs semaines.

Au programme, deux tournois d’affilés à disputer ! 

Aux questions sur son pays, Sordet a répondu qu’il était fier d’être français, et que dans ces moments, il fallait savoir rester soudé.

C’est tout à fait juste. Nous devons resté soudé, digne, en colère, et réfléchir pour agir sur ce qui doit être fait pour que plus jamais, nous n’ayons de Bataclan ou le drame de Nice.

Nous ne devons pas céder à la fatalité, et l’impuissance, mais agir avec justesse.

Aux politiques de prendre les initiatives qui s’imposent.

Sur le théâtre du 145 eme Open, pendant ce temps, le drapeau français était mis en berne.

Sordet pouvait quitter ce tournoi avec la satisfaction d’avoir atteint un premier objectif dans sa jeune carrière, mais ce résultat sera à jamais entaché par quelque chose qui ne devrait jamais arriver.

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Plus tard dans la journée, ce fut autour de Victor Dubuisson de s’élancer sur ce parcours.

Lui a toute sa famille sur la Côte d’Azur. Il joue le plus possible sur le parcours de l’Old Riviera.

Pas au mieux de son golf depuis le début de l’année, il avait pourtant brillamment réussi son entrée en matière avec une carte prometteuse de 71 dans le par. Une éclaircie qui aura été de courte durée.

Ce vendredi, dans des conditions toujours pas meilleures par rapport aux parties du matin, le français est rapidement parti en vrille.

Pression de Troon ? Ou simplement en colère comme tous les français ?

En tout cas en colère comme en atteste son attitude au trou numéro cinq !

Après avoir manqué le green, et trouvé un bunker, le français sort une merveille de sortie de bunker, rappelant les plus belles heures de « cactus man ».

Pourtant, sur le coup suivant, son putt à 1,80 mètres se termine par une virgule. Le cannois lâche des cris, et tape dans son sac.

A partir de là, tête basse comme trop souvent depuis quelques mois, Victor va perdre pied sur ce parcours, terminant avec huit coups au-dessus du par.

tête basse comme trop souvent depuis quelques mois, Victor va perdre pied sur ce parcours, terminant avec huit coups au-dessus du par.

De rage, il piétinera un de ses fers….Sans doute l’accumulation d’une longue frustration dans un sport qui n’est que frustration pour quelques moments de grâce, ces moments qui nous font pourtant tous jouer avec passion.

Pas envie d’accabler Dubuisson pour quelques coups de pieds, et un fer cassé, en ce jour de deuil…il y a tellement plus important en jeu qu’un jeu de golf.

Pas envie d’accabler deux garçons qui ont été sur le terrain dans les pires conditions, à la fois d’un British Open, et d’un lendemain de tragédie au plus près de chez eux.

Certain que l’image de Victor tapant dans son sac et sur ses clubs n’est pas terrible pour le golf, et surtout pour lui.

Mais c’est aussi certain que c’est l’image de quelqu’un de malheureux, qui voudrait mieux faire, qui sait au fond de lui qu’il peut être un autre joueur, mais quelque chose l’en empêche pour l’instant…

Parfois, la solution dans ce cas de figure impose de prendre un peu de recul, et de rechercher du plaisir plus que le résultat…

Comment prendre du plaisir quand le contexte général et l’ambiance sont plombés.

Oui, samedi,il n’y aura pas de français à Troon. Non, ce n’est pas grave…Il

Trop de vies précieuses ont encore été perdues. Trop de destins ont encore été brisés inutilement sans que rien ne puisse le justifier.

Ce vendredi à Troon, le cœur n’était pas français sous une journée où le ciel pleurait pour Nice, toutes les larmes de notre insouciance et de notre allégresse perdue.

Il n’y aura jamais assez de larmes pour toutes les précieuses vies que nous avons encore perdu.

Clément Sordet anime une démo de golfroots pour les petits écossais

Et comme on préférerait ne garder qu'en mémoire le moment de communion entre Clément Sordet et les petits écossais venus le voir animer une session de golfroots, lors de la deuxième journée de The Open, jeu mettant en scène des clubs et des balles adaptées pour les bambins.

Pray for Nice...

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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