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Bret Wahl: « Nous validons nos clubs auprès des meilleurs golfeurs avant de les proposer aux amateurs.»

Bret Wahl: « Nous validons nos clubs auprès des meilleurs golfeurs avant de les proposer aux amateurs.»

Chronologiquement, bien que je vous aie déjà retranscrit plusieurs entretiens issus de mes rencontres Carlsbad en février dernier, avec les meilleurs ingénieurs des principaux fabricants, cet entretien avec Bret Wahl (vice-président Recherche & Développement), Chandler Carr (département création produit) et Justin Kleinert (Recherche et développement bois de parcours) a été le tout premier du voyage. Je profite de la publication de l’essai comparatif TaylorMade M1 et M2 publié récemment, pour vous joindre le compte-rendu de ce rendez-vous passionnant en terre toute sauf inconnue…

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L’entrée en matière…

Mardi 14 février 2017, quelques heures seulement après avoir posé les pieds à San Diego et découvert la ville de Carlsbad, un mélange de centre high-tech, station balnéaire (Oceanside), et petite ville de banlieue dans un cadre très verdoyant, je découvrais le siège social de TaylorMade à Fermi Court.

Une rue entière dévolue à la marque qui a longtemps été numéro une mondiale des équipements de golf avec des parts de marché frisant les records pendant près de deux décennies.

Plusieurs bâtiments, plus de 700 personnes employées, un centre de recherche et développement matérialisé par une porte en acier blindé qui rappelle le coffre de Fort Knox, et bien entendu, le Kingdom, le centre d’essai privé de la marque.

A peine passé la porte, vous vous trouvez dans le « lobby »… salle d’accueil des nouveaux visiteurs à la gloire des héros de la marque, principalement Sergio Garcia et Dustin Johnson.

Le sac de Tiger Woods rappelle qu’il est une des dernières prises de l’année.

Avec quelques semaines de recul, quelle année pour TaylorMade ! Un nouveau numéro un mondial « maison » en la personne de Dustin Johnson… un nouveau vainqueur historique du Masters d’Augusta avec Sergio Garcia… un nouveau prodige primo vainqueur sur le PGA Tour avec Jon Rahm, une des étoiles des prochaines années, et sans oublier toutes les autres victoires de golfeurs TaylorMade.

Chahutée par Callaway avec une stratégie de communication agressive et la réussite du lancement de la gamme EPIC, qu’est-ce qui a bien pu piqué TaylorMade pour être autant victorieuse en l’espace de seulement quatre mois ?

Mon intuition m’a d’abord amené à regarder du côté de la nouvelle balle TP5. Le ratio victoires de TaylorMade depuis le début de l’exercice 2017 est tout bonnement incroyable.

Pourtant, une fois de retour en France, je n’ai pas réussi à démontrer nettement et sans doute possible la supériorité de cette balle sur la Titleist Pro V1.

Concernant les bois, le nouveau driver M1 m’a posé beaucoup de difficulté alors que pour le M2, notre test a plutôt été positif.

C’est vraiment le moment de donner la parole aux ingénieurs « Metalwood » de TaylorMade pour voir si j’arrive à percer leurs secrets.

Et clairement, dès la première minute de l’entretien, le ton était donné « Nous produisons des clubs pour les meilleurs joueurs du monde. »

Article avec une suite (Première partie majoritairement consacrée au driver puis deuxième sujet plutôt consacré au bois de parcours) 

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Vous voulez-dire que votre philosophie consiste à produire des clubs pour les meilleurs golfeurs du monde, et ensuite, les proposer aux golfeurs amateurs ?

Chandler Carr : Oui, nos clubs doivent d’abord performer au plus haut niveau possible. Ils doivent remporter des majeurs, être joué par les champions… Cela nous permet d’enregistrer beaucoup de retours d’informations sur ce que nous construisons, et cela nous aide à améliorer encore nos clubs.

Disons que nous démarrons le développement de nos produits par le top pour ensuite les améliorer, et les rendre accessible par tout le monde.

Attention, cela ne veut pas dire que nous produisons des clubs pour les meilleurs, et puis, cela devrait fonctionner pour vous sans autres formes d’aménagements.

L’idée, c’est surtout d’obtenir les feedbacks des meilleurs joueurs pour voir comment aider les amateurs.

Nous avons un grand succès sur le tour. Nous avons Sergio… Nous avons Jon Rahm…qui a justement remporté son premier tournoi avec nos nouveaux produits.

Assurément, cette année, nous proposons la meilleure ligne de produits possibles du driver à la balle, sans oublier les bois, les fers, les wedges, et le putter.

L’an passé, en France, vous aviez la meilleure part de marché pour les ventes de driver et bois de parcours, que pouvez-vous faire de mieux cette année ?

Chandler Carr : Effectivement, c’est toujours un challenge que d’essayer de faire mieux, sachant que l’année dernière, nous avions déjà de très bons produits.

Les gens venaient nous voir pour jouer les meilleurs produits et ceux qui étaient joués par les meilleurs joueurs.

Cette année, comme vous le savez, Nike a quitté la production de clubs de golf, et beaucoup de professionnels se sont retrouvés avec la possibilité de choisir librement des nouveaux clubs. La plupart sont venus chez nous. Je n’ai pas exactement le chiffre en tête, mais c’est près de 16 ou 17 joueurs du tour qui sont venus d’un seul coup (Molinari, Casey et Tiger Woods…)

Bret Wahl : C’est une validation de notre travail, car nous ne les payons pas pour qu’ils jouent nos clubs. Ils peuvent jouer exactement ce qu’ils veulent. Nike les a libérés de leurs contrats en les laissant libre de leurs choix.

Que 15 ou 18 joueurs du Tour aient choisi de jouer nos clubs de cette façon, c’est plutôt excitant pour nous et la qualité de notre travail. Ils se disent « Hey, cela marche vraiment ! »

C’est un événement très rare dans l’histoire du circuit professionnel d’avoir autant de joueurs qui basculent sur une marque dans une telle situation.

Chandler Carr : Surtout que nous parlons de golfeurs au pic de leurs performances et carrières. Ils peuvent aller dans un magasin, et se payer n’importe quel club qu’il désire.

Le fait qu’ils nous aient choisi… est une belle validation de notre travail. Ils apportent la preuve évidente que nos produits performent.

Le fait qu’ils nous aient choisi… est une belle validation de notre travail. Ils apportent la preuve évidente que nos produits performent.

Précédemment, Benoit Vincent (ingénieur TaylorMade) m’avait expliqué que vous travailliez sur l’optimisation des conditions de lancement à travers l’augmentation de l’angle de lancement (17 degrés), et la réduction conjointe du taux de spin (1700 tpm), où en êtes-vous cette année par rapport à cette recherche d’idéal balistique ?

Chandler Carr : Oui, à travers le déplacement du centre de gravité du club, et le déplacement des masses, nous essayons de nous rapprocher le plus possible de ces valeurs.

Nous savons que dans un monde parfait, avec un angle de lancement de 17 degrés, et un taux de spin de 1700 tours par minute, cela vous donnera la plus grande distance au carry ou totale avec le roulement de la balle.

Nous poussons nos travaux le plus loin possible pour atteindre ces chiffres. C’est une quête constante. Notre technologie mise dans le produit doit permettre de s’en approcher le plus possible.

Justin Kleinert : C’est effectivement notre but ultime. C’est pourquoi nous testons de nouveaux matériaux ou pourquoi nous essayons de nouveaux ajustements et de nouvelles constructions.

Tout tourne autour de trouver la meilleure position pour le centre de gravité du club, et les meilleures conditions de lancements.

Nous avons justement un groupe d’ingénieurs qui ne travaillent que sur cela pendant des mois, et même des années pour trouver de nouvelles idées à travers de sessions de brainstorming.

Ils produisent des dessins, des échantillons… en se demandant toujours comment faire pour que le prochain produit soit encore plus performant.

Il y a plusieurs itérations avant qu’ils n’arrivent au point où ils se disent « hey, nous tenons quelque chose. C’est prêt pour le consommateur final. »

C’est là que mon équipe et moi-même, nous regardons comment produire ce club.

Il y a donc une répartition des ingénieurs en plusieurs équipes ?

Bret Wahl : Vous avez des équipes qui travaillent sur les nouveaux matériaux, les nouveaux mécanismes, les nouvelles façons de construire… Cela se déroule sur une à trois années, et puis, effectivement, quand l’idée est mature, elle arrive chez Justin pour regarder la manière de la rendre réelle pour le consommateur. Passer de l’idée, du projet au produit fini.

Ce qui prend à nouveau une année pour placer un produit sur le marché.

Pendant ce temps, nous avons encore une autre équipe qui travaille à « débugger » les nouvelles idées. Le centre de gravité est-il bon ? Est-ce que le club casse ?

Justin Kleinert : C’est vraiment la partie la plus pointue de notre travail. Nous devons valider que l’idée fonctionne concrètement et physiquement.

Nous devons valider que l’idée fonctionne concrètement et physiquement.

Nous devons représenter la vision de ce que les premiers ingénieurs ont voulu dessiner, et valider sa réalité physique.

Par exemple, pour le M1, il s’agit de partir de l’étape une qui est en fait une couronne en carbone, idem pour la semelle. Nous avons d’ailleurs mis 43% de plus de carbone dans cette tête par rapport à l’an passé.

L’autre chose que nous avons décidé cette année, consiste à avoir utilisé du titane 9-1-1 dans le corps plutôt que du titane 6-4, ce qui représente un gain de trois grammes seulement par le fait d’avoir changé le titane employé.

Bien entendu, comme évoqué, nous nous préoccupons de la vitesse de balle, du spin, de l’angle de lancement, mais nous nous préoccupons aussi de la durabilité, du son, du toucher.

Nous regardons aussi l’aspect cosmétique du club.

Il y a donc beaucoup de choses à passer en revue avant de produire un nouveau club de golf.

Quand vous regardez un échantillon ouvert de notre produit, vous pouvez voir la complexité de sa structure.

Cette structure, c’est justement ce qui permet de garantir la performance et le toucher alors que nous avons encore enlevé de la masse.

Comment construisez-vous un tel produit ? Par le biais de la CAO (conception assistée par ordinateur) ? Comment détectez-vous les zones de progrès possibles par rapport à un précédent club ?

Justin Kleinert : Nous construisons d’abord une première structure et un premier échantillon pour aller ensuite faire des simulations. Nous testons et retestons jusqu’à trouver ce que nous cherchons en termes d’objectifs. Nos objectifs peuvent changer selon ce que nous avons obtenu l’an passé.

Effectivement, nous simulons certains résultats par ordinateur pour voir jusqu’où nous sommes allés l’an passé, et jusqu’où nous pourrions aller avec le nouveau produit.

Nous appliquons cette méthodologie sur tous les produits que nous réalisons.

Nous appliquons cette méthodologie sur tous les produits que nous réalisons.

De plusieurs itérations jusqu’au au test sur notre centre d’essai du Kingdom, puis l’essai par nos meilleurs joueurs où nous devons nous assurer que le club performe bien comme nous le voulions.

Le club doit être non seulement performant, mais aussi agréable à regarder et à jouer.

Bret Wahl : Quand vous regardez la tête d’un driver, vous n’imaginez jamais à quel point la structure peut être fine. Chaque élément technique a un but.

Nous ne mettons pas un gramme dans un club à moins qu’il ne serve à quelque chose. Chaque détail mis dans la tête et la structure qui peut paraître complexe à l’œil nu a une utilité pour le son, la durabilité du produit ou encore la position du centre de gravité. C’est vraiment un travail minutieux.

Le design de la nouvelle gamme de bois TaylorMade M me paraît beaucoup plus abouti que celui de l’an dernier. Est-ce un domaine important dans la conception d’un club de golf ?

Chandler Carr : Cela fait partie d’un de nos objectifs que d’améliorer le design de nos produits. Le fait que vous enleviez le capuchon du driver et que vous ayez un effet visuel plaisant est un objectif.

Il faut que vous aimiez ce sur quoi vous posez le regard, que vous puissiez le montrer à vos amis…

L’expérience du produit doit être nouvelle, rafraîchissante et excitante. En même temps, vous devez pouvoir comprendre la technologie à travers le design.

Justin Kleinert : Nous faisons beaucoup d’efforts pour que le design soit réussi.

Nous essayons de réaliser le meilleur mariage possible entre formes et fonctions.

Nous essayons de réaliser le meilleur mariage possible entre formes et fonctions.

Cette année, nous avons augmenté la présence du carbone, et pas seulement limité à la couronne.

Si vous prenez la couronne du R15 dans les mains, comparée à celle du nouveau M1, vous pourrez immédiatement sentir la différence de poids entre les deux.

Si vous prenez la couronne du R15 dans les mains, comparée à celle du nouveau M1, vous pourrez immédiatement sentir la différence de poids entre les deux.

Au fil des ans, nous essayons d’affiner toujours plus nos couronnes justement pour déplacer le centre de gravité vers la semelle, tout en proposant toujours la même résistance et durabilité.

Nous ne changerions pas de matériau si nous n’étions pas certains de la durabilité du produit.

Enfin, et c’est certainement la chose la plus « cool » que nous ayons pu faire sur le nouveau M1 cette année, consistait à améliorer encore la piste de réglages sous la semelle.

En 2016, notre précédent système permettait de déplacer dix grammes d’avant en arrière. Aujourd’hui, c’est 12 grammes… Mais plus important, nous avons augmenté la distance de réglage. La plage de réglages a été augmentée de 13 millimètres, soit 64% de déplacements possibles supplémentaires.

Ainsi, avec le nouveau M1, vous avez beaucoup plus de possibilités de pouvoir modifier le centre de gravité à votre convenance, du fait de la longueur du rail, et du poids supplémentaire.

La question du centre de gravité se règle à la fois par la masse que vous déplacez, et la distance sur laquelle vous déplacez la masse.

La question du centre de gravité se règle à la fois par la masse que vous déplacez, et la distance sur laquelle vous déplacez la masse.

Sur la version 440cc par rapport à la version 460cc, comme la tête est plus compacte et plus petite, le rail est moins long, mais les masses sont plus importantes pour apporter le même niveau d’ajustement.

Vous avez la même possibilité de déplacer le centre de gravité, mais pas la même manière d’y arriver.

Pourquoi proposer deux têtes, 440 et 460 cc pour le driver M1 ?

Chandler Carr : Majoritairement pour répondre aux attentes exprimées par les consommateurs. Certains golfeurs préfèrent une tête plus importante et plus tolérante alors que d’autres vont préférer une tête plus compacte.

Généralement, les meilleurs joueurs préfèrent une tête plus petite, ce qui justement leur apporte de la confiance, alors que pour d’autres, une tête plus large apportera justement plus de sentiment de confiance.

Dans tous les cas, c’est surtout une question de confiance.

Je dirais que beaucoup de nouveaux golfeurs préfèrent le 460cc alors que des golfeurs plus traditionnels vont préférer le 440cc.

Côté performance, les deux clubs sont assez similaires.

Justin Kleinert : La différence va surtout se situer au niveau du spin. Le 440cc va proposer un peu moins de spin, alors que le 460cc présente un moment d’inertie plus élevé du fait qu’il soit plus large.

Ainsi, le 460cc protège un peu plus la vitesse de balle sur les coups décentrés.

La forme et la taille de la tête correspond surtout à ce que vous voulez obtenir en termes de performance.

Bret Wahl : Une des choses qui est ressortie des premiers essais consommateurs que nous avons pu faire, notamment au demo day, correspond au son de ces nouveaux bois.

Pour beaucoup d’entre eux, c’est un gros progrès par rapport aux produits précédents. Notre équipe a vraiment travaillé très intensément sur cette question du son. Nous avons étudié l’acoustique parfaite d’un club de golf.

Les premiers feedbacks du marché ont porté sur cet aspect. « Vous avez réalisé un produit vraiment meilleur d’un point de vue du son émis à l’impact ! »

Autre élément particulièrement noté, le M1 de cette année avec le bon réglage peut être aussi tolérant que le M2 de l’an passé.

Auparavant, les gens pensaient qu’ils devaient choisir entre tolérance et distance. Désormais, avec le nouveau M1, vous pouvez obtenir les deux à la faveur des bons réglages.

Comment travaillez-vous justement sur l’acoustique d’un club de golf ?

Justin Kleinert : C’est certainement l’une des parties les plus excitantes de notre métier. Il y a quelques petits éléments qui peuvent jouer sur l’acoustique d’un driver : les matériaux employés, le placement des masses, et la géométrie.

C’est quelque chose sur lequel nous avons vraiment voulu fortement nous concentrer pendant le développement du M2. Nous parlons de Geocoustic pour ce driver.

Toute l’idée consiste de faire en sorte que la forme et la fonction du club, que la géométrie du club renforce le son perçu à l’impact.

Chandler Carr : Il faut toujours revenir à deux éléments fondamentaux : le son et le toucher.

Donc, quand vous tapez un nouveau club, vous devez vous assurer qu’il vous fournit la bonne acoustique, le bon son agréable à vos oreilles.

Pour qu’un club vous plaise, une partie de ce ressenti positif provient de ce que vous entendez.

Notre travail consiste à faire en sorte que le son émis soit conforme à la performance produite.

Nous voulons absolument éviter que vous tapiez un superbe coup de golf mais avec un son absolument horrible qui altère une partie de votre plaisir, et même ruine votre expérience du produit.

Nous prenons donc cela en compte, au maximum de nos possibilités, tout en conservant le bon niveau de performance.

Nous voulons absolument éviter que vous tapiez un superbe coup de golf mais avec un son absolument horrible qui altère une partie de votre plaisir, et même ruine votre expérience du produit.

Justin Kleinert : Nous pouvons donc influer sur le son par le dessin géométrique de la tête. En courbant un peu mieux certaine partie de la tête, nous pouvons améliorer le son émis.

Nous pouvons aussi influer sur la structure interne ou externe du club pour jouer sur le son.

C’est bien une combinaison de plusieurs facteurs qui peut nous permettre de modifier ce paramètre.

Nous appelons cela Geocoustic car cela résume assez bien comment nous adressons cette question.

Bret Wahl : Comme Justin l’argumente, le son est le résultat de chaque courbure, chaque forme, chaque arête qui affectent la fréquence de vibration à l’impact expérimentée par la structure.

Ces vibrations créent de la pression, déplacent de l’air, ce qui finit par arriver à l’oreille.

Nous devons réaliser des analyses assez complexes avec des outils dédiés et des microphones pour comprendre et modifier les sons émis.

Sur les dix dernières années, je pense pouvoir affirmer que sur la question des recherches au niveau du son, nous avons été particulièrement en pointe.

Dix ans auparavant, c’était un travail plus aléatoire, moins précis.

Aujourd’hui, nous sommes suffisamment expérimentés pour déterminer comment modifier le son émis avec efficacité par ordinateur. Bien entendu, nous avons toujours besoin des tests réalisés par les joueurs.

Justin Kleinert : Effectivement, la plupart du temps, les tests d’enregistrements que nous réalisons avec les joueurs confirment les simulations que nous avions déjà émises.

Nous avons vraiment une bonne expérience de ce qui peut affecter le son d’un club de golf, quand, et comment.

Je peux affirmer que pour le son du M1, nous avons réalisé près de 45 modifications de la structure interne de la tête avant d’arriver au résultat souhaité.

Bret Wahl : 45 itérations… Cela signifie qu’il a fallu produire 45 modèles différents pour l’envoyer au groupe en charge des analyses acoustiques. Faire l’analyse. Décortiquer le résultat. Valider ou recommencer. Et tout cela juste pour le son !

Justin Kleinert : Nous ne simulons pas que le son. Nous faisons la même chose pour le spin, l’angle de lancement, la vitesse de balle, et la résistance du produit. Là, on ne parle bien que de la simulation pour le son.

Je vous laisse imaginer le temps passé à seulement tester les différents segments.

Je vous laisse imaginer le temps passé à seulement tester les différents segments.

C’est peut-être une question un peu provocatrice, mais quel est votre réel intérêt de proposer des produits durables, alors que par opposition, vous avez besoin que les consommateurs renouvellent fréquemment leurs achats d’équipements ?

Bret Wahl : Je considère qu’un produit de haut niveau doit répondre à plusieurs critères de durabilités éprouvés.

Vous devez vous assurer que le produit va durer dans un temps raisonnable. Donc, quand nous parlons de durabilité, cela veut dire que le club doit passer nos standards internes, et ce que nous considérons être un cycle de vie normal.

Est-ce que ce cycle de vie va durer une centaine d’années ? Non ! Plus vous allez utiliser un club de golf, et plus vous pouvez risquer éventuellement de le casser à l’usage.

Nous devons nous assurer que nos clubs vont passer un cycle de vie raisonnable. Beaucoup d’éléments variables peuvent rentrer en ligne de compte comme le type de golfeurs, le nombre de fois où ils jouent, le nombre de balles tapées, la vitesse de la tête de club…

Il faut comprendre que nous voulons pousser les limites de nos produits en termes de performances tout en maintenant l’intégrité de notre marque, et la qualité de ce que nous produisons.

Justin Kleinert : Pour ma part, je dirais que j’ai des amis qui jouent avec d’autres clubs. Quand je mets un produit sur le marché, quand j’en offre un à mon père ou que mes amis en achètent, je veux qu’ils se sentent bien avec ce qu’ils achètent.

Que le club performe, et qu’il le fasse pour longtemps.

L’objectif est que vous achetiez un club TaylorMade, que vous soyez satisfait pour venir plus tard en acheter un autre. Il faut que l’expérience du début à la fin soit bonne.

Bret Wahl : C’est un package complet ! Le son, le look, la performance, la durabilité doivent rejoindre les attentes des consommateurs.

Nous avons déjà réalisé des prototypes qui cassent au bout de dix coups. Cela arrive car nous poussons les limites sur les matériaux employés.

Justin Kleinert : C’est différent pour chaque tête de club. Chaque tête a ses propres problématiques à résoudre. La marge de différence est parfois de la moitié d’un millimètre.

C’est parfois la différence entre une performance exceptionnelle contre un produit qui ne passe pas le processus de test.

C’est la contrainte quand vous poussez la performance au maximum de ce que vous pouvez.

Bret Wahl : Nous testons près de 500 têtes par an dans notre laboratoire d’essai dédié à la résistance. Cela représente plusieurs dizaines de milliers de frappes. Nous devons être sûrs, car parfois la différence se joue à un ou deux millimètres.

Quels sont les principaux changements sur la gamme M2 par rapport à l’an passé ?

Justin Kleinert : En plus de ce qui concerne la technologie Geocoustic, nous avons travaillé de sorte à élargir l’empreinte au sol du club. Cela fait partie des éléments qui font que quand vous posez le club au sol, vous vous sentez en confiance.

D’autre part, nous avons déplacé le poids le plus possible vers l’arrière. C’est pourquoi nous avons 25 grammes de masse discrétionnaire à l’arrière.

Enfin, la speed pocket a été approfondie de manière significative, ce qui la rend trois fois plus flexible par rapport à celle de l’an passé.

C’est ce qui va donner plus de protection de la vitesse de balle, et moins de spin.

Le M2 est véritablement la combinaison de ces trois choses : Geocoustic pour le son et le toucher, poids vers l’arrière pour favoriser la vitesse de balle, et enfin une face élargie. Le tout pour en faire un club à trajectoire élevée et le plus tolérant possible sur tous les coups.

Sergio et Jon Rahm utilisent tous les deux ce club.

Beaucoup de tour pros jouent plutôt le M2 par rapport au M1. Ils n’ont pas besoin d’ajustements ?

Chandler Carr : La plupart de ces joueurs n’ont pas de problème au drive. Ils n’y pensent pas particulièrement.

Il y a deux questions qui prévalent en matière de driving : Voulez-vous produire de la distance par l’optimisation ou voulez-vous produire de la distance par la maximisation ?

Il y a deux questions qui prévalent en matière de driving : Voulez-vous produire de la distance par l’optimisation ou voulez-vous produire de la distance par la maximisation ?

Le M2 est très tolérant. Il est gros, stable…

Diriez-vous que le M1 est le meilleur driver que vous pouvez dessiner et construire, alors que le M2 pourrait être le meilleur driver que vous pouvez vendre ?

Chandler Carr : Les deux drivers se supportent l’un l’autre. Les deux drivers vous proposent distance et tolérance. Le M1 est notre driver le plus avancé d’un point de vue technologique. Nous avons eu besoin de toutes nos ressources pour produire ce driver.

Le M2 correspond à un besoin des consommateurs pour de la distance et de la tolérance, mais sans toutes les possibilités de réglages.

A gauche, Chandler Carr et à droite, Justin Kleinert

Vous avez donc deux types d’attentes de la part des consommateurs.

Pour simplifier, d’un côté, les « techniciens » et de l’autre, ceux qui veulent seulement taper des balles loin.

Justin Kleinert : Avec le M1, vous n’achetez pas qu’un driver ! Vous achetez un driver avec des réglages multiples pour changer à volonté le centre de gravité.

Certains golfeurs voudront acheter toutes ces options.

A l’opposé, mon père joue le M2 parce qu’il ne veut pas se préoccuper des réglages. Il veut juste un driver pour taper le plus loin possible. Entre les deux modèles, c’est juste une question de ce que vous avez en tête, et quelles sont vos attentes par rapport à un driver…

A suivre, deuxième partie de cet entretien consacré aux bois de parcours…

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.

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Invité 21/09/2017

A chacun sa balle Srixon !

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