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Driver ou bois 3 au départ d'un trou étroit ?

Driver ou bois 3 pour jouer un trou resserré ?

Pour les amateurs de golf, il s’agit d’un questionnement fréquent concernant la bonne stratégie à adopter sur un tee de départ, avec en toile de fond, la pensée que prendre le driver est un risque évitable alors que le bois-3 peut paraître un choix plus sécurisant. Distance ou précision ? Quel sera votre choix ?

Récemment un statisticien spécialisé dans le domaine du golf a mené une étude sur les performances des joueurs du PGA Tour, confrontés à la même question pour comprendre comment ils réfléchissent et agissent en pareille situation.

La difficulté de cet exercice résidait dans le fait de trouver des parcours sur lesquels, les pros s’étaient séparés de manière à peu près égale dans les deux cas de figures, à savoir prendre le driver, ou prendre le bois 3.

Et ensuite, il fallait définir un critère d’analyse suffisamment pertinent pour pouvoir en tirer des conséquences, et donc une réponse à la question « Plutôt le driver ou plutôt le bois 3 ? ».

Pour y parvenir, le statisticien a d’abord commencé par définir le principe de la mesure de la proximité du coup avec le trou depuis le fairway contre cette même proximité, mais cette fois depuis le rough.

distance-trou.jpg

Il a séparé les coups par zone d’éloignement au drapeau, et sur le tableau ci-dessus, nous pouvons facilement constater le net écart en faveur des coups provenant du fairway par rapport aux coups provenant du rough.

Sur ce point, nous aurions pu nous en douter.

En revanche, c’est intéressant d’avoir une mesure précise de l’écart pour les pros.

Imaginons que pour des amateurs, cet écart grimpe encore davantage.

En synthèse, le tableau ci-dessus permet de comprendre que depuis le fairway, et quel que soit la distance, le golfeur a entre 28 et 36% de chances d’être plus près du trou que s’il jouait le même coup depuis le rough.

Derrière cette notion, il faut comprendre qu’un birdie ou un par dépend fortement de cet écart sur un par-4, et la position du deuxième coup à jouer est donc cruciale.

Pour enfoncer le clou, toujours à l’aide des données ci-dessus, nous constatons qu’il est préférable d’avoir un deuxième coup 160/182 mètres du trou sur le fairway, plutôt qu’un deuxième coup à 114/137 mètres, mais dans le rough, puisque pour le premier coup, les pros atterrissent en moyenne à 10,42 mètres du drapeau, alors que dans le deuxième cas, ils se posent à 10,91 mètres, soit un peu plus près du trou, alors qu’ils ont compensé un retard de distance de près de 50 mètres sur leur deuxième coup.

Si nous devions nous en tenir à ces chiffres, le verdict serait de se débrouiller pour jouer un premier coup relativement court mais assurément posé sur la piste, pour jouer une approche certes plus longue, mais plus précise, plutôt que de chercher un maximum de distance dès le départ du trou.

Pour autant, prendre le driver au départ du trou ne signifie pas systématiquement taper un coup qui va quitter le fairway, alors que le bois-3 va à l’inverse permettre de poser la balle au milieu de la piste à chaque fois !

L'écart de précision théorique entre le bois 3 et le driver

Pour démontrer son propos, le statisticien va donc aller un peu plus loin, et créer un deuxième tableau comparatif entre le driver et le bois 3, admettant qu’entre les deux clubs, nous trouvons un écart moyen de distance de 23 mètres en faveur du driver.

Les deux premières lignes indiquent la distance qui reste à parcourir sur le deuxième coup, après avoir posé la balle sur le premier coup joué depuis le tee.

Les quatre lignes suivantes permettent de comprendre combien de fairways en régulation ont été pris au bois 3, et ayant parcouru les distances décrites.

Calcul du seuil de rentabilité entre l'utilisation du driver et le bois 3

Pour vous aider à comprendre la logique, imaginez qu’un professionnel sur le PGA Tour tape deux balles sur un par-4.

Au driver, sa balle va s’arrêter de telle sorte qu’il lui restera entre 114 et 137 mètres à parcourir sur le coup suivant.

Si, en revanche, sur le même trou, il joue une deuxième balle avec son bois 3, il risque d’être plus court de 23 mètres, et donc avoir un deuxième coup à jouer entre 137 et 160 mètres du trou.

Admettons pour l’exemple que ce golfeur touche le fairway en régulation dans 80% des cas avec un bois 3, il pourrait se situer approximativement à 9,38 mètres du trou sur leur deuxième coup en moyenne (moyenne prenant en compte les coups sur le fairway ou dans le rough).

A l’inverse, pour retrouver ce même écart de distance par rapport au trou en moyenne statistique, il faudrait que sa moyenne de fairway touché au drive chute 39,5%, soit de plus de la moitié de son pourcentage de réussite sur le coup de départ pour que sa performance finale sur le trou se trouve altéré.

Au niveau des golfeurs professionnels, le pourcentage de fairway pris en régulation au drive oscille entre 55% et 65% !

Avec de telles statistiques, les pros n’hésitent pas à prendre le driver sur le tee de départ.

Pour hésiter, il faudrait que l’écart de performance entre les fairways pris en régulation au bois ou au drive soit bien plus important qu’entre 80 et 60%, et plutôt de l’ordre de 80 contre 30%.

Pour un amateur, c’est un peu la même chose ! Ce serait très étonnant que vous touchiez 80% de fairway au bois 3, et seulement 20% avec un driver alors qu’il s’agit sensiblement des mêmes clubs.

L’écart risque donc d’être dans les mêmes ordres de grandeur.

En revanche, au lieu de prendre 80% au bois 3, et 60% au drive, ces deux moyennes pourront être par exemple de 50% et 30%, et là encore, l’écart n’est pas suffisant pour militer systématiquement pour le bois 3.

La pratique contredit la théorie !

Pour aller encore plus loin,  le statisticien a mené une autre étude sur plusieurs trous de différents parcours nord-américains sur lesquels, il pouvait facilement relever le score, le pourcentage de fairways touchés en régulation, si les balles ont manqué le fairway, est-ce qu’elles ont prises le rough, un bunker ou un obstacle d’eau, la distance restante sur le second coup, et la proximité de la balle avec le trou après le second coup.

Admettons simplement que la mesure la plus révélatrice de la performance du choix stratégique est la proximité de la balle avec le trou sur le second coup.

En effet, le fait d’être le plus près possible du trou est le meilleur moyen de faire baisser son score au golf, et si le golfeur putte mal et ne rentre pas de birdie ou de par, c’est plus un problème de technique au putting que de choix de stratégie, ce qui nous intéresse ici.

Après avoir posé ces éléments de compréhension, la découverte qui ressort de cette analyse est le fait que les joueurs qui ont utilisé le driver sur le coup de départ, sont en fait plus performants que ceux qui ont cru bien faire en assurant avec un bois 3 !

Sur le graphique, ci-dessous, nous pouvons constater que ce n’est pas simplement sur un trou, mais sur tous les trous.

Pourquoi ?

Parce que contrairement aux éléments théoriques que nous avons exposé ci-dessus concernant l’écart de performance entre le driver et le bois 3, en réalité, les golfeurs trouvent plus souvent le fairway avec un driver qu’avec un bois 3, ce qui revient en fait à l’exact inverse du but recherché par ceux qui veulent assurer, en ne sortant pas un driver au départ du trou !

Le driver plus précis que le bois 3 ! 

Pourquoi serions-nous plus précis avec un driver qu’un bois de parcours ?

  • Le bois 3 est monté sur un shaft plus court,
  • Le bois 3 est plus lourd en termes de poids global, et poids du shaft.
  • Le bois 3 génère plus de spin.
  • Le bois 3 donne des balles qui volent sur une distance plus courte.
  • L’angle d’atterrissage de la balle au bois 3 est plus tendu
  • La tête d’un bois 3 est plus petite.

De tous ces arguments, seul le fait que la tête du club est plus petite, rend ce club moins précis que le driver, alors qu’à contrario, tous les autres attributs feraient du bois 3, un club normalement plus précis que le driver.

C’est dire l’importance de la taille de la tête dans le fait de bien driver une balle depuis le tee !

Tenez-compte du fait que le vrai sweet spot d’un club fait à peine la taille d’une tête d’aiguille.

D’une manière générale, les amateurs ne tapent pas autant qu’ils voudraient le croire au centre de ce sweet spot.

Or, plus une tête est large, et plus nous avons de chances de prendre le sweet spot.

Sweet spot, centre de gravité et tolérance d'un driver

C’est pour cette raison, et parce que le M.O.I. (mouvement d’inertie) est plus important, que nous tapons de meilleurs coups, même sur les coups décentrés.

Quand les drivers en titane sont apparus et ont remplacé les drivers persimmons, le principal avantage est venu du fait que l’usage d’un matériau plus léger a justement permis la fabrication de tête plus large, passant de 200cc à 460cc.

Dites-vous que nous retrouvons actuellement le même débat entre un driver 460cc et un bois de parcours 190cc !

En conclusion, il ne s’agit pas de dire qu’il ne faut plus prendre de bois-3 dans son sac, mais en revanche, ces données tordent le cou à une idée très/trop répandue qui voudrait que pour assurer, il faut prendre un bois 3 plutôt qu’un driver.

Tirée de l'étude statistique de Richie Hunt mené sur plusieurs golfeurs jouant sur le PGA TOUR (@Richie3Jack)

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Auteur

Master Class PGA en petit jeu et entrainement de haut niveau certifié par la TPI (Titleist Performance Institute), Michel a dirigé la section Sport Études Golf Rhône Alpes de 1995 à 2001, et a formé plusieurs joueurs actuellement sur le tour européen.


Sur le site, il intervient comme consultant technique pour les questions liées à la pratique du golf pour les amateurs.

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