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Bernhard Langer: Le meilleur golfeur senior au monde ?

Bernhard Langer: Le meilleur golfeur senior au monde ?

L’allemand Bernhard Langer, vainqueur du Masters d’Augusta en 1985 et 1993, premier numéro mondial de golf de l’histoire de l’Official World Golf Ranking, tout juste vainqueur du Senior Players Championship est toujours à 56 ans au sommet de sa forme. Mais Comment fait-il ?

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Que devient Bernhard Langer ?

Depuis six ans, il joue à plein temps et de manière assidue sur le Champions tour, le circuit professionnel de golf senior aux Etats-Unis.

Il fait d’ailleurs régulièrement office de favori, et démontre à chaque sortie ou presque, qu’il est en mesure de remporter le tournoi.

Pourtant, face à lui, le champ de joueurs est plutôt très relevé : Tom Watson, Fred Couples, Kenny Perry, Colin Montgomerie, Tom Lehman, Jay Haas, Fred Funk, Corey Pavin, et encore tant d’anciens champions du PGA TOUR…

Malgré cette concurrence de cinquantenaires et parfois plus (Tom Watson à 64 ans), Langer domine le classement de la Charles Schwab Cup 2014 (classement de la saison régulière pour les golfeurs seniors) avec trois victoires en douze tournois disputés.

Mieux que cela, il a déjà complété onze top-10 !

Seul Jay Haas arrive à faire aussi bien, sans pour autant avoir encore gagné de tournoi.

Tant et si bien, que Langer est solidement accroché à la première place, et ne devrait pas laisser de place au suspense ou de chances à Fred Couples, le chouchou du public américain qui avait déclaré fin 2013 être déterminé à remporter la coupe en 2014.

C’était sans compter sur la discrète mais infaillible détermination de celui qui fut entre les années 80 et 90, l’un des meilleurs golfeurs du monde, et le plus redoutable adversaire des Couples, Faldo ou Norman.

Dernière victoire retentissante en date : le Senior Players Championship

Dans une saison de Champions tour, les vétérans peuvent jouer 28 tournois du mois de janvier à décembre.

Seule différence avec un tournoi classique, ils sont disputés sur trois tours du vendredi au dimanche.

La saison comporte plusieurs rendez-vous majeurs dont le Senior PGA Championship, déjà remporté par Colin Montgomerie au mois de mai, le Senior Players Championship tout juste gagné par Langer, l’US Senior Open qui sera disputé cette semaine.

Puis dans quinze jours, le British Senior Open, soit quatre grand tournois en seulement quelques semaines, dont trois d’affilés.

Autant dire que toute la saison se joue en juillet.

Après trois très bons tours sur le Senior Players Championship qui lui est joué en quatre tours (le principe d’un majeur de golf), Bernhard Langer avait encore réussi à dominer le parcours et ses rivaux.

Trois cartes de 65,64 et 66 étaient censées l’avoir mis à l’abri de toute surprise sur le dernier tour.

Langer a beau avoir 56 ans. Il semble encore que sur le point de gagner, une certaine émotion arrive à le titiller.

Au cours du dernier tour, il va laisser fondre une avance de cinq coups sur l’américain Jeff Sluman pour devoir finalement batailler sur deux trous de play-off pour l’emporter au final.

Quelle énergie !

D’autant que pour battre Sluman, il a dû rentrer un dernier putt d’1 mètre cinquante pour birdie.

Depuis qu’il joue chez les seniors, Langer en est déjà trois majeurs remportés, signe qu’il n’a rien perdu de son ambition sous  prétexte qu’il aurait passé la barre des 50 ans.

Curieux quand on entend les trentenaires du moment qui à l’image de Jason Dufner indique à 35 ans, qu’ils ne continueront pas à jouer plus de cinq ans…

Langer joue depuis 35 ans au plus haut niveau, et n’a jamais semblé ni se plaindre, ni avoir envie d’arrêter.

Et ce n’est sans doute pas qu’une question d’argent mais peut-être aussi un refus de vieillir, et d’une certaine façon, une question de passion.

Ce qui manque peut-être la génération Dufner, des golfeurs qui ont déjà gagné beaucoup d’argents, mais dont je ne suis pas sûr que l’on se souvienne des noms dans quelques années, alors que Langer nous aura tous marqué dans notre vie de golfeurs.

Heureux comme si il avait gagné son premier tournoi de golf, Langer a déclaré « C’est vraiment très satisfaisant. Vous devez être tellement patient dans ce jeu. Sur deux des trous les plus faciles de ce parcours, j’ai fait double-bogey et bogey avec mes wedges en mains. Cela m’a coûté terriblement cher. »

Et c’est peu de le dire, dans la mesure où Sluman a eu un putt pour birdie à trois mètres cinquante qui a manqué le trou pour seulement quelques millimètres.

L’écart entre le succès et l’échec au golf se mesure parfois en millimètres.

Quel est le secret de sa forme ?

Statistiques de Langer sur le Champions Tour

Depuis que Langer joue sur le Champions Tour, soit 138 tournois joués à ce jour, il a cumulé près de 15 millions de dollars de gains.

Imaginez-vous qu’au cours de sa carrière sur le PGA Tour, avant d’être senior, il n’avait en réalité accumulé que 10 millions de dollars de 1981 à 2001, soit en 20 ans au plus haut niveau avec seulement trois victoires, dont effectivement deux retentissantes au Masters.

D’une part, les montants distribués entre les années 80, et aujourd’hui n’ont plus rien à voir, et d’autre part, en fait, l’allemand est nettement plus dominateur depuis qu’il a passé la cinquantaine.

On a beau dire que le golf peut se jouer jusqu’à très tard. En compétition contre des golfeurs de 20 ou 30 ans, Langer avait du mal à bien figurer sur les dernières saisons (période 2001 à 2007), à tel point qu'il a un peu disparu de la circulation.

En revanche, face à des golfeurs de sa tranche d’âge ou légèrement plus âgé, il a le jeu pour gagner.

Depuis 2008, il est même le meilleur golfeur senior du monde !

le meilleur golfeur senior du monde !

N°1 de l’ordre du mérite de 2008 à 2010 puis de 2012 à 2014, et encore parce qu’en 2011, il a joué deux fois moins de tournois qu’à son habitude.

Très assidu, personne n’est aussi fort que lui sur le Champions Tour. Il ne manque jamais un cut, et dans deux tiers des cas, il termine toujours dans le top-10.

Encore capable de propulser son plus long drive à 292 mètres, Langer est le meilleur golfeur senior du monde essentiellement pour sa capacité à pratiquement toujours prendre les greens en régulation (plus de 80% de réussite).

Une performance presque surhumaine à mettre en comparaison avec son driving quasiment parfait (78% de fairways pris en régulation) pour une moyenne de 252 mètres de moyenne au drive.

Avec une mise en jeu digne d’un horloger suisse, Langer arrive presque toujours à bon port, ce qui lui permet d’être le numéro un pour le nombre de birdies réalisées, et la moyenne de score (68,23).

Dans 28% des cas, il arrive à jouer sous le par (le meilleur vétéran sur cette statistique).

En somme, son jeu n’a jamais été aussi bon, et tellement parfait que soit le parcours est trop facile pour lui, soit il est imbattable pour ses adversaires.

Combien de seniors rêveraient de pouvoir en dire autant ?

Mais qui est vraiment Bernhard Langer ?

Probablement l’un des golfeurs les plus stoïques de l’histoire, toujours très calme, et presque monocorde ou monotone dans ses interviews, Langer est aussi bien celui qui fit perdre la Ryder Cup 1991 à l’Europe que celui qui a remporté ce prestigieux trophée en tant que capitaine sur le sol américain en 2004.

Ses adversaires admirent son jeu sans fausses notes, et lui tire sa force de sa foi en l’église Catholique et Jésus.

Fervent pratiquant, il fait partie de la génération des golfeurs allemands qui ont fait carrière aux Etats-Unis, à une époque où il jouait contre des fils d’américains ayant combattu le nazisme pour libérer l’Europe.

Aujourd’hui, quand Martin Kaymer remporte l’US Open, plus personne ne pense au fait que les Allemands ont été combattus par les américains en Europe.

En 1985, quand Langer a remporté son premier Masters, cette question était encore présente.

Fils d’un soldat allemand servant dans le service postal de la Wehrmacht, Langer a été élevé dans un environnement cadré, loin du golf, et sans fantaisie dans un milieu modeste.

Obsédé par l’idée de renaissance, Langer vit aujourd’hui aux Etats-Unis avec une femme plus jeune que lui. Son dernier enfant est adolescent.

Bien qu’il affirme que le golf passe après sa famille, il continue à jouer comme du temps où il trustait les victoires sur l’European Tour, de manière stoïque, méthodique, et presque infaillible.

Alors que Kenny Perry, vainqueur du Champions Tour en 2013 ressemble plus à un gentil grand-père, Langer ne laisse rien filtrer qui pourrait trahir son âge.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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