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Belgian Knock-out : La formule d’avenir pour le tour européen

Belgian Knock-out : La formule d’avenir pour le tour européen

Une fois n’est pas coutume, ce dimanche près d’Anvers se déroulait une véritable finale en conclusion d’un tournoi de golf du circuit européen. Le Belgian Knock-out préfigure d’une formule qui pourrait être un véritable succès pour l’avenir des tournois de golf, du spectacle, et de l’intérêt sportif. L’histoire aurait pu être encore plus belle avec une première victoire pour le français Benjamin Hebert. Cependant, dans un Mano à Mano contre l’espagnol Adrian Oategui, c’est finalement ce dernier qui a eu le dernier mot. Surtout, le principe du Knock-Out est sorti grand gagnant de ce week-end en Belgique.

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Quelle innovation, et quel succès pour le retour d’un tournoi de golf en Belgique !

Cela faisait 18 ans qu’un tournoi de l’European Tour n’avait pas été organisé en Belgique, une éternité pour un grand pays de golf d’Europe Continental.

A la faveur des excellents résultats de Nicolas Colsaerts, premier belge sélectionné en Ryder Cup, Thomas Detry, et Thomas Pieters, actuellement un des meilleurs golfeurs du monde, la Belgique par le biais de sa fédération de golf, et la participation active de l’enfant du Pays (Thomas Pieters) se devait de remettre sur pied un grand événement.

La solution la plus évidente aurait pu être d’organiser un Open national classique.

Les organisateurs ont eu le courage de nous proposer une autre formule, une formule innovante, et qui se rapproche enfin, de ce que l’on pourrait réellement souhaiter pour l’avenir du circuit professionnel.

Soit une formule qui mêle spectacle, rivalité, et facilité de lecture pour le public, qu’il soit golfeur averti ou pas.

La Belgique avec 80 000 licenciés et 3 joueurs majeurs méritait un grand tournoi. Ce dimanche, après quatre jours de compétitions, on peut affirmer sans risque qu’elle l’a eu.

L’histoire retiendra qu’Adrian Oategui a remporté la première édition du Belgian Knock-Out aux dépens de Benjamin Hebert.

L’histoire retiendra surtout cette formule du jeu qui a mêlé strokeplay sur les deux premiers jours pour accueillir 144 joueurs, et format de matchs éliminatoires sur 9 trous, pour éliminer tour à tour 64 joueurs, 32, 16, 8, 4, 2 et finalement déterminer un vrai champion.

L’histoire retiendra moins que les deux finalistes avait en fait trois coups de retard sur le leader au soir du deuxième tour, soit après 36 trous joués contre le parcours.

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Leur talent aura été de se frayer un chemin jusqu’à la finale, dans une formule de jeu à la fois plus courte (9 trous), mais demandant des nerfs d’aciers, pour à la fois dominer le terrain, et un adversaire humain.

De mon point de vue, fan du match-play pour le développement des tournois professionnels, la problématique posée par les tournois conventionnels est le caractère trop abstrait pour le public d’une lutte entre un joueur et un parcours.

Le parcours ne parle pas. Le parcours ne ressent pas d’émotions. Le parcours ne connait pas de défaillances.

Le sport de haut niveau a toujours été magnifié par des rivalités humaines extraordinaires, et parfois exacerbées.

Prenons l’exemple de Borg et McEnroe en tennis et à Wimbledon.

Wimbledon a beau être un temple du tennis. Sans ces héros, ce serait juste un court de tennis avec des gradins autour.

La rivalité entre le suédois froid tacticien, et l’américain impétueux, volcanique, à la limite de la perte de contrôle a même donné un excellent film, tant l’histoire sportive peut se confondre avec celle d’un roman.

Le Belgian Knock-Out peut nous proposer le même type de scénario, et transcender les hommes.

Enfin, une affaire d'hommes !

Les golfeurs sont habituellement placides, en contrôle total de leurs émotions, ce qui finit par les rendre un peu insipides, à quelque rares exceptions, comme par exemple, Ian Poulter, capable justement d’exprimer des émotions tout en jouant très bien au golf.

Pour révéler les personnalités, encore fallait-il un format de jeu qui fasse la place à l’émotion, et à l’humain.

Le public ne s’y est pas trompé en suivant massivement la dernière partie de ce Belgian Knock-Out.

Enfin, un tournoi de golf européen qui permet de voir du public autour des fairways ! Enfin, une image qui pourrait plaire à des télévisions.

Une telle formule de jeu se rapprochant du tennis, avec une histoire simple à raconter, celle du vainqueur qui a dû terrasser de nombreux adversaires pour arriver au Graal, pourrait engendrer le même type de petit résumé sur Sport 6, le dimanche soir.

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Le golf souffre d’une forme de désintérêt médiatique… Mais c’est déjà par sa propre complexité ou parfois le manque d’images fortes que la télévision a du mal à jouer le rôle d’ambassadeur.

Avec le Belgian Knock-Out… plus d’excuses, le spectacle est compréhensible. Il met en valeur une autre compétence du joueur de golf : Sa capacité à dominer ses émotions et à lutter directement contre un autre adversaire face à lui.

Sans être dans la tête d’Adrian Oategui ou Benjamin Hebert, ils ont dû vraiment apprécier de jouer au golf dans un match à enjeu avec un public uniquement concentré sur leur partie.

Une partie simplement décisive… Une partie où se jouait réellement en un seul lieu, un seul moment, l’enjeu de tout un tournoi.

Avec la formule classique, le vainqueur peut surgir de n’importe où ! D’une dernière partie ou au contraire d’une partie plus avancée, de sorte que le public n’est pas forcément sur l’action décisive au moment clé.

Avec ce principe de match éliminatoire, le public a enfin rendez-vous avec l’enjeu.

Le fait que les matchs ne se disputent que sur 9 trous n’enlèvent rien au spectacle.

Bien au contraire, ce format plus court rappelle qu’un match de tennis décisif se déroule lui aussi sur une heure et demi ou parfois plus de deux heures, mais guère plus.

A une époque où le temps est crucial. L’avenir de la pratique golfique peut être envisagée sur un format plus court de seulement 9 trous.

C’est valable pour les amateurs qui manquent de temps. C’est aussi valable pour les pros, et surtout ceux qui suivent le spectacle près du parcours ou à la télévision.

Sur une partie de 18 trous, il faut généralement attendre les 3 derniers trous pour distinguer une montée en tension.

Sur une partie de 9 trous, ces 3 mêmes trous arrivent juste deux fois plus vite.

Le Belgian Knock-Out est une réussite en tout point. Le fait de ne pas occulter complètement le strokeplay en l’intégrant aux deux premiers tours permet un changement en douceur.

Les 144 pros qui ont fait le déplacement, peuvent légitimement se dire qu’ils ont pu défendre leurs chances sur deux tours, alors qu’un format de match dès le premier tour aurait pu frustrer.

A refaire le plus rapidement possible

Le développement de cette formule de jeu sur d’autres tournois pourrait complètement relancer l’intérêt des tournois pour le public, et donc la médiatisation.

Les golfeurs professionnels ne seraient plus seulement des robots à battre du record de parcours. Quelque part, ils seraient des gladiateurs avec chacun une histoire à nous raconter, et dans des arènes qui ne perdraient rien de leurs superbes.

Quelle que soit la formule, je crois que le vainqueur sera toujours le meilleur.

Ce dimanche à Anvers, Oategui a su faire preuve de sang-froid dans les moments clés. Il n’a pas toujours tapé de meilleurs coups que le français.

Sur 9 trous, en finale, sur quelques coups, il a eu parfois de la chance comme par exemple sur le trou numéro 4 où son drive a flirté avec l’obstacle d’eau. Sur ce coup précis, il aurait pu perdre le match pour quelques centimètres. Comme quoi, c’est toujours du golf…

Au contraire, en fâcheuse posture, il a précisément sorti un meilleur coup de fer que le français pour accrocher le drapeau, et démontrer à la fois ses compétences, et son sang-froid dans un moment critique.

Vite à l’année prochaine, pour revivre un tel tournoi, en attendant que d’autres Opens s’y mettent !

Crédit photo : Getty Images, European Tour et Jeudegolf.org

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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