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Attaquer ou assurer? Quelle est la bonne stratégie sur le parcours?

Choisir la bonne stratégie sur le parcours

Dimanche dernier, l’Américain Phil Mickelson a laissé passer sa chance  de remporter le prestigieux Abu Dhabi HSBC Championship en commettant une petite erreur sur le trou 13. Erreur qui lui a coûté un triple-bogey, alors qu’il était en tête du tournoi. Attaquer ou assurer, c’est une question de style ou de philosophie, mais aussi une question de pertinence !

Si vous avez manqué le début...

En tête du Abu Dhabi HSBC Championship au départ du 13, Mickelson a déjà signé trois birdies depuis le début de la journée.

Sur un coup manqué (touché deux fois), il finit par prendre un triple-bogey qui aura finalement une importance décisive sur l’issue du tournoi.

Sur les cinq trous suivants, il se reprend et rentre trois birdies.

Son challenger du jour, l’espagnol Pablo Larrazabal qui n’en demandait pas tant a lui aussi réussi trois birdies sur les neufs derniers trous du retour…et sans aucun bogey !

Finalement, l’Américain qui comptait deux coups d’avances sur l’Espagnol s’incline d’un coup.

A six trous de la fin de cette compétition de golf, avec une approche plus conservatrice, Mickelson aurait-il gagné le tournoi ?

Mickelson a toujours joué pour l’attaque

Aux USA, certains chroniqueurs se demandent si Phil Mickelson n’aurait pas gagné plus de tournois en adoptant une approche tactique du jeu de golf un peu différente, et en tout cas plus prudente.

Connu pour être un « attaquant », soit un joueur qui prend tous les risques, et n’hésite pas à sortir le driver, là où un bois 3 pourrait suffire, à sortir un fer-6 à Augusta depuis le rough et derrière les pins pour quand même tenter d’accrocher un green inespéré, et faire birdie pour gagner le Masters…

Mickelson est un joueur que les américains, et plus généralement le public du monde entier, adorent car il fait le show.

Non pas qu’il cherche à passer pour un casse-cou ou un showman, Mickelson aime jouer de cette façon, car il sait aussi que pour gagner sur le tour, il est en fait inévitable d’attaquer.

A 43 ans, « Lefty » a déjà remporté 41 tournois professionnels sur le PGA Tour, et cinq majeurs dont trois Masters, un British Open, et un US PGA Championship. Pas de quoi rougir de ses choix sur le parcours !

Passé pro en 1992, celui qui est encore aujourd’hui le dernier amateur à avoir remporté un tournoi professionnel aux Etats-Unis  (Northern Telecom Open 1991) a probablement après Tiger Woods, le plus beau palmarès du circuit professionnel mondial.

En revanche, il est vrai que par le passé, Mickelson a déjà perdu des tournois en commettant des fautes très coûteuses.

Dans son cas, vous allez comprendre dans la suite de cet article, pourquoi le fait d’attaquer est en fait inéluctable, et la question n’est qu’un faux débat !

Par contre, pour un golfeur amateur, ce débat a le mérite d’éveiller les bonnes questions sur la stratégie à adopter.

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Aux Etats-Unis, les golfeurs jouent pour l’attaque…

Ce n’est pas une question de génétique, mais bien une approche culturelle du jeu de golf !

Lors de notre interview avec Benoit Vincent, directeur français de la recherche et du développement pour TaylorMade qui vit aux Etats-Unis depuis plus de vingt ans, ce dernier nous révélait que partout où il avait joué outre-Atlantique, il avait pu constater que les amateurs ne se posaient pas la question d’assurer !

Au contraire, ils jouaient pour poser la balle au plus près du drapeau.

Au cours des compétitions amateurs qu’il a pu disputer, la victoire s’est toujours offerte au golfeur qui avait su faire un petit peu plus de birdies que les autres.

A haut niveau, c’est sans doute encore plus vrai.

En réalité, les médias américains aiment reposer ce débat sur la place publique quand il s’agit de Mickelson, mais en fait, la majorité des golfeurs professionnels jouent de cette façon.

Dans un autre entretien avec cette fois, Tom Ayling, caddy de José-Filipe Lima, ce dernier nous révélait que José joue beaucoup l’attaque, car il aime ça. Il aime faire des birdies, et aime l’idée de pouvoir en faire beaucoup sur le parcours.

Simplement, dans le cas de Mickelson, un golfeur qui a une longue carrière derrière lui, et déjà beaucoup de victoires, c’est enivrant d’imaginer tous les succès qu’il aurait pu avoir…mais stérile, car il y a une part d’inéluctable.

Que pouvons-nous retenir de la mésaventure de Phil Mickelson ?

Premièrement, il faut considérer que le golf est un grand jeu d’échecs qui se joue en plein air.

Comme aux échecs, il ne faut pas très longtemps pour apprendre les bases de ce jeu, mais par contre, cela peut demander toute une vie pour maîtriser la stratégie.

La clé de la réussite au golf tient dans le fait de produire le bon coup de golf au bon moment, en conservant toujours à l’esprit « comment doit-on jouer le coup suivant ? ».

L’idée, c’est d’arriver à jouer le coup sans être intimidé par ce qu’il peut se passer.

Se focaliser sur sa routine est le meilleur moyen de rester concentré sur le coup à jouer, plutôt que de laisser son esprit vagabonder sur les bonnes ou pire les mauvaises conséquences d’un coup.

La concentration sur le parcours doit être à son maximum.

Faire abstraction des mauvais coups précédents, les erreurs de jugements comme les simples faits de malchances.

Plutôt que de se poser la question de manière binaire : Faut-il attaquer ou assurer ? Un golfeur doit pouvoir jouer un coup de golf en raisonnant comme s’il était en voiture à l’arrêt à un feu de circulation !

Phil toujours à l'attaque sur le parcours

Feu rouge égal danger ! Feu orange invite à la prudence ! Et Feu Vert, vous pouvez passer !

Feu rouge

Un coup à jouer quand le feu est rouge, et en fait un coup de golf qui ne vous laisse aucune autre option de jeu.

Brûler un feu rouge est en fait très dangereux. Vous pouvez tenter le diable de temps en temps, mais il y a forcément un moment où le pire vous arrivera.

Souvent, un coup feu rouge est un coup désespéré qui ne laisse aucune marge d’erreur !

Pourquoi et quand tenter le diable ?

En match-play, si vous êtes en retard sur votre partenaire de jeu, et qu’il reste très peu de trous à jouer, vous pourriez être susceptible de tenter ce coup.

Un coup de feu rouge ressemble à un coup à jouer au-dessus de l’eau contre le vent, et où la seule option possible est d’atterrir sur le green !

Autrement dit, si vous ratez, c’est le double ou le triple bogey assuré. Le trou sera perdu, et peut-être même la partie… 

Feu Orange

Le niveau de risque est inférieur à un coup joué sous feu rouge.

Il s’agit plus souvent d’une situation où vous êtes en confiance, et vous visualisez le fait que vous pouvez réussir un birdie avec un coup agressif.

Par exemple, vous jouez un trou en dogleg à 150 mètres du trou, et devant le green, se trouve un bunker qui peut éventuellement vous coûter le green en régulation si vous êtes trop court.

Si vous réussissez le coup, votre balle a de fortes chances de se situer à bonne distance pour rentrer le putt en un coup !

Si vous êtes trop court, c’est plutôt le bogey qui vous attend.

Cependant, avec une bonne approche ou sortie de bunker, vous pouvez encore avoir un coup à jouer sous feu vert, et donc tenter de sauver le par.

Dans le cas de Phil Mickelson, plus que les coups de feu rouge, ceux sont ces coups de feu orange qu’il joue très souvent !

Feu vert

Les coups de golf les plus sûrs à jouer.

Un coup sous feu vert est le coup qui donne la plus grande marge d’erreur sur le parcours en termes de distances ou de directions par rapport à la cible.

Il peut s’agir d’un coup de départ sur un fairway très large, ou un putt qui même s’il manque le trou, assurera le deux-putt.

Le niveau de risque de perdre un ou plusieurs coups est très faible.

En revanche, l’opportunité de faire un birdie sur un coup feu vert est très rare.

Faire les bons choix

Sur le parcours, il est en fait toujours important de choisir une cible précise, et de frapper un coup le plus efficace possible vers cette cible.

Trop souvent, quand il s’agit d’assurer, les golfeurs amateurs ont tendance à vouloir contrôler le coup !

Ce qui généralement produit l’erreur technique, et du coup, au lieu d’assurer, l’amateur se retrouve à obtenir le résultat négatif d’un coup joué sous feu rouge, alors qu’il tentait un coup feu vert ! 

La philosophie du bon coup au bon moment est toujours le résultat d’un choix entre attaquer ou assurer.

La décision est toujours celle du joueur, et dépend essentiellement du niveau de confiance au moment du coup.

Certains golfeurs aiment aborder un parcours de golf avec une stratégie attentiste qui consiste à taper des coups sûrs depuis le tee, et attendre les opportunités de birdies.

Cette stratégie peut fonctionner en match-play, mais du coup cela implique de se calquer sur le jeu de son partenaire, et d’attendre sa faute, tout en étant soi-même plus « fiable ».

En revanche, si l’adversaire est très performant dans un jeu offensif, cette stratégie ne sera pas la bonne.

Car l’attaquant en match-play voudra marquer des gros points, surtout dans l’optique de déstabiliser et même démoraliser le golfeur qui assure !

En stroke-play, surtout pour les professionnels, si vous n’attaquez pas, vous risquez de ne pas jouer assez bas pour passer le cut !

Ce qu'il faut retenir

En résumé, pour un amateur, il est plus fréquent que la philosophie de jeu la plus adaptée, soit un mélange de prudence et d’audace. Un mélange de coups joués entre le feu orange et le feu vert.

Alors que pour un professionnel, le niveau de jeu étant tellement concurrentiel. Il est indispensable d’être toujours à l’attaque, même quand on veut défendre un cut.

Ce qui implique qu'il jouera une majorité de coups sous un feu orange, et parfois quelques coups sous un feu rouge.

Le bon conseil pour un amateur serait de travailler toutes les stratégies sur le parcours.

A savoir, profiter de certaines parties pour jouer de manière agressive, et à l’inverse, sur d’autres parties, adopter une approche plus prudente, pour pouvoir ensuite naviguer entre les deux options, et prendre plus facilement la bonne décision, tout en appréciant la prise de risque.

Crédits photos : Abu Dhabi HSBC Golf Championship

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Auteur

Master Class PGA en petit jeu et entrainement de haut niveau certifié par la TPI (Titleist Performance Institute), Michel a dirigé la section Sport Études Golf Rhône Alpes de 1995 à 2001, et a formé plusieurs joueurs actuellement sur le tour européen.


Sur le site, il intervient comme consultant technique pour les questions liées à la pratique du golf pour les amateurs.

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