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Ariane Provot: "Aller chercher des drapeaux de plus en plus loin"

Ariane Provot: "Aller chercher des drapeaux de plus en plus loin"

Présente au Golf National pour une journée de démonstration avec son sponsor, nous avons eu l’occasion de rencontrer Ariane Provot, golfeuse sur le Ladies European Tour depuis 2014. Après une très belle carrière amateur qui l’a vu notamment être sacrée championne de France à cinq reprises, et remporter pas moins de vingt grand-prix, elle ambitionne désormais de rentrer dans le top-30 européen pour viser ensuite le circuit américain. L’occasion d’aborder avec elle, son métier, ses ambitions, son matériel, et ce qui lui donne beaucoup de confiance sur le parcours : le chipping !

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Quelques semaines plus tôt, cette fois à Evian, nous avions assisté au discours de Franck Riboud concernant la précarité des golfeuses professionnelles devant un circuit qui ne compte que seulement huit épreuves, et dont les dotations sont trop faibles pour assurer la pérennité du golf féminin professionnel.

Entre les garçons et les filles, l’écart de revenu est facilement supérieur à un rapport de « un à dix ».

Forcément devant une jeune golfeuse pro, cette question nous est revenue à l’esprit.

Ce n’est bien entendu pas le seul thème que nous avons abordé, et à ce titre, cet interview a été complété d’une courte vidéo où Ariane va vous présenter son coup de golf préféré, ses raisons, et démontrer son exécution en exclusivité pour Jeudegolf.org.

Bonjour Ariane, quels sont vos objectifs pour 2016 ?

C’est le début de la saison pour moi (rencontré mi-juillet) ! Jusqu’à présent, sur les huit tournois que je vais disputer cette année, j’en ai déjà joué deux pour un cut passé, et un cut manqué.

A ce stade de la saison, je ne vais pas trop pouvoir m’avancer sur mes objectifs. C’est trop tôt pour l’instant.

En revanche, par rapport à ma préparation notamment en vue d’atteindre mes objectifs, je considère que je suis bien.

En plus de jouer sur Ladies European Tour, j’ai pu jouer sur le LET Access (circuit de seconde division) pour deux top-5, notamment un la semaine dernière en jouant -7 sur le dernier tour.

C’est justement au cours de ses journées où je score très bas que cela me prépare à atteindre mon objectif, qui est de rentrer dans le top-30 européen dès cette année.

Vous ambitionnez de jouer sur le circuit américain ? C’est un objectif professionnel et personnel ?

C’est un peu des deux ! Personnel, car j’aimerai vraiment découvrir l’ambiance, les parcours, comment on joue, la vie là-bas…

Au niveau professionnel, cela me permettrait de voir ce dont je suis capable contre les meilleures joueuses du monde.

J’ajouterai que professionnellement, il y a aussi plus d’argent à aller gagner là-bas, et cela doit être aussi plus intéressant en termes de qualité de vie.

En tout état de cause, je pense que c’est un changement de vie ! Ce n’est pas du tout la même culture.

A propos de rémunération, Franck Riboud a justement pris la parole à ce sujet, parlant de la problématique des dotations trop faibles sur les tournois du circuit européen. Comment vous les joueuses vous appréhendez cette situation ?

Déjà, c’est super de sa part de parler de ce sujet ! Lui a le statut qui permet de pouvoir parler de l’aspect financier.

Pour nous, c’est difficile ! Il n’y a pas beaucoup d’argent en jeu, donc c’est obligatoire de faire des résultats, d’être systématiquement dans le top-20, et même top-10. Il faut viser une victoire pour être plus à l’aise.

Ceci dit, une victoire chez nous, c’est environ 40 000 euros. Sur le circuit masculin, pour l’équivalent, on parle en centaine de milliers d’euros.

Sur le circuit féminin, une victoire apporte surtout une exemption de jeu pour deux ans, et pour jouer une dizaine de tournois.

Tout cela pour dire que même avec une victoire, on ne peut pas espérer être tranquille financièrement sur plusieurs saisons.

Est-ce que c’est un sujet que vous abordez entre joueuses ?

Nous sommes un peu désemparées, car notre sport n’est pas beaucoup médiatisé. On ne peut pas trop en parler avec le monde extérieur.

Entre nous, ce n’est pas un sujet que nous abordons fréquemment.

On essaie d’être heureuse comme ça, et de profiter.

C’est aussi difficile pour nous de trouver des sponsors…mais personnellement, je trouve que cela se décante bien. Il y a un peu plus de portes ouvertes.

Il faut savoir donner une bonne image de soi. Les entreprises s’intéressent de plus en plus au golf féminin. C’est un atout pour nous, et ce qui me fait être très positive pour notre avenir.

Pour l’instant, soyons claires, c’est encore super moyen… !

SI je prends mon exemple, cette année, j’ai eu la carte pleine pour ne jouer finalement que huit tournois. Ce qui est peu sur une année entière. A côté, je joue des pro-ams…Je suis obligé de contacter des gens pour monter des équipes.

La balle est d’ailleurs très bien renvoyée par les organisateurs. Quand cela se passe bien une fois, on est rappelée. C’est aussi un côté de mon métier que j’aime bien.

Ceci étant, je suis avant tout une compétitrice ! Après avoir réobtenu ma carte sur le tour, je ne me considère toujours pas à l’aise. Il y a trop peu de tournois. A chaque fois que j’y vais, c’est un peu la tête hors de l’eau ! C’est compliqué et disons que les pro-ams aident à compenser financièrement.

Toujours à titre personnel, j’ai trouvé deux sponsors qui vont me suivre sur deux ans (Braces dans le domaine de l’alimentaire et Apsys Cyborg dans le domaine de l’informatique) que je remercie vivement.

Concernant la question du nombre de tournois, est-ce un point bas et quelle est votre vision de l’évolution du circuit pour les années à venir ?

Nous sommes dans un point bas, mais je pense que nous n’allons pas y rester.

Cette situation a été créée après la nomination du nouveau directeur du circuit. Avant cela, ce qui n’allait pas, c’était que nous avions beaucoup de trop petits tournois. Ce qui engendrait beaucoup de frais, et peu de retours financiers.

Notre nouveau directeur a axé son travail sur le fait de trouver des tournois avec un prize money plus important, avec la conséquence de réduire le nombre d’épreuves.

Sur huit tournois, je vais en avoir cinq avec une grosse dotation, soit environ 500 000 € et donc autour de 60 000 € pour le vainqueur, avant taxes et compagnies…

Dans ce contexte, comment êtes-vous justement accompagnée par Mizuno ?

C’est la quatrième année de ce partenariat. J’ai commencé une année en amateur grâce à Jeremie Lamarre, puis ils ont décidé de me suivre au moment de mon passage chez les pros.

Ils m’aident uniquement sur le matériel, mais je dirai complètement sur le matériel !

J’ai un contrat pour dix clubs et donc aussi le choix de quatre clubs en dehors. J’ai aussi beaucoup d’accessoires et des habits de sports, ce qui fait que je suis vraiment très bien aidée.

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Qu’est-ce que vous jouez comme type de clubs ? Quelle série ?

Je joue les JPX-850 forged pour les fers, montés sur des shafts NS Pro stiff en 105 grammes.

Pour les bois (hybride, bois 3, driver), je joue aussi les JPX. Et enfin, trois wedges MP-T5 (50, 54 et 58)…

Les amatrices se plaignent souvent d’un manque de choix en termes de matériel. Trouvez-vous que l’offre des clubs est suffisamment adaptée aux femmes ?

Personnellement, je n’ai pas été trop touchée par ce manque de diversité. J’ai toujours trouvé des shafts adaptés. Je vais avoir du mal à donner un avis négatif sur cette question.

Au contraire, je trouve qu’il y a beaucoup plus de choix maintenant. On peut trouver de l’acier léger, plus rigide, moins lourd…On peut vraiment mixer pas mal de choses…couper des shafts, jouer sur les grips…

Par exemple, mes clubs sont fittés de A à Z !

Depuis deux ans, je suis vraiment ravie. Tous mes clubs me conviennent. Le fer 4 que j’utilise me donne beaucoup plus de confiance que celui que j’utilisais auparavant.

J’ai eu aussi l’occasion de tester le nouveau matériel qui va sortir dans les prochaines semaines…Cela promet d’être sympa !

A ce propos, utilisez-vous des Utility à la place ders fers 3 ou 4 ?

J’ai un fer 4 dans mon sac, et au-delà, j’utilise un hybride. J’ai tenté le Fli-Hi mais cela ne me correspond pas.

Pour raccrocher avec vos ambitions, vous prévoyez de jouer sur le LPGA Tour, et par conséquence, vous devriez retrouver beaucoup de joueuses asiatiques, comment abordez-vous cette concurrence ?

Je pense qu’il vaut mieux les prendre en exemple ! Elles sont beaucoup à réussir bien ! Pourquoi ne pas faire comme elles ? Regarder ce qu’elles font ! S’en inspirer plutôt que de dire qu’elles arrivent en masse ! Patati Patata…

J’imagine aussi que les structures en Asie sont adaptées pour accueillir plus de joueuses.

Comment voyez-vous votre avenir sportif à moyen et long terme ?

J’ai de grandes ambitions pour moi ! Après avoir eu un moment plus difficile, avec de la perte de confiance dans mon jeu, dans ma personne, par rapport à mon métier (ma première année pro a été difficile), j’ai beaucoup travaillé avec mon coach sur la confiance.

Physiquement, je n’ai pas de difficultés. Techniquement, ça s’est toujours bien passé pour moi, même si ce n’est pas nécessairement ma tasse de thé.

Je travaille surtout le ressenti...sur beaucoup de feeling.

Mes grandes ambitions tournent toujours autour du fait d’aller jouer sur le LPGA tour, et de gagner là-bas.

Si vous n’êtes pas fan de technique, qu’est-ce qui vous a fait aimer le golf à vos débuts, et encore aujourd’hui ?

Le jeu ! Relever des défis ! Aller chercher des drapeaux de plus en plus loin ! Pouvoir atteindre des par-5 en deux parce que j’ai les moyens de le faire !

Et puis la découverte de mon chipping !

Avant de commencer à m’entraîner avec mon coach actuel, le chipping était très flou pour moi…Je n’avais qu’une envie : « Mettre la balle dans le trou » sans vraiment faire attention aux aspects entre le trou et la balle.

Il m’a appris à faire plein de chips différents, à m’amuser avec les lies, avec les trajectoires des balles…Donc, mon truc à moi, c’est vraiment le jeu !

Pour une amatrice de golf, qu’est-ce que vous lui conseilleriez de travailler ?

Et bien le chipping ! C’est tellement rassurant de savoir chipper ! On rate le green…Ce n’est pas grave !

« J’ai raté le green. Je sais bien chipper. Je m’en sortirai. Je ferai chip-putt ou chip-deux putts. Je serai toujours sur le green après mon chip. » Cela limite la casse tout le temps.

Je n’aime pas du tout évoquer de golf en parlant de limiter la casse, mais je veux vraiment insister sur le fait que cela aide à la performance.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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