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AODF 2015: Mike Lorenzo-Vera et la gestion des émotions positives

AODF 2015: Mike Lorenzo-Vera et la gestion des émotions positives 

Premier cut passé en six participations pour le basque Michael Lorenzo-Vera, première partie joué sous le par, et ce samedi, une des belles performances de la matinée du clan tricolore. Après sa partie jouée en 67 (-4), Lorenzo-Vera mettait l’accent sur le fait de bien gérer ses émotions pour continuer à avancer sur ce parcours du Golf National. Comment peut-on s’inspirer de son cas quand on joue au golf en amateur ?

Une partie qui a fait chauffer l’applaudimètre

Parti ce matin à 9h39, Mike Lorenzo-Vera n’a pas tardé à faire trembler les greens de Saint-Quentin-En-Yvelines.

Dès le premier trou, il rentre un premier birdie qui va en appeler quatre autres sur les neuf trous suivants. Une impressionnante moyenne d’un birdie tous les deux trous.

Pour l’avoir observé au trou numéro 8, effectivement, avec un jeu de fers aussi au point, on comprend mieux pourquoi il a rentré une des meilleures cartes de la matinée.

Quand son illustre partenaire, David Howell se mettait à 8 mètres du drapeau sur ce par 3, Lorenzo-Vera a tout bonnement collé son approche à moins de deux mètres du trou, et derrière, sans trembler, il a rentré le putt décisif.

Cette anecdote pour illustrer le fait qu’au fur et à mesure de sa journée, Lorenzo-Vera a entendu de plus en plus de « Go Mike » ou « Allez Mike ».

Des clameurs positives qui font chaud au cœur, et qui ont même commencé à faire ressentir des palpitations au bouillonnant basque.

Lucide après sa partie, il a aussi rapidement compris qu’un excès d’adrénaline pourrait se retourner contre lui.

En matière de sport de haut-niveau, on parle souvent de « bulles » où les sportifs aiment s’isoler pour être impénétrable aux émotions en provenance de l’extérieur qui pourrait justement interférer avec celles ressenties à l’intérieur.

« C’est une très belle journée. Depuis que je participe à l’Alstom Open de France, c’est-à-dire une demi-douzaine de fois, je n’avais encore jamais réalisé un aussi bon score sur le parcours du golf national. Je n’étais d’ailleurs jamais parvenu à franchir le cut. C’est donc vraiment une grosse satisfaction. Le parcours est un peu moins exigeant, il est de plus en plus sec, et la balle roule beaucoup. J’espère être dans les mêmes dispositions pour le dernier tour dimanche. Il faudra rester calme, lucide et patient. »

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Passé ce constat sur sa partie et ce qui l’attends demain pour le dernier tour, nous avons noté une phrase intéressante que Lorenzo-Vera a utilisée à plusieurs reprises en conférence de presse d’après tour.

« J’ai besoin de gérer mes émotions positives. »

Pas du tout habitué au fait de recevoir un soutien aussi important sur un tournoi de l’European Tour, et pour cause, il joue à la maison. Lorenzo-Vera qui n’est pas basque pour rien, ressent les choses. Ce n’est pas un golfeur insensible. C’est d’ailleurs qui lui donne une petite cote de popularité auprès du public, qui sait reconnaître une forte et belle personnalité quand il en voit une.

Nous avons interrogé notre consultant, Marc Lefevbre sur la gestion de ses émotions.

Dans à peu près toutes les parties de golf que vous avez joué, il y a toujours, tout du moins, je vous le souhaite, un moment qui suscite une réaction plus ou moins forte et positive à un événement.

En général, une réaction à un beau coup ou un coup réussi.

De manière plus fréquente, vous risquez de rencontrer des situations inconfortables, ou qui suscitent des émotions négatives. Généralement, après un mauvais coup ou un trou manqué.

Bon ou mauvais coup, les meilleurs joueurs arrivent justement à contrôler leurs émotions tout du long de la partie, que les émotions soient positives ou négatives. Prenez l’exemple d’Ernie Els qui est un modèle du genre.

A l’inverse, un garçon comme Dubuisson laisse très souvent ses émotions négatives apparaître dès qu’il n’atteint pas ce qu’il souhaite, et ce même quand il joue une partie sous le par.

Les réactions peuvent être de différents niveaux, et elles ont un impact immédiat sur l’état d’esprit tout comme l’état psychologique du joueur dans les 5 à 10 minutes qui vont suivre.

Si on revient à l’exemple d’Ernie Els, mais on aurait pu citer Retief Goosen ou encore Fred Couples, vous noterez qu’ils ont développé un véritable talent pour justement ne montrer aucune émotion après leurs coups.

Ce n’est pas très drôle pour les spectateurs avides de sensations, mais c’est un excellent moyen de rester concentré sur l’essentiel : le coup suivant.

Au contraire, un joueur qui va enchaîner des bogeys, et c’est ce que pourrait craindre Lorenzo-Vera dimanche, il faut savoir ne pas focaliser sur un mauvais coup, qui en entrainerait encore un autre.

Et de la même façon, il doit se méfier d’être perturbé par trop d’encouragements.

On appelle cela ne pas avoir de réaction aux stimulis

Les stimuli expliquent pourquoi des facteurs internes ou externes agissent sur nous et parfois de manière négative.

Ces stimulis peuvent-être un mauvais lie, un mauvais rebond, un putt manqué, un coup moyen, des partenaires de jeu indélicats, et des conditions de parcours ou météo délicates.

Et la liste peut être longue…

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L’un des éléments importants à avoir en tête est de garder le contrôle de ses émotions, surtout dans les phases dites de « Up and down », ces moments où on passe par plusieurs émotions pendant une partie de golf.

La plupart des joueurs auront toujours entre 1 et 3 éléments qui vont régulièrement les mettre en difficulté.

La première chose à faire consiste à apprendre quels sont les éléments qui vous font réagir plus que les autres.

Dans le cas de Lorenzo-Vera, il semble vigilant au fait de recevoir trop d’attention ou plus d’attention qu’à l’accoutumée de la part du public, et il craint d’être déstabilisé.

Ce qui est positif, c’est déjà qu’il en ait conscience.

Ainsi, il désamorce le processus négatif qui pourrait l’amener à être dominé par ses émotions.

Ce qu’il convient de faire, c’est de reprogrammer ses propres chemins neuronaux pour en créer de nouveaux, qui créent une sorte de barrière quand les événements qui font réagir s’activent.

Il convient de s’entraîner.

Il suffit de se rendre au practice, de taper quelques coups, et de s’habituer à ne pas réagir quand vous tapez un mauvais coup.

Pour Lorenzo-Vera, rien ne remplace l’expérience. Ne pas réagir à la pression positive exercée par le public est quelque chose qui se travaille à force de pratiquer, et donc à force de passer des cuts.

Plus un joueur sera capable de ne pas montrer de réactions après n’importe quel coup, bon ou mauvais, et plus, il sera capable de créer des gérer des émotions négatives ou positives pour rester dans le bon rythme.

Pour conclure, Lorenzo-Vera semble avoir bien géré ses émotions samedi, c’est déjà un bon entraînement et une invitation à ce qu’il recommence ce dimanche.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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