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AODF 2015: Et si Dubuisson mettait tout le monde d’accord ?

AODF 2015: Et si Dubuisson mettait tout le monde d’accord ? 

Dans la canicule parisienne, ce vendredi, Victor Dubuisson a signé une partie de référence pour le compte du second tour de l’Alstom Open de France. Associé à Martin Kaymer et Jamie Donaldson, le cannois a confirmé sa performance de la veille pour occuper la tête du tournoi en -4 avec Rafa Cabrera-Bello, et son partenaire du jour, Kaymer.

Plutôt dans la matinée, la partie des stars, Levy, Westwood et McDowell a fait un strike ! Les trois sont passés à la trappe du cut.

Rien à voir avec l’autre partie la plus suivie de la journée, celle des vainqueurs de Ryder Cup, Dubuisson, Kaymer, et Donaldson qui ont largement tenu leurs rangs, alors que la chaleur était à son comble sur le parcours du National.

Dubuisson et Kaymer se sont même rendus coup pour coup.

Par exemple au 17, l’allemand sort nettement son drive à droite du trou, mais par chance, il atterrit sur un morceau de putting-green d’entrainement relié au parcours de l’Oiselet, et de l’autre côté du fairway qu’il était censé jouer.

Son coup d’approche est tout à fait jouable, et peut-être même un avantage, car il est surélevé par rapport au fairway avec une vue dégagée sur le green.

Derrière, il pose son approche en toute sécurité sur le green pour un par sans difficulté. Il faut parfois un peu de réussite au golf. Mais à voir jouer Kaymer, le golf paraît tellement facile.

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Sur le même trou, Dubuisson est celui qui sort le meilleur engagement. Sa balle est freinée par une butte et un bout de pré-rough, mais il est tellement mieux placé que Donaldson, totalement aux fraises, à gauche du trou.

Sur son deuxième coup, Victor tente un coup punché. C’était d’ailleurs la seule chose à faire dans cette configuration. Malheureusement sa balle traverse le green, et finit sa course au fond du green à nouveau dans le rough de bord de green.

Derrière, il réalise un très beau chip qui passe tout près du trou. Pas de réussite pour le tricolore qui rate ensuite le putt de deux mètres, et concède un bogey ! Son dernier du jour, et alors qu’il avait plutôt bien joué le trou.

Si l’allemand finit par être un spécialiste du tournoi, on finit par se demander si « Dubush » ne s’est pas réservé pour l’occasion.

Impressionnant depuis deux jours, Victor Dubuisson est clairement un candidat crédible pour la victoire de dimanche.

Aux abonnés absents depuis le début de la saison, 48 heures plus tôt, nous aurions eu du mal à établir un tel scénario, tant le français fait preuve de solidité, d’autant qu’il ne s’économise pas !

Les spectateurs français ont retrouvé le Victor qui attaque, quitte parfois à partir à la faute.

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D’autant qu’à la température de l’air, il faut ajouter le vent assez présent sur la fin d’après-midi. Et entre la température ou le vent, les golfeurs préfèrent avoir chaud !

Et dans ces conditions, le français semble avoir trouvé l’adversité nécessaire pour se sublimer.

Suivi pendant toute sa partie par Pascal Grizot (responsable FFG en charge de la Ryder Cup), on sent que tout a été fait pour mettre Victor dans les meilleures conditions, et qu’il est couvé par la fédération comme le lait sur le feu.

Ça sent la reprise en main !

Sa deuxième partie jouée en 70 a été marquée par seulement trois bogeys que le français a tenu à rapidement relativiser.

« Aujourd’hui, j’ai vraiment bien joué. J’ai tapé deux bons coups au 8 et au 9, mais finalement, j’ai mal fini ces deux trous, et pris deux bogeys. Quand vous prenez deux bogeys consécutivement, vous pensez que les choses peuvent se retourner contre vous. Mais bon, au final, j’ai fait un super tour. »

Néanmoins, le français conscient de l’énorme attente et passion qu’il suscite de la part du public, veut relativiser sa bonne position.

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« Je suis très content d’être aussi bien placé, mais vous savez, ici, il faut toujours être concentré, et surtout ne pas commettre la moindre erreur. Alors si demain, je joue bien, et que je putt bien, alors on verra si je peux faire un bon résultat. »

L’autre fait qu’il admet bien volontiers concernant l’amélioration de son jeu vient tout simplement du fait qu’il joue déjà beaucoup plus.

Alors que son agenda a été jusqu’à très récemment plus que léger, Dubuisson enchaÏne deux tournois en deux semaines (Allemagne et France), et de son propre aveu, ses résultats s’en ressentent.

Samedi, il sera le dernier à s’élancer sur le parcours depuis le tee 1 à 13h30 en compagnie de l’autre star du jour, l’espagnol Rafa Cabrera-Bello.

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Sur les deux premiers tours, les deux rivaux ont enregistré strictement les mêmes scores, mais pas tout à fait joué de la même façon.

Dubuisson a pris moins de greens en régulation que l’espagnol qui a été plus métronome dans son approche du parcours (13 greens sur 18 à chaque tour).

En revanche, VD a nettement mieux approché et putté avec seulement 13 putts quand il était en régulation sur le green contre 24 pour Cabrera-Bello.

Le français a donc raison d’évoquer sa putting-dépendance pour expliquer une éventuelle belle performance à venir.

Sous pression, l’Espagnol pourrait avoir l’avantage puisque son jeu semble plus régulier, et ce même si Dubuisson est monté en puissance au drive, tout en restant capable d’accrocher 50% des fairways qu’il a joué.

Samedi, ce sera donc une intéressante opposition de style.

Une chose est certaine, si le français peut enchaîner un troisième bon tour, si possible dans le par, il pourrait achever de convaincre, presse et public qu’il est capable de redevenir le joueur vu entre fin  2013 et début 2014, Cactus Man !

Certes, les Yvelines n’ont pas grand-chose à voir avec l’Arizona, mais comme me le confiait cet après-midi, le vice-président de Ping USA, Monsieur David Solheim, aujourd’hui, il faisait tout aussi chaud qu’à Phoenix, siège de son groupe, et capitale de l’Etat d’Arizona où Dubuisson s’était justement rendu célèbre en terminant second des championnats du monde de Match-play.

Souhaitons-lui cette fois de prendre la première place…

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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