Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...
Posté par le dans European Golf Tour

AODF 2015: Bernd Wiesberger s’impose avec la manière

Bernd Wiesberger un beau vainqueur pour l'Open de France 2015 Crédit photo : ASO - R.PERROCHEAU 

Bien entendu, le public français venu soutenir Victor Dubuisson aurait préféré qu’il en soit autrement, mais ce dimanche à Saint-Quentin-En-Yvelines sur le parcours du Golf National, l’autrichien Bernd Wiesberger a joué à la perfection, se portant rapidement en tête du tournoi, et en position de contrôle. Derrière, Kaymer, Van Zyl, Morrisson, et Dubuisson avaient beau tout tenter, Wiesberger était tout simplement trop fort.

Retour sur le dernier tour de l’Alstom Open de France 2015 que nous avons suivi au plus près des joueurs

Bernd Wiesberger n’a pas volé sa victoire. Bien au contraire, il a été d’une très grande maîtrise technique, et de des émotions pour faire face au difficile parcours du Golf National, à l’interruption du jeu, et à ses nombreux adversaires.

Sur le 18, il a rentré son dernier putt de loin pour un superbe birdie qui peut nous faire dire qu’il a gagné l’Open de la tête et des épaules, et avec la manière.

Car, si dimanche, son aller en 31 a été déterminant dans sa victoire finale. Il ne manquait pas d’adversaires, et de potentiels vainqueurs.

Tout d’abord, il lui a fallu détrôner le leader de la veille, Jaco Van Zyl, parti juste derrière lui, puis dominer son partenaire du jour, et finalement second au général, le talentueux James Morrison, et enfin contrôler les deux joueurs les plus menaçants de la journée, qui eux jouaient juste devant lui : Martin Kaymer, et Victor Dubuisson.

La victoire au National s’est réellement joué entre ces cinq joueurs.

kaymer-finish-open.JPG

Cabrera-Bello ou Mike Lorenzo-Vera, finalement sixième et auteurs d’une très belle semaine, n’étaient pas dans le coup pour revenir aussi près des leaders, ce qui n’enlève rien à la performance du Basque, finalement meilleur français de la semaine.

Meilleur français, devant Dubuisson qui lui aura eu le mérite de porter quatre jours durant la pression, et les attentes du public.

Nous pourrions ajouter qu’il a porté le tournoi sur ses épaules.

De jeudi à dimanche, la seule question qui hantait tout le monde était de savoir s’il pourrait être prophète dans son propre pays, et franchement, ce n’est pas passé très loin.

Quel retour en forme pour un joueur qui a été absent de la toute la première partie de la saison !

Dubuisson n'a pas été payé de ses efforts ! Wiesberger a bien joué le coup !

Certes, de nombreux spectateurs ont pu être déçus du fait qu’il ne termine qu’à la 12ème place, mais Dubuisson a été à l’attaque sur tout ce dernier tour.

dubuisson-depart18.JPG

Cela ne devait pas être son jour. Au contraire du 39ème joueur mondial, qui à 29 ans est devenu le premier Autrichien à inscrire son nom sur le trophée.

Rien, pas même une interruption d'une heure pour cause de risques d'orages, n'a pu empêcher Bernd Wiesberger de soulever la coupe Edward George Stoïber à l'issue d'un dernier tour parfait.

Dans le par après trois trous, l'Autrichien a été contraint de rentrer au club-house en début d'après-midi, comme tous les autres joueurs.

De retour sur les fairways du Golf National après une heure d'attente, il a alors enclenché la machine à birdies : quatre à la suite, du 4 au 7, puis un cinquième au 9 l'ont propulsé aux commandes du tournoi. « Je venais de taper un très bon coup au 4 quand la sirène a retenti. En revenant, j'ai rentré un super chip pour birdie qui m'a mis dans une dynamique positive. Je me suis senti très à l'aise », a-t-il expliqué.

wiesberger-open.JPG

Bien aidé par la faillite du Sud-Africain Jaco Van Zyl et de l'Allemand Max Kieffer, qui jouaient dans la dernière partie, le 39e joueur mondial a néanmoins dû batailler sur le retour pour sauver ses pars : « J'ai tapé d'excellents coups. Je suis resté agressif, mais pas téméraire, et je me suis procuré beaucoup d'occasions. C'était un peu frustrant de ne pas les convertir, mais je suis resté calme. Sauver mon par au 17 m'a donné une confiance énorme. »

Au 18, Wiesberger a conclu de manière héroïque par un dernier birdie pour signer une carte de 65 (-6), suffisante pour s'imposer à -13 avec trois coups d'avance sur l'Anglais James Morrison.

« Je suis ravi et très fier de tenir ce trophée dans mes bras », a conclu le premier Autrichien à remporter l'Alstom Open de France en 99 éditions.

Morrison, deuxième, Van Zyl, troisième, et l'Espagnol Rafael Cabrera-Bello, cinquième, ont décroché les trois invitations pour l'Open britannique qui aura lieu du 16 au 19 juillet à St. Andrews en Écosse, tandis que l'Allemand Martin Kaymer, déjà qualifié pour le troisième Majeur de l'année tout comme Wiesberger, a terminé quatrième.

morrison.JPG

Côté français enfin, Victor Dubuisson a vécu un dimanche compliqué. Pénalisé dès le 1 par une balle dans l'eau (bogey), puis au 7 par une balle hors-limites (triple bogey), le numéro un français a dû se contenter d'une carte de 75 (+4) qui l'a relégué à la douzième place.

« C'est bien sûr une très grosse déception. Peu importe la place que j'occupe au classement final. J'avais un objectif et je ne l'ai pas atteint », a-t-il déclaré à l'issue de ce qui constitue sa meilleure performance dans son open national.

Un tournoi de golf se joue parfois à quelques détails

Dubuisson a tout pour devenir un grand champion. Il y a peut-être encore un domaine dans lequel, il pourrait progresser : la gestion de ses émotions.

Certes, il serait un peu moins le d’Artagnan du golf français, mais à chaque coup raté, il nous semble que Dubush se laisse trop aller à exprimer des gestes d’humeurs.

dubush-final.JPG

Au 18, alors qu’il a tapé un drive légèrement dans le rough de droite, et qu’il a l’ouverture pour le green. Son approche est trop courte d’un cheveu, tape le bardage du green, et termine dans l’eau. Il manque de fracasser son club sur son sac, sans doute la frustration d’une journée où les événements ne lui ont vraiment pas été favorables.

A l’inverse, Martin Kaymer, dans la même partie, et avec un coup encore plus à droite, dans la butte, se replace idéalement, pour tenter l’approche du green en trois.

Curieusement, derrière, en position idéale, son coup est aussi trop court, et finit dans l’eau.

Kaymer, plus calme, sait sans doute qu’il a perdu l’Open, mais reste stoique, et réussit un superbe coup derrière.

Pour Dubuisson comme pour Kaymer, c’est simplement que Wiesberger a fait la partie de sa vie, le bon jour et au bon moment.

Son aller en 31 lui a donné un avantage psychologique énorme sur ses rivaux, sachant que les opportunités de birdies sont plus rares au retour qu’à l’aller.

D’une certaine manière, pour les deux joueurs les plus suivis par le public, il n’y avait grand-chose de plus à tenter.

Dans un autre contexte, Dubuisson aurait pu complètement dégoupiller. Son classement final ne reflète pas sa performance globale qui est très encourageante pour la suite.

Avec un zest de contrôle en plus, Dubuisson va redevenir un gagneur potentiel sur le tour, et en plus, il est beau à voir jouer. C’est un régal pour le public de voir un golfeur vivre autant sa partie, et jouer l’attaque. Il y a du Mickelson en Dubuisson !

Tout comme, il y a du John McEnroe en Mike Lorenzo-Vera !

La belle surprise tricolore du jour est venue de ce dernier, auteur d'un superbe 68 (-3) émaillé notamment de quatre birdies sur les neuf derniers trous.

lorenzo-vera1_20150706-120905_1.JPG

Le Basque de 30 ans a terminé sixième du tournoi, signant du même coup son premier top 10 de la saison sur l'European Tour, sur lequel il est revenu en début d'année après plusieurs années passées sur les divisions inférieures. « Je suis vraiment très fier de ce résultat. Je ne me croyais pas capable de jouer aussi bien ici alors que, jusqu'à présent, je n'étais jamais parvenu à franchir le cut. Le public m'a réservé un accueil extraordinaire. Ce sont des émotions vraiment très fortes. Je n'avais encore jamais connu ça », s'est réjoui le héros français du jour.

Dimanche s’est conclue, une très belle 99ème édition de l’Alstom Open de France 2015 avec des français qui ont très bien joué, et un très beau et très humble champion.

Vive le golf !

  • Taille du texte: Agrandir Réduire
  • Lectures : 1629
  • 0 commentaires
  • Imprimer
Modifié le

Restez informé

Recevez notre newsletter

Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.