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Andres Romero et la tradition des golfeurs argentins, au BMW International Open

Crédit photo : Mark Newcombe-visionsingolf.com

Andres Romero porte une lourde tâche sur ses épaules : Maintenir le golf argentin au plus haut niveau sur l’échiquier mondial. Seulement quelques semaines après le décès de la légende Roberto De Vincenzo, 94 ans, Andres Romero vient de remporter avec brio le BMW International Open 2017 à Munich, devant un champ de joueurs très relevé, dont Sergio Garcia, le vainqueur du Masters, et Henrik Stenson, le tenant du titre de l’Open Britannique.

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L’argentin Andres Romero remporte le BMW International Open 2017

Avec un tour en 65 où il a réussit sept birdies dans ses 11 derniers trous, Romero a terminé avec un total de 271, pour battre trois autres prétendants avec un coup d’avance, et gagner 333 330 €. Le fait que Sergio García, le champion du Masters et grand favori du tournoi soit parmi les trois finalistes, a encore plus mis en valeur la réussite de Romero. Les deux autres prétendants étaient l’anglais Richard Bland, et le belge Thomas Detry.

« Je suis vraiment heureux de remporter un tournoi européen après dix ans. J'ai toujours senti que j'avais une bonne chance aujourd'hui, une fois que j'ai fait birdies sur les 8ème et 9ème. Je peux maintenant rejoindre le Tour Européen à nouveau et je remercie BMW de m'avoir invité à jouer dans cet événement fantastique. C'est un moment qui change la vie ».

Andres Romero, à 36 ans, est arrivé en Allemagne à la suite d'un cut manqué à l'US Open la semaine dernière, il est arrivé classé n ° 837 mondial. Il va maintenant grimper de manière significative dans le classement, et peut se détendre en sachant qu'il a gagné ses droits de jeu sur le Tour Européen jusqu'à la fin 2019.

Andres Romero fait ainsi son retour dans le cercle des vainqueurs, après dix ans sans goûter aux joies d’une victoire chez les professionnels !

Crédit photo : BMW International Open at Golfclub München

Son dernier gros succès avait eu lieu sur le circuit américain avec une victoire sur le Zurich Classic de la Nouvelle-Orléans en 2008.

L’année précédente, il avait marqué sa rapide progression en Europe par une première victoire sur le circuit, à l’occasion du Deutsche Bank Payer’s Championship of Europe.

Passé pro en 1998, c’est en fait via le Challenge Tour que Romero a gravit les échelons jusqu’au plus haut niveau.

A 26 ans, en pleine ascension, il avait même réussi à obtenir la troisième place lors du majeur britannique remporté par Padraig Harrington devant Sergio Garcia (toujours en 2007, son année faste).

Depuis dix ans, sans vraiment disparaître, Andres Romero n’avait plus vraiment brillé.

De rookie de l’année sur le PGA Tour en 2008, Andres Romero est retombé un peu dans l’oubli, comme c’est souvent le cas pour les golfeurs qui tentent l’aventure américaine.

En 2007/2008, Andres Romero semblait parti pour avoir une brillante carrière, dans la lignée des Di Vincenzo et Cabrera, et puis finalement, le succès a tardé.

Sans démériter, il n’a collectionné que quelques places d’honneurs. Loin du standing d’un numéro un argentin comme furent Angel Cabrera et Roberto De Vincenzo.

Dans les traces des grands golfeurs argentins

De 2007 à 2009, le golf argentin est au centre de toutes les attentions. Angel Cabrera remporte l’US Open 2007 et le Masters 2009. Il échouera de peu à briguer une deuxième veste verte, contre Adam Scott, en 2013.

Cabrera, Romero… l’Argentine est bien représentée. L’héritage de Roberto De Vincenzo peut être bonifié.

Cabrera, 47 ans aujourd’hui, ayant connu ses succès sur le tard n’étant pas l’espoir du pays, c’est bien le jeune Romero qui devait porter les espoirs des 60 000 golfeurs argentins, la plus importante colonie d’Amérique du Sud.

Dimanche, « Pigu », le surnom de Romero, a réveillé les espoirs placés en lui par le golf argentin, en sortant vainqueur d’un match à quatre contre le favori Sergio Garcia, Richard Bland, et le belge Thomas Detry.

Pourtant n’oublions pas que jeudi matin, au départ du premier tour, « Pigu » n’était qu’invité sur ce tournoi !

Dimanche, son 65 avec un dernier birdie sur le 18 lui a permis de terminer seul à -17.

Crédit photo : BMW International Open at Golfclub München

Depuis 2012, Romero n’a joué que par intermittence sur le circuit européen. Cette victoire devrait peut-être l’amener à réfléchir sur l’organisation de sa carrière, surtout depuis l’avènement des Rolex Series en Europe.

« L’ensemble de ma partie a été très bonne. J’ai été très concentré toute la journée. Je n’ai pas concédé de bogeys, ce qui est plutôt une chose rare compte tenu de mon style de jeu ».

Poursuivant « J’étais nerveux sur le green du 18. Je pensais à gagner avec deux putts. J’étais vraiment très nerveux, et puis finalement avec deux putts, j’ai gagné le trophée. Maintenant, je suis très heureux ».

Au golf, la frontière entre succès et échec est parfois très mince.

Comme d’autres golfeurs européens, le PGA Tour ne lui a pas été plus favorable. C’est plutôt en Europe qu’il a pu obtenir jusqu’à présent ses meilleures performances.

Peut-être un signe du destin… quand on sait que le golf est arrivé en Argentine à la fin du 19eme siècle, au moment où les anglais ont été engagés pour construire le système ferroviaire du pays.

Chaque gare importante en Argentine a son golf !

Le premier club a été construit en 1892 par des écossais vivant sur place. Il s’agit du San Andrés Golf Club… Un nom prédestiné ?

Crédit photo : San Andrés Golf Club

Ce nom avait été choisi en honneur de Saint-Andrews. En 1894, le premier match international y fut organisé contre l’Uruguay.

De nos jours, l’Argentine compte 280 parcours et 60 000 licenciés. Soit le premier pays golfique d’Amérique du Sud, et une destination privilégiée pour des voyages de golf.

Roberto De Vincenzo est la plus grande légende golfique du pays, notamment avec sa victoire à The Open 1967, et près de 230 victoires chez les professionnels.

Cabrera a dépassé son nombre de succès en majeurs, mais De Vincenzo reste le pionnier du golf argentin, surnommé « El Maestro ».

Andres Romero doit se faire un prénom, car en plus de Cabrera et De Vincenzo, le golf argentin a déjà porté ce même nom au plus haut niveau, Eduardo Romero, huit fois vainqueur sur le circuit européen… sans aucun lien de parenté avec Andres !

L’Argentine a une longue tradition golfique. Sans doute que beaucoup l’ignore, mais l’Open d’Argentine est le 7eme plus ancien Open du monde. Il a été disputé pour la première fois en 1904 !

De grands noms l’ont disputé comme Byron Nelson, Sam Snead, Tom Watson, Jim Furyk, Vijay Singh et Sergio Garcia.

En 2000, l’Argentine a également accueilli la Coupe du Monde de golf, remportée par le duo Woods-Duval.

Depuis quelques années, le golf en Argentine connait un réel dynamisme. Le nombre de joueurs augmente. Au niveau compétition et particulièrement sur le continent sud-américain, les golfeurs argentins trustent les bons résultats, notamment en « Copa Los Andes », championnat continental garçons et filles.

Le nombre de resorts golf augmente en même temps que la renommée des architectes (Nicklaus, Norman, Von Hagge, Thompson…). La destination a été plébiscitée en 2008 et en 2011 comme la meilleure d’Amérique du Sud.

Pour préparer l’avenir, tout comme la Chine, la fédération Argentine a mis sur pied un programme de formation pour les jeunes. Le prochain Romero est ainsi sûrement en cours de formation.

Si depuis dix ans, Andres Romero avait un peu disparu de nos écrans radars, son calendrier majoritairement tourné vers le PGA Tour ne lui a pas laissé beaucoup de temps pour revenir en Europe.

Crédit photo : BMW International Open at Golfclub München

Il est sans doute aussi possible que la soudaine augmentation des dotations sur le circuit européen ait pu créer un nouvel intérêt.

Sans gagner sur le PGA Tour, de 2009 à 2016, la moyenne des gains de l’argentin c’est tout de même située entre 700 000 et 900 000 dollars. Pas mal, pour un golfeur sorti du radar, et sans victoires, bien qu’en moyenne, il passe entre 30 et 50% de cuts.

Andres Romero illustre le stéréotype du professionnel PGA, qui gagne sa vie sans faire des étincelles, et puis d’un coup remporte une grosse victoire !

Toute la question maintenant, va être de savoir si Andres Romero va remettre dix ans avant de sortir de nouveau le grand jeu ?

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Auteur

Golfeur depuis les années 90, j'ai eu la chance de faire un grand nombre de voyages golfiques en France, en Europe, ainsi qu'aux Caraïbes, pour jouer sur plus d'une centaine de parcours. J'ai partagé les parties de très bons golfeurs amateurs, et de pros. Au cours de mon expérience, j'ai été proche des professionnels du secteur, enseignants, dirigeants de golf, organisateurs de Pro-Am, architectes de golf, et sponsors.


Professionnel du monde de la communication, j'ai obtenu un premier prix pour la réalisation de sites internet de parcours de golf.
Aujourd'hui, je mets à profit mon expérience golfique sur le site jeudegolf.org en apportant ma vision sur l'évolution du golf sur près de trois décennies.

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