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Alstom Open de France 2014: Départ sous pression pour Victor Dubuisson

Alstom Open de France 2014: Départ sous pression pour Victor Dubuisson

Tee de départ numéro 1, 13 heures passées, Victor Dubuisson entre dans le stade suivi par con caddy Tom Ayling, pour rejoindre Graeme McDowell, et Martin Kaymer, les deux autres grandes stars de cet open de France de golf. Premier à s’élancer devant une foule importante, et acquise à sa cause, le français sort une énorme socquette !

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Il n’y a rien de plus rageant pour un golfeur qu’il soit amateur ou professionnel que de rater son premier coup sur le premier tee de départ.

Un mauvais coup peut toujours arriver à n’importe quel moment sur le parcours, et preuve en est, y compris à l’un des trente meilleurs golfeurs du monde.

Dans le cas de Victor, il a des circonstances atténuantes ! Le français est clairement le favori du public, et aucun autre golfeur ne suscite autant d’attentes de la part du public francilien.

Une socquette qui trouve son origine dans les minutes précédant son arrivée sur le tee de départ

Arrivé tardivement au practice pour son échauffement d’avant partie, Victor n’avait pourtant laissé filtrer aucun signe de tension quelconque tout au long de sa préparation.

Dubuisson visiblement détendu quelques minutes avant son départ

Cependant, le fait de passer le moins de temps possible au practice avec son caddy et son coach pouvait laisser penser que Victor n’avait qu’une hâte, démarrer sa partie, et préserver au maximum sa bulle de concentration.

Idem au putting green, où il se poste dans un coin de l’immense green du national, histoire de rester dans sa concentration.

Malgré ce soin apporté à ne pas être trop perturbé par l’environnement de tout un open qui n’a d’yeux que pour lui, Dubuisson va dégoupiller sur le premier coup de sa partie, avec pour conséquence un terrible triple bogey d’entrée sur le parcours de l’Albatros, un terrain qui vous enfonce quand vous êtes dans un moment difficile.

Sa première balle dans les buttes et le rough de droite lui fermant clairement l’accès de ce premier green en dogleg droite, il tenta d’abord de se recentrer.

Au bruit, le deuxième coup ne fut pas meilleur que le premier, Dubuisson sembla accrocher profondément dans le sol.

Deuxième punition pour le tricolore !

Et dans le public, les premiers émois de déceptions et de tensions se font entendre. C’est dire l’attente de ce public hétéroclite composé, de badauds attirés par l’événement, de fans de golf, et les personnalités de la fédération française de golf, président en tête.

Les ennuis de Victor ne font alors que commencer, alors que lui, impassible, ne se départit pas de son calme, espérant sans doute intérieurement pouvoir jouer sa partie tranquille, sans toute cette attention.

Toujours pas bien placé, il tente le green de ce par 4, alors qu’il a déjà gaspillé deux coups, et comme souvent dans pareille situation, au lieu de sortir le coup qui va bien, et qui  vous remet dans le sens du jeu, pour éventuellement sauver un par, le troisième coup de l’azuréen termine sa course dans l’eau.

Un départ à droite pour ce premier trou à l'Open de France

Pendant ce temps, Kaymer et McDowell moins sensible à toute cette attention sont tranquillement installés au milieu du fairway, attendant que le français en termine avec son bizutage.

McDowell sort alors une merveille d’approche qui atterrit court du drapeau pour moins de deux mètres, tandis que l’allemand très applaudi, et très suivi par le public pour ses derniers résultats met sa balle dans l’eau.

Dubuisson et Kaymer partent en direction de la dropping zone.

L’allemand tape le premier à soixante mètres du trou, et contrôle son approche qui se pose derrière le drapeau, et avec un léger backspin s’en rapproche quelque peu.

A la réaction de la balle sur le green, on peut penser que ce dernier n’est pas particulièrement tolérant, ni facile à jouer pour les pros.

Derrière, Dubuisson réalise sensiblement le même coup pour le même résultat, si sa balle se pose moins loin que celle de l’allemand, elle prend moins d’effet, ce qui indique que ce sera à lui de putter en premier.

Ouf de soulagement, c’est le premier bon coup de sa partie, il a enfin pu faire « vidange graissage » et démarrer sa partie après avoir purgé les mauvais coups d’entrée de partie.

Son premier putt échappera de quelques centimètres sur le haut du trou pour lui laisser un deuxième putt pas donné. Kaymer fera à peine mieux, échouant à sauver le par.

Un deuxième putt pas gagné pour Dubuisson sur le 1

Au final, Dubuisson sort un triple dès son premier trou de son open national, devant son public.

Un résultat que l’on peut clairement imputer à sa gestion du stress et de la foule, ultra présente autour de lui.

L'impact du public sur le jeu de Dubuisson

Public tellement nombreux qu’il est difficile de se frayer un chemin pour avoir une bonne place. A l'inverse, sur les autres parties, on peut entendre les mouches voler. Tous les amateurs de golf ne sont que sur une seule partie.

Public qui aussi tendance à être tellement focalisé sur Victor qu’il en oublie les deux autres joueurs ! Bougeant avant que McDowell et/ou Kaymer ait joué leurs coups…

Victor Dubuisson au milieu de la foule sur le trou numéro un

Quelque part à tellement vouloir le soutenir ou à l’observer comme une bête curieuse, cet excès ne lui a pas rendu service.

Sans présager du reste du tournoi, cette première socquette fait partie de son apprentissage de champion, mais pourrait aussi signifier qu’il aura bien du mal à figurer parmi les premiers rôles ce week-end ou alors il est vraiment très très fort.

Pendant ce temps, le tenant du titre, Graeme McDowell loupait une belle opportunité de birdie.

Pour le français, humain comme un golfeur amateur, un premier coup loupé peut donc avoir des conséquences sur le trou, sur le début de la partie, et peut-être même sur toute la partie.

Sur le trou numéro deux, un par-3 à jouer au-dessus de l’eau, l’approche de Dubuisson dépasse un peu, il prend le bunker.

Sa sortie est un peu longue, lui laissant un putt de près de 5 mètres qu’il ne rentre pas derrière pour un bogey, et le voilà en deux trous à plus quatre, alors que le premier leader est déjà à moins six (Marcel Siem déjà au club-house avec un très beau 65).

Bien sûr, vous aurez toujours une partie de la presse, et peut-être même du public qui ne comprendra pas pourquoi Dubuisson doit se préserver, et rester dans sa concentration, mais les connaisseurs savent qu’au golf, le mental est prédominant.

D’autre part, sur le practice d’avant partie, mis à part nous, il n’y avait pas d’autres journalistes pour constater le poids mis sur les épaules de Dubuisson.

Applaudi, vous avez toujours quelqu’un pour l’alpaguer depuis la foule, et lui parler de truc qui n’ont rien à voir avec le golf (en l’occurrence de Monaco, sans doute en référence à ses futurs choix fiscaux).

Alors c’est toujours facile de lui reprocher son comportement, mais il faut aussi se mettre à sa place.

Lui n’est pas là pour faire le spectacle ou le clown, mais pour gagner.

Et au golf, comme dans beaucoup de sports, pour gagner, il faut être concentré à 100%, étranger aux autres, et ne pas se laisser perturber par l’environnement.

Pour le coup, c’est manqué !

Victor Dubuisson au practice

 

La météo étant moins clémente demain, Dubuisson pourrait peut-être avoir moins de public, et en profiter justement pour mieux scorer.

Morale de l’histoire, si vous avez envie que votre champion gagne, ne lui mettez pas trop la pression d’emblée.

Morale de l’histoire, tout le monde peut faire une socquette sous pression.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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