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Alexander Levy : Une saison 2018 satisfaisante avec des déceptions

Alexander Levy : Une saison 2018 satisfaisante avec des déceptions

Fin de saison, l’occasion de dresser un bilan de l’année 2018 pour le golfeur français Alexander Levy. Il porte le statut de numéro un français. Vainqueur d’un tournoi, la seule victoire française sur l’European Tour, il sait pourtant que sa saison 2018 n’a pas complètement répondu à ses propres attentes. Un peu trop loin pour prétendre à une place dans l’équipe de Thomas Bjorn, il semble avoir bien passé ce moment, et se tourner activement vers 2019, avec toujours un seul mot à la bouche : Travail.

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Le meilleur français sur le tour en 2018

Au soir de recevoir le trophée du golfeur français de l’année, un titre un peu superfetatif de la part de la presse golfique française, surtout pour une année marquée par l’absence de golfeurs français à Paris pour la Ryder Cup, il a sobrement estimé que son année avait été satisfaisante avec des déceptions.

Sur son réseaux social, il a déclaré « Dans la vie, on gagne ou on apprend, et avec vous à mes côtés, c'est clairement les deux. Le golf est un sport exigeant, très exigeant, alors compter sur un soutien sans faille est une aide d'une grande valeur pour moi. Je suis conscient de ce que je dois améliorer, et je suis en train de franchir un cap sur le plan physique. »

En effet, Levy a un peu sauvé les meubles pour le clan tricolore, en maintenant in extremis un frenchie dans le top-100 mondial (96eme), et ce, dans une saison qu’il faut reconnaître forcément comme un peu décevante, surtout pour des références comme Bourdy et Havret.

Du côté de la balance des plus, on notera que bon gré malgré, il arrive à remporter au moins un tournoi de l’European Tour chaque année depuis 2016.

Pour les moins, Levy semble avoir atteint un palier depuis quatre ans, scotché autour de la centième place mondiale.

Il avait pourtant crevé ce plafond en 2014, sa meilleure saison à ce jour, marquée par deux victoires et un classement final aux portes de la cinquantième place mondiale.

A 28 ans, il est un joueur confirmé du circuit, et ne veut pas se contenter d’un constat moyen.

« Je m’entraîne intensément. Je veux être au top. J’ai juste besoin de patience, et je pense même que cela peut être la clé. »

Personne ne peut mettre en doute la volonté du joueur de vouloir se surpasser.

Il a parfois tendance à se laisser polluer par des éléments extérieurs et pas toujours productifs autour de lui.

Cependant, à mettre son crédit, sa capacité à aller chercher les conseils auprès des meilleurs, et pas nécessairement seulement en France, à l’image de son coach de swing Pete Cowen, ou récemment, en septembre, le travail qu’il a effectué avec Dave Alred, un coach mondialement connu dans le travail sous pression, un enjeu capital pour un sportif de haut niveau.

En la matière, Alexander Levy est même un exemple à suivre. Il n’hésite pas à chercher des collaborations hors de nos frontières.

Levy finalement un besogneux

Peut-être moins flamboyant qu’un Victor Dubuisson, mais plus constant, Levy construit sa carrière pas à pas, comme si son pic de forme était encore à venir, un peu à l’image d’un Levet qui n’a jamais été aussi fort qu’après avoir dépassé la trentaine.

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Critiqué en fin de saison par des bloggeurs sur les réseaux sociaux qui souvent dépassent les limites de leurs compétences au sujet de son putting, Levy a opéré quelques petits changements, notamment au niveau du grip en Turquie pour un résultat d’ailleurs encourageant, marqué par des points gagnés sur le reste du champ de joueurs.

Attaquant par nature, il présente les avantages et les inconvénients de son style de jeu.

Plutôt long depuis le tee de départ (305 yards de moyenne), il perd du terrain sur la précision de ses mises en jeu avec « seulement » 58% de fairways trouvés.

S’agissant de son putting, les choses ne sont pas aussi manichéennes.

Pour les putts sur les greens en régulation, il présente une moyenne légèrement positive, alors qu’en réalité, il pêche surtout dans sa capacité à éviter les 3-putts, ce qui handicap sa moyenne globale.

Au-delà du seul putting, le français a surtout besoin d’améliorer un point fort pour franchir un cap.

Son jeu est finalement assez homogène quels que soient les compartiments, à l’exception peut-être des sorties de bunkers…

65eme en 2018 pour la moyenne de score (70,78) sur 80 parties, 55eme pour les coups gagnés depuis le tee, 42eme du tee au green, 100eme autour du green, et 71eme au putting… plus que sur le green, Levy a seulement sauvé 58 sorties de bunkers sur 129 en 2018. Il y a là plus de commentaires intéressants à émettre que sur son putting.

Dans un bon jour, il peut être redoutable, comme en atteste ses trois excellentes cartes sur le Turkish Airlines Open (un 67 et deux 66) ou son 65 en début de saison au Abu Dhabi HSBC Championship qui marquera justement sa reprise en 2019.

Le travail sur la pression peut donc justement l’aider à faire basculer plus de parties du bon côté de la balance sur une année.

Des zones d'améliorations

De 2018, on regrettera pour lui que son bon début de saison sanctionné par la victoire au Trophée Hassan II ne lui a pas donné un nouvel élan, mais au contraire, marqué une forme de décompression qui s’est étalée sur toute la période estivale avec plusieurs cuts manqués et sévères contre-performances en majeurs, jusqu’à retrouver de l’oxygène en Turquie (top-10).

Un meilleur travail physique pourrait peut-être lui permettre d’être plus constant sur la saison à venir.

Pour les putts sur les greens en régulation, il présente une moyenne légèrement positive, alors qu’en réalité, il pêche surtout dans sa capacité à éviter les 3-putts, ce qui handicap sa moyenne globale.

En juillet dernier, il expliquait avoir changé sa méthode d’entraînement, et beaucoup trop tapé au practice, à la recherche d’une amélioration notable de son swing. Il indiquait alors manquer de fraîcheur.

De sa conférence de presse avant l’Open de France, j’avais été marqué par un caractère parfois trop réaliste, admettant ne pas avoir le niveau de l’étage supérieur, notamment pour participer à la Ryder Cup.

Un sportif de haut niveau doit parfois dégager un optimisme en-dehors de la réalité, pour déjà s’autopersuader que c’est possible, même si difficile.

Surtout, il ne doit pas entendre dans sa propre bouche ou accepter une forme de domination.

En 2019, Levy devra croire en lui encore plus fort, et refuser d’une certaine façon, l’idée qu’il pourrait y avoir un écart notable entre les meilleurs et lui.

Au départ du trou numéro un, c’est finalement seulement entre lui, la balle et le parcours. Les statistiques, c’est fait pour être changé !

Avec quasiment le même niveau de gain en 2018 (1,4 millions de points) par rapport à 2017, Levy a reculé de 9 places à la Race.

En 2019, il lui faudra une victoire dans un tournoi significatif ou quatre à cinq belles places d’honneurs pour s’assurer une place dans le top-20 européen.

On espère surtout pour lui, enfin une solide performance en majeur, un domaine dans lequel le français n’a encore jamais trouvé le bon rythme, mis à part un top-30 en 2015 sur l’US Open.

A nouveau, et si pour Levy, tout n’était qu’une question de gestion de la pression ?

Sa nouvelle collaboration avec Dave Alred est peut-être la clé qui lui manquait… Ce dernier a permis à Johnny Wilkinson de devenir le grand buteur que l’on connait au rugby, alors qu’il a aussi aidé Luke Donald à devenir numéro un de golf par le passé.

Pour son livre, Le principe de la pression publié en 2016, Dave Alred vous explique comment contrôler le stress, développer son énergie, et performer quand cela compte !

Exactement le bon programme pour le français… 

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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