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Alex Noren remporte le HNA Open de France 2018

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Le final de ce 102eme Open de France a été haletant, malheureusement pour le spectacle et les spectateurs, le scénario a voulu que le vainqueur se trouve déjà au club-house quand les dernières scènes furent à écrire. Nombreux étaient les prétendants à pouvoir s’imposer dans la dernière ligne droite. L’Amen’s Corner du Golf National n’a pas failli à sa réputation. Les joueurs sont passés dans l’essoreuse, et c’est le nom d’Alex Noren qui est sorti. Dans la partie d’Adrian Oategui, à sept coups du leader au départ du premier trou, le suédois a vécu une partie assez tranquille avec relativement peu de spectateurs pour le suivre. Qui aurait pu imaginer un dénouement ou tour à tour, tous les leaders se sont auto-détruits ?

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Le public attendait Sergio Garcia, Jon Rahm ou Justin Thomas…

Compte tenu des trois premiers tours, c’était tout à fait possible qu’un grand nom remporte le tournoi francilien, ce qui n’aurait pas gâté notre plaisir.

Finalement, c’est bien un grand nom qui a remporté l’Open.

Alex Noren, 35 ans, pro depuis 2005, remporte son dixième tournoi de l’European Tour. C’est un habitué des grandes victoires dans les grands tournois. Vainqueur du BMW PGA Championship l’an passé, il s’était fait remarquer en gagnant quatre tournois la même saison en 2016 dont le Scottish Open, le British Masters, et l’Omega European Masters.

16eme mondial avant ce résultat, son grand mérite aura été de ne commettre quasiment aucune faute sur le retour ce dimanche.

Il a travaillé sa victoire en rentrant trois birdies sur les neuf trous du retour. Parmi les favoris, personne n’a pu faire aussi bien.

Kinhult, Rahm, Wood, Garcia… les potentiels vainqueurs sont tous partis à la faute, et parfois plusieurs fois.

Garcia ayant visiblement pris un abonnement avec les obstacles d’eaux, et ce, même jusqu’au 18. Sans cette fâcheuse habitude, il aurait sans doute pu gagner.

Un autre joueur va mal dormir ce soir. C’est l’américain Julian Suri.

Au départ du premier trou, le public réserve une ovation à la partie 31 composée de Justin Thomas et Julian Suri, deux américains aux destins bien différents.

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L’un est numéro deux mondial, joueur du PGA Tour, vainqueur d’un majeur, probablement invité par Rolex pour disputer ce tournoi européen, et l’autre est un joueur qui à l’image de Brooks Koepka, Peter Ulhein ou Chase Koepka a choisi de passer par l’école européenne pour faire ses classes, et apprendre le haut niveau, loin du PGA Tour.

Au cours de cette dernière journée, personne n’aurait parié sur cet américain peu connu, au contraire de Justin Thomas, la star de l’Open,  pourtant, le numéro deux mondial ne s’est jamais mis en route pour descendre le score.

Les putts ne sont pas tombés. Ses mises en jeu n’ont pas été suffisamment précises pour lui offrir des bonnes positions d’attaques sur les seconds coups. Finalement, son dernier tour a été assez discret, mis à part une jolie émotion sur le 18. Son approche tombée sur le pont lui donne alors l’opportunité de régaler le public avec un chip qui flirte avec le trou. Il n’en est pas revenu.

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Avec moins d’attention sur lui, Suri a déroulé son jeu sans accroc jusqu’au 18, et au point d’être en position de leader sur le dernier tee de départ.

Plus tôt dans la journée, sur le 7, Justin Thomas envoie son bois 3 complètement à gauche du trou, carrément sur le départ du 12, ce qui entraîne avec lui la majorité du public.

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Il faut dire que Thomas doit sortir un sacré coup pour retrouver le green du 7. Il se tourne vers son cadet et lui demande d’ailleurs « Tu as une idée ? »

Le numéro deux mondial réalise alors son coup de la journée, pour trouver le green sans visibilité, et depuis une position improbable, jouant juste devant les panneaux des sponsors…

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Pendant ce temps, Julian Suri, seul sur le fairway, avec seulement le marqueur comme simple spectateur, tape tranquillement son coup de fer vers le green.

Cette anecdote est révélatrice du contraste entre les deux hommes, pourtant dans la même partie.

Auteur d’un eagle au 9 après une attaque de green sur son deuxième coup qui flirte avec le trou, Suri a suffisamment soigné ses mises en jeu, pour ne pas se mettre souvent dans le rouge.

Sur le 18, son coup de départ en hook le fait flirter avec l’obstacle d’eau. Et là, au lieu de choisir une approche conservatrice, il tente le green en deux.

A ce moment précis, à -8, co-leader avec Chris Wood, il n’envisage pas que son adversaire puisse lui aussi reculer au classement. Il tente le green, alors que tenter le green en trois était plus recommandé depuis sa position lointaine, et très à gauche du fairway.

Son approche finit dans l’obstacle d’eau. Sur cette erreur, il a perdu l’Open. Il recule à -6 avec un double bogey. Pour son malheur, cette erreur ouvre à nouveau le scénario final, y compris pour les espagnols.

Dans la partie juste derrière, la plus suivie de la journée, les espagnols Sergio Garcia et Jon Rahm ont en effet animé le leaderboard, mais dans le mauvais sens.

Garcia, Rahm perdent l’Open de France

Dès le premier coup de la journée, Sergio Garcia a trouvé l’eau, court à gauche du trou avec un hook. Dès l’impact, il a senti le chemin de club trop intérieur avec la face fermée.

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Pourtant, dans sa routine, sur chaque coup, il se concentre sur la position de son bras droit par rapport au buste pour ne pas perdre la connexion.

Autant samedi, Garcia a joué à la perfection, autant dimanche, il a alterné le meilleur avec le pire, et plus souvent le pire.

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Après ce premier coup dans l’eau, il commet une deuxième erreur d’appréciation, et plonge une seconde fois sa balle dans l’eau devant le green du 1.

Le favori du public ne pouvait pas plus mal commencer. Un triple pour lancer la chasse au suédois Kinhult, surprise du tournoi, et toujours en tête en début de journée.

Sur le départ suivant, un par-3 où il faut survoler de l’eau sur 192 mètres, la balle de Garcia finit au bord. Dans une position inconfortable, il sauve tout de même le par.

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Il faudra finalement attendre le troisième trou pour le voir reprendre le dessus, et enfin démarrer sa partie. Il signe alors trois birdies en cinq trous. On croit alors qu’il peut revenir du diable vauvert.

Pourtant, au 9, un départ encore à gauche va lui coûter le tournoi.

Après de longues minutes à chercher sa balle, la faute à l’absence de commissaires dans cette zone, sous stress, et depuis un lie impossible, il va perdre un coup qu’il ne pourra pas récupérer sur ce trou à birdie.

Sur le retour, il trouvera encore un fois de l’eau sur son chemin, et deux nouveaux bogeys enterreront ses chances de se mêler à la lutte finale.

En tout cas, c’est ce que l’on croit tant que le leader se situe entre -8 ou -9.

Les erreurs des autres protagonistes, et un birdie au 14 puis au 17 rouvre ses chances au départ du 18. Il pose son coup de départ dans un bunker, dans les buttes sur la droite du fairway.

Il tente alors le tout pour le tout, et joue le green, alors que là-aussi, depuis cette position, il valait mieux jouer un troisième coup vers le green, et viser un seul putt.

Cependant, il lui fallait bien un birdie supplémentaire.

Sa tentative trouva une nouvelle fois l’eau…décidément l’histoire de sa journée. Il termine huitième d’un tournoi qu’il pouvait gagner, qu’il devait gagner.

Sans ce démarrage catastrophique, Garcia avait le jeu pour gagner l’Open de France.

Tout comme son compagnon Jon Rahm, auteur d’un démarrage appliqué, avec un solide birdie au trois, et aucune fausse note sur l’aller.

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Jusqu’au trou numéro 12, l’espagnol pouvait incarner le possible vainqueur de l’Open.

Un triple va alors ruiner sa carte, et le mettre provisoirement hors course.

A ce stade, l’Amen Corner du National n’a pas failli à sa réputation. La « casse machine » s’est mise en route.

Un birdie au 16 va lui redonner espoir. Et là encore, un choix que l’on pourrait qualifier de présomptueux, lui coûte une balle dans l’eau sur son tee shot parfaitement exécuté au 18, mais trop long.

Pour quelques centimètres, sa balle termine sa course dans l’eau, alors qu’un bois 3 suffisait.

Bogey sur le trou final, il n’est pas passé loin de pouvoir jouer la gagner à Paris. Pour sa deuxième participation, il a nettement progressé dans le management de ce parcours, et de ces conditions.

Tous les leaders craquent à la fin

Quant au leader surprise après trois tours, le suédois Marcus Kinhult, il a fini par craquer. Plus tard que prévu (au trou 4), ce qui démontre que c’est peut-être un futur crack.

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Chris Wood aura le dernier mot du tournoi. Alex Noren, déjà au club-house et seul à -7 ne craint plus que l’anglais.

Auteur d’un double en début de partie (3), pendant longtemps, il a paru hors du coup.

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En -8 avant le départ du 15, dans la par pour la journée, sans développer le jeu d’un potentiel vainqueur sur ce dernier tour, il a néanmoins sa chance.  On croit qu’un bogey au 15 le fait définitivement rentrer dans le rang.

Les derniers trous lui donnent encore une chance de pouvoir partir en play-off contre Noren qui apparait au dernier moment comme le potentiel vainqueur que personne n’avait vu venir, dans ce tournoi par élimination.

Son approche sur le 18 est à l’image de sa journée. Wood a été globalement trop imprécis pour capturer une victoire qui lui tendait pourtant les bras. Dans le bunker de green, il doit rentrer pour espérer le play-off.

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Sa balle sera trop courte. Le tournoi est privé d’un vainqueur sur le green. Noren peut déjà répondre aux questions des médias à plus de 100 mètres de l’action.

En conférence de presse, il concède que venir de derrière est plus simple. Quand personne ne vous attend, vous avez moins de pression.

S’agissant de sa stratégie, j’ai pu l’interroger, et lui demander s’il avait joué l’attaque ou la prudence sur les 9 derniers trous, sachant qu’au final, il est le seul prétendant à avoir joué -3 sur les 9 derniers trous.

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« Pour ma part, j’ai joué de manière très agressive. Je me suis donné de bonnes chances sur le 10, 12 et 13. Sur ces trous, j’ai été un peu agressif.  Sur le 14, j’ai été encore plus agressif. Le seul trou sur lequel j’ai adopté une approche prudente a été le 15. J’ai essayé de taper 7 mètres à gauche du trou. Sur le 17, vous pouvez y aller à fond. Il n’y a pas d’eau. Sur le 18, la position du drapeau était jouable. Je devais être très agressif sur ce trou pensant que je devais encore faire un birdie pour accrocher un play-off. »

Au final, il terminera par un par, suffisant pour gagner sans play-off.

Noren a de grandes chances de faire partie de l’équipe européenne de Ryder Cup. En septembre, il pourra sans doute à nouveau fouler les fairways du Golf National, avec le plein de confiance.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.

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