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Adam Scott peut-il prendre la relève ?

Adam Scott : Une bonne tête de futur numéro un mondial...

En l’absence d’un Tiger Woods au sommet de sa forme en 2014, l’australien Adam Scott n’a jamais été aussi près de lui ravir le fauteuil de numéro un mondial. Confortable leader du Arnold Palmer Invitational, Scott peut-il s’imposer comme la nouvelle star du golf mondial ? Il attend son heure depuis très longtemps...

Après seulement deux tours Bay Hill, parcours qui accueille le Arnold Palmer Invitational 2014, dont Tiger Woods est tenant du titre, Adam Scott a déjà frappé un grand coup.

L’actuel numéro deux mondial, vainqueur en 2013 du Masters d’Augusta, et du Barclays Championship a construit sa position en tête du leaderboard à la façon d’un Tiger au sommet de son art au milieu des années 2000.

A savoir, créer un écart spectaculaire qui laisse difficilement la place aux doutes quant à l’issue du tournoi dimanche.

En tête avec sept coups d’avances, le play-boy australien de 33 ans, longtemps considéré comme le plus grand talent du golf mondial arrive enfin à maturité, et démontre tout l’étalage de son savoir-faire du driving au putting en passant par le petit jeu.

Souvent comparé à Tiger pour son swing, construit par le même coach, Butch Harmon, le longiligne golfeur originaire d’Adelaïde est dans une forme ascendante, et c’est même peut-être le seul parmi les meilleurs joueurs du monde à être dans ce cas, surtout à quelques semaines du Masters, premier grand rendez-vous majeur de la saison.

Stenson, McIlroy, Mickelson et donc Woods semblent très en retrait, et même plus qu’ils ne le devraient.

Finalement, le golfeur qui devrait être le principal rival de Scott pourrait bien être son compatriote Jason Day, récent vainqueur du WGC-Accenture Match-Play contre Victor Dubuisson, et quatrième à Augusta l’an passé.

Pour autant, Jason Day est encore loin de pouvoir concurrencer Adam Scott pour la place de numéro un qui lui tend les bras.

En route pour prendre la place de numéro un mondial

Concrètement, Scott qui a égalé le record du parcours de Bay Hill ce jeudi avec un score de 62 (-10 sous le par) devrait sauf accident remporter le tournoi, ce qui ne lui permettrait pas d’être numéro un mondial dès la semaine suivante, mais au jeu du classement mondial qui fonctionne sur le principe d’un calcul de points glissants sur deux ans, il devrait se retrouver numéro un, la semaine précédent le Masters, surtout si Woods ne joue plus d’ici là, ce qui est le scénario prévisible.

En plein rêve, Scott a déclaré « Le fait de devenir numéro un mondial serait un accomplissement incroyable. Le monde est gigantesque, et il y a beaucoup de gens qui jouent au golf ! »

Avant de poursuivre « Le fait d’être numéro un mondial ne serait-ce qu’une semaine serait significatif, surtout dans la période de domination de Tiger, et au vue de la concurrence actuelle. Mais ce serait tout simplement un pas dans la bonne direction. »

Concentré sur son golf et sur ce tournoi, Scott a aussi admis que pour lui la perspective de remporter le Arnold Palmer Invitational était déjà en soi une motivation suffisante.

Au vue de sa partie de jeudi, Scott quand il joue à ce niveau est difficilement rattrapable par le reste des autres golfeurs engagés.

Avec seulement 23 putts, deux eagles, et sept birdies,  et seulement trois putts de plus de six mètres à jouer, Scott a bien le profil d’un meilleur golfeur du monde.

De l’aveu de Brandt Snedeker « Il va être difficile à rattraper tant son jeu est complet. »

Adam Scott peut-il porter la popularité du golf mondial sur ses épaules ?

Si d’un point du vue du jeu de golf, Adam Scott semble tailler pour être un numéro un dans la lignée de Tiger Woods, d’un point de vue de l’aura, l’australien a encore beaucoup de chemin à parcourir.

A 33 ans, Woods avait déjà réussi l’essentiel de sa carrière, et remporté ses 14 majeurs.

Au même âge, Adam Scott n’a remporté qu’un seul Master, et manqué de très peu de remporter le British Open 2012.

L’australien ne s’est donc pas encore constitué une carte de visite de « Terminator » mais en revanche, il a le profil du joueur qui peut dominer le golf mondial pour les cinq ans à venir.

Sur ses dix victoires sur le PGA Tour, Adam Scott en a remporté cinq par plus de trois coups d’écarts.

En réalité, dans son approche d’un tournoi de golf en strokeplay, le golfeur admet ne pas chercher à protéger une place en tête, mais au contraire, il joue pour augmenter son avantage.

Adam Scott adepte du long putter

Déjà, lors du British Open 2012, il s’était distingué en dominant nettement le tournoi, déclarant qu’il préférait nettement être en tête d’un tournoi, plutôt que d’être le chasseur. Tout simplement, car estimait-il, cela signifie que vous êtes le meilleur sur le parcours.

« Je pense que quand c’est votre moment, vous devez en profiter. Par exemple, quand sur un tour, vous êtes déjà à -6, vous ne devez pas hésiter à aller chercher encore mieux, et pourquoi pas -10 sous le par. Car le lendemain, vous ne pouvez pas savoir si vous serez encore dans un bon moment. »

Il y a beaucoup de façons de jouer au golf. De ce point de vue, Adam Scott s’inspire beaucoup du meilleur de Woods, même s’il peut réécrire l’histoire à sa manière.

Entre Woods et Scott, si on doit chercher des différences, elles ne seront pas finalement très frappantes d’un point de vue de la technique, et sur le parcours, mais bien plus marquées en-dehors des terrains.

Le premier s’est distingué en étant le premier noir-américain a dominé ce sport, tout en étant plus jeune que la moyenne des champions de golf à ses débuts.

Ce statut lui a permis de décrocher un contrat de sponsoring faramineux avec Nike, Gillette, et les plus grandes sociétés du monde, ce qui l’a propulsé bien au-delà de son rôle de meilleur golfeur du monde.

En 2014, pas sûr qu’un golfeur au sourire ultra-bright suffise à susciter l’excitation des marques et du public hors golf pour propulser le très lisse Adam Scott du rang de bon joueur de golf à star planétaire.

Ceci dit, la popularité du golf dans le monde n’a plus autant besoin d’un deuxième « Tiger Woods », d’autant que la locomotive de notre sport n’est pas encore à la retraite.

A quelques semaines du Masters, la perspective d'un doublé de l'australien à Augusta prend de plus en plus de crédit, un exploit qui n'a pas été réalisé depuis un certain Tiger Woods en 2001/2002...

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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