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Tom Ayling: A la découverte du métier de caddy de golf

Le métier de caddy (cadet) professionnel sur le tour européen avec Tom Ayling

Entretien exceptionnel avec Tom Ayling, caddy (cadet) de José-Filipe Lima, professionnel sur l’European Tour. Pendant plus de deux heures, Tom a bien voulu répondre à toutes nos questions sur son métier, la relation caddy-pro, ce qui se passe sur le parcours, avant et après, et la vie sur le tour.

 

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur ce métier passionnant et rare !

Première partie de cet entretien : Le parcours de Tom Ayling, ses débuts dans l’univers du caddeyage et du golf professionnel.

Jeudegolf.org : Bonjour Tom, peux-tu nous expliquer ton parcours, et tes débuts avec le monde du golf ?

Tom Ayling :   Je suis anglais, et Je vis en France depuis 16 ans. J’ai commencé à jouer au golf à l’âge de 11 ans.   Mon père était fou de golf. C’est lui qui m’a présenté le jeu.

J’ai eu l’opportunité de partir à Moliets pour poursuivre mes études, et jouer au golf en même temps.

Cela m’a permis d’avoir la chance de rencontrer beaucoup de gens très intéressants, notamment dans le domaine du coaching et du golf professionnel avec des golfeurs qui sont devenus professionnels comme Benjamin Hebert.

C’est d’ailleurs lui qui m’a ouvert beaucoup de portes dans le métier.

Le monde du caddeyage a beaucoup évolué. Avant, on pouvait arriver sur un tournoi sans sac à porter, et trouver un pro pour qui travailler.

De nos jours, cela ne se passe plus vraiment comme ça.

En fait, c’est le pro qui amène son cadet sur le tour.

En ce qui me concerne, c’est le fait de très bien connaître Benjamin Hebert qui m’a permis de démarrer.

Au départ, j’ai eu la chance d’avoir des parents très cools qui m’ont laissé partir de chez moi  à l’âge de 16 ans, et m’ont permis de vivre ma passion à fond.

Dans ce contexte, j’ai rencontré Kenny Subregis, un golfeur en qui  je crois beaucoup.

Je le considère vraiment comme un membre de ma famille.

D’ailleurs, je suis très proche de son père, car il m’a beaucoup aidé à mon arrivée en France.

C’est quelque chose qui m’a beaucoup inspiré, et j’aimerai vraiment un jour, à plus long terme, monter un team autour de Kenny, qui est très doué, et travaille vraiment dur pour y arriver.

Je considère que même si le golf est un sport individuel, on peut vivre des trucs fantastiques en équipe.

Et j’ai vraiment une relation de proximité très forte avec Kenny et sa famille.

Jeudegolf.org : Finalement, pourquoi ne pas être devenu pro toi-même ?

Tom Ayling :   C’est vrai que j’y ai cru à un moment donné.

Je suis négatif (-1), mais je joue plutôt entre 3 et 4 au-dessus du par en moyenne, ce qui est loin d’être suffisant.

J’ai vite compris que je n’aurais jamais le niveau pour être joueur du tour.

Cela n’a pas été une décision facile à prendre, car au départ, mes parents m’avaient soutenu pour aller dans cette voie.

Ce n’est pas évident car on ne veut pas décevoir ceux qui vous aiment, et vous ont soutenu pendant de nombreuses années.

Au final, je suis très content d’avoir près cette décision, car je pense que j’ai plus d’avenir dans le monde du caddeyage que comme joueur sur le tour européen.

En somme, je n’avais pas le jeu pour devenir professionnel, car c’est vraiment très dur.

En plus, j’avais comme référence un golfeur comme Benjamin Hebert qui chez les jeunes était déjà en équipe de France, a joué le British Open, mais quand il est arrivé chez les pros, a pris quelques bonnes claques, ce qui m’a encore démontré le niveau de difficulté.

Au golf, c’est vraiment le travail qui donne toute la réussite. Il n’est pas facile de prédire qui va réussir ou pas.

Après avoir pris cette décision, j’avoue que je ne prends plus beaucoup de plaisir à jouer au golf.

Comme pour bien jouer au golf, il faut beaucoup s’entraîner, et que je n’ai plus vraiment de temps, je ne prends pas trop de plaisir, en tout cas à faire des parties en solo.

Le golf, ce n’est pas comme le vélo !

Il faut vraiment beaucoup pratiquer pour arriver à quelque chose.

Je n’avais tout simplement pas le jeu pour arriver à passer pro.

L’idée m’a lâché.

Et c’est alors que le côté caddy m’a plu parce que je suis tout de même très compétition.  

Le fait de devenir caddy me permettait de rester dans l’ambiance que j’aime, et de poursuivre mon aventure dans le golf, sport auquel j’ai tout consacré depuis dix ans.

Jeudegolf.org : Comment s’est passée la transition de Benjamin Hebert à José-Filipe Lima ?

Tom Ayling :   Cela fait donc trois ans que je travaille sur le tour comme caddy. (Précisons que Tom a 23 ans au moment de cet interview)

Après avoir travaillé avec Benjamin, j’ai eu d’autres expériences, et notamment la chance de travailler avec Christian Cevaer, puis Jean-Baptiste Gonnet avec qui cela s’est très bien passée.

Je reste très proche des joueurs avec qui j’ai travaillé, et c’est aussi ce qui permet dans ce petit milieu de se faire connaître d’autres joueurs.

Au moment où j’ai travaillé pour Jean-Baptiste (saison 2013), celui-ci avait de grandes difficultés avec son jeu, ce qui n’a pas vraiment permis de renforcer la relation pro-caddy, et finalement comme il a perdu sa carte sur le Challenge tour, j’allais sans doute devoir trouver un nouveau sac à porter.

Sur le dernier tournoi du challenge tour au Portugal, Jean-Baptiste devait absolument gagner le tournoi pour garder sa carte sur le tour.

Pendant le parcours de reconnaissance, nous jouons avec José-Filipe Lima qui était invité sur ce Portugal Masters en tant que portugais, puis coup de chance, nous avons aussi partagé sa partie sur les deux premiers tours du tournoi, ce qui lui a permis de me voir travailler.

Au soir du deuxième tour, José-Filipe a été voir Jean-Baptiste pour lui demander s’il pouvait me proposer le job en fin de saison, et ensuite, il est venu me voir pour me demander si cela m’intéressait.

J’ai immédiatement accepté cette chance  de travailler avec José, et de continuer à pratiquer mon métier au plus haut niveau. (Précisons que José-Filipe Lima joue sur l’European Tour, et a récemment participé avec Tom à la coupe du monde des nations en Australie).

La relation avec José est donc toute nouvelle. Nous avons fini la saison 2013 ensemble, et nous commençons actuellement la saison 2014.

Au cours de ses trois premières années, j’ai pu me faire connaitre dans ce métier, et apprécier pour mes compétences. C’est ce qui me permet d’avancer dans ce métier.

A suivre la deuxième partie de cet entretien exceptionnel : Les missions du caddy professionnel sur le parcours 

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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