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WHS : Un système qui a encore besoin de temps pour être accepté par tous les golfeurs

WHS, système de classement des golfeurs

A l’occasion de notre dernière enquête sur la satisfaction des golfeurs, et des golfeuses, en 2021, nous avions en plus des questions fermées, laissé un champ libre pour recueillir quelques commentaires complémentaires. Parmi les nombreuses réponses que nous avons déjà collectées (plus de 350 répondants), plusieurs commentaires sur le WHS (nouveau système de calcul du handicap) ont retenu notre attention. Ils illustrent quelques mois après son entrée en vigueur, une défiance de la part de certains golfeurs et golfeuses qu’il conviendra de traiter, pour faciliter l’harmonie dans les clubs de golf…

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Parmi les très nombreuses réponses que nous avons eues le plaisir et l’opportunité de collecter sur la pratique du golf, plusieurs golfeurs ou golfeuses ont tenu à nous exprimer que le nouveau WHS était selon eux, responsable d’une baisse des inscrits aux compétitions de clubs, alors que d’autres justement le justifiaient « Le nouveau mode de classement est un horreur. Je ne veux plus remonter à cette vitesse, donc je ne fais plus de compétition »

Si la baisse du nombre des inscrits à des compétitions de golf nous est difficile à vérifier, et dans un contexte paradoxal de forte hausse du nombre de licenciés en 2021 (+7% par rapport à 2020), soit un effet plus vu en France depuis la mise en place des 35 heures, et très loin du petit effet anecdotique lié à l’organisation de la très chère Ryder Cup…il était possible de constater auprès de nos voisins européens, les premières remontées de problèmes ou de récriminations à l’endroit du WHS.

A l’origine, le projet de World Handicap System paraissait une très bonne idée, puisqu’il s’agissait de réunir six manières différentes de calculer l’index à travers le monde, et en même temps, de lui donner une dimension plus internationale.

Autre objectif majeur, le nouveau mode de calcul mis en place depuis quelques mois était de rendre le classement plus représentatif, en se basant sur une moyenne de performances plutôt que sur une performance.

Le WHS encourage les golfeurs et les golfeurs à rentrer un maximum de cartes pour obtenir la moyenne de jeu la plus représentative.

En parallèle, en France, la FFG permet aux licenciés d’entrer leurs parties amicales pour en plus du calcul de l’index, fournir un niveau de jeu, et justement dans le but d’aider les pratiquants à y voir clair.

A titre d’exemple, un golfeur nous a avoué se servir de cette possibilité et entrer toutes ses parties amicales dans le système, pour justement avoir une idée de son niveau, en comparaison de son index.

Les parties amicales sans marqueur ne comptent pas dans le WHS, mais la dualité de ces deux classements permet de mesurer la possibilité de progresser ou régresser.

Par exemple, pour un golfeur d’un index de 13.9 selon le WHS, et d’un niveau de 11 en parties amicales, cet amateur pourrait considérer qu’il a une petite marge de progression de son index.

En 2021, notamment en début d’année, les restrictions liées au COVID étaient encore très importantes, et limitaient nos opportunités de faire des compétitions.

Il faut d’ailleurs s’interroger sur ce contexte ou encore récemment le « pass » sanitaire, avant de conclure que le nouveau système de calcul d’handicap pourrait faire fuir les golfeurs…

La possibilité de rentrer son niveau était donc appréciable, et notamment pour tous ceux qui ont eu du mal à accéder régulièrement à des compétitions, et par exemple, les non-abonnés ou non-membres d’une association sportive.

Toutefois, il est vrai que le nouveau WHS se fonde sur deux principes fondamentaux et qui peuvent créer une période de flottements chez certains golfeurs.

D’une part, le WHS se stabilise après vingt cartes renseignées, pour ne garder que les huit meilleures.

Dans le cas d’un golfeur ou d’une golfeuse qui avant l’initialisation du système n’avait pas les vingt compétitions requises, effectivement, il peut se passer une sorte de zone d’ombre où l’index peut potentiellement beaucoup fluctuer.

Pour un golfeur ou une golfeuse qui ne pourrait faire qu’une moyenne de huit compétitions par an, il lui faudra donc plus de trois ans pour sortir de cette zone, et enfin stabiliser son index whs.

Ainsi, un autre golfeur classé 15 nous a témoigné avoir vu son index bouger de 3 points sur une période de 5 compétitions, avec parfois pour conséquence de faire le yo-yo entre les repères de départs blancs ou jaunes, et selon l’index du jour…

C’est sans doute ce que relèvent les golfeurs qui se sont exprimés à ce sujet.

Outre-manche, les médias de golf spécialisés relatent d’autres histoires et désagréments en lien avec la nouvelle application du WHS. Il semble que la confusion ne s’arrête pas aux frontières françaises.

En Angleterre, les joueurs et joueuses ont la possibilité d’entrer ou de ne pas entrer leurs cartes dans le calcul, et par conséquent, ils ou elles relèvent des disparités importantes de niveaux.

En réalité, il faut surtout admettre que le nouveau système demande du temps pour être accepté par les joueurs, et les joueuses.

Un an, deux ans, cinq ans, qui sait le temps qui sera nécessaire pour que le WHS délivre une vision vraiment exhaustive et stabilisé des handicaps ?

Ce qui est certain, c’est que cela ne pouvait pas être automatique dès la mise en route.

Dans l’absolu, l’ancien système avait aussi ses détracteurs, et notamment ceux qui constataient un décalage très fort entre l’index d’un joueur ou d’une joueuse, et avec son niveau réel.

Finalement, c’était déjà le sujet de débat…

La moyenne a plus de chances d’être révélatrice.

Toutefois, les critiques reçues par le WHS sont peut-être à expliquer par un manque de communication. Si certains clubs ont organisé des sessions de formations, à nouveau, les non-membres d’un golf ont pu être laissés sur le côté de la route, par faute de les identifier.

Après plus d’un an d’usage, à nouveau outre-Manche, des sondages ont été menés pour voir le niveau d’acceptation du WHS, et ont remonté des sentiments assez partagés.

Certains l’ont trouvé plus juste, et d’autres sont toujours dubitatifs quant à l’intérêt d’avoir changé.

Un an plus tard, un point positif à noter, le WHS est mieux connu par la communauté.

En octobre 2020, le site National Club Golfer relatait que 30% des golfeurs avaient connaissance du WHS, contre 48% un an plus tard, et ce chiffre monte à 54% parmi les abonnés d’un club.

Toujours selon la même source, il n’y aurait plus que 15% de golfeurs qui déclareraient ne rien comprendre au système.

Si le changement est en marche, il y a encore quelques efforts à faire pour que tout le monde arrive à bon port. Les clubs et les directeurs ne devraient donc pas relâcher leurs efforts de pédagogie pour bien expliquer le système.

Il ne faudrait pas croire à tort que le WHS s’est déjà imposé comme une évidence en seulement quelque mois.

Toujours au chapitre des griefs, en France, comme de l’autre côté de la Manche, on retrouve un thème commun : Le fait que des joueurs puissent mettre des parties de golf jouées avec un marqueur, et en-dehors du cadre d’une compétition officielle.

Là, tous les cas de figures sont possibles entre le golfeur qui rentre une carte tous les jours, et voit son handicap remonter ou l’inverse.

Selon une statistique que nous n’avons pas pu vérifier, un golfeur amateur rendrait une bonne carte toutes les sept ou huit cartes, dans un écart moyen de quatre à sept coups.

Avec le WHS, son index serait susceptible de remonter plus souvent.

A l’inverse, un autre amateur nous fait remarquer que si un golfeur voit son index remonter, c’est qu’en réalité, il n’est pas capable de jouer régulièrement à son index supposé.

« Il faut considérer que le système ne prend pas en compte douze de vos plus mauvaises parties sur vingt. »

On en revient donc à l’appréciation du temps pour arriver à vingt parties, et donc faire glisser une bonne ou une mauvaise partie de son top-8 personnel.

Dans quelques mois, avec plus de parties disputées, on peut imaginer qu’il y ait un peu moins d’opposition au WHS.

Toutefois, un point pourrait rester problématique : L’évaluation du slope des parcours, et les conditions d’évaluations d’une journée (PCC).

Pour que le système soit complètement accepté, il faudra être certain que le niveau de slope de tous les parcours soit vraiment correctement révisé, et ce pour éviter une forme d’injustice entre des parcours dont le slope ne serait pas exactement révélateur de la difficulté.

Enfin, un dernier point qui lui est susceptible de poser un problème difficile à résoudre : Les cartes qui peuvent être comptées pour l’index sans faire l’objet d’une compétition.

Bien qu’il faille un marqueur pour valider le score, certains témoignages que nous avons reçus émettent des doutes sur des parties entre copains où justement l’ami marqueur pourrait être indulgent ou bienveillant sur le jeu de son camarade, et dans le but de l’aider à descendre plus vite son index.

De notre point de vue, si le WHS sera sans doute à long terme un bon outil, le point de la triche pose des questions qui ne trouvent pas de réponse simple, à partir du moment où on autorise des parties disputées dans un cadre amical à compter pour l’index !

Si beaucoup de golfeurs et de golfeuses sont honnêtes, ne soyons pas dupes que d’autres peuvent profiter de ce système pour se faire des index de complaisances.

Hier comme aujourd’hui, WHS ou pas, l’index risque bien de rester longtemps un sujet de débat…

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Mots clés: ffgolf FFG Handicap Index WHS
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Commentaires   

ccs.ric@gmail.com
0 #2 WHS : pourvu qu'il perdure !ccs.ric@gmail.com 17-10-2021 21:55
Enfin un bon système pour moi. L'ancien système où l'index ne remontait pas en cas de contreperformance, la belle affaire ! Pour la triche, effectivement, elle sera toujours là pour certains. Mais pour les gentleman, un système qui colle plus à la réalité.
mhezkia@gmail.com
+2 #1 d'accordmhezkia@gmail.com 15-10-2021 11:10
Bonjour,
Je suis tout à fait d'accord avec votre analyse. Au début, j'ai rentré toutes mes parties, et je suis rapidement descendu à 14 d'index alors que j'étais à 22. Je me suis retrouvé avec un niveau qui fluctuait de 13 à 24. Je n'y comprenais plus rien ! Jusqu'au moment, où j'ai rentré des cartes certifiées catastrophiques, et mon index a encore baissé de 0,2 !!! Là, c'était le pompon !Je jouais très mal et mon index baissait. L'année dernière, j'ai eu une période faste qui m'a fait baisser fortement mon index, mais celui-ci n'est pas remonté depuis que je joue plus mal. Seul mon niveau est remonté à 22 avec un index de 15,4, index qui ne reflète pas, je pense mon jeu. D'ailleurs, je suis plus proche du niveau 22. Si j'ai râlé au début, je pense qu'effectivement les choses se sont stabilisées. Quant à la triche... Débat toujours au devant de la scène... A quoi cela sert-il ? Baisser son index ne servira jamais lors d'une compétition, au contraire... Si c'est pour briller auprès des copains, ceux-ci ne sont pas dupes. J'en ai vu des tricheurs, et ceux-ci sont très vite repérés. Je n'ai pas continué les parties avec eux. Mon premier pro de golf, quand j'ai commencé, m'avait dit : Tu verras... Lors d'une partie de golf avec quelqu'un, tu en sauras plus en 4 heures que certains de ses amis en 10 ans. C'est comme vivre sur un bateau pendant une semaine, c'est un révélateur de caractère. C'est aussi pour ça que j'aime le Golf.

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