WGC-Match-Play 2021 : Victor Perez se fait un nom aux USA !

D’un Victor à un autre, les fans de golf américains finissent par découvrir un nouveau héros tricolore de match-play, en la personne de Victor Perez. Après l’épisode marquant de 2014 et les sauvetages héroïques de Dubuisson en Arizona, Perez a navigué droit vers les demi-finales du championnat du monde de match-play disputé cette fois au Texas, et notamment après avoir éliminé Sergio Garcia en quart de finale sur le score de 4 à 3.

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Les Américains ne l’ont pas vu venir ! Victor Perez est considéré comme la surprise des demi-finales du WGC-Dell Match Play 2021 disputé à Austin au Texas.

A 28 ans, 33eme mondial au début de la semaine, il est pourtant un rang seulement derrière un autre demi-finaliste surprise et américain, Scottie Scheffler, qui a maîtrisé de mains de maître le favori des quarts, l’espagnol Jon Rahm.

Perez aura finalement été le dernier défenseur des chances européennes pour la victoire finale, alors que comparativement au natif de Barrica, le Tarbais n’avait encore jamais disputé cette compétition.

Fleetwood, Garcia, Rahma ou même Poulter avaient tous jusque-là plutôt brillé dans ce format si particulier du un contre un, de sorte que l’on pouvait imaginer un temps les Américains en minorité au moment des demi-finales.

C’était sans compter sur la persévérance de Billy Horschel contre Tommy Fleetwood (toujours mené dans son match, il a finalement rejoint l’anglais à deux trous du terme pour le dépasser en play-off), l’expérience de Matt Kuchar, le favori pour la victoire finale, et la magie de Scottie Scheffler qui en profite, comme Victor Perez, pour se faire un nom à l’occasion de cette semaine, et donc au détriment d’un leader de l’équipe européenne, Jon Rahm.

Le capitaine de l’équipe Européenne de Ryder Cup US, Steve Stricker, peut se rassurer alors que Padraig Harrington peut commencer à imaginer que Perez sera une grosse addition à sa future équipe européenne.

Scheffler, 24 ans, a tout bonnement éliminé deux héros de Ryder Cup, et plutôt excellents en match-play : Ian Poulter sur le score de 5 à 4, puis Jon Rahm sur le score de 3 à 1.

Poulter, jusque-là intraitable a déclaré s’être confronté à un mur, « histoire » de justifier qu’il n’avait rien pu faire contre le joueur originaire de Dallas, et donc héros local du tournoi.

« Rambho » quant à lui a tenté de retarder l’échéance, mais n’a jamais pu faire douter l’américain.

Les boys placent donc trois joueurs en demi-finale contre un seul européen… un Français qui devrait participer, sauf accident, à sa première Ryder Cup, et après ce premier WGC de Match-Play.

Perez n’est donc pas la seule surprise à ce niveau de la compétition, mais comme son jeune confrère, Scottie Scheffler, il n’était pas attendu à un tel niveau, et avec une telle facilité.

Le français n’a pas réellement tremblé contre Robert MacIntyre, un Écossais qu’il connait bien pour l’avoir déjà battu en Chine, pour sa première grande victoire marquante, et sur la route d’intégrer le top-50 mondial.

Rappelez-vous l’Open de Foshan en 2018, où Perez avait justement battu MacIntyre en play-off…

Cette victoire avait propulsé le Tarbais dans le top-3 du Challenge Tour, ce qui lui avait permis d’intégrer ensuite l’élite européenne du golf.

En moins de trois ans, Perez est désormais un des meilleurs golfeurs du monde, régulièrement engagé sur des épreuves du PGA Tour.

Malgré finalement sa défaite en demi contre Horschel, Perez s'est assuré de faire un bond en avant au classement mondial (OWGR), et de sécuriser encore un peu plus sa précieuse place dans le top-50 mondial.

Ce top-50 qui permet d’accéder aux meilleurs tournois, majeurs, et championnats du monde.

Après avoir défait MacIntyre, Perez a donc dominé un Garcia pas aussi en réussite que contre Lee Westwood où pour gagner le match, il avait réussi un spectaculaire trou en un.

Deux coups en particulier ont ouvert la route de la victoire à Perez face à Garcia, et très tôt dans le match pour qu’il en contrôle la destinée.

Garcia avait jusque-là été tellement brillant avec ses fers. Il a montré un visage plus humain au meilleur moment pour son adversaire français, en égarant son deuxième coup hors du parcours sur le trou numéro six. Situation qui a conforté Perez dans un fauteuil sur ce match.

Obligé de tout risquer, il est de nouveau parti à la faute avec un drive dans l’eau sur le trou numéro treize, un par-4 atteignable en un.

Perez n’a pas eu besoin de jouer à son meilleur niveau pour s’imposer. « Je pense qu’aujourd’hui, l’objectif était de prendre le plus de greens possible, et se donner des chances. Surtout, il ne fallait pas abandonner de trous. »

Depuis le début du tournoi, Perez a eu la réussite d’être relativement peu mis en danger par ses adversaires, sauf contre Russel Henley pendant les matchs de poules, et n’étant mené qu’à quatre reprises sur quatre autres matchs.

On en oublierait que le français a tout bien fait pour se hisser au niveau des meilleurs joueurs sur le PGA Tour, à commencer par fréquenter l’Université du Nouveau-Mexique de 2011 à 2015, et avant de tenter sa chance sur l’Alps Tour.

Il s’est notamment appuyé sur l’expérience de Garcia pour réussir son installation sur le circuit américain dès l'an passé.

Initialement installé en Ecosse pour respirer le véritable golf, depuis que son classement mondial le lui a permis, il a déjà enchaîné 12 participations à des tournois outre-Atlantique.

Si dans un premier temps, il a eu besoin de trois tournois pour se mettre dans le bain (trois cuts manqués consécutivement au Charl Schwab, RBC et Memorial), son premier cut passé est intervenu au Fedex St. Jude, déjà un WGC, pour enchaîner la semaine suivante par une première grosse performance sur son premier majeur : 22eme au PGA Championship 2020 à Harding Park.

A cette occasion, le Français avait joué la carte de l’humilité en ne se plaignant pas de la préparation du parcours comme un certain nombre de ses pairs, et admettant qu’il n’avait pas légitimement de point de comparaison… C’était son premier majeur.

C’était surtout l’occasion de sentir sa maturité, et en même temps une détermination tout en sérénité.

En effet, de Foshan à Harding Park, la progression de Perez a été sans accroc, et directe vers le sommet.

Perez est à nouveau apparu sur le radar des observateurs du PGA Tour à l’occasion du récent Player’s Championship terminé à la neuvième position, et là-encore, le parcours (notamment les greens) pouvait être considéré comme particulièrement ardu.

Surprise pour les Américains ?

En effet, à en juger par les statistiques du Français, et le faible nombre de tournois déjà disputés, les observateurs avaient jusqu’à présent peu d’éléments à se mettre sous les dents pour comprendre cette ascension.

Avec 295 yards de moyenne de distance au drive (269 mètres), Perez ne se classe que 112eme selon les mesures du PGA Tour.

Si vous l’avez suivi au Player’s, vous avez peut-être pu observer qu’il n’était pas le joueur le plus long, et pourtant, il a su ramener un score de 280 sur quatre tours (-8 sous le PAR).

Moins long que beaucoup de bombardiers de l’Oncle Sam, il est en revanche précis (65% de fairways en régulation), ce qui le classe dans le top-50 de la précision au drive.

Depuis le début de la saison, il excelle dans un secteur du jeu, les approches entre 75 et 100 yards (entre 68 et 91 mètres) avec une belle moyenne de 3,35 mètres du drapeau.

En match-play, c’est typiquement une statistique qui peut faire du bien ou du mal à son adversaire.

Victor comme Dubuisson, mais pas exactement le même style de jeu.

Si le plus jeune admet que Cactus Boy lui a ouvert les yeux sur le fait qu’il était possible pour un Français audacieux et prêt à sortir des sentiers battus, de réussir, il ne semble pas emprunter la même route, dans le jeu ou la détermination à s’implanter aux Etats-Unis.

Après sa belle performance de samedi marquée par deux victoires, il lui restait deux matchs à disputer, et un premier contre un Billy Horschel qui se définissait d'ailleurs comme un bon joueur de match-play.

Arrivé sans forme particulière à Austin, Horschel avait coupé avec le golf pendant quelques jours, et à la suite de contre-performances, ce qui ne l’a pas empêché de se frayer un bon chemin jusqu’à la demi, sans doute rassuré d’avoir retrouvé du jeu.

Mis à part Kuchar, les trois autres demi-finalistes font donc preuve de fraîcheur, et admettent ne pas se mettre plus de stress sur l’issue de leurs matchs, sans doute une des clés de leur réussite.

Horschel va finalement mettre un point final à l'aventure du français. Perez ne rejoindra pas encore Dubuisson sur la deuxième marche du podium, mais sa performance l'aura suffisamment mis en lumière pour que les américains retiennent son prénom.

Dans la petite finale, il retrouvera l’expérimenté Kuchar, qui aurait pu être considéré comme le favori logique pour la victoire, tant il se hisse régulièrement dans le dernier carré de cette compétition si particulière.

Perez a notamment déclaré « Je pense que c’est le bénéfice de ne pas connaître ce stade de la compétition. Parfois, être ignorant est une bonne chose au golf. »

Quatre matchs en deux jours, c’est un sacré test ! Une victoire contre Kuchar pourrait être très révélatrice pour la suite, et notamment la Ryder Cup qui lui tend les bras.

Crédit photo : David Buono/Icon Sportswire

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