Posté par le dans European Golf Tour

Victor Perez aux portes du top-50 mondial en un an !

C’était il y a seulement quelques semaines, Jean Garaialde, 85 ans, plus beau palmarès du golf Français, venu en observateur sur le Amundi Open de France, se risquait sur le putting-green du Golf National, à faire quelques pas en direction d’un golfeur qu’il n’avait pas encore rencontré. Ce golfeur était un autre français, Victor Perez, 27 ans, sans doute promis à un bel avenir, en commun d’être désormais lui aussi numéro un tricolore, et même 52eme mondial. Depuis le Foshan Open en Chine en 2018, Victor Perez a beaucoup voyagé…

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Mardi 15 octobre, aux abords du putting green du Golf National, Jean Garaialde attendait de partir suivre la partie de Raphael Jacquelin, son « poulain ».

Devant lui, au centre du green, un longiligne golfeur (1m95) répétait paisiblement ses gammes en prévision de son « Open » national.

Jean se tourne vers moi, et me dit « Je ne le connais pas. Je vais aller lui parler. »  Il avait reconnu, pour l’avoir vu à la télévision, le profil du nouveau phénomène du golf français, Victor Perez.

Un garçon qui croisé à quelques reprises durant cet Open de France semblait toujours calme, serein, et aussi démontrer le charisme de celui qui a déjà gagné, tout en restant à la fois sûr de sa force et simple.

Quand Jean est venu l’aborder, il a sans doute immédiatement reconnu son interlocuteur, et la conversation s’est immédiatement engagée. Elle ne va durer que quelques minutes, et cette fois, je n’ai pas suivi Jean, ni enregistré la conversation, et encore moins demandé à Jean, ce qu’ils avaient bien pu se dire.

J’ai considéré que cela faisait partie de l’intimité des deux champions.

Jean est revenu ravi, et pleins de bons sentiments à l’égard du jeune Perez, natif de Tarbes, affilié au Golf de Biarritz-Le-Phare. « C’est un bon joueur. Je vais le suivre avec beaucoup d’intérêt. »

Au moment de cette rencontre, Victor Perez avait déjà gagné avec maestria le Dunhill Links Championship, en play-off contre Matthew Southgate, peut-être l’un des tournois les plus difficiles au monde.

Ce n’est pas un majeur, mais c’est tout de même un tournoi dans la plus pure tradition anglo-saxonne, un centre névralgique du tellement British circuit européen, disputé sur trois links différents, ce qui demande des compétences bien particulières, un sens du jeu vraiment « British ».

Un golfeur professionnel peut jouer quasiment 12 mois sur 12.

On pourrait penser qu’un climat plus clément, notamment pour les phases d’entraînements serait la bonne solution, et déterminant pour la recherche d’un camp de base.

Victor Perez a fait un choix aux antipodes de cette croyance, pour s’installer en Ecosse, à Dundee, et il crédite largement son éclosion au plus haut niveau par cette décision.

Elle a aussi sans doute été motivée par le fait de se rapprocher de sa compagne, étudiante dentaire, un choix qui peut être tout aussi important pour l’équilibre d’un sportif de haut niveau.

Ce n’est pas Jean Garaialde qui vous dira le contraire, lui qui à son époque, se retrouvait souvent tout seul, dans des hôtels perdus dans la campagne anglaise, et pendant de longues semaines.

L’équilibre ! C’est ce qui peut arriver de mieux à un golfeur professionnel. L’équilibre entre son lieu de vie, et son bureau, le vaste monde, surtout pour un golfeur amené à intégrer le top-100 mondial, et disputer des tournois de plus en plus importants.

Dundee, ce n’est sans doute pas la chaleur bienveillante du sud de l’Espagne, mais c’est une autre chaleur, celle d’un pays qui respire golf, qui vit golf à 200%.

« Le golf est toute ma vie. J’ai besoin de sentir la culture golf autour de moi. Pour être plus performant, j’ai besoin de cette passion. »

C’est sans doute ce qui a inspiré le jeune Perez, qui à 27 ans, n’est pas un jeune premier, mais plutôt un golfeur arrivé à maturation, et sans qu’on ne le voit venir de loin.

C’est une chose de gagner en play-off un tournoi du Challenge Tour en Chine, pour sanctionner une saison régulière et de qualité.

S’en est une autre de terminer second du Turkish Open, dans la foulée d’une quatrième place dans un championnat du monde HSBC, et toujours en Chine contre une partie des meilleurs du monde.

Quand Jean Garaialde a quitté l’antre du Golf National, Victor Perez n’avait pas encore pris la 16eme place ex-aequo avec Benjamin Hebert, et juste devant Romain Langasque.

Ces trois garçons, respectivement classés 9, 15, et 21eme du classement européen sont très certainement maintenant les nouveaux fers de lances du golf Français.

Un peu avant, et un peu après la Ryder Cup, dans ce même lieu, au Golf National, la France doutait de son golf, et surtout s’inquiétait d’un creux de résultats.

Victor Dubuisson ou Alexander Levy étaient moins bien pour des raisons différentes.

La nature a horreur du vide…Sans français dans le top-100 mondial, on pouvait légitimement s’inquiéter du modèle de formation français.

A l’aube de 2020, quelques mois après la Ryder Cup, ils sont donc trois à représenter le futur en bleu, sous un ciel où les nuages se dégagent subitement, et pourtant, ils ont tous les trois des modes d’éclosions, et des parcours bien différents.

Deux sont membres du St-Laurent Golf Team lancé par Maxime Demory, qui avait identifié une véritable lacune française, dans le domaine de l’accompagnement financier des golfeurs professionnels vers le plus haut niveau.

Pour un autre membre du Team, Mathieu Pavon, ce dernier illustre aussi le fait qu’il s’agit au-delà de l’aspect financier, d’une famille qui vous entoure.

Perez en nouveau patron des trois mousquetaires, il est pour l’instant celui qui a gagné sur l’European Tour, alors que pour Hebert et Langasque, on peut imaginer que cela va arriver bientôt.

Notamment pour Benjamin Hebert, seul français à avoir déjà gagné six fois en seconde division, sur le Challenge Tour, et déjà à plusieurs reprises second ou en play-off sur des tournois de l’European Tour.

Comme Perez, Hebert est un profil à maturation, peut-être pas lente, mais au moins progressive.

A 32 ans, il entre dans les meilleures années pour un golfeur.

En Turquie, sa prestation très abouti, sans son meilleur driving, et sur un parcours réputé difficile démontre qu’il a passé un cap. La première victoire n’est certainement plus très loin.

Pour Romain Langasque, le plus jeune de la bande, 24 ans, après s’être un peu perdu en chemin, sa bonne saison 2018 sur le Challenge tour marquée par une victoire à Marseille, pour le Hopps Open de Provence, l’a relancé cette année vers une saison aboutie en première division, sur l’European Tour.

Perez est donc bien encadré, si on ajoute Mike Lorenzo-Vera dans le panorama. Le clan français a toujours eu besoin d’être soudé pour avancer dans cet environnement tellement britannique.

Tout n’a certainement pas commencé à Foshan pour le Tarbais, mais depuis ce putt incroyable de plus de 13 mètres, qui lui a permis de partir en play-off, tout en lâchant quelques cris rageurs, lui qui paraît si calme, et tellement en contrôle, l’a lancé vers une année 2019 incroyable.

En sécurisant une troisième place sur le Challenge Tour, il assurait sa montée en première division.

Après seulement 27 départs sur l’European Tour, il remportait donc à Saint-Andrews sa première victoire dans l’élite, et pas n’importe où !

Mais ce n’est pas ce qui est le plus frappant à son sujet.

Ces bonnes performances se suivent, et ne semblent pas être des épisodes de pics de formes, mais bien un chemin vers le sommet de la pyramide.

Après Foshan, il était 187eme mondial.

Un an plus tard, il est déjà aux portes du top-50 mondial, précieux sésame qui ouvre toutes les portes, majeurs et championnats du monde compris.

Y rentrer est terriblement difficile. En sortir, n’est pas si rapide tant vous devenez protégé par le système.

Pro depuis seulement 2015, Victor Perez a beau avoir déjà 27 ans, son ascension est tout de même assez fulgurante.

Défait en play-off par Tyrell Hatton sur le Montgomerie Maxx Royal, il aurait signé des deux mains pour ce résultat en début de semaine. En plus d’avoir en vue le top-50 mondial, Perez intègre déjà le top-10 de la Race to Dubaï 2019.

A quelques jours de la clôture de la saison, il peut déjà considéré qu’elle est une réussite, avant de sans doute de viser plus haut.

Sur le circuit, ses statistiques illustrent un golfeur plutôt complet avec déjà la 12eme meilleure moyenne de score (69,87 coups), ce qui est peut-être encore plus important qu’un classement à la Race.

Pour parvenir à une telle moyenne, il s’appuie sur un driving aussi long que précis. Alors que la moyenne de driving du tour se situe à 294 yards, avec 300 yards, il gagne du terrain sur la concurrence.

Avec 62% de fairways en régulation contre 58% pour la moyenne du champ, il prend là-aussi des coups gagnés.

Son jeu de fers est peut-être encore meilleur.

Avec 71% de greens en régulation, c’est en fait l’ensemble de son jeu du tee au green qui est bien en place, et comme son putting le classe dans les 55 premiers, les bons résultats peuvent tomber comme les putts pour birdies.

Il en a notamment signé 23 en Turquie, en se basant surtout sur un jeu de fers, encore plus performant qu’à son habitude (81% de greens en régulation sur le 4eme tour).

Seul domaine qui semble en retrait, sa capacité à sauver des pars depuis des bunkers de greens (46%). Toutefois, Perez démontre bien pour cette saison, un jeu très complet, et sans réels points faibles.

Quand Perez a gagné à Saint-Andrews, sa principale préoccupation était de faire durer le moment, d’essayer de répliquer cette qualité golfique.

Quelques semaines après cet événement, le moins que l’on puisse dire, c’est que sa dévotion pour le golf, en même temps que cette maturité le mènent sur le bon chemin.

Jean Garaialde avait justement démontré ces mêmes qualité, et en son temps, pour durer comme numéro un français.

Victor Perez, inconnu du grand public quatre ans plus tôt, pourrait bien lui emboîter le pas…

Sur un chemin qui pourrait le faire marcher sur les traces d’un autre Victor, membre victorieux d’une Ryder Cup.

C’est peut-être un peu tôt pour parler de celle de 2020, mais pourquoi pas imaginer finalement un ou deux français dans l’équipe européenne…

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