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Boutier, de rookie à possible vainqueur de l'US Women’s Open 2019 en moins d’1 an

Formée à l’Université de Duke aux Etats-Unis, Céline Boutier démontre que pour percer au plus haut niveau dans le golf féminin, il faut passer par le cursus complet « américain », de l’université au LPGA Tour, en passant par le Symetra Tour. Son exemple doit inspirer de nombreuses jeunes golfeuses dans l’hexagone, bien qu’en France, beaucoup voudront poser en photo à côté d’elle, en espérant qu’ils ou elles puissent s’adjuger une part de sa réussite. La vérité, c’est qu’elle doit ses performances principalement au fait d’avoir très jeune accompli le difficile choix de l’expatriation, en même temps que de travailler avec les meilleurs, dont Dan Brooks, Cameron McCormick ou Karine Mathiot.

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Céline Boutier est la valeur montante du golf féminin, et pas seulement français.

Sa position de co-leader après trois tours sur le plus prestigieux et difficile des Opens de golf féminin, l’US Women Open, témoigne de son bond en avant dans l’élite, et réalisé en moins d’un an.

Sur le parcours de Charleston, et bien qu’elle ait du jouer la fin de son second tour, et l’intégralité du troisième le même jour, Céline Boutier a fait preuve de solidité mentale et technique, pour s’accrocher au sommet du leaderboard.

Elle se trouve en compagnie des meilleures golfeuses du monde, dont elle commence de plus en plus régulièrement à faire partie, comme en témoigne sa récente victoire sur le LPGA Tour en février dernier.

Le Journal « Le Parisien » titrant même « Le Golf féminin Français a enfin trouvé son étoile ».

C’est souvent une tendance naturelle. On a souvent tendance à s’attribuer la réussite personnelle d’une personne, comme si elle nous appartenait collectivement. Le golf est pourtant un sport individuel.

Victorieuse en Australie du ISPS Handa Australian Open, tous les bons mots de personnes assez loin de sa réussite pouvaient fleurir.

Quand vous gagnez, vous avez le droit à tous les commentaires du type « C’est une bosseuse » ou « Chez elle, tout est pensée pour la performance. »

Dans le domaine du golf de haut niveau, il y a pourtant plus souvent des défaites que des victoires.

C’est le jeu du sport de haut niveau, un sport dont on peut aussi dire qu’il est un jeu de frustrations.

Si Céline Boutier ne venait pas à gagner l’US Women’s Open, que dirait-on d’elle « Ce n’est pas un bosseuse » ou « Chez elle, rien n’est pensée pour la performance » ?

La vérité, c’est que les mots ne comptent pas, surtout ceux des autres.

La vérité, c’est que Céline Boutier, native de Montrouge, est parti loin de France pour aller chercher le difficile apprentissage de la gagne, et s’immerger complètement dans une autre culture, celle du circuit qu’elle rêvait de jouer.

La vérité, c’est que la première fois que la France a découvert son potentiel, c’était bien sur notre sol, à Evian, à l’occasion du seul majeur disputé sur le Vieux-Continent, en 2014.

A l’époque, elle était encore à l’Université de Duke, et faisait jeu égal avec la meilleure tricolore, Karine Icher, un autre modèle d’expatriation.

Depuis, elle a appris à gagner sur le Symetra (deuxième division) et sur l’European Tour, loin de ceux qui aujourd’hui crient au génie.

Pour Anne-Marie Palli, enseignante de golf à Phoenix et première française à avoir joué sur le LPGA Tour, Céline Boutier démontrait effectivement très jeune un grand potentiel.

Le potentiel ne suffit pas toujours. Il faut aussi le travail, l’expérience et la résilience. C’est ce qu’elle a notamment démontré en 2018.

Elle en a bavé tout au long de l’année dernière, pour sa première saison complète sur le LPGA Tour, elle qui sortait d’une saison très accomplie en deuxième division, le Symetra Tour.

Pour sa première « grande » saison, elle a manqué 9 cuts pour trois top-15 sur 20 tournois LPGA.

Il lui a fallu, selon ses propres termes, une bonne année pour digérer les codes du circuit élite.

« Au début, j’étais super nerveuse, stressée et anxieuse. » Avant de témoigner à la reporter du LPGA Tour « J’étais trop concentrée sur le résultat, et je ne sentais pas encore que j’étais à ma place. »

Progressivement, elle s’est mise à scorer de plus en plus bas, et notamment sous la barre des 70, signe d’un jeu très performant.

Un an avant cet US Women’s Open, Boutier commençait tout juste à approcher le top-10 d’un tournoi nord-américain de premier plan.

Aux premières loges, Dan Brooks, l’entraîneur de l’équipe de l’Université de Duke qui l’avait vu enchaîner les bonnes performances, notamment jusqu’à sa place de finaliste au N.C.A.A. Championship 2014, l’a donc vu en difficulté, et même en perte de confiance sur sa première année sur le grand circuit.

Cela ne l’avait pourtant pas inquiété, considérant que justement cela faisait partie de son apprentissage normal « Les temps difficiles, comme sa première année sur le LPGA, sont une manière de la rendre encore meilleure, surtout si elle persévère. »

Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle a persévéré.

Pour Dan Brooks, justement cette année 2018 difficile a certainement contribué à son succès actuel, car cela a renforcé sa détermination, et démontré qu’elle pouvait dépasser la difficulté.

Entraîné par Cameron McCormick, un swing coach basé à Dallas, connu pour travailler avec Jordan Spieth, ce dernier avait immédiatement décelé le potentiel de la jeune golfeuse.

Pour le coach, elle présentait un très bon swing de golf, en même temps que de bonnes dispositions physiques pour le golf de très haut niveau. Cependant, il fallait lui faire prendre confiance dans son potentiel, et la faire travailler intensément.

« Quand des golfeurs tapent de mauvais coups, ces mauvais coups deviennent des plaies ou des cicatrices qu’ils portent en eux. »

Pour McCormick, l’enjeu était de faire oublier ces mauvais coups à la joueuse. « Je veux la pousser vers le succès plutôt que d’essayer de lui faire éviter les erreurs. »

L’autre aspect du travail réalisé en commun fut de la rendre compétitive chaque semaine, ce qui justement a dû l’aider à être « ready » samedi pour disputer 22 trous, et réussir à se maintenir en tête de l’US Women’s Open.

« Le but est de maintenir un schéma de compétences techniques qui lui permette de sortir sans avoir à travailler pour bien jouer au golf. », a ajouté McCormick. « Nous voulons que le bon golf vienne à elle. Cela ne devrait pas être une tâche difficile. »

Dimanche, elle jouera une première partie à fort enjeu en majeur, en souhaitant pour elle, que ce ne soit pas la dernière, mais bien le début d’une longue série.

Leader, mais pas seule en tête, elle pourra peut-être se sentir dans la peau d’une « chasseuse », ce qui est encore la meilleure position, toujours selon Dan Brooks.

« Elle joue mieux quand elle est en chasse. »

Dans la partie de son ancienne partenaire à Duke, la chinoise Yu Liu, elle pourra peut-être faire mentir la prédiction du coach américain Hank Haney, qui a défrayé la chronique, en annonçant prématurément la victoire d’une Sud-Coréenne sur cet US Open 2019.

Boutier aura fort à faire avec Lexi Thompson, juste un coup derrière elle, ou encore Jaye Marie Green et la japonaise Mamiko Huga, leader après deux tours, qui se sont toutes illustrées jusqu’à présent sur le parcours de Charleston.

Au cours du troisième tour, Boutier a su se montrer patiente pour saisir les opportunités de birdies au trou 9 et 13, qui ont été particulièrement déterminants dans sa journée, bien qu’un bogey au 16 l’ait privé d’être seule en tête (Chip gratté et putt trop long), finalement, et peut-être une bonne chose pour la suite…

Dimanche, dans la partie de Liu, une bonne copine, elle admet qu’elles ne discuteront pas trop, et seront pleinement concentrées sur l’enjeu final.

En cas de victoire, nombreux seront ceux en France qui sauteront de leur canapé en s’écriant « On a gagné ».

La vérité, c’est que qu’elle que soit le résultat, Céline Boutier, seule avec son putter, aura mis les putts qu’il faut, et emmené plus avec elle son process pour gagner, et moins sa peur des coups manqués.

Quel parcours déjà réalisé entre ses débuts sur le LPGA Tour, et une candidature solide à une victoire à l’US Women’s Open, et le tout en moins d’un an !

Crédit photo :Simon Davies/DPPI/Icon Sportswire

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