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US Open à Pebble Beach : Qui sera finalement le plus fort dimanche?

Dans la nuit de dimanche à lundi, il faudra veiller tard pour connaître le vainqueur du 119eme US Open disputé sur le célèbre parcours de Pebble Beach, en Californie (9 heures de décalage horaire). Le suspense promet d’être encore au rendez-vous avec un Mano à Mano prévisible entre le leader depuis deux tours, Gary Woodland, et l’homme du premier tour, l’anglais Justin Rose. Toutefois, respectivement à -11 et -10, ils peuvent encore voir le double tenant du titre, Brooks Koepka (-7) revenir, et réaliser un incroyable triplé. Quel que soit le vainqueur dimanche (ou plutôt lundi), ce sera un « Big Man » !

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A l’occasion du premier Tour, Justin Rose avait frappé les esprits en égalant le record du parcours en majeur, avec un 65 qui rappelait celui de Tiger Woods en 2000.

Cette 119eme édition de l’US Open disputé sur ce parcours a jusqu’à présent beaucoup convié le souvenir de la victoire mémorable de Tiger Woods, vainqueur avec 15 coups d'avances.

Les comparaisons n’ont pas manqué de fuser. Surtout, que 24 heures plus tard, c’était autour de l’américain Gary Woodland d’en faire de même.

Ces scores exceptionnels pourraient laisser penser que le parcours est abordable. Il n’en est rien, surtout pendant le Moving Day (Troisième tour) où la moyenne des scores est nettement remontée.

Le français Clément Sordet a pu en juger par lui-même avec un 74 qui l’a fait reculer de 8 places pour son premier US Open.

Les scores au-dessus du par ont été largement majoritaires, et pour certains, ils marquent la fin du rêve à une possible victoire (Spieth, Woods ou encore Garcia), notamment celui qui chérissait le plus l’idée de gagner sur son terrain fétiche, Phil Mickelson qui avec un 75 a reculé de 29 places pour un score total de +3, bien loin du -11 de Woodland.

Sur les 79 derniers golfeurs qui ont passé le cut, seul 9 ont réussi à jouer dans les 60. C’est dire que le parcours n’était pas si facile, et pourtant, Pebble Beach avait été choisi pour redonner la part belle à tous les profils de golfeurs, et pas seulement les longs-frappeurs.

Avant le début de cet US Open, certains golfeurs professionnels avaient grommelé, laissant entendre sans se nommer qu’ils pourraient faire une sorte de grève, si la préparation du parcours rappelait trop celles des deux dernières éditions.

Cette fois, l’USGA a fait attention de ne pas se laisser déborder par les événements. Toutefois, la météo peu clémente au bord de l’Océan Pacifique (Rickie Fowler portait tout de même des longues moufles sur le parcours) n’a donc pas faciliter la vie des joueurs.

Woodland, Rose, et Koepka ont donc un certain mérite pour avoir aussi bien joué depuis trois jours.

Pour Woodland, c’est l’accomplissement d’une vie de travail pour vivre ce type de moment, leader après 54 trous, il ambitionne de remporter son premier majeur.

Pour Rose, qui embarque à nouveau un shaft TPT pour son driver Honma, ce sera une question de patience et d’attitude. Il veut se servir de son expérience victorieuse à Merion pour doubler son nombre de victoire en majeur.

Pour Koepka, qui des trois, aura encore le plus de travail (il lui faudra remonter 4 coups), ce sera aussi une question d’attitude sur le parcours.

Ces trois golfeurs confirment pourtant que le plan de l’USGA pour rééquilibrer le profil du futur vainqueur n’a pas tout à fait fonctionner.

A Bethpage, pour l’US PGA Championship, le vainqueur ne pouvait être autre qu’un cogneur, à Pebble Beach, le scénario devait être plus ouvert.

Finalement, Woodland, Rose et Koepka sont trois « Big Man » classés respectivement 11, 22 et 14 pour la moyenne de distance au drive sur cet US Open.

Le leader, Gary Woodland, 35 ans, 1m85 pour 88 kilos s’est donc préparé toute sa vie, depuis qu’il marche selon ses propres termes, pour disputer un final de majeur.

« J’ai appris à gagner, même si je ne l’ai pas fait autant que je l’aurai souhaité. Je sais ce qu’il faut faire pour gagner, Je suis venu ici pour gagner, et c’est ce que je vais faire. »

Woodland compte bien se servir de son expérience de l’an passé à Bellerive pour l’US PGA Championship 2018, où il avait joué avec Woods et dans une dernière partie le dimanche.

En lice pour la victoire, il avait finalement terminé 6eme. Il estime que cette expérience devrait l’aider cette année à faire mieux.

Il a surtout appris une leçon « Je ne peux pas contrôler tout le monde. Je peux seulement contrôler mon jeu, et mon attitude. »

Pour gagner un US Open, il faut passer maître dans le fait de ne quasiment jamais lâcher de bogey.

Woodland n’en a commis que deux depuis le premier tour.

Depuis le départ, il démontre deux qualités essentielles pour gagner un majeur : Un driver puissant et précis.

Sa moyenne de fairway en régulation n’est jamais descendue en-dessous de 64% pour au contraire monter à 85% le premier jour.

Sa moyenne de distance a peu varié entre 304 et 315 yards. Woodland drive bien la balle à Pebble Beach, et sans doute comme personne sur cet US Open.

Avec cet avantage, il se classe 4eme pour les greens en régulation, et comme il putte plutôt bien (14eme pour le nombre de putts par green en régulation), sa prestation d’ensemble ne doit rien au hasard.

De son côté, Justin Rose tient plutôt bien le rythme de celui avec qui va partager sa partie dimanche.

Le driving sera donc bien une des clés de la victoire. Rose embarque à nouveau un shaft TPT, un 14 MKP LT SW plus rigide que son précédent 15 LKP LT SW… Ces lettres un peu barbare ont pourtant une signification intelligible.

MKP pour Mid Kick Point et LKP pour Low Kick Point… Rose a donc opté pour un manche mid kick qui techniquement parlant doit l’aider à moins lever la balle, tout en donnant moins de spin, à autres facteurs égal.

Dans le vent à Pebble Beach, Rose veut sans doute mieux contrôler sa trajectoire de balle avec un vol plus bas.

C’est pour l’instant un choix relativement payant.  Rose est moins spectaculaire que Woodland dans ce domaine.

Sa précision au drive est plutôt comprise entre 50 et 64% alors qu’il est naturellement moins puissant que le colosse américain. Sa moyenne de drive est plutôt entre 290 et 300 yards.

Dimanche, dans la même partie, cela pourrait faire une petite différence en faveur de Woodland, d’autant que Rose ne s’est pas réellement distingué pour les greens en régulation (seulement 51% sur trois tours).

En revanche, il a été le plus fort pour le scrambling, les sorties de bunker et tout ce qui se passe autour et sur le green.

Avec 1,53 putts de moyenne sur les greens en régulation, il affiche la deuxième meilleure moyenne du tournoi.

Entre Woodland et Rose, ce sera déjà à minima une opposition de style, entre grand jeu et petit-jeu.

Mais Brooks Koepka n’a pas dit son dernier mot, et bien qu’il soit à quatre coups de Woodland, il reste un sérieux candidat pour un incroyable triplé.

Son jeu de fers est un régal, et surtout précieux pour accrocher les greens « minuscules » de Pebble Beach. Samedi, il n’a commis aucun bogey, pas même sur le 18 alors qu’il était bien mal engagé, avec son second coup derrière à un Cyprès.

Ce par sauvé au 18 en dit long sur la maîtrise du roi Koepka.

Personne n’a gagné un US Open depuis 20 éditions en revenant de plus de 4 coups, il est donc encore dans les clous alors que statistiquement McIlroy (5 coups), Rahm (6 coups) ou encore Dustin Johnson (9 coups) n’auraient plus aucune chance…

Koepka domine cet US Open pour le nombre de greens en régulation avec 76% de moyenne.

Du tee au green, il est nettement le meilleur du champ des joueurs. Seul son putting fait un peu défaut (1,82 putts par green en régulation). Il convient de relativiser cette statistique car il touche un maximum de greens…

Dimanche, il reste, même de derrière, le favori pour la victoire. Il a déjà démontré lors de ces quatre précédentes victoires en majeur qu’il pouvait gérer une dernière partie de différente manière, soit en écrasant la concurrence, soit en maîtrisant Tiger Woods, soit en résistant à la pression, et en perdant une avance confortable.

Il a la sérénité d’un numéro un mondial. A contrario de Woodland, le team Koepka pense qu’il n’a pas ce qu’il faut pour gagner.

Les petites phrases ont déjà commencé, afin de mettre la pression sur le leader « Si vous avez gagné plusieurs fois, vous savez que vous pouvez le faire à nouveau. Si vous ne l’avez pas encore fait, vous ne savez pas vraiment ce qu’il faut faire. » tels ont été les mots du caddie de Koepka au sujet de Woodland.

Le leader appréciera…alors que le favori pense qu’il n’aura pas trop à en faire pour finalement gagner, comptant beaucoup sur une sorte de faillite devant lui.

En résumé, il y aura bien un match à trois, entre des profils finalement assez distincts, un excellent driver, un excellent putter, et un excellent joueur de fers. Qui va l’emporter ? Celui qui ne flanchera pas et restera excellent dans son domaine d’expertise…

Voir le résumé du troisième tour par l'USGA

Crédit photo : Michael Wade/Icon Sportswire

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