Posté par le dans Chronique de golfeurs

Universités américaines (VI): L'agence de placement est-elle indispensable?

Le dernier article de notre dossier consacré aux universités américaines s’attardera sur les agences de placement sportif. Ces agences s’avèrent-elles être une solution efficace pour simplifier les prises de contact avec les coachs américains, et donc le recrutement des jeunes ? Céline Martinez, co-fondatrice de l’agence Athletics Partner répond à nos questions sur l’utilité de faire appel à une agence de placement sportif dans un projet de double-cursus aux Etats-Unis. Passer par une agence est-il indispensable pour bien réussir son projet aux Etats-Unis ? Qu’est-ce que cela apporte concrètement au projet du jeune ? 

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Céline Martinez, a créé l’agence Athletics Partner avec trois autres associés, en 2010.  

L’agence est, de base, spécialisée dans le tennis (plus de 60%), car il est très facile de partir faire un double-cursus tennis aux Etats-Unis pour les jeunes athlètes.

Elle s’occupe également d’autres sports tels que le golf bien évidemment, mais aussi la natation, le volleyball, le football etc…

L’agence Athletics Partner gère une cinquantaine d’athlètes par an. Céline Martinez nous explique que le Covid a rendu les recrutements américains plus compliqués : « Les bourses sont moins élevées, et des équipes sportives se suppriment dans les universités américaines faute de moyens » explique-t-elle.

Dans la filière golf, l’agence accompagne huit à dix jeunes par an, golfeurs et golfeuses confondus.

Basée à Montpellier, l’agence accompagne des jeunes de partout en France et même de l’étranger (de Belgique, du Luxembourg, de Suisse et même du Maroc parfois).

Pour rentrer dans cette agence de placement sportif, la sélection s’effectue sur dossiers. Selon la gérante, l’athlète doit évidemment avoir « un minimum de niveau sportif, mais aussi un bon dossier académique dans l’ensemble. Le reste est à voir en fonction du projet et du budget de la famille. »

Cela implique également d’avoir « un minimum d’années de pratique, et avoir fait pas mal de compétitions ».

Céline Martinez poursuit : « Plus le jeune aura un bon niveau sportif, plus il obtiendra une bourse élevée, qui peut aller jusqu’à 100% avec les frais de logements, scolarité, nourriture compris. En fonction du niveau sportif, nous déterminons un pourcentage de bourse, et essayons de trouver des offres dans ce taux-là. »

Pour faire appel à une agence de placement sportif, quand faut-il s’y prendre ?

La co-fondatrice répond spontanément : « Le plus tôt possible, deux ans avant dans l’idéal, donc en classe de première. En règle générale, les jeunes s’y prennent le plus souvent en début de terminale. Mais entre vingt-quatre et douze mois à l’avance, c’est bien ».

Elle rappelle alors les deux tests de langues indispensables au projet, le SAT et le TOEFL.

Plus concrètement, quel est le rôle d’une agence de placement sportif, et comment cela se déroule-t-il ?

Dans l’ordre, lors d’un premier entretien, une première estimation du projet est faite avec la famille.

Il s’agit ensuite d’un contrat de prestation de services, le but étant d’obtenir la meilleure bourse possible.

Céline Martinez nous explique alors que son agence est en contact permanent avec les coachs américains, en charge des recrutements pour les universités.

L’agence ne cible pas les mêmes coachs selon le profil du joueur ou de la joueuse. La structure connaît également les attentes des universités, ce qui leur permet d’aiguiller au mieux le jeune dans sa recherche.

L’agence de placement sportif  aide également les familles dans les tâches les plus complexes du projet : La négociation de la bourse, la recherche d’universités, le passage des examens nécessaires, une aide pour remplir les dossiers administratifs, pour faire traduire ses bulletins en anglais, obtenir son visa à l’ambassade…

« Le jeune n’a plus rien à faire à part aller passer ses tests de langues, et faire son choix » déclare Céline Martinez.

Mais alors à combien s’élève cette prestation qui s’apparenterait presque à du « clé en main » ?  

Chez Athletics Partner, la prestation globale s’élève à 2 700 euros, en deux étapes : 820 euros pour lancer le processus, et le reste lorsque le jeune signe avec l’université.

Céline Martinez avoue ensuite qu’il arrive parfois que l’agence n’arrive pas à placer certains jeunes, soit à cause de leur niveau trop faible aux tests de langues, soit car l’athlète n’a pas trouvé ce qu’il voulait.

« Sur cinquante athlètes, ça arrive qu’il y en ait deux ou trois que l’on n’arrive pas à placer. Dans ce cas-là, on décale le projet, et on recommence les recherches l’année suivante. » affirme la gérante.

« Seul ce n’est pas impossible, mais compliqué ! »

Finalement, ce que l’agence de placement sportif apporte de plus précieux au projet, c’est avant tout son réseau. Mais est-ce un service indispensable à la réussite d’un projet ?

Sur ce point, Céline Martinez est affirmative : « L’athlète a plus de chances de trouver ce qu’il cherche grâce à notre réseau, mais aussi à la confiance que les coachs nous accordent par rapport à tous les jeunes placés dans notre agence. »

Elle souligne aussi que généralement, le plus grand frein entre l’athlète et les coachs, est la barrière de la langue.

Céline Martinez déclare que la principale difficulté rencontrée lors des projets reste le niveau d’anglais pour les athlètes : « La concurrence est internationale, et les français sont en bas de l’échelle en terme de niveau d’anglais de manière générale. L’Europe de l’Est est quasiment bilingue. »

Selon ses statistiques, un élève français obtient en moyenne entre quarante et soixante  sur cent vingt au TOEFL. En moyenne, pour la plupart des universités américaines, il faut obtenir soixante, mais certaines demandent des scores encore plus élevés.

« Plus le niveau d’anglais est bon, moins le jeune aura de difficultés à mener à bien son projet » développe-t-elle.

Céline Martinez explique alors que pour remédier à ce problème, certains athlètes partent parfois dans une plus petite université pendant un an, dans le seul but d’améliorer leur niveau d’anglais. Une fois leur niveau d’anglais meilleur, ils peuvent par la suite se permettre de changer d’universités.

« Le niveau académique peut aussi poser problème, le dossier académique est tout aussi important que le dossier sportif dans cette démarche. » ajoute la co-fondatrice.

Quels sont les critères que recherchent les recruteurs américains chez les athlètes, selon l’agence Athletics partner ?

« Le niveau de motivation du jeune est très très important, d’où l’intérêt de s’entretenir longuement avec les sportifs qui veulent partir. Ils veulent également les meilleurs athlètes, donc ils regardent aussi beaucoup les scores en compétition. »

Elle ajoute : « Ils veulent des bons sportifs certes, mais aussi des bons étudiants. Ils prêtent attention au niveau d’anglais pour pouvoir ne pas être perdu, et valider ses cours facilement. Mais ce qui reste la priorité, c’est les résultats sportifs. »

Obtenir une bourse, est-ce difficile ?

Céline Martinez répond : « Oui c’est difficile, car certaines équipes n’ont pas de bourses dédiées, ou bien d’autres ont besoin de plusieurs sportifs, et n’ont pas une bourse à 100% pour tous les éléments de l’équipe. Le joueur à 100% sera le sportif indispensable à l’équipe, qui fera partie des meilleurs joueurs français. »

Elle affirme cependant qu’obtenir une bourse à 100% sur une première année est assez rare, dû au recrutement sur vidéos en période de Covid qui s’avère être plus difficile.

Cependant chez les filles, obtenir une bourse semble plus facile ! Pourquoi ?

 « Les universités américaines ont plus de bourses disponibles pour les filles, puisque moins de joueuses partent, le niveau est donc automatiquement moins élevé. » raconte Céline Martinez.

Selon la gérante, il y a plus de garçons que de filles qui tentent l’expérience généralement, « mais on s’aperçoit que les filles ont elles aussi de plus en plus envie de partir ».

Egalement, en termes de différences filles/garçon, l’agence a remarqué que l’intégration était plus difficile chez les sportives que chez les sportifs, avec « deux/trois mois difficiles au départ ».

Une fois les sportifs et sportives placés dans les universités, l’agence Athletics Partner poursuit son accompagnement avec un suivi régulier des jeunes. Ils restent en contact et communiquent avec eux, pour par exemple organiser un transfert d’université, s’ils n’ont pas intégré l’université de leur choix dès la première année.

Pour finir, si Céline Martinez et son agence avaient des conseils à donner aux jeunes qui souhaiteraient tenter l’expérience, quels seraient-ils ?

Elle répond : « Je conseillerai d’abord de s’y prendre assez tôt, plus le dossier est commencé tôt, environ vingt quatre mois à l’avance, plus on a de chances de trouver l’université qui correspond le mieux à l’athlète. »

Avant d’ajouter : « Il faut également travailler sur l’anglais le plus tôt possible. Ce n’est pas le niveau scolaire qui permet d’avoir un assez bon niveau pour intégrer une université américaine. »

Et ce n’est pas fini ! Un dernier conseil avant de vous lancer : « La moyenne scolaire demandée dépend des universités, mais avoir entre douze et quatorze de moyenne générale, avec une bonne moyenne en mathématiques est un bon départ. »

A titre d’exemple, Céline Martinez ajoute qu’un jeune avec dix de moyenne générale, sept en mathématiques, et quinze en sport, sera très difficilement accepté dans une « moyenne ou bonne université. »

Pour conclure, l’important est de se mettre sur le marché sur le mois d’août, un an à l’avance. Il existe deux périodes de rentrée indépendantes, par semestre, en août et en janvier.

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