Posté par le dans Chronique de golfeurs

Universités américaines (III) : Partir aux USA pour financer ses études à travers le golf

Dans la continuité de notre dossier sur les études en double cursus aux Etats-Unis, nous vous proposons aujourd’hui de faire connaissance avec un nouvel acteur (ou plutôt actrice) du projet : Une joueuse qui a vécu l’expérience, non pas pour devenir golfeuse professionnelle, mais pour financer ses études aux Etats-Unis. Perle Pondepeyre s’est laissée tenter par l’expérience à sa sortie du lycée, et nous livre son témoignage, empreint de recul et de bons conseils sur son expérience passée. L’expérience a-t-elle été conforme à ses attentes ? Si c’était à refaire, referait-elle les choses de la même façon ?

Découvrez nos formules d'abonnements

Perle Pondepeyre, 26 ans, a débuté le golf il y a une vingtaine d’années, au golf de Chassieu près de Lyon.

Passionnée très tôt de golf, elle a commencé à rentrer dans des équipes régionales et interrégionales vers l’âge de douze ans.

Elle explique : « Le golf a toujours été pour moi plus une passion qu’un sport de haut niveau ».

Côté scolaire, la golfeuse a suivi un cursus bilingue, ce qui lui a donné envie de continuer à faire ses études supérieures en anglais.

Perle Pondepeyre nous explique alors qu’elle n’a « jamais spécialement gagné de grand prix, ou de championnats », mais qu’elle devait décrocher une bourse pour partir faire ses études supérieures aux Etats-Unis.

Ne lâchant pas de vue cet objectif, elle a travaillé son golf plus dur, jusqu’à arriver à trois d’index, pour pouvoir intégrer une faculté américaine avec une bourse universitaire.

Les efforts de la jeune femme ont finalement payé, puisque après son baccalauréat, elle est partie dans une université à Milwaukee, dans le Wisconsin, au nord de Chicago.

La motivation principale de la joueuse n’était donc pas de devenir professionnelle de golf, mais bien de financer des études à l’étranger, ainsi que pour son attrait pour la langue.

« Je savais que mes études aux Etats-Unis allaient m’apporter plus de choses qu’une école de commerce en France » raconte-t-elle.

Dans cette université, Perle Pondepeyre nous explique que le niveau de golf n’était pas le meilleur, mais que cela lui a permis de pouvoir continuer à jouer à un très bon niveau, tout en acquérant aussi un très bon niveau d’études.

Elle est tout de même partie deux fois jouer les nationaux par équipes féminines.

La météo du Wisconsin n’a pas posé problème à la golfeuse dans sa pratique du sport, elle raconte :

« Comme il faisait froid six mois par an là-bas, on partait beaucoup jouer dans le sud : en Floride, en Arizona, au Texas… Tout était pris en charge par l’université, avion, hôtel, nourriture… »

Alors comment la joueuse a-t-elle fait son choix d’université ? Sur quels critères s’est-elle basée ?

Contrairement à notre précédent article, dans lequel Alexandre Fuchs, joueur parti pour devenir professionnel de golf, nous parlait de ses critères de choix ; les critères de la golfeuse sont encore bien différents.

Pour cette passionnée, le choix d’université s’est plus axé sur le niveau universitaire, que sur le niveau golfique.

Son objectif universitaire était clair : s’orienter sur un cursus business et mathématiques (en double diplômes), pour pouvoir accéder à un master finance en Ecosse à son retour.

Le niveau de golf de l’université a tout de même été un critère, car elle voulait s’assurer une pratique régulière. Cependant, la golfeuse ne souhaitait pas que tout tourne autour du golf.

Perle Pondepeyre voulait donc avant toute chose un juste équilibre entre ses cours et son sport.

Lorsqu’elle est partie, de 2014 à 2018, il n’y avait que dix Français à être présents sur le territoire américain pour faire des études. La joueuse était d’ailleurs à ce moment-là, la seule à ne pas jouer en division 1 NCAA.

Quelles ont été les grandes étapes du projet de Perle Pondepeyre ?

Deux années de suite, en 2011 et 2012, Perle et sa famille sont partis faire le Doral à Miami, un circuit junior américain qui comporte toutes les catégories d’âge au-dessous de 18 ans.

C’est à cet endroit que les coachs des universités américaines viennent recruter les jeunes golfeurs et golfeuses.

C’est d’ailleurs également au Doral qu’ils ont rencontré un directeur d’agence de placement sportif, avec lequel elle a rempli des formulaires sur elle, ainsi que sur ses critères de choix.

La golfeuse nous raconte alors que la procédure a pris environ un an, en passant par une agence de placement sportif.

Il a également fallu trouver une agence pour traduire tous ses bulletins de notes, en remontant jusqu’à la quatrième.

Elle a jugé que passer par une agence rendait l’expérience plus réconfortante et rassurante.

Elle témoigne : « A l’époque, c’était un peu le saut vers l’inconnu, il n’y avait pas beaucoup de français et françaises partis aux Etats-Unis. »

Avant de poursuivre son récit : « A travers l’agence, nous étions en contact avec des coachs de recrutement d’universités américaines. Les coaches se vendent à toi, et après tu fais une sélection en te renseignant sur les universités, les prix etc. 

Perle Pondepeyre a émis le souhait de partir aux Etats-Unis en fin de seconde, et a pris la décision en première.

La préparation du projet a mis trois ans au total, si l’on compte les diplômes à passer, le temps de contacter plusieurs facultés, faire des recherches sur les religions des universités, les échanges avec les coachs…

Elle ajoute : « L’échange avec les coachs n’est pas quelque chose que l’on fait à la légère. J’ai passé un an et demi à parler avec eux. »

Parmi ses critères de choix demeurait une chose importante : faire attention à ce qu’il y ait un aéroport international pas loin de son université.

Elle explique : « Je voulais avoir un aéroport qui faisait des vols internationaux pas loin, ou alors un consulat français à proximité en cas de problème. Pouvoir faire un Chicago-Paris dans la journée en cas de soucis, c’est plus rassurant ! »

Perle Pondepeyre souligne également que le choix de la ville est important, car si l’on va dans la campagne il faut être habitué à n’avoir que son université comme lieu de vie.

Et au contraire, si l’on va dans le centre, il faut être habitué à vivre dans une grande ville.

La joueuse déclare : « Il y a une multitude de critères à prendre en compte : Il y a des universités très croyantes, d’autres avec 30 000 élèves, certaines avec seulement 100 élèves… Bien évidemment, mes critères de choix n’étaient pas les mêmes que quelqu’un qui part pour devenir pro de golf. »

Mais quelles sont les principales difficultés qu’a rencontré Perle Pondepeyre pendant l’élaboration du projet ?

Sa plus grande difficulté a été de faire un choix parmi les coachs.

La golfeuse soulève la problématique du « choix limité » des universités, puisque ce sont les coachs qui choisissent les jeunes en premier lieu, et non l’inverse.

Perle Pondepeyre développe alors qu’à son époque, beaucoup de règles régissaient les recrutements, et que les jeunes ne pouvaient pas contacter les coachs en dehors des agences.

Elle déclare : « C’est difficile de choisir une université simplement parce que quelqu’un t’a envoyé un mail, de te faire une idée sur la faculté. Il y a tellement d’informations à savoir, et les coachs ne te vendent que le meilleur. »

La difficulté principale de la jeune femme a donc été l’absence d’information sur : « pourquoi il ne faudrait pas aller dans telles et telles universités. »

Et au niveau du financement, comment cela s’est-il passé pour la golfeuse ?

Perle Pondepeyre a obtenu une bourse à hauteur de 90% dès la première année.

Dans ces 90%, il y avait une bourse sportive pour le golf, mais également une bourse d’études pour les internationaux.

Tous les élèves internationaux disposaient d’une bourse d’études supplémentaire dans cette université.

Elle nous explique alors que plus le niveau du jeune est bon, plus il aura droit à des bourses d’études annexes.

Il existe donc plusieurs types de bourses, sportives, d’études, selon la nationalité, ou même liées à la religion dans certains endroits.

La NCAA et la NAIA demandent aux sportifs au fil des semestres de passer un certain nombre de classes et de crédits, dans le but d’atteindre une moyenne donnée.

Si cette moyenne n’est pas atteinte, le jeune perd le droit de jouer au golf. Et si il perd son droit de jeu, il perd également sa bourse.

Il existe cependant des solutions pour rattraper les crédits manquants.

Le niveau universitaire des facultés américaines est-il, selon elle, plus élevé qu’en France ?

Perle Pondepeyre répond alors que cela dépend des spécialités choisies.

Généralement, les sportifs vont en classes de sport management, qui sont des classes très faciles selon elle. Cela permet aux sportifs de s’assurer une bonne moyenne sans trop d’efforts, et donc l’obtention des crédits nécessaires.

La jeune femme a quant à elle choisit le double diplômes sport et business, qu’elle a trouvé « assez difficile, et plus challenging ».

Cependant, et tout comme notre dernier interlocuteur, la sportive affirme que la première année consiste à remettre à niveau tous les étudiants, dans le but de les faire « toucher à tout », pour trouver ce qu’ils veulent faire par la suite.

Avec le recul, comment a-t-elle vécu cette expérience ?

Les six premiers mois ont été difficiles pour la joueuse en terme d’intégration, dans une ville inconnue, où elle ne connaissait personne, avec un hiver à -30 degrés, l’éloignement avec les proches…

Elle se rappelle : « Ce qui était difficile, c’était de voir ses amis aller rendre visite à leurs parents le week-end, alors que moi je ne pouvais pas. »

L’adaptation à la culture américaine a également été compliquée pour la jeune femme.

Elle souligne notamment le choc des cultures qu’elle a ressenti avec la France, en terme de nourriture et de mentalité.

« N’aimant pas le fast-food, je me suis rapidement sentie exclue avec les natifs. »

Pendant ses quatre ans sur place, ses amis ont été presque uniquement des internationaux, à part deux ou trois copines américaines.

Elle avoue donc ne s’être pas très bien intégrée à la culture américaine, mais que cela lui a permis de développer des « soft skills », tels que l’adaptabilité et l’ouverture d’esprit.

La golfeuse admet que les Américains sont malgré tout plus avenants et ouverts d’esprit que les Français, mais qu’ils peuvent aussi être très hypocrites.

A la lumière de ces enseignements, si c’était à refaire, qu’est-ce que la joueuse ne referait pas, ou bien ferait différemment ?

Elle répond : « Je choisirai une université plus grande, car au bout d’un moment tout le monde connaît les athlètes. »

Sur le plan personnel, elle avoue que si c’était à refaire, elle ferait davantage attention à son alimentation, et travaillerait peut-être un peu plus ses cours.

Cependant, elle recommencerait sans hésiter à choisir avec les mêmes critères de choix sur lesquels elle s’était basée, en terme de cours, de bourse, de taille, et de proximité avec un aéroport.

Perle Pondepeyre est aujourd’hui contrôleuse de gestion dans la finance.

Elle reconnaît que l’expérience lui a beaucoup apporté du point de vue professionnel, grâce à laquelle elle a appris des compétences liées au mental, à la compétition, mais qui sont malheureusement mal reconnues en France, selon elle.

Malgré son expérience à l’international, la golfeuse avoue avoir eu du mal à trouver un travail à la sortie de ses études.

Elle ajoute: « Dans le domaine de la finance, ils veulent voir les noms des grandes écoles types HEC, ils ne connaissent pas vraiment les diplômes étrangers. »

Avant de poursuivre : « Mais maintenant c’est devenu une force, je parle parfaitement anglais, et je connais tous les systèmes comptables ! Si c’était à refaire, je le referais ! »

Pour finir, si Perle Pondepeyre avait un conseil à donner aux futurs étudiants qui souhaiteraient tenter l’expérience, quel serait-il ?

« Je leur dirai de bien choisir leur université, et pas uniquement en fonction des coachs, car ils peuvent changer de faculté. »

Par exemple, le coach qui l’a recruté est parti au bout d’un an, elle s’est donc retrouvée avec deux autres coachs, avec qui ça ne s’est pas très bien passé.

Heureusement pour elle, le fait d’avoir bien choisi son université l’a motivé à continuer, car les sportifs ne peuvent pas suivre les coachs s’ils s’en vont.

Un autre conseil bonus : « Je leur dirai de faire bien attention à leur cours, car s’ils se blessent, le seul diplôme qu’ils auront sera le diplôme universitaire. C’est une roue de secours à ne pas négliger ! » 

  • Taille du texte: Agrandir Réduire
  • Lectures : 121
  • 0 commentaires
  • Imprimer
Modifié le
Twitter
Facebook
G+
In
pinterest

Restez informé

Recevez notre newsletter

Jeux Olympiques de golf 2021 à Tokyo : Perez "out"...
Edge Golf College : Alternative européenne aux uni...

Auteur

 

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.