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Universités américaines (II): Le témoignage d'un golfeur et étudiant à l’université Liberty

Le deuxième article de notre dossier sur le double cursus golf-études aux Etats-Unis s’axe sur l’expérience des principaux concernés, les joueurs. Deux motivations principales poussent les joueurs à partir faire cette expérience à l’étranger : Devenir professionnel de golf, ou bien financer ses études aux Etats-Unis. Ces deux motivations feront l’objet de deux articles différents. Dans cet article, nous nous concentrons sur un joueur qui a décidé de tenter l’expérience dans le but de devenir professionnel de golf, avec le témoignage du jeune golfeur Alexandre Fuchs, encore sur place, dans une université en Virginie. Comment vit-il son expérience ? Quels ont été ses critères de choix ? Et quels conseils donneraient-ils aux jeunes qui souhaiteraient eux-aussi se lancer dans l’aventure américaine?

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Alexandre Fuchs, 23 ans, termine sa quatrième et dernière année d’université, à Liberty University, en Virginie.

Ce golfeur, initié au golf depuis son plus jeune âge par son père, a commencé à pratiquer plus sérieusement à l’âge de douze ans, avec des horaires aménagés, au golf de Saint-Donat à Cannes.

Il a ensuite suivi un cursus sport-études au golf de Saint-Donat pendant quatre ans, avant d’intégrer la Prime Golf Academy au golf de Mougins.

Pour finir, il a passé un an au pôle France au golf de Terre Blanche.

Cela fait maintenant trois ans et demi que Alexandre Fuchs est aux Etats-Unis, où il a d’ailleurs, en février dernier, gagné le tournoi universitaire Seminole Intercollegiate.

Mais alors avant d’en arriver là, comment s’est passée la préparation du projet d’Alexandre Fuchs ? Quelles ont été les grandes étapes du projet pour lui ?

Le golfeur français souhaitait déjà partir suivre un double cursus aux Etats-Unis après sa terminale, cependant il n’a pas reçu d’offre d’universités qu’il visait.

Il a, à ce moment-là, eu l’opportunité de jouer au Pôle France, ce qu’il a immédiatement saisit.

Après cette année en Pôle France, il a finalement décidé de partir pour de bon.

En tout, la décision de partir suivre ce double cursus à l’étranger a pris trois ans, et seulement un mois et demi pour constituer le dossier.

La démarche d’Alexandre Fuchs a été un peu atypique, puisque c’est lui qui a pris l’initiative de contacter les coachs des universités américaines.

Il appelle ça « la jouer au culot ».

La règle d’usage veut que ce soit les coachs qui rentrent en contact avec le jeune, et non l’inverse.

Il a donc contacté une vingtaine d’universités de sa propre initiative, dont les coachs de l’université Liberty.

L’audace du jeune homme a cependant payé, puisqu’il étudie actuellement dans l’université de son choix.

Pour quelles raisons Alexandre Fuchs a-t-il souhaité tenter cette expérience ? Quelles étaient ses motivations principales ? 

Il témoigne : « J’ai voulu partir pour découvrir la culture américaine, et faire des études en même temps, essayer quelque chose de nouveau ! »

Avant d’ajouter : « Aux Etats-Unis le sport prend un tout autre niveau, beaucoup plus professionnel où tout est plus facile, avec beaucoup plus d’opportunités à la clé. »

Le sportif encourage alors les jeunes à eux aussi tenter l’expérience, insistant sur le fait que ce soit pour le golf ou n’importe quel autre sport, le sport est réellement mis en valeur, avec toute une organisation autour, des moyens etc...

Son projet professionnel est aujourd’hui de passer joueur professionnel, après l’obtention de son diplôme de fin d’études.

Son objectif final serait de rester aux Etats-Unis, et de jouer sur le circuit américain.

Si l’expérience était à refaire, le golfeur changerait tout de même quelques petits points.

Avec le recul, il affirme qu’il s’y prendrait plus tôt pour élaborer son projet, afin de contacter des universités différentes, et d’avoir plus de temps pour faire son choix.

Alexandre Fuchs précise ne pas regretter son choix actuel, mais avoue qu’il aurait aimé avoir un peu plus de délai pour choisir, avec plus de choix que ce qu’il n’a eu.

Après quelques secondes, il avoue tout de même qu’il aurait bien aimé aller dans une université « un peu plus reconnue, avec un peu plus de moyens au niveau des infrastructures. »

Sur quels critères le joueur a-t-il basé son choix ?

Ses principaux critères de choix étaient : Le ranking de l’université dans le top 50, et une localisation plutôt dans le sud, pour que la météo permette une pratique du golf toute l’année.

Préparer son dossier trop tardivement comporte tout de même son lot d’inconvénients.

Alexandre Fuchs n’a pas eu de bourse la première année, à cause de cette raison.

Sa première année lui a donc coûté 32 000 dollars tout compris (hébergement et nourriture inclus si l’on vit sur le campus).

Il a cependant obtenu une bourse intégrale (financée à 100%) à partir de sa deuxième année.

Le golfeur a décidé de vivre en dehors du campus, ce qui lui permet, selon lui, d’avoir plus de libertés par rapport aux règles de vie instaurées sur le campus, mais aussi de séjourner plus près du golf.

Concernant son intégration sur place, le premier semestre a été le plus compliqué pour le joueur, qui n’était pas à l’aise avec l’anglais.

Du fait de cette barrière de la langue, il a eu du mal à communiquer au départ, et donc à s’intégrer.

Se faire à la langue lui a pris un peu plus d’un semestre, mais l’anglais ne lui pose désormais plus aucun problème.

Il se sent d’ailleurs aujourd’hui complètement intégré dans son université.

L’intégration au niveau de l’équipe de golf (qui compte dix joueurs) n’a pas été un problème pour Alexandre Fuchs. Niveau universitaire par contre, cela a été un peu plus périlleux au départ.

Il raconte : « Le premier jour, je ne comprenais absolument rien en classe, c’était très stressant. Malgré tout, j’ai tout de même bien réussi mon parcours universitaire. J’ai été bien accueilli par les élèves, l’effet « frenchie » peut-être ? » plaisante-il.

Au niveau des cours, le joueur déclare que le système universitaire américain aide beaucoup les élèves en difficultés.

Lorsqu’un élève est en difficulté, ils mettent en place un système d’aide, et de suivi, avec des tuteurs, les professeurs ont également des « Office Hours » qui sont des heures de bureau, pendant lesquelles les élèves peuvent aller les voir pour leur poser des questions.

Le golfeur témoigne alors une réelle bienveillance du système académique envers les élèves.

Pendant la période du Covid, tous les athlètes ont cours en visio, et réalisent des tests covid toutes les semaines.

Fait assez impressionnant qui témoigne bien des moyens mis en œuvres dans les universités pour les sportifs : En trois mois, l’équipe de football américain de l’université de Liberty a dépensé dix millions de dollars en test covid, et ce, pour une seule équipe !

Imaginez donc les moyens mis en place par les universités pour leurs sportifs, et de fait l’importance qu’elles leur portent...

En effet, les moyens déployés pour que leurs athlètes deviennent les meilleurs sont assez colossaux.

Autres exemples assez parlants également, pendant la période de covid, pour les quatre tournois du semestre, les athlètes ont voyagé en jet privé pour aller en Floride.

Au niveau du matériel, Alexandre Fuchs nous raconte : « En France, si mon wedge est abîmé ou vieux, mon coach va me dire d’aller en acheter un nouveau. Aux Etats-Unis,  le coach a vu que mon wedge était usé, l’après-midi même il m’a commandé deux nouveaux wedges. »

Bilan de l’expérience, qui touche bientôt à sa fin pour Alexandre Fuchs, cela a-t-il été conforme à ses attentes ?

Le joueur admet que l’expérience a bien été conforme à ses attentes de départ, et qu’il pensait même que le niveau académique serait plus élevé.

Il explique : « La première année, je ne comprenais rien en anglais, et pourtant j’ai facilement réussi, le programme correspondait à un niveau de seconde chez nous. Il s’agit d’une année pour remettre tout le monde à niveau ».

Pour finir, si le joueur avait un conseil à donner à aux enfants de nos lecteurs, qui souhaiteraient eux aussi se lancer, ce serait quoi ?

« Je leur dirai d’y aller à 100%, c’est une expérience exceptionnelle, qui permet de sortir de sa zone de confort, mais aussi de découvrir de nouvelles choses. »

Il conseille cependant de bien faire des recherches sur l’endroit où on veut aller, et ce que l’on veut étudier, pour ne pas arriver sans savoir ce que l’on veut faire.

« Il est important d’être maître de son projet, ce qui va vous permettre d’arriver sur place sans avoir de surprises. »

Il précise également qu’il est important de ne pas faire son dossier trop en retard, afin d’avoir un maximum de choix, mais surtout une bourse dès la première année !

A découvrir, notre troisième sujet concernant l'expérience d'une jeune golfeuse partie, aux USA pour financer ses études par le golf, et pas dans l'optique de devenir professionnelle.

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