Tiger Woods dans la moins bonne forme de sa carrière sur les greens ?

Avec seulement 7 tournois disputés pour le compte de la saison 2019-2020, Tiger Woods ne pouvait certainement pas espérer figurer parmi les 30 meilleurs golfeurs qualifiés pour la finale de la Fedex Cup, et invités à disputer le dernier tournoi de la saison, le Tour Championship. Deux ans ont passé depuis sa mémorable et spectaculaire victoire sur les greens d’Atlanta, en marche vers sa 15eme victoire en majeur, quelques semaines plus tard. Woods joue trop peu, et surtout, fait incroyable, son putting l’a pour le moment lâché. A son propos, on ne peut plus parler de coups gagnés, mais de coups perdus, qu’il n’arrive pas à atténuer avec un jeu de fers, au contraire, toujours exceptionnel. Tenant du titre du Masters à Augusta, il ne lui reste plus beaucoup d’opportunités, et de temps pour se rassurer, et éviter une saison blanche.

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Evidemment que la saison 2020 de golf professionnel ne peut pas être regardée d’une manière classique étant donné la situation du coronavirus, et le calendrier inhabituel du PGA Tour.

Evidemment que les tournois de golf n’ont pas la même valeur quand ils sont disputés sans public.

Ont-ils d’ailleurs une valeur sportive ? Ne s’agit-il pas de « matchs amicaux » transformés en « match » qui comptent pour le bénéfice de retransmission TV, et donc de téléspectateurs ?

Quoi qu’il en soit, les golfeurs du PGA Tour sont tous logés à la même enseigne, et c’est bien Collin Morikawa qui a remporté le premier majeur de la saison, et dans ces conditions.

C’est bien Dustin Johnson qui occupe le fauteuil de numéro un mondial, et mérité par rapport au jeu qu’il développe depuis plusieurs semaines.

Avec l’espagnol Jon Rahm, le confinement ne semble pas avoir eu d’effets sur son tableau de marche, au contraire, de Rory McIlroy, nouvellement papa, et Brooks Koepka, renouvellement blessé.

Cela étant, au chapitre des relatives déceptions, on trouve aussi en bonne place, Tiger Woods, descendu au 18eme rang mondial, et absent des sommets des leaderboards.

Avec seulement 6 tournois disputés en 2020, Woods s’est peut-être trop économisé.

En 2018, pour son retour au premier plan, il avait eu besoin de plusieurs mois pour retrouver toute la régularité de son jeu, et dans plusieurs compartiments pour prétendre à une victoire, que personne n’aurait osé imaginer, à part lui.

Pour parvenir à la victoire sur l’ultime épreuve de la saison, la finale de la Fedex Cup 2018, Woods avait disputé 19 tournois, et complété deux secondes places, et 4 top-10 sur son chemin, et pour ce qui restera une très belle saison.

Néanmoins, il avait avoué avoir terminé la saison sur les rotules, et après ce « haut » émotionnel, il s’était relativement effondré physiquement à l’occasion de la Ryder Cup disputée de l’autre côté de l’Atlantique.

Durant l’intersaison, avec son équipe, franchement rassuré sur sa capacité à gagner contre les jeunes loups, il ne voulait néanmoins plus s’astreindre à un calendrier aussi dense, pour justement garder du jus pour les événements qui comptent vraiment à ses yeux, les majeurs et quelques tournois de fin de saison.

Cela étant, 19 tournois disputés sur 52 semaines, Woods n’a jamais été un adepte des saisons franchement denses, en comparaison du planning plus régulier des meilleurs joueurs du monde, qui jouent tous entre 22 et 24 tournois par saison.

En 2019, de mon point de vue, Woods est revenu dans son organisation trop vu au cours de la dernière décennie, à savoir jouer moins de 15 tournois par an.

Cela présente un avantage pour la préservation de sa santé, son dos en particulier, et un avantage sportif, sur sa capacité à se transcender sur des pics de formes en termes de préparation mentale, et qui ne peuvent pas être multipliés à l’infini, y compris pour un athlète de haut niveau.

Tout au long de sa carrière, Woods a justement dominé le golf mondial en ayant un talent certain pour gérer astucieusement ses pics de formes, et plus vulgairement, son « mojo » mental.

Cependant, 14 tournois disputés en 2019, c’était trop peu pour au contraire, se donner du rythme, et profiter de la pression de la compétition pour créer une tendance positive dans le jeu.

Pour bien jouer au golf, il faut jouer, et le plus régulièrement possible. Tiger ne peut pas échapper toujours à cette réalité. Ses blessures ont ramené le demi-dieu sur terre. Il n’est pas si différent des autres golfeurs.

Sa victoire au Masters a joué en trompe-l’œil sur cette réalité. Sa victoire au Japon au Zozo Championship est honnêtement purement anecdotique en comparaison de performances sur les gros tournois, comme le Arnold Palmer, le Memorial, le Player’s ou même le Genesis, sans parler des WGC où Woods n’a pas franchement brillé ces derniers mois.

Woods joue trop peu, et n’a pas su adapter son calendrier à la nouvelle réalité du COVID-19.

Eliminé de la Fedex Cup 2020 avant le dernier tournoi, il ne lui reste plus que les derniers majeurs, US Open et Masters pour sauver son année d’un bilan inexistant, et d’une saison transparente.

Sur les 6 tournois joués en 2020, mis à part une discrète neuvième place à Torrey Pines en Février, et pour sa reprise, Woods n’a pas signé le moindre top-20, et s’est retrouvé systématiquement très loin des meilleurs, au point de progressivement glisser de la 9eme place à la 18eme place au classement mondial.

La saison n’est pas tout à fait terminée, et ce classement pourrait encore se dégrader.

Sauf information dissimulée, en 2020, Woods n’était pas blessé, et pourtant son agenda va faire état d’un faible engagement en tournois, et comparable à ses années noires (2008, 2014, 2016, 2017, et donc 2020).

Le fait qu’il est peu joué n’est pour autant pas la seule raison de sa relative contre-performance.

Woods est en panne de performance au putting, ce qui est plutôt inhabituel le concernant, et son point fort.

Sur seulement 24 parties disputés en 2020, Woods a battu des records personnels dans le mauvais sens.

En nombre de coups gagnés sur les greens, le seul tournoi positif aura été le Farmer’s Insurance Open en Février où justement il a pris la 9eme place.

Quelques jours plus tard, sur son parcours fétiche, toujours en Californie, à Pacific Palissades, il a réalisé sa pire performance depuis que les coups gagnés sont comptabilisés, à savoir depuis 2004.

Il a tout bonnement perdu 8 coups sur le reste du champ des joueurs pour le putting.

Depuis la reprise du golf, ses performances ne se sont pas améliorées. Sur quatre tournois disputés, il a perdu des coups sur les greens à chaque fois : Un record pour lui !

Même en 2014, alors qu’il jouait à l’évidence blessé, il n’avait pas aussi mal putté que cette année.

Comparativement à 2018, cette méforme au putting se traduit par seulement 39% de trous terminés avec un seul putt, contre 42% deux ans plus tôt.

Pire, son nombre de 3 putts a significativement doublé selon les statistiques compilées par le PGA Tour, passant de moins de 2,7% de trois putts à plus de 4%.

Ci-dessus, j’ai compilé ses principales statistiques de putting sur 2020, 2018, mais aussi 2013 (numéro un mondial) et encore 2010.

Sans surprise, on constate bien le net retrait du Tigre dans ce compartiment du jeu sur l’année en cours. Cependant, les chiffres traduisent aussi une tendance de fond, et une légère érosion de sa compétence au fil du temps.

Cela commence à se percevoir sur les putts à moins d’un mètre 20, et c’est plus spectaculaire sur les putts à moins de 3 mètres.

Est-ce seulement l’effet du putter ? Est-ce seulement l’effet du temps d’entraînement ? Est-il possible que ce soit une érosion lié à l’âge ?

Cette dernière question semble difficile à prouver. A titre de comparaison, un golfeur comme Phil Mickelson, une autre légende du putting a continué à s’améliorer sur la même période observée, entre 2010 et 2020. Il putte pratiquement mieux ou au moins aussi bien à 50 ans comme à 40 ans.

En Novembre prochain, Woods devra lui défendre sa veste verte à Augusta, et sur les 92 participants, si on devait prédire sa performance sur la base de son putting actuel, Tiger ne pourrait pas ambitionner de se classer mieux que 85eme !

A l’occasion du premier majeur de l’année, le US PGA Championship disputé à Harding Park cet été, Woods avait changé de putter (jamais un très bon signe) pour prendre un prototype de la marque Scotty Cameron avec un manche plus long, et pour lui permettre de s’entraîner plus longtemps, et sans douleurs dorsales.

Toute la question est de savoir dans quel état physique Woods se trouve réellement… Son choix de putter est-il seulement dicté par sa forme physique ?

Woods est connu pour avoir beaucoup gagné de tournois de golf avec son putter fétiche, déjà un Scotty Cameron Newport 2 GSS.

Si ce dernier ne l’utilise plus, quelle incidence sur sa performance sur les greens ?

Le nouveau modèle est toutefois très proche, avec la possibilité d’ajuster les poids sous la semelle (Woods veut ajouter du poids en tête par rapport à des greens plus lents).

Cependant, son ami de longue date, Steve Stricker, a confirmé à la presse américaine que Woods avait changé de putter pour s’entraîner plus longtemps, avec un manche plus flexible, et plus long.

Habituellement, son putter traditionnel mesure 35.25 inches, alors que le nouveau putter mesurerait 35.50 inches, un soupçon plus long…

A titre de comparaison, sur le PGA Tour, en moyenne, les putters utilisés par les joueurs mesurent 34 inches de long.

Le fait d’utiliser un putter plus long aurait pour effet de réduire le « stress » sur la partie basse de son dos.

S’agissant du matériel de golf, tout au long de sa carrière, Woods a souvent réalisé des changements dans le but d’être plus performant. Quand quelque chose ne fonctionne pas, il cherche rapidement une meilleure option.

L’an passé, Woods a descendu la rigidité de ses manches sur ses clubs TaylorMade, pour gagner en vitesse de swing, et mettre moins de pression sur son dos.

S’agissant de son putting, le matériel ne peut pas être le seul facteur qui explique une moindre performance. Quoi qu’il en soit, il a moins de deux mois pour trouver la solution, et revenir à Augusta dans le but de gagner son 16eme tournoi majeur.

Mis à part le putting, son jeu de fers peut en l’état actuel lui permettre d’être dans la liste des potentiels vainqueurs.

Crédit photo : Robin Alam/Icon Sportswire

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