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Tiger Woods : Une victoire à Augusta et un cut manqué à Portrush

Quel bilan tirer de la saison 2019 de majeurs pour Tiger Woods après une victoire au Masters, et deux cuts manqués ? Plus largement, alors qu’une décennie de majeurs vient de s’achever pour le golfeur de 43 ans, avec justement une seule victoire en avril dernier, quelle tournure pourrait prendre la prochaine décennie ? Ressuscité, il y a seulement quelques mois, les attentes des fans sont parfois très/trop fortes. Et si le miracle, ce n’était pas déjà de considérer qu’il est toujours là, et que l’on parle encore de son avenir sportif pour les 5 à 10 ans à venir…

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La question sur le bilan en majeur de Tiger pour la saison 2019 se pose forcément après avoir connu un haut extraordinaire, avec cette victoire si longtemps attendue au Masters, à Augusta, en avril dernier, et parallèlement deux cuts manqués, à l’US PGA Championship, et dernièrement à l’occasion du British Open, en Irlande du Nord.

La tentation est tout de même de balancer la réponse vers de l’extrêmement positif.

La victoire au Masters a été un moment historique, en même temps que de rassurer sur les capacités du Tigre, à court terme.

Derrière, l’US PGA est arrivé trop vite (question de calendrier).

Woods n’était pas encore redescendu de son nuage.

A la différence des majeurs qu’il enquillait dans les années 2000, il a mis 11 ans à regagner un majeur.

Il était légitime que son approche mentale des tournois suivants ne soit pas comparable.

21eme de l’US Open, il n’a jamais vraiment semblé en mesure de pouvoir peser sur le déroulement du tournoi, à Pebble Beach.

L’émotion du Masters était certes en train de se dissiper, mais à la différence de l’année précédente, celle de son retour en 2018, il fallait admettre que la victoire au Masters avait agi comme une forme de décompression.

L’an passé, son programme de 18 tournois avait révélé une véritable montée en puissance, jusqu’à sa victoire finale au Tour Championship, à Atlanta, déjà vécue comme un exploit.

Quelques jours plus tard, à Paris, il avait montré de réels signes de fatigues, et déjà une forme de décompression, soulagé et rassuré de pouvoir gagner à nouveau.

Cette année, il a gagné très tôt dans la saison, et il faut admettre que sa saison 2019 ne révèle pas cette même montée en puissance et progressive, bien au contraire.

En arrivant à Carnoustie en juillet 2018, il avait déjà disputé 12 tournois, et sur ce majeur, il avait été dans le coup pour gagner contre Molinari. La tension autour d’une nouvelle victoire en majeur était à son comble.

Conséquence du nouveau calendrier, et d’un choix assumé de légèrement moins jouer, Woods est arrivé à Portrush avec seulement 9 tournois dans les jambes, et surtout pas dans un rythme aussi performant que l’an passé.

A la différence de l’an passé, entre l’US Open et le British, Tiger n’a pas ajouté de tournoi.

En 2018, derrière son US Open manqué, il avait pu se remettre dans le coup avec une 4eme place au Quicken Loans, à Washington.

Dans les faits, depuis sa victoire au Masters, sans utiliser des mots trop dures, Woods a traversé la saison comme un fantôme. Il n’a pas assez joué, et surtout n’a pas été assez performant, mis à part une 9eme place au Memorial.

Statistiquement, il ne joue pas moins bien que l’an passé.

A quelques mètres près, il drive toujours en moyenne autour de 300 yards (303 de moyenne en 2018 contre 296 en 2019), et même un peu plus précis cette année avec 65% de fairways en régulation contre 59% l’an passé.

Il arrive aussi plus souvent sur les greens (71% contre 67%).

Par conséquent, sa moyenne de birdie est en légère hausse (4,3 contre 4 en moyenne par parties).

Sa moyenne de score est légèrement meilleure (69,8 contre 69,3).

Cela reste excellent et du niveau d’un top-5 mondial, même si on peut se demander si ses statistiques montent, car il joue moins…

Si on cherche la petite bête, il n’y a guère que dans le putting où sa moyenne a baissé d’un coup (29,5 putts contre 28,5).

En somme, la saison de Woods peut se résumer à une victoire pratiquement inattendue au Masters, et puis, derrière, un peu plus rien, surtout parce qu’il a moins joué, mais pas franchement moins bien joué, malgré deux cuts manqués en majeur, et une place de 21eme à l’US Open.

Alors certes, son premier tour grimaçant à Portrush, terminé en 78, avec seulement un premier birdie au 15 a été largement commenté, et les inquiétudes le concernant ont recommencé à surgir sur les réseaux sociaux.

Il faut préciser qu’ils ont été plusieurs parmi les meilleurs à souffrir lors du premier tour, et par exemple, le malheureux Rory McIlroy.

Jeudi, Woods n’est pas apparu au mieux de sa forme, ni même reposé après plusieurs semaines de coupures.

Jouer moins pour jouer plus longtemps, la stratégie qu’il affiche cette année n’est pas pour le moment très convaincante.

Sans chercher à noircir le tableau ou s’inquiéter outre-mesure pour sa santé, le lendemain, Woods a joué 70, insuffisant pour passer le cut, mais suffisant pour démontrer qu’il n’y avait pas de quoi s’inquiéter sur sa santé ou sa motivation.

Avec Woods, McIlroy, Day, DeChambeau ou encore Woodland n’ont pas passé le cut.

Ce cut manqué n’est pas si anodin. Il clôture une décennie de majeurs pour Woods, une décennie terrible au regard de la précédente.

On peut parler d’une décennie gâchée principalement par les blessures.

Entre 2010 et 2019, Woods a joué 28 des 40 majeurs, et manqué 8 cuts. En comparaison, la décennie précédente, il en avait manqué seulement 2.

Pendant les années 2000, il a collecté 12 de ses 15 succès en majeurs.

La décennie suivante a commencé par son fameux accident de voiture qui allait déclencher le scandale et les révélations.

De retour au Masters 2010, après une pause d’une durée indéterminée, il ne pensait pas encore que la décennie à venir allait être terrible pour lui.

En 2013, probablement sa dernière meilleure saison complète, avec le titre de numéro un mondial, il ne remporta néanmoins aucune victoire en majeur.

Sans revenir sur la longue liste de ses blessures, de 2014 à 2018, il ne sera jamais réellement en mesure de jouer sa chance à fond.

Son excellente saison 2018 terminée en apothéose au Tour Championship l’a remis sur le devant de la scène.

On pouvait se prendre à rêver à une victoire en majeur.  

Il l’a obtenu au point de suggérer l’idée qu’il pourrait bien en fin de compte rattraper le score de Jack Nicklaus, et ses 18 majeurs.

The Open paraît justement avec le Masters, le majeur le plus accessible pour un Woods dans la quarantaine.

Ce ne sera pas pour Portrush, un parcours que Woods n’avait jamais joué jusque-là.

Comparativement à l’US Open ou l’US PGA, qui semblent réservés aux joueurs surpuissants comme Koepka et Woodland, Royal St-Georges en 2020, et surtout Saint-Andrews en 2021 pourraient être des occasions de victoires réalistes pour Woods.

Cependant, une question pourrait se poser très rapidement : La qualité de frappe de balle du tigre.

Ce week-end à Portrush, c’est clairement là où le bas a blessé.

Pendant le premier tour, sa précision pour atteindre les greens n’avait été que de 55% contre 60% pour la moyenne du champ total des joueurs, et surtout 89% pour les meilleurs.

Lors du second tour, il s’est montré nettement plus inspiré avec 78% de réussite quand la moyenne des joueurs était à 67%, mais les meilleurs à 94% !

Pour améliorer son rendement, Woods a besoin d’enchaîner les parties (ce qu’il n’a pas voulu faire cette année), et/ou d’enchaîner les entraînements.

Sur ce point, sa dernière déclaration laisse entendre qu’il n’a plus les mêmes capacités ou envies que par le passé.

Connu pour être un bourreau de travail, il se veut ou lucide ou moins désireux de s’infliger de longues séances de travail

« Je n’ai plus 24 ans. La vie change. Elle avance. Je ne peux plus me dévouer à des heures d’entraînements comme j’étais habitué à le faire. Aller au practice, taper des balles pendant quatre ou cinq heures, aller jouer 36 trous, courir 6 ou 8 kilomètres, et ensuite aller à la gym. Ce temps est révolu ! »

Woods a mis du temps pour se mettre dans le rythme exigeant d’un majeur.

Son jeu ne s’est pas envolé.

En revanche, son approche très prudente, et peu consommatrice d’énergie depuis le Masters est loin de donner des résultats dans l’optique d’une autre victoire en majeur.

En réalité, à court terme, son prochain objectif sera la President’s Cup qui aura lieu en fin d’année, et dont il tiendra le rôle de capitaine.

En 2020, il sera temps de revoir son agenda, et de commencer par la défense de sa veste verte à Augusta, ce qui constituera certainement son objectif prioritaire.

Pour la décennie à venir, 2020-2029, comment faire de sérieuses prédictions concernant Woods et les majeurs ?

De 44 à 54 ans, même si Woods est une légende, et un sportif à part, comme il le justifie lui-même, il ne pourra pas afficher les mêmes qualités physiques que lors de la période 2000-2009.

Après tout sur 10 ans, et 40 majeurs à venir, sans faits exceptionnels qui le priveraient de les disputer, il lui en suffit de 3 pour égaler Nicklaus !

Quel sportif pourrait se vanter d’une telle longévité au plus haut niveau ? Une carrière de 30 ans en majeur, c’est de l’inimaginable !

Personne ne peut prétendre être dans la tête de Tiger. Pense-t-il aux dix prochaines années ? Peut-être seulement aux 5 prochaines ?

Mickelson a déjà admis à 49 ans qu’il ne gagnerait vraisemblablement plus un US Open. A quel moment, Woods se sentira hors course ? Peut-être un peu plus tard que Mickelson...

Le nouveau calendrier du PGA Tour n’est en rien une aide pour lui. L’hyper concentration des majeurs, quatre en quatre mois amenuise les temps de récupérations, et de préparations.

Certains chroniqueurs américains ajoutent le facteur climatique comme un élément supplémentaire à gérer pour Tiger,

Pour parvenir à gagner d’autres majeurs, Woods ne devra pas trop tarder, car ses chances ne vont cesser de s’amenuiser avec le temps, et chaque année qui vient va réellement le rapprocher très vite d’une fin de carrière, de toute façon exceptionnelle, même si elle devait s’arrêter aujourd’hui.

Crédit photo : David Blunsden/Actionplus/Icon Sportswire

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