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Test du capteur Whoop 3.0 utilisé par Justin Thomas et Rory McIlroy

Depuis quelques mois, les golfeurs professionnels Justin Thomas, Scott Stallings, et Rory McIlroy, utilisent un capteur placé dans un bracelet au poignet. Jusqu’à récemment, personne n’avait réellement noté ce détail, et ne s’était interrogé sur son intérêt. Un bloggeur américain a sorti un premier sujet, et notamment l’interview du fondateur du Whoop Strap 3.0. J’ai sauté sur l’occasion pour le commander, et le tester en avant-première en France. Ce capteur a pour finalité de permettre l’amélioration des performances sur le parcours, et sur le long-terme, tout en favorisant une meilleure récupération…que l’on soit un sportif amateur ou professionnel.

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Ma motivation pour acquérir et tester ce nouveau capteur « gadget » était double : D’une part, être le premier à en parler en France, surtout quand il s’agit d’une application en lien avec le fait de mieux jouer au golf, et d’autre part, particulièrement en méforme depuis plusieurs semaines, j’étais directement intéressé par le concept.

Qu’est-ce que le strap (bracelet) Whoop 3.0 ?

Le bracelet à porter au poignet contient un capteur qui suit les données de vos fonctions vitales comme les battements de votre cœur, ses variations, au repos, en activité, et en phase de sommeil. Toutes ces données collectées alimentent une application mobile (Whoop app).

Le capteur Whoop se concentre sur trois phases essentielles : Strain (effort), Recovery (récupération) et Sleep (sommeil).

L’objectif pour un « sportif » amateur ou professionnel consiste à mieux équilibrer récupération, effort et sommeil pour un entraînement optimal, et selon les créateurs « Débloquer les secrets de votre véritable potentiel corporel ».

La fonction « Strain » mesure toutes vos activités dans une journée, et pas seulement les pas, pour définir à quel point votre journée a été active. Vous pouvez déclencher des mesures plus spécifiques du capteur, via votre smartphone, quand vous démarrez une activité type golf, vélo, running, et beaucoup d’autres sports possibles…

Cette application semble beaucoup utilisée par les nageurs, les adeptes de sports d’endurances, ou encore dans le domaine du fitness.

La fonction « Recovery » vous délivre des informations sur la récupération de votre corps pendant la journée, pour savoir si vous êtes susceptible de performer. Ces informations ou « bio-metrics » sont la variation de votre rythme cardiaque en activité, et votre rythme cardiaque au repos…

La fonction « Sleep » vous aide à optimiser la façon dont vous dormez, en vous indiquant les plages de temps où vous devriez songer à vous coucher, et selon le niveau d’effort constaté dans votre journée, ou de vos objectifs sportifs à venir. Objectifs que vous pouvez librement déterminer.

Vous pouvez contrôler vos phases de sommeils, vos cycles, votre temps au lit, et l’efficacité de votre sommeil (combien de temps d’endormissement réel versus le temps passé au lit).

Mon expérience

Depuis le mois d’août, j’avais une très mauvaise qualité de sommeil, et ma forme physique était vraiment médiocre.

J’avais beau courir un peu plus souvent que le reste de l’année, ma motivation pour jouer au golf était basse, et surtout je me sentais fatigué en permanence. Le rythme, et ma charge de travail ont été encore très soutenus depuis la sortie de la web-tv.

Bien que j’ai profité du mois d’août pour essayer de récupérer, début septembre, je n’étais toujours pas en forme, et je commençais même à m’en inquiéter.

Quand j’ai découvert l’interview de Will Ahmed, le fondateur du Whoop Strap qui faisait référence à Justin Thomas, et Rory McIlroy, ce dernier que je venais d’interviewer en Suisse, j’ai donc sauté sur l’occasion pour commander son produit, en vue d’écrire un article à ce sujet.

La commande a été passée le 23 septembre directement sur le site de l’application whoop.com, seule solution pour l’acquérir.

Le capteur est « offert » alors qu’il faut souscrire un abonnement mensuel de 25 euros pour l’utiliser avec l’application mobile (gratuite).

Comptez 15 euros pour la livraison en France, et 11 euros de taxes diverses. Vous avez aussi la possibilité d’acheter des bandes supplémentaires ou une batterie de recharge supplémentaire.

J’ai acheté une bande Hydroband pour 15 euros supplémentaire. Après coup, ce n’était pas nécessaire. La première bande fourni avec le capteur suffit. Ce n’est pas très explicite sur le site (anglais) du fabricant. On croit faussement qu’il faut acheter une bande en plus.

Le capteur est déjà livré avec une bande suffisante pour assurer la fixation sur un poignet.

Concernant la recharge supplémentaire, là, je n’ai pas considéré que c’était pertinent. Dans le coffret qui est livré au bout de quelques jours, un chargeur ou batterie externe vous est proposé avec un cordon USB.

Le capteur Whoop tient en autonomie complète pendant pratiquement 5 jours sans avoir à le recharger par le biais de la batterie externe.

Quand il est temps de recharger, il suffit de placer la recharge sur le capteur, sans avoir à l’enlever du poignet.

L’intérêt d’un tel capteur est de le porter 24 heures sur 24, et donc de ne jamais le retirer.

La recharge semble très rapide (moins d’une heure), et la batterie n’est pas trop lourde. Il faut simplement penser à la charger en amont, et ce, via son câble USB à un ordinateur.

Le capteur est finalement arrivé autour du 5 octobre (comptez bien 15 jours entre la commande et la livraison en France).

Le capteur est d’une taille modeste (équivalent à une petite montre style Apple Watch), et ne pèse vraiment pas lourd, de sorte qu’il ne peut pas être une gêne, ni pendant une partie de golf, ni pendant le sommeil.

En revanche, le mode d’emploi n’explique pas suffisamment bien comment ouvrir le capteur pour l’attacher au poignet.

Il m’a paru logique de le fixer au poignet gauche. Visiblement, Justin Thomas l’a fixé au poignet droit.

Il ne faut pas trop serrer, mais faire en sorte que le capteur reste en place, sans trop de mouvements pour ne pas fausser les mesures du rythme cardiaque.

Pour l’avoir montré à un médecin (Docteur Nicole Deeb), ce type de capteur n’est pas encore monnaie courante, et elle se demandait si le capteur n’aurait pas plus de sens, porté sous le poignet, à l’emplacement de la prise du pouls.

En effet, le capteur se porte comme une montre sur le dessus du poignet.

Visiblement, depuis cette position, il capte le pouls alors que quand vous prenez votre pouls, vous le faites sous le poignet, et non pas dessus….

J’avais donc initialement deux objectifs : Être en meilleure forme, et observez si des changements dans mes habitudes pouvaient conduire à plus de performances sur le parcours.

L’usage par les professionnels

S’agissant de Justin Thomas, Rory McIlroy ou les autres golfeurs professionnels déjà « addict » à ce produit, ils veulent être au pic de performance les quatre jours d’un tournoi, et faire en sorte de maximiser la récupération.

Comme vous l’avez peut-être constaté, McIlroy sort d’une saison très réussie, avec un niveau de performance très régulier.

Le sommeil pourrait donc être une clé de cette performance. Il essaie d’aller au lit et de se réveiller au même moment chaque jour.

Si malheureusement, sur une journée, son niveau de forme est plus bas, il adapte son entrainement en conséquence, notamment son échauffement.

En fin de compte, le principe général, c’est de « mesurer » votre corps, pour ensuite mieux gérer vos actions pour maximiser vos performances.

Les premières mesures du Whoop 3.0

Au moment de recevoir le capteur, pour ne rien arranger à ma forme du moment, j’étais cloué au lit par une angine.

Les premières mesures avaient de quoi illustrer une forme déplorable, et une très mauvaise qualité de sommeil. Sans le faire exprès, j’allais tester ce capteur dans les conditions extrêmes de méformes.

La forme est justement décrite selon 3 couleurs : Rouge (mauvaise), jaune (moyenne), et verte (bonne), en même temps qu’à travers des pourcentages (0 à 33% équivaut à rouge, 34 à 66% équivaut à jaune, et 67 à 100% vous êtes dans le vert).

Pour l’utilisateur, c’est surtout l’application mobile qui revêt un intérêt informatif.

Les données remontées du capteur sont traitées, et présentées de manière à la fois simple, et exhaustive.

Un écran principal résume votre activité du mois en cours (les 30 derniers jours).

Durant cette période de test (15 jours pour ma part), j’ai joué 4 fois au golf, et couru 2 fois, ce qui donne mon degré d’effort moyen par jour exprimé de 0 à 21.

0, votre corps est totalement immobile (ce qui semble improbable), et 21, vous avez réalisé l’effort maximum du corps humain, et par exemple, couru un marathon.

Le secret d’une bonne remise en forme, et d’une préparation optimale consiste à équilibrer entraînement et récupération.

Au début de mon expérience, hors de forme et malade, mon niveau d’activité était inférieur à 5/21 par jour. Pourtant, mon niveau de récupération restait bas, à cause d’une mauvais qualité de sommeil (couché trop tard, temps de sommeil réel trop faible).

Les premiers jours, mon niveau de récupération constaté était systématiquement dans le rouge.

Constatant que le problème principal venait du sommeil, et surtout d’un temps endormi faible par rapport au temps passé réellement au lit, j’ai commencé à me discipliner sur ce point.

Alors que je m’endormais largement après minuit, j’ai commencé à me coucher plus tôt (autour de 22 heures), et pris un peu d’euphythose pendant 3 à 4 jours pour m’aider à m’endormir plus facilement, alors que j’avais trop tendance à rester éveillé jusque-là.

Rien d’extraordinaire ou de scoop, progressivement, effectivement j’ai augmenté le temps d’endormissement réel, et amélioré lentement ma forme.

J’ai surtout réduit l’écart entre le temps nécessaire et le temps réellement dormi, jusqu’à atteindre un rythme plus sain (plus de 90% de performance du sommeil).

Pour une estimation de 8h12 de sommeil nécessaire, je me suis approché de 7h31 de sommeil effectif.

Alors qu’au début de l’expérience, j’oscillais entre rouge et jaune, j’ai commencé à obtenir des journées dites vertes, signe d’une récupération adaptée à mes efforts.

Pendant ce laps de temps, je me suis remis à jouer au golf plus régulièrement. Sur 15 jours, j’ai joué au moins 4 fois, deux 9 trous, et deux 18 trous.

Sur ces parties, mon niveau de performance par rapport au score a été décevante avec deux 9 trous joués 11 au-dessus du par alors que mon objectif raisonnable était autour de 5 ou 6, et deux 18 trous joués 21 et 29 au lieu de 10 à 15 coups au-dessus du par.

C’est difficile d’affirmer qu’il y a une cause à effet direct entre contre-performance et forme moyenne. Disons que c’est une explication possible.

A ce stade du test, je n’ai pas encore expérimenté une phase de forme élevée, et une performance sur le parcours aussi bonne que celle que j’ai pu avoir en Juillet.

Ma plus grande surprise est venue de la mesure de mon rythme cardiaque pendant une partie de golf !

Pendant une partie de golf de 18 trous à Courson en région parisienne, en portant le sac sur le dos (15 kilos), mon rythme cardiaque a fortement oscillé entre 100 et 150 battements durant les quatre heures du jeu.

Selon Whoop, cet effort était raisonnable pour me renforcer physiquement, mais pas assez fort pur me brûler ou m’épuiser.

J’ai consommé 1300 calories avec un rythme cardiaque moyen de 115 battements.

A titre de comparaison, sur une séance de running sur seulement 3 kilomètres, je consomme 371 calories avec un rythme cardiaque moyen de 141 battements par minute avec un pic à 166.

A la différence du golf, l’activité running est plus constante en effort à un niveau cardiaque plus élevé.

Ce qu’il faudrait faire

Pour obtenir une performance optimale, il faut en fait rapprocher un niveau de récupération proche de 90%, avec en même temps un niveau physique élevé (environ 14/21).

A l’inverse, un niveau de récupération plus bas, avec un niveau d’effort supérieur indique une charge trop forte, et donc un risque de blessure.

Un niveau de récupération élevé avec un effort faible, et vous accélérez votre récupération.

Conclusion

Est-ce que le Whoop strap est indispensable ? Finalement, c’est beaucoup de bon sens. Il n’y a absolument rien d’extraordinaire à essayer d’équilibrer récupération et effort.

Obtenir une bonne qualité de sommeil relève aussi du bon sens.

L’intérêt se trouve plutôt dans le fait de le mesurer avec précision, et d’utiliser l’application comme un « coach » virtuel, pour, avec plus d’informations, entrer dans une préparation optimale pour la performance.

Pour un amateur, je trouve que le fait de « monitorer » son rythme cardiaque peut avoir un intérêt qui va au-delà du sport, et devient utile pour évaluer sa santé.

Le côté amusant de l’application vous motive à chercher ce meilleur équilibre entre effort, récupération et sommeil.

Chaque matin, je me suis réveillé avec la curiosité de connaître mon niveau de récupération. En 15 jours, j’ai nettement amélioré mon hygiène de vie. Cela ne s’est pas fait en un jour, mais en deux semaines, c’est tout de même rapide.

Je n’ai pas encore expérimenté d’être en forme à 100% (seulement 75%), mais j’imagine que pour le jeu de golf, cela peut finir par avoir une incidence positive.

25 euros par mois, est-ce un prix raisonnable ? C’est peut-être le plus gros point faible de cette application Whoop 3.0 !

Comparativement à une Apple Watch qui peut sensiblement donner des indications similaires, sans la fonction coaching, l’investissement est plus facile à rentabiliser dans le temps.

On peut considérer qu’au-delà de deux ans d’usage, l’Apple Watch sera amortie alors que ce ne sera pas le cas du capteur. C’est un calcul à faire.

La motivation du consommateur sera déterminante dans le choix. Cette application ne s’utilise pas ponctuellement comme un gadget, et pour le coup, c’est son point fort.

Obligé de le porter en permanence, ce n’est pas un « truc » qui doit finir à court terme sur une étagère au fond du garage.

Son utilité indéniable pour la santé le rend même pratiquement indispensable.

Personnellement, je compte bien garder de capteur, et l’intégrer pleinement dans mon équilibre de vie, entre récupération, effort et sommeil.

Sans doute que la perception de ma très mauvaise forme a agi comme un élément moteur.

En gros, vous êtes plus sensible à ce type d’outils, quand vous ne vous sentez pas bien dans votre corps.

Quelqu’un qui se sent en pleine forme, pourra relativiser l’intérêt du Whoop. Finalement, il adopte déjà les bons équilibres dans sa vie.

La vie professionnelle peut avoir un impact relativement négatif sur son équilibre de vie, et notamment la pratique d’un sport au niveau amateur.

On l’avait déjà vu du temps du test de la préparation BeAthletik où là, c’était les postures quotidiennes qui pouvaient créer des limitations physiques négatives pour un swing de golf.

J’espère qu’à moyen terme, quand j’aurai atteint un niveau de récupération encore plus élevée, je pourrai compiler au passage de meilleures cartes de scores, bien que la forme physique ne soit pas la seule raison de mes contre-performances actuelles.

Concernant McIlroy, c’est intéressant de constater comment cette année, il a justement réussi à améliorer sa condition physique, en parallèle de son jeu sur le parcours.

Crédit photo :  John Adams/Icon Sportswire

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Commentaires   

vivien.desbois@gmail.com
0 #1 Suite de l'articlevivien.desbois@gmail.com 30-10-2019 13:14
Bonjour,

Suite à ces 15 premiers jours, où en êtes vous maintenant ? Il serait intéressant de faire une mise à jour de cet article pour partager votre évolution dans le temps.
J'ai reçu mon capteur hier. A suivre.

Cordialement,
VD

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