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Temps de jeu et expérience golfique en France : La question du starter se pose

jeu trop lent ou trop rapide, 15% des golfeurs en France au moins se plaignent du temps de jeu

A l’occasion de notre dernière enquête sur votre expérience golfique en 2021, parmi les nombreuses réponses reçues, vous avez globalement plébiscité les parcours dans l’hexagone. Toutefois, parmi les points de vigilances que vous avez mis en exergue, on retrouve la gestion du temps de jeu, parfois trop lente, mais aussi dans certains cas trop rapide. Dans un contexte où le rôle du starter ou du commissaire de parcours est de plus en plus minoritaire, cela révèle une certaine inégalité entre les parcours sous tension du nombre de parties, et à l’inverse des clubs de membres… Début 2021, une nouvelle société, Qondor, espère apporter une réponse avec Qustom pour proposer de nouvelles façons de consommer un parcours, et donc pas automatiquement 18 trous… Si on comprend l’intérêt pour les golfs, est-ce que cela répond réellement à la préoccupation des golfeurs sur le parcours ?

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Au cours de notre enquête, nous avons relevé un paradoxe : Globalement, vous avez très bien noté les golfs sur lesquels vous jouez, et la filière en général. A l’inverse, à l’aide du champ libre, vous nous avez laissé de très nombreux commentaires pour exprimer votre mécontentement sur la gestion du temps de jeu dans les golfs.

Ainsi, on a pu lire « Plus de sanctions pour le jeu lent » ou « Jeu trop lent certains jour » et encore « pas ou peu de personnel au départ alors que le parcours est bondé le matin »

On peut ajouter parmi les réactions « Le jeu lent est un fléau pour la pratique du golf : plusieurs joueurs débutants dans une même partie, joueurs méconnaissant les règles élémentaires, des parties de deux joueurs derrière des parties de quatre, rythme lent (dans le jeu, pour rejoindre sa balle ou le prochain trou, etc…) » conforté par l’avis d’un autre sondé « Manque un Marshall l´été, période où tous les départs sont complets, afin de lutter contre le jeu lent. (Trop de monde, absence de respect de l'étiquette) Ou alors espacer les départs… »

Parmi les réponses, vous avez été en fait très peu nombreux à demander d’autres formules de jeu même si on a pu relever l’avis suivant « Il n’y a aucune proposition ou créneau proposé pour les joueurs avec un index élevé qui pourrait prendre davantage de temps, pour jouer sans avoir au fesses d’autres parties… Il faudrait pouvoir proposer des créneaux où les départs sont réservés aux index 20 et en plus gérer des départs toutes les 20 minutes…D’autre part, il faudrait pouvoir réserver 6, 9, 12, 15, ou 18 trous selon sa disponibilité… »

Vous l’aurez noté, cette dernière remarque ajoute à au commentaire, comme une option le fait de pouvoir gérer une partie selon un nombre de trous, alors que la plupart du propos est bien centré sur le problème du temps de jeu, et l’adéquation entre niveau de difficulté et temps pour jouer.

Ce n’est pas vraiment une surprise. On ne réserve pas une partie de golf comme on réserve un terrain de tennis qui est pour soi pendant une heure ou plus.

Sur le parcours de golf, nous sommes amenés naturellement à cohabiter avec les autres joueurs, et les autres parties. Il est rare de pouvoir privatiser pour soi un parcours de golf.

Cela étant, le coût d’une partie de golf n’est pas non plus comparable à la location d’un terrain de tennis ou de squash…

Le temps de jeu est bien un sujet pour une majorité de golfeurs et de golfeuses.

Dans les faits, et masqué par vos bonnes notes, vous avez tout de même été plus de 15% à donner des notes de 1 ou de 2 sur 5, sur la question de votre satisfaction concernant la gestion du temps de jeu dans votre club.

Pour ceux pour qui l’expérience est mauvaise de ce point de vue, on a plutôt trouvé des golfeurs et des golfeuses expérimentés, et en fait aucun débutant.

58% des sondés ayant exprimé un avis négatif sur le temps de jeu avaient plus de 10 ans de pratique, au moment de l’enquête.

Et sans nous surprendre, seulement 12% de ces sondés ont déclaré être membre d’un golf privé contre 32% dans un golf de chaîne, et 47% un golf indépendant.

Pour ses pratiquants, l’expérience négative du temps de jeu pèse suffisamment pour faire baisser la note globale donnée à leur expérience golfique de 3.8 à 3.4 sur 5.

On voit bien ici que les golfeurs ne sont pas en priorité en attente d’une solution comme celle récemment mise en place par la société du Nord de la France, Qondor et son produit Qustom.

Lancée début 2021, la société de Benoit Lesur et Antoine Durand nous propose pourtant d’oublier les seules options de 9 ou 18 trous.

S’adressant d’abord aux parcours de golf, ils proposent plus de possibilités de jeu évoquant justement des contraintes budgétaires ou de temps.

« Pour les golfs, il est jusqu’ici difficile de proposer d’autres offres pour optimiser l’occupation des parcours, n’ayant pas de solution technologique à disposition pour contrôler le nombre de trous réellement effectués. C’est donc pour répondre à toutes les envies de jeu et offrir plus d’options aux gestionnaires de golfs, que la startup Lilloise Qondor lance Qustom : une solution unique de paiement aux trous joués grâce à un capteur connecté Qlip accompagnant le joueur tout au long de son parcours. »

Cette solution aurait déjà été adoptée par plusieurs golfs dont Saint-Omer, Lille Métropole, Val de Sorne et Rouen La Forêt Verte !

La start-up avait initialement menée une enquête intéressante « Sur un panel de 600 joueurs interrogés par leurs soins, 73% des golfeurs déclaraient ne pas jouer autant qu’ils le souhaiteraient, 83% par manque de temps et 35% pour des contraintes budgétaires. 70% d’entre eux trouvaient que les seules options 9 et 18 trous ne comblaient pas toutes leurs envies de jouer. »

Avec Qustom, les golfeurs jouent comme ils veulent (4, 9, 12, 14 et même jusqu’à 18 trous) et payent ce qu’ils jouent.

Concrètement, quand un golfeur se présente à l’accueil d’un golf, on lui remet un Qlip qui va être associé à son nom, et placé dans son sac.

Le joueur pourra se rendre sur le parcours, et jouer sa partie. A la fin de la partie, il rend son Qlip et est facturé du nombre de trous joués.

Pour les fondateurs, il s’agit « d’une solution génératrice de revenus, qui a déjà conquis plusieurs golfs ! Qustom est une source puissante de revenus complémentaires pour les golfs : il permet notamment de valoriser les créneaux sous-utilisés, de disposer d’indicateurs inconnus à ce jour tels que le nombre moyen de trous joués, la durée moyenne de session, le temps moyen joué par trou, pour permettre à chaque golf d’adapter comme il le souhaite sa stratégie et offres commerciales. »

Le directeur de l’Aa Saint-Omer, Roger Mortier, apportait d’ailleurs un commentaire assez positif à cette innovation « Cette solution est un outil supplémentaire pour remplir nos parcours »

En 2021, compte tenu de la nouvelle croissance des licenciés dans l’hexagone (+7% de licenciés), les parcours n’ont pas vraiment eu de mal à remplir les parcours.

La véritable question, c’est : Est-ce qu’ils ont bien géré cet afflux de nouveaux joueurs et joueuses ?

Pour 15% d’entre vous, la réponse est visiblement non, de même que vous n’exprimez pas de manière majoritaire un intérêt pour jouer moins de trous, mais plutôt pour jouer mieux les 9 ou 18 trous que vous avez l’habitude de jouer.

Je vais me permettre d’apporter mon témoignage vécu sur le terrain. En 2021, comme vous, j’ai beaucoup plus joué au golf, et principalement en France.

De janvier à octobre, au lieu de jouer 20 parties de 18 trous, j’ai joué 38 fois dans plusieurs régions du nord au sud, et d’ouest en est. Cela m’a permis de constater par moi-même le niveau d’expérience golfique qui vous est proposé.

Et inversement à vos réponses, les miennes seraient globalement et nettement plus sévères sur les différents critères de l’enquête, et notamment sur la qualité des terrains proposés ou surtout la gestion du temps de jeu.

Je ne vais pas faire la liste ici de toutes « mes mauvaises expériences », mais je vais apporter le témoignage de deux incidents symptomatiques de la situation actuelle que peuvent rencontrer des joueurs solitaires et aux green-fees notamment.

temps de jeu et gestion du parcours à Chassieu dans le Rhône

Ainsi, en mars 2021, à la fin de l’hiver, je m’inscris en ligne pour une partie de 18 trous au Golf Blue Green de Chassieu dans le Rhône, un dimanche matin.

Je passe par l’accueil où on me donne mon green-fee, et me précise que la partie comportera en plus de moi trois autres joueurs.

Au départ, à l’heure dite, je ne trouve qu’une seule personne, et finalement sans aucun autre contrôle, nous partirons à deux derrière… des parties de quatre.

La partie se déroule relativement bien. Nous ne mettons pas la pression particulière aux parties devant nous.

Au moment d’arriver au trou numéro 10, ma seule partenaire m’indique vouloir arrêter, et me laisse seul au départ du retour.

Je poursuis donc mon parcours sereinement et calmement. La partie devant moi ne fait pas mine de se rendre compte que je suis seul derrière elle, et au départ du trou 14, une partie de 4 arrive sur mon départ que je n’ai pas encore pris.

Je ne l’ai pas encore pris car tout simplement je ne pouvais pas jouer, risquant de toucher la partie devant.

Au lieu de s’arrêter en retrait de mon départ alors que j’allais taper mon coup, la partie suivante vient donc jusqu’à moi et m’invective, ne comprenant visiblement pas la situation.

Je m’explique, un peu échaudé par ce manque de tact et d’intelligence golfique, et tape finalement mon coup, non sans un boost de pression supplémentaire. Je joue ce par-4 le plus rapidement possible (je ferai le PAR en moins de 8 minutes).

Au trou suivant, je suis à nouveau bloqué, et attends au départ. Il s’agissait d’un par-5 que je vais jouer tout du long en attendant mon tour, et comme ce fut le cas depuis plusieurs trous.

Sur le green du 15, j’entends la partie suivante m’insulter et m’invectiver. En plus de 20 ans de golf, pour la première fois de ma vie, j’appelle l’accueil du golf pour lui demander de venir régler la situation sur le parcours.

Plus de 15 minutes plus tard, sans se presser, et visiblement peu enclin à intervenir, un membre du golf daigne arriver pour m’interroger.

Je lui explique la situation, et lui demande d’aller l’expliquer à la partie suivante.

Au lieu de comprendre le problème, mon interlocuteur va me répondre « ah vous savez dans ces situations, c’est la parole de l’un contre l’autre »

Cette situation est plutôt provoquée par l'absence de contrôle sur votre produit et votre service, que vous abandonnez aux pratiquants, sans venir sur le terrain pour voir comment cela se passe.

Deuxième exemple, toujours concernant un golfeur voulant jouer au green-fee.

Gestion du parcours avec un starter mais pas au départ du parcours

Plus récemment, en octobre, sur le Golf du Gouverneur dans l’Ain, je réserve par téléphone pour jouer 18 trous, et toujours un dimanche matin.

Comme pour l’exemple précédent, je donne une tranche horaire à mon interlocuteur sans l’imposer.

C’est le golf qui choisit de me faire partir à 9h20.

Je me présente au golf, je règle mon green-fee, et rien ne m’est précisé sur le contenu de ma partie à venir.

Au départ 10 minutes avant, je trouve une partie de quatre débutants pas encore en piste.

Ils mettront 15 minutes pour parcourir 150 mètres, de sorte que je n’ai vraiment pris le départ qu’à 9h30 et seul, sans partie derrière moi, et surtout sans personne avec moi.

A l’inverse de Chassieu, au départ du trou suivant, la partie devant moi me laisse passer avec le sourire, sans rien y redire.

Comme à Chassieu, ce jour-là je joue plutôt bien, et deux parties de quatre vont me laisser passer, en moins de huit trous.

Les golfeurs concernés sont alors charmants quand au milieu du trou numéro 8, plus d’une heure trente après mon départ, arrive un commissaire de parcours visiblement en train de contrôler les parties.

S’arrêtant à mon niveau, sans savoir qui je suis, il me demande donc de décliner mon identité et mon horaire de départ.

Il constate alors que j’aurai dû jouer avec trois autres joueurs d’une même famille qui ne sont tout simplement pas venus.

De là, il m’explique que devant moi, il n’y a que des parties de quatre.

De manière bienveillante de ma part, je lui propose donc d’arrêter ma partie au trou numéro 9 pour ne pas perturber les autres parties devant ou derrière, et de me faire un avoir pour les 9 derniers trous pour une prochaine partie.

Il valide ma proposition, me remercie et m’invite à rejoindre le club-house.  

Confiant j’arrive à l’accueil, sans me plaindre de quoi que ce soit, mais au lieu de me proposer un avoir comme convenu avec le starter, on va alors préférer me rembourser les 9 derniers trous, ce que je trouve surprenant, mais finalement je n’ai pas le choix.

Sur un green-fee initial à 61 euros avec la carte Golfy, on va royalement me rembourser… 11 euros pour les 9 derniers trous !

Sur le moment, je ne comprends pas très bien, et retourne à l’accueil pour interroger mon interlocutrice « Oui, Monsieur, 9 trous au Golf du Gouverneur, c’est 50 euros ! »

Initialement, je n’ai pas demandé à jouer 9 trous ! 

La pratique commerciale de ce golf du Gouverneur, en même temps que le fait de proposer un starter seulement au bout du huitième trou me laisse dubitatif.

Le problème, c’est que je ne suis pas le seul à subir ce genre de situations qui dégrade la qualité de l’expérience golf en France. C’est au moins 15% des golfeurs et golfeuses qui expriment un avis très négatif. 

Le choix réalisé par un grand nombre de parcours que de ne pas mettre de starter au départ des parties est un choix économique qui se fait le plus souvent au détriment de la qualité de l’exécution de la prestation.

Cela étant, oui dans certains golfs privés, il n’y a pas de starter car à contrario, la pression en nombre de parties n’est peut-être pas aussi soutenue, et donc les potentiels risques de conflits plus faibles, et avec une population de membres qui se connaissent un peu plus, et sont plus vigilants les uns aux autres.

Qu’en sera-t-il en 2022 ? Avec une nouvelle manne financière, les parcours vont-ils investir massivement sur la qualité de l’expérience, et renforcer comme vous le souhaitez les contrôles au départ des parcours ?

Vous avez été très nombreux à exprimer le fait de vouloir jouer autant, si ce n’est plus… Qu’en sera-t-il du temps de jeu sur le parcours ?

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