Posté par le dans Actus marques

Les influenceurs pour les marques de golf sur les réseaux sociaux : Nouveaux relais, même discours ?

Quelques années en arrière, la promotion des ventes des marques de matériel de golf passaient exclusivement par la presse de golf traditionnelle (papier), et la PLV (publicité sur lieu de vente) dans les magasins. Cette stratégie de communication permettait de toucher un maximum de consommateurs, et de pousser des promesses fortes, comme par exemple, « Gagnez 15 yards (13 mètres) au drive cette année ! ». Répétée année après année, cette stratégie a touché ses limites, et surtout le fait que c’était la marque qui s’exprimait. Avec la digitalisation, et les réseaux sociaux, de nouvelles opportunités de communiquer sont apparues, pour distiller cependant… toujours le même message.

Découvrez nos formules d'abonnements

Ils s’appellent Rick Shiels, Mark Crossfield, MeandmyGolf, Peter Finch, tous anglo-saxons et de véritables stars sur Instagram, et de manière générale sur les réseaux sociaux.

Ils vous donnent des conseils à travers des vidéos postées en ligne, et sont affublés du titre de « PGA Professionnal » ce qui pourrait porter à confusion.

Ils ne jouent pas sur le circuit professionnel, mais sont affiliés à l’association des golfeurs professionnels, en qualité d’enseignant ou moniteur de golf, ce qui serait peut-être un terme plus judicieux.

Quoi qu’il en soit, il semble convenable de dire qu’ils ne donnent pas ou plus de leçons en cours individuel, mais travaillent à temps plein dans le développement de leurs chaînes Youtube ou comptes sur les réseaux sociaux.

Ils donnent des leçons virtuelles ou plutôt des tips dont les golfeurs amateurs sont le plus souvent friands.

Sur un marché de près de 35 millions de golfeurs anglophones, Rick Shiels réussit par exemple la prouesse de réunir plus d’1,4 millions d’abonnés à sa chaîne Youtube, soit le double du duo de MeandMyGolf (725 000), et loin encore devant Peter Finch (371 000) ou Mark Crossfield (334 000).

En France, beaucoup rêveraient sans doute de les imiter, et tentent d’ailleurs de le faire, mais oublient un petit détail : Le marché francophone ne pèse pas plus de 500 000 ou au mieux 1 million d’individus, et tous ne sont pas influençables sur les réseaux sociaux.

On ne parle pas de la même échelle, et des mêmes perspectives.

Car c’est bien là, le sujet : L’influence qui est à l’origine de la création d’un réseau comme Instagram, inauguré en octobre 2010.

Comment obtenir beaucoup de suiveurs (followers) ?

Cela repose essentiellement et de manière très schématique sur 2 concepts : Poster des contenus intéressants, et acquérir directement ou indirectement des suiveurs.

Au démarrage, poster des contenus intéressants ne suffit pas toujours. Il faut aussi acquérir par de la publicité ces fameux followers que nous pouvons être, si toutefois connectés.

En résumé, cela veut dire dépenser du temps, et/ou de l’argent, pour acquérir une position, une visibilité, une influence.

Mais à quoi est-ce que cela sert d’influencer ? Qu’est-ce que cela rapporte ?

Si être influenceur présente un coût, et sans doute non-négligeable, on imagine que ceux qui se lancent sur cette voie ont au moins une idée, un plan ou un but à atteindre.

En quelque sorte, une manière de retrouver leur investissement ?

Prenons l’exemple de Rick Shiels, né le 3 juillet 1996 (34 ans) à Burnley dans le Lancashire (Angleterre) de parents inconnus…

Inconnus ?

En effet, la vie privé de la star Youtube est particulièrement bien protégée, au point que personne n’a réellement d’information sur qui est vraiment Rick Shiels. S’appelle-t-il d’ailleurs vraiment Rick Shiels ?

Après recherche, son véritable nom est Richard Davis Shiels.

On sait cependant qu’il a commencé à jouer au golf à l’âge de 11 ans, à Hort Common près de Bolton.

Très bon golfeur, il a néanmoins rapidement admis qu’il ne serait jamais assez bon pour jouer chez les professionnels, et ne serait donc pas un « PGA Professionnal »

Il a alors choisi la voie de l’enseignement pour devenir moniteur à l’âge de 21 ans, et notamment avec pour premier poste à The Mere (Knutsford) (source : Informationcradle.com)

Comme des milliers d’enseignants dans le monde, son crédo a été d’améliorer le plaisir, les compétences, et la compréhension du swing de golf par l’amateur.

Clairement, ce n’est pas cela qui l’a distingué des autres, et au point de devenir l’un des meilleurs influenceurs au monde.

En 2010, Rick déménage près de Manchester, au Trafford Golf Center pour y donner plus de leçons, et il lance en même temps sa propre chaîne Youtube.

C’est là le véritable début de son aventure, et de sa notoriété.

Pour la petite histoire, il a quitté récemment le Trafford Golf Center, pour créer son propre studio avec Peter Finch, le Quest Golf Studio à Lytham.

Du haut de son mètre 83, son million d’abonnés Youtube, et ses 485 000 fans sur Instagram, les sites informationcradle.com et wikifame.org imaginent que sa valeur marchande ou fortune pourrait être évaluée à 25 millions de dollars, principalement en lien avec son activité en ligne.

A noter, cette information est difficilement vérifiable... On peut simplement noter qu'il a créé la société Rick Shiels Media Limited en... décembre 2017.

Toutefois, vous noterez aussi qu’il est, à juste titre sans doute, particulièrement discret sur les réseaux sur tout autre sujet que ses tips ou tests de matériel en ligne.

Ses comptes étant en accès libre, et à la différence de Meandmygolf, il ne propose pas de section payante, ses revenues viennent exclusivement de la publicité.

Choix qu’il a assumé très vite, et notamment en confiant son image de marque, et ses intérêts à une agence digitale bien connue, et ayant pignon sur rue au Royaume-Uni : Performance 54.

Performance 54 dont la page d’accueil de son site Internet donne très vite le ton : Modern Marketing : Trusted people, Exceptionnal performance, real results

Titleist, FootJoy, Adare Manor, et bien d’autres grands noms du business du golf ont confié leurs intérêts, et images, à cette agence leader dans le domaine du marketing golfique.

On peut ainsi apprendre que l’agence a commencé à travailler avec Rick Shiels en 2016, six ans après le lancement de sa chaîne, et alors qu’il commençait déjà à peser sur l’industrie, en qualité d’influenceur.

Sur le site de Performance54, il est clairement expliqué à propos de ce partenariat « Nous gérons ses partenariats commerciaux, son apparence, et sa stratégie, et de fait, nous continuons à travailler dans le but de le faire devenir le numéro un mondial sur Youtube »

Rick Shiels est-il produit ? Oui, si nous suivons cette description, or ce produit délivre des avis et des conseils gratuits. Sa valeur se fait donc sur les budgets que les annonceurs placent sur lui.

A noter, toujours après recherche auprès du site du gouvernement britannique, Rick détient 50% de sa société, alors que Performance 54 en détient les 50 autres %

Toujours d'après la même source, le chiffre d'affaire de sa société pour l'exercice 2019 serait plutôt de 100 000 livres sterling, avec en compte courant, un solde positif de 120 000 livres.

La valeur des 25 millions d'euros est donc sans doute plus fantasmatique, même si on peut imaginer que ses followers ont une valeur théorique plus forte que les revenus qu'il génère.

Le hasard d’un autre réseau social, Linkedin, a voulu que début janvier, je tombe sur une publication dont la cible était tout sauf le grand-public.

En pleine période de COVID-19, les budgets dans le domaine du golf ne sont pas au beau fixe, en grande partie à cause des incertitudes qui pèsent sur les mois à venir.

Ci-dessus donc, un post du compte Linkedin de Rick Shiels, qui énumère quelques chiffres concernant l’état de son influence sur le net, et en particulier 133 millions de vues.

Au passage, Rick a la gentillesse de remercier l’équipe qui contribue à la construction de cette audience.

Jusque-là, pas de scoop, l’influenceur est à la recherche d’annonceurs, et met en avant ses attraits.

Mais voilà comment doit-on interpréter un post de ce même Rick, cette fois sur Instagram, le 12 janvier, deux semaines après ce communiqué sur LinkedIn ?

Rick nous explique qu’il vient de tester le driver le plus « droit » qu’il ait jamais testé dans sa vie, le PING G425 Max.

Hasard ou coïncidence ?

Je suis confus. Je suis perdu. Je ne sais plus.

Quelle est la valeur de ce conseil ? Quelle est sa véracité ? Combien PING a donné à Rick pour me donner ce conseil, certainement établi sur des preuves irréfutables, et certainement pas en faisant mentir des chiffres sur un launch monitor GC Quad ?

Et surtout, l’année prochaine quelle histoire Rick va pouvoir nous raconter sur ses tests de matériel ? Je ne pousserai pas le vice à me demander ce qu’il disait l’année dernière des drivers 2020…

En résumé, en 2021, le marketing dans le domaine du golf ne s’est jamais arrêté, même pas une seconde, et même pas avec le confinement.

En revanche, si vous ne prêtez pas attention, les choses ont évolué.

Cinq ans en arrière, certaines marques de matériel réalisaient de grandes PLV dans les magasins pour annoncer +15 yards !

Après avoir été moquées par les consommateurs pour ce type de communication qui trompait de moins en moins d’individus, les marques ont saisi l’opportunité des influenceurs pour ne plus passer les messages en directs, mais de manière indirecte, et par des relais censés être insoupçonnables.

Des personnes à qui les consommateurs accordent beaucoup de crédits, des pros qui donnent des conseils en ligne que personne ne soupçonne d’être intéressés puisqu’ils sont gratuits. Ce sont forcément les « good guys ».

Aujourd’hui, pour une marque, plus besoin de dire qu’elle a produit le meilleur driver du monde, du siècle, de l’univers.

Les influenceurs sont là pour ça, et si quelqu’un lève le doigt un jour pour poser une question ou si l’influenceur est décrédibilisé ? Pas grave, interchangeable, un autre prendra la place, et insidieusement, on recommencera à servir la soupe.

Les temps changent, les outils changent, les discours restent.

Ces dernières années, on a beaucoup parlé de Fake News. C’est peut-être parce qu’il y en jamais eu autant, et de la part de personnes très prompts à gagner leur vie avec.

  • Taille du texte: Agrandir Réduire
  • Lectures : 435
  • 1 commentaire
  • Imprimer
Modifié le
Twitter
Facebook
G+
In
pinterest

Restez informé

Recevez notre newsletter

Whoop 1 an après : La fausse bonne idée ?
Quelles perspectives pour les événements et salons...

Auteur

 

Commentaires   

sylvainmazieres@hotmail.com
+1 #1 Intéressantsylvainmazieres@hotmail.com 21-01-2021 16:41
Article intéressant et qui donne à réfléchir.
Il se trouve que je regarde assez souvent les vidéos de Mark Crossfield et Rick Shiels.
Je trouve leur contenu plutôt intéressant et le format agréable.
Je nuancerais le propos de l'article avec le fait que, assez souvent, ces influenceurs n'hésitent pas à affirmer que le dernier driver XX ou les fers YY ne sont pas meilleurs que la génération d'avant (peut-être aussi parce qu'ils sont "incentivés" par les marques concurrentes ?)
Bref, il est vrai que sous un aspect de testeur indépendant, la réalité n'est peut-être pas si simple...

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.