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Témoignage d'un golfeur senior : Mon premier parcours, à 71 ans, et après 6 ans sans jouer

Je vais cette fois partager avec vous la poursuite de ma reprise du golf, comment retourner sur un parcours à 71 ans, et après une interruption de 6 ans sans être allé jouer sur un parcours de golf. Après une dizaine de séances de practice et une heure de leçon, même si je savais que j’étais très loin d’avoir retrouvé mon niveau de jeu du moment où j’avais arrêté de jouer, mon envie de retrouver le parcours l’emportait sur mes appréhensions.

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Ce premier parcours, j’avais envie de le faire seul, même si avant j’appréciais les parties que je pouvais faire avec des amis.

Il y a souvent une obsession à définir chaque personne comme un introverti ou un extraverti, et bien que les personnalités ne soient pas aussi simples, même au golf, il est probablement vrai que j'appartiens à un groupe que l’on pourrait appeler des « introvertis bavards », cela existe aussi dans le golf…

Je n’ai pas peur des obligations sociales, ni de jouer au golf avec des joueurs que je ne connais pas, mais j’aime aussi être seul, ce qui pourrait signifier que je suis plus adapté au golf en solo.

Un parcours de golf en solo offre une opportunité rare, surtout pour une reprise. Quel que soit le score, vous pouvez tenter quelque chose de différent, vous pouvez obtenir votre pleine concentration pour chaque coup, ou bien tenter des coups que vous ne tenteriez pas devant des partenaires.

Cela semble simple, mais en réalité, j’ai trouvé quasiment impossible d’atteindre cet objectif. Les distractions sont inévitables, et nous pourrions même les rechercher lorsque la concentration totale devient inconfortable, la distraction et le multitâche sont ce que la plupart d'entre nous vivent au quotidien.

Au sommet de mes « prouesses » au golf il y a maintenant quelques années, je me suis rapproché de cet idéal quasi bouddhiste, lors d'un parcours en solo et où j’avais joué le meilleur score dans ma « carrière » de golfeur : 85.

Ce n'est pas un très bon score, mais pour un senior qui avait découvert le golf tard, et qui se demandait si casser 90 serait possible un jour, ce jour là, c'était pour moi comme jouer 65.

Et je sais que je n’aurais pas pu le faire en groupe. Seul, vous ne vous sentez jamais pressé de jouer par rapport à vos partenaires, vous ne serez probablement jamais pressé par ceux de derrière, et vous pouvez choisir de tolérer la lenteur de parties de joueurs plus nombreux devant vous.

Vous pouvez vous imprégner de la nature, même si vous ne faites pas vraiment attention à chaque feuille de chaque arbre.

Vous pouvez travailler vos réactions et votre comportement. Et surtout, vous pouvez tenter cet exploit ambitieux de rester à l'intérieur de vos paramètres mentaux pendant 18 trous.

Quand il faut y aller, il faut y aller…

Après un sceau de balles au practice, me voilà au départ du trou N°1. En réservant mon départ en ligne pour la fin de journée, j’avais pu choisir de partir 10 minutes après une partie de deux joueurs et 30 minutes avant la partie suivante.

Pour cette redécouverte du parcours, une de mes craintes était d’être trop lent par rapport aux autres parties, cela n’a pas été le cas, j’ai simplement du gérer la distance avec la partie de devant pour ne pas les gêner. Et quand j’ai fini par être rattrapé par un joueur suivant, j’ai préféré le laisser passer, même s’il m’a proposé de me joindre à lui.

Je savais qu’au retour d'un long arrêt du golf, la priorité devait être de récupérer mon swing et un contact de balle solide, tout en évitant les blessures. Avant d’aller sur le parcours, je me suis échauffé en m’étirant et en faisant des swings d'entraînement pour « réveiller » le mouvement de golf et le corps.

Au practice, j’avais retrouvé les bonnes sensations de mes précédents entraînements, des coups de golf toujours pas très longs, mais des balles qui volaient droit avec tous les clubs du sac.

Alors que ce premier parcours depuis longtemps aurait du être l’occasion d’appuyer sur le bouton « réinitialisation » de mon état d’esprit, je suis à nouveau redevenu mon pire ennemi sur un parcours de golf.

Même si je m’attendais à frapper des coups médiocres, à faire des tops et des grattes, et à rater des putts, cette réinitialisation aurait du être le début d'un tout nouveau moi sur le parcours, et ce n’a pas été le cas.

Le tempo aurait du être mon objectif principal, et je n’en ai pas tenu compte. J’aurais du aborder ce premier parcours comme une séance d’entraînement, et ne pas tenir trop compte du score, de toute façon il ne pouvait qu’être mauvais.

Je n’aurais pas du marquer mes scores sur chaque trou, mais c'est plus facile à dire qu'à faire, comme une majorité de golfeurs j’aime bien noter mes scores, considérant que c’est comme un baromètre de mon jeu.

Les erreurs stratégiques

Au lieu de choisir des cibles intelligentes pour éviter les dangers, j’ai voulu jouer plus agressif que mon jeu ne le permettait, au lieu d’être plus défensif et jouer la prudence.

La grande différence avec le practice, vous le savez tous, c’est que sur le parcours, le golf est rempli de paramètres différents, tels que l'emplacement de la balle, la hauteur de l'herbe, la direction du vent, les vitesses des greens, leurs pentes, et bien plus encore.

Tous ces paramètres, on ne peut pas vraiment tous les reproduire au practice, je pense que c’est pour cela que quelquefois on peut avoir l’impression de bien jouer au practice avant un départ, et ensuite de ne pas retrouver les mêmes sensations sur le parcours.

Même si au practice les coups partaient bien, j’ai raté tous les drives. En fait le driver, pour moi, c'est comme tenir un dragon en laisse quand on n’est pas dompteur de dragon...

Le driver est le club le plus difficile à frapper pour la plupart des gens, je n’aurais pas du le sortir du sac pour ce premier parcours.

Avant de retourner sur le parcours, j’avais pris une leçon avec un pro, qui entre autre, m’avait demandé de moins serrer mon grip, je pense que sur ce premier parcours, j’ai oublié ce conseil. Cette tension se répercute des mains aux épaules, empêchant un swing fluide.

Dans mon précédent article sur ma reprise du golf au practice, j’avais constaté que le golf ce n’est pas comme le vélo, cela s’oublie…

Je l’ai à nouveau constaté sur ce premier parcours. J’ai retrouvé des difficultés que j’avais oubliées : la pression sur un départ avec de l’eau en jeu, sortir une balle du rough, jouer la balle dans les pentes quand elle n’est pas au niveau des pieds, puis devant le green hésiter entre une approche levée ou roulée, etc.

Ce que je n’avais pas oublié, c’est le putting. Avant le départ, je n’avais pas pu faire quelques putts d’entraînement sur le putting green, les jardiniers étaient en train de le tondre.

C’est pourtant dans ce secteur du jeu que cela c’est le mieux passé. À part sur le green du premier trou qui était encore mouillé, et où j’ai mal jugé la vitesse de mon putt, il avait plu quelques heures avant, dans l’ensemble j’ai bien putté sur les autres greens.

Déçu par mon golf, mais tellement heureux d’être revenu sur un parcours

Heureux d’être sur le parcours, je me sentais bien. Bien entendu, je me serais encore senti mieux si j’avais réussi plus de coups décents. Mais l’essentiel cela a été de profiter et apprécier la beauté de l'environnement dans lequel je jouais, cela fait tellement de bien après avoir été aussi longtemps sans arpenter les fairways.

Finalement il me faut faire preuve de patience pour ce retour, et profiter de mes bons coups, même si pour le moment, il n’y en n’a pas eu beaucoup. 

Comme pour ma reprise au practice, où il m’aura fallu une dizaine de séances pour retrouver un swing à peu près correct, je pense qu’il me faudra sans doute faire une dizaine de parcours pour essayez simplement de retrouver un bon rythme.

Je vais me fixer de petits objectifs. Essayer de faire deux pars d'affilé ou deux bogeys d'affilé, et essayer de rentrer des putts de plus d’un mètre.

Il ne fait aucun doute que travailler sur le ressenti autour des greens, la mécanique du swing complet, la forme physique, etc., sont tous très importants lorsque l’on revient après une longue interruption.

Le fait qu'il y ait tant de compétences différentes nécessaires pour bien jouer au golf ne me permet pas de déterminer laquelle est la plus importante.

Au cours de ce parcours, j’ai pu ressentir de la colère, de la frustration, de l'ennui, et même de la résignation.

Mais ce qui est bien quand on a la possibilité de faire un parcours seul, c'est que le temps est à vous, et même si vous ne pouvez pas choisir si ces émotions viennent, vous pouvez choisir exactement comment vous réagissez à ces émotions.

C’était mon premier parcours depuis longtemps, et si j’étais déçu de ne pas avoir retrouvé mon niveau de jeu et réussi quelques bons coups, je sais que les premières fois, dans tous les domaines de la vie, sont rarement une réussite, mais elles ouvrent la voie à de meilleures choses à venir.

Le point le plus positif, c’est que j’ai pu reprendre confiance en mes capacités physiques pour faire à nouveau un parcours de golf sans avoir à forcer, et de pouvoir maintenant être capable de m’insérer sans craintes dans une partie avec d’autres golfeurs.

Et finalement, une mauvaise journée au golf est toujours meilleure qu’une journée à « glander » ou à regarder des séries à la télévision.

J’espère que ces réflexions pourront vous être utiles, à vous ou à un proche que vous voudriez remotiver à reprendre les clubs de golf, quelque soit l’âge, et même après une longue interruption…

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