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Sébastien Reisky : « Il existe une grande inégalité dans le golf »

Toujours dans l’objectif de vous faire découvrir les golfs de France, nous avons interrogé Sébastien Reisky, directeur depuis 2019 du golf Bluegreen de Guerville dans les Yvelines. Ce golfeur, qui a le golf dans la peau depuis ses trois ans, nous explique, à travers ce portrait, son parcours, sa passion pour le golf, mais aussi comment il intègre les problématiques liées à l’inégalité hommes/femmes dans le golf, ainsi que les problèmes liés au réchauffement climatique sur son golf.

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Sébastien Reisky, fils de parents golfeurs, joue au golf depuis ses trois ans.

En 2019, à 31 ans, il a pris le poste de directeur du golf de Guerville dans les Yvelines.

Il a commencé à travailler chez Bluegreen, il y a plus de dix ans, lors de son BTS management, en alternance au golf de Pessac, en tant que apprenti chargé de clientèle.

A la suite de son diplôme, il y est resté six ans et demi, en grimpant les échelons.

D’abord chargé de clientèle, puis dans la gestion de la boutique, responsable de l’accueil…

Malgré son index de -1, le directeur ne trouve désormais que très peu de temps pour jouer.

Il explique : « L’été, j’essaie tout de même de trouver du temps pour faire au moins neufs trous, cela me permet de me rendre compte de l’état du parcours, et de ce qu’on a à travailler. »

Ce qui plaît le plus à ce golfeur dans son travail, c’est la diversité des clients auxquels il a à faire, mais aussi la multitude de tâches à accomplir : la gestion du personnel de restauration au golf, en passant par la gestion de l’enseignement…

Il poursuit : « Nous sommes loin d’être les meilleurs dans tous les domaines, mais j’aime composer avec tout ce petit monde à l’image d’un chef d’orchestre ».

Ce que le directeur préfère avant tout dans le golf, c’est de partager une partie avec ses amis ou sa famille, tout en ayant la possibilité de découvrir de nouveaux parcours.

Il ajoute : « J’aime également le combat que l’on mène pendant une partie, surtout dans un mauvais jours, où on doit affronter nos pires démons. Mais le plus important reste le 19ème trou ! »

Le golf de Guerville compte 250 abonnés, avec un ratio de 75% d’hommes et 25% de femmes environ. Chiffres qui sont d’ailleurs représentatifs du pourcentage d’hommes et de femmes dans le golf en 2020.

La clientèle de ce golf est assez variée selon le directeur, qui explique que le meilleur joueur doit avoir 6 ou 7 d’index, et que la clientèle va de 5 ans à 90 ans environ.

Il affirme que Guerville est un golf convivial et familial avant tout.

Son but serait de rajeunir petit à petit la clientèle, mais comme il le précise aussitôt, « Cela demande du temps ».

Selon lui, la force du golf de Guerville, c’est avant tout son parcours assez court, mais technique, très intéressant à jouer, avec des paysages variés.

Il développe : « Un joueur qui ne tape pas loin, mais droit, peut très bien scorer ici. Il est facilement abordable, et ne présente pas de sélection par la longueur. »

Nous l’aurons bien compris, il s’agit donc d’un parcours où les joueurs peuvent se faire plaisir, peu importe leur distance.

Concernant la problématique des débutants qui commencent le golf, mais abandonnent rapidement, Sébastien Reisky répond qu’il y a, selon lui, beaucoup de raisons à cela.

Il explique : « Dans un premier temps, chez Bluegreen, cela fait plus de dix ans que nous organisons des initiations gratuites, afin de faire découvrir notre sport au plus grand nombre. »

Cependant, pour lui les causes du faible nombre de nouveaux licenciés chaque année seraient avant tout le manque de temps, et donc le fait de préférer jouer occasionnellement avec un green fee, plutôt que prendre une licence…

Pour conserver les nouveaux clients, le directeur affirme qu’il faut parvenir à créer des groupes de « copains », pour ensuite les amener rapidement sur le parcours, car « tout l’intérêt du golf se trouve sur le parcours ».

Il ajoute : « Il y a sûrement aussi une éducation à faire chez les plus jeunes via le scolaire, il n’y a jamais d’informations sportives sur le golf sur les chaînes d’informations publiques, alors qu’en ce moment nous avons de très bons résultats sur la scène européenne et mondiale. »

Et les golfeuses alors dans tout cela ? 

Quant à l’inégalité homme/femme dans le monde du golf, Sébastien Reisky pense effectivement qu’il existe une grande inégalité dans le golf, liée à nos mœurs selon lui, « où la femme reste à la maison garder les enfants ».

Il explique qu’elle est aussi liée à l’histoire du golf, puisqu’il rappelle « qu’il n’y a pas si longtemps que ça, les femmes n’étaient pas conviées, ni les bienvenues sur les parcours. »

La solution pour amener plus de femmes au golf serait donc pour le directeur d’organiser plus de regroupements réservés exclusivement aux femmes, mais également trouver des solutions pour que toute la famille puisse venir au golf (comme une garde d’enfants par exemple).

L’objectif du golf de Guerville pour les prochaines années est de retrouver le même nombre d’abonnés qu’en 2015 (soit 350 licenciés, 100 de plus qu’aujourd’hui).

Sébastien Reisky explique alors, que le golf a perdu 100 abonnés dans un laps de temps de trois ou quatre ans, dû à ce qu’il appelle « une suite d’événements tragiques pour le golf ».

En effet, le sort n’a pas épargné ce golf des Yvelines ces dernières années.

Une invasion de sangliers a détérioré les fairways, des motocross ont détruit trois greens, ils ont perdu l’exploitation de quatre trous, et pour finir l’écroulement d’un mur sur la route d’accès au golf. 

Il affirme alors que l’accumulation de ces événements a créé un effet ras-le-bol chez les abonnés, qui se sont donc désinscrits.

Depuis que le directeur a pris la tête du golf, les greens et fairways ont été rétablis, et des travaux de réaménagement du parcours avec un architecte ont aidé à recréer trois nouveaux greens, ainsi que six nouveaux départs.

La crise sanitaire et ses multiples confinements ont bien évidemment aussi impacté fortement ce golf.

Sébastien Reisky nous confie à ce propos : « Le plus difficile, c’est d’avoir 0 revenu pendant les confinements, car il faut tout de même continuer à entretenir les terrains, pour qu’ils soient jouable dès la réouverture. »

Il poursuit : « Même si l’on minimise l’entretien des terrains, par exemple si on laisse de côté l’entretien des bunkers pendant le confinement, il faut deux à trois personnes toute la semaine sur le parcours pour ne pas se laisser déborder. »

En parlant de l’entretien des terrains, comment le golf de Guerville gère-t-il les problèmes de sécheresses liés au manque d’eau sur son parcours ?

Cette année, le golf de Guerville a fait installer deux sondes, une sur le green le plus à l’ombre, et l’autre sur le green le plus ensoleillé. Ces sondes leur permettent une gestion plus poussée de l’eau.

Ce processus leur permet donc une meilleure gestion quotidienne des apports en eau nécessaires, en fonction des besoins réels.

Pour mettre en place cette station météo, ils ont obtenu une participation de financement auprès de l’agence de l’eau de Seine-Normandie.

Les résultats seront donc visibles cette année, cependant le directeur est déjà formel, cela évite considérablement les pertes inutiles d’eau.

Par exemple, si il pleut pendant la nuit, les besoins en eaux du terrain se recalculent, pour déduire du prochain arrosage la pluie de la veille.

Dans la même démarche pour une meilleure gestion de l’eau, le golf de Guerville a également changé son système d’arrosage.

Avant, le golf avait une bonne partie des greens en bloc système 1, c’est-à-dire qu’une seule électrovanne gérait trois ou quatre arroseurs.

Aujourd’hui, ils passent par des électrovannes individuelles, avec des arroseurs individuels pour une gestion plus précise pour chaque terrain des apports en eau.

Ce dispositif a coûté 10 000 euros, sans la réfection des arroseurs, qui multiplie facilement par dix le coût des opérations.

Concernant la future interdiction des produits phytosanitaires sur les golfs, Sébastien Reisky nous explique que la chaîne Bluegreen a déjà commencé avec plusieurs « golfs-tests » des nouveaux projets pour compenser l’utilisation de ces produits chimiques.

Il ajoute qu’il faudra une conversion de flores sur les greens, avec des gazons plus résistants qui ont moins besoin d’eau, ainsi que plus d’opérations mécaniques pour renforcer les plantes, et leur apporter plus d’oligoéléments ».

Il affirme que : « Le but est de prendre le pli rapidement, et de tendre vers ça dès l’année prochaine ». 

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