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Revue de l’application Smartphone Putt Vision : La réalité augmentée s'invite sur vos greens

Dans le foisonnant univers des applications pour Smartphone, dont une grande majorité ne marqueront pas la postérité, nous avons testé une application 100% dédiée au putting, et dont la conception projette les golfeurs et les golfeuses dans un usage déjà futuriste. Putt Vision, vous l’avez peut-être rêvé, et ils l’ont fait (le studio visual Vertigo Gmbh) à qui on doit déjà plusieurs applications de golf, dont la populaire Shot Tracer, décrypte pour vous tous le secrets d’un green de golf à l’aide de la technologie de la réalité augmentée. Alors fini les erreurs de lectures, les mauvaises pentes, et les 3 putts ?

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Au détour d’un « surf » hasardeux sur les applications smartphone dédiées au golf, je suis tombé sur l’application Putt Vision. Je cherchais depuis déjà quelques temps une application justement dans le domaine du putting, et capable de fournir des informations, à la fois sur la distance, et surtout les pentes.

Alors que les professionnels de golf bénéficient de parties de repérages, et de l’expérience précieuse de cadets pour tout mesurer et tout connaître des greens d’un parcours, il faut bien admettre que le simple golfeur amateur est livré à lui-même, seul, sans outil, et sans aide extérieure pour déchiffrer en trop peu de temps, des greens qu’ils découvrent parfois pour la première fois.

Le golf est un sport décisionnel. Le succès d’une partie de golf dépend des bonnes décisions que vous prenez sur le parcours. Or, pour prendre des décisions, il faut de bonnes informations.

Collecter des informations sur un parcours de golf devrait être un réflexe, une seconde nature, et pourtant, c’est relativement peu enseigné aux pratiquants.

Comment lire correctement un green ?

Franchement, pour un débutant, cela n’a rien d’évident. Bien entendu, il s’agit d’anticiper la roule, la vitesse du green, et les pentes.

Comment évaluer la vitesse d’un green sans outil et au doigt mouillé ? Il existe bien entendu des solutions connues des golfeurs expérimentés et sensibles à cette cause.

Pour ma part, je mesure le putting-green avec plusieurs putts d’essais, en variant l’amplitude de mon stroke, entre mes pieds.

On peut aussi acheter un petit outil de lecture de vitesse des greens, comme le Golf Green Speed Reader.

Pour les pentes, je n’ai pas encore croisé un golfeur amenant un niveau à bulles sur le parcours, tandis que la méthode AimPoint (méthode de lecture des greens) ne s’est pas généralisée, sans doute en raison de son coût.

Pour beaucoup d’entre nous, il s’agit encore de viser à peu près.

A la différence des professionnels qui dessinent souvent des trajectoires incroyables sur les greens, pour finir par rentrer des putts longues distances, beaucoup d’amateurs essaient déjà de viser le trou, et pas forcément le point de rupture d’une pente avant le trou.

S’agissant de Putt Vision, avant le test, je pouvais donc me poser plusieurs questions : Est-ce réellement fonctionnel ? L’application est-elle intuitive, et rapide à prendre en mains ? Est-ce que cela peut me servir de formation à la lecture des pentes ? Sur le parcours, est-ce pertinent ? Et finalement, est-ce que je vais obtenir un bénéfice suffisant ?

J’ai donc téléchargé cette application en octobre, et l’ai utilisé pendant deux mois, pour me forger un avis à vous partager, et apporter des réponses aux questions ci-dessus.

Pour l’avoir testé au calme sur plusieurs putting-greens (Mâcon La Salle, et Mionnay), et sur le parcours, pendant une partie, bien entendu, je dois rappeler que ce type d’aide est en réalité prohibé en compétition.

Un des golfeurs qui m’a accompagné pendant une partie a d’ailleurs eu un commentaire tout à fait logique : « Si ce n’est pas autorisé en compétition, quel intérêt ? »

Effectivement, c’est le premier écueil pour ce type d’application, le bénéfice annoncé est parfaitement prohibé par les règles. C’est bien au golfeur de savoir déterminer la distance, et la pente d’un putt.

En apportant par le biais de la réalité augmentée une réponse précise à ces deux exigences qui caractérisent les compétences d’un golfeur, la machine remplace trop l’homme…

D’une part, oui si cela fonctionne, et d’autre part, la pratique du golf ne se résume pas toujours à la compétition.

De mon point de vue, cette application peut tout à fait avoir une vertu de formation : Apprendre à lire les pentes, et à dessiner une ligne idéale !

Après avoir téléchargé l’application, et acquitté un droit d’usage de 5 euros (modeste pour une application dont la fonction concerne 50% du jeu de golf), et comparativement à des radars de mesures, à 500, 2000 ou même 25 000 euros, et utiles pour le grand jeu, j’ai d’abord apprécié sa facilité d’usage.

Pas besoin d’être informaticien ou passer un long moment à essayer de la faire fonctionner. L’application est simple. On vous demande de « scanner » le sol devant vous (le greens), et par le biais de la caméra de votre smartphone (pout le test, j’ai utilisé un Iphone 8).

Ensuite, à l’aide d’un marqueur, vous identifiez la position de votre balle sur le green, puis vous devez marcher lentement jusqu’au trou que vous visez, et marquer le trou.

Ensuite, l’intelligence artificielle calcule la distance, et la pente entre les deux points. Cela se fait d’ailleurs plutôt rapidement (en moins de quelques secondes).

Et là, la magie de la réalité augmentée peut opérer.

Sous vos yeux ou plutôt sur l’écran de votre smartphone, en temps réel, et surtout vous pouvez bouger le smartphone, une grille apparait sur le green, avec toutes les informations utiles pour bien putter : L’alignement, la ligne cible, le sens des pentes, et le plus important, le point à viser.

Première question résolue : Oui, c’est simple d’utilisation, et le résultat est très intéressant. 20 ans en arrière, je n’aurai jamais imaginé me balader sur un green avec mon smartphone pour lire les pentes, et bénéficier d’une carte du green en temps réel, et quel que soit la position du trou, ou de ma balle !

Il faut admettre que c’est plus bluffant qu’un nouveau driver qui sort chaque année avec le même argumentaire pour plus de distance, et censé être un « game changer » !

Pour faire partie des rares golfeurs à m’être déjà baladé sur un green avec un niveau à bulles dédié au golf, je dois aussi relever qu’il est appréciable de concentrer ou condenser dans son seul smartphone, tout un tas d’outils embarqués et utiles pour le golf. C’est mon sac de golf qui s’allège.

Cependant, je dois préciser que j’ai alourdi mon smartphone de 192 Mo, le poids de cette application, alors que mon smartphone peut accueillir 64 Go. C’est donc très acceptable.

J’ajoute que jusqu’à présent, je testais une autre application dite Breakmeter qui toujours sur mon Iphone, posé au sol donnait le degré d’inclinaison des pentes près du trou.

C’est beaucoup moins complet et tout autant interdit en compétition.

Non, Franchement, Putt vision va beaucoup plus loin, sans être un outil complexe à utiliser.

Cela étant, il y a un bémol, et qui m’a induit en erreur à l’usage.

En effet, dans les options de l’application, il est possible et surtout souhaitable d’ajuster la vitesse du green, seul paramètre qui visiblement n’est pas calculé.

De base, la vitesse de green dite « green speed stimp » est enregistrée sur 8 pas, une vitesse que l’application déclare comme moyenne pour un green.

C’est peut-être vrai aux Etats-Unis, et plus particulièrement en Floride ou Californie à la belle saison, cela l’est moins en France, et notamment en hiver, endroit et moment où j’ai réalisé mon test.

Par exemple, dans le cas du putting-green de Mionnay, la vitesse que j’ai réellement pu mesurer a été de 6 pas, ce qui est une vitesse moyenne réelle pour la France.

Dans l’application, on peut (je suggère) de régler la vitesse du green de 1 à 12. Les deux bornes extrêmes sont rares.

Ce paramètre me paraît important, car si l’application mesure la distance entre la balle et le trou, et les pentes, s’il lui manque la vitesse réelle, c’est un élément de l’équation qui peut tendre à donner des résultats erronés.

Pour mon cas, cela m’explique certaines erreurs manifestes qui si je n’avais pas découvert ce détail m’aurait laissé un avis mitigé sur l’intérêt technique de l’application.

En effet, sur quelques putts à plus de 6 mètres du trou, j’ai constaté que la trajectoire recommandée n’était pas bonne, et trop éloignée du trou, ce qui était bien entendu décevant pour un tel outil.

Cette information me permet aussi de comprendre pourquoi ma toute première expérience a été négative, et justement un matin, à Mâcon La Salle, avec de la rosée sur le putting-green, les préconisations de trajectoires étaient fausses.

Après avoir passé tous les désagréments et relatives déceptions préliminaires, effectivement, l’application donne des informations intéressantes (quand on configure la vitesse du green, et sur un green relativement normal ou sans rosée).

Oui, je pense que cela peut être un bon outil pour moi d’apprentissage des pentes sur un green, et développer une meilleure conscience du sujet.

En revanche, sur une partie de golf de 18 trous, une partie de trois joueurs avec des parties devant, et derrière, j’ai réellement utilisé l’application sur… trois greens.

Non, réalistement, vous n’oserez pas mesurer tous les greens, non pas que cela prenne un temps infini, mais en fait, le plus souvent, vos partenaires n’utilisent aucune astuce pour mesurer les putts ou analyser les pentes. Il faut être réaliste. Le plus souvent, les golfeurs se contentent de visualiser ou imaginer un putt.

Le peu de temps que vous prendrez pour faire davantage pourra crisper vos partenaires. Dans mon cas, j’ai géré cet aspect en prenant ce temps que quand il ne pouvait pas objectivement donner l’impression d’abuser.

Pour cet argument, en plus de la question de la compétition, l’usage de l’application sur 18 trous ne me paraît pas réellement réaliste.

En revanche, je pense aux golfeurs qui font des reconnaissances en prévision d’un Grand Prix ou d’une compétition, et dans ce cas, sous réserve d’avoir du temps (pas être pressé par une partie derrière ou des partenaires), ils ou elles pourraient en tirer un grand avantage pour rapidement apprendre un green.

Bilan plutôt positif de mon point de vue bien que pas utilisable en compétition, et qu’il faille faire attention à la vitesse des greens ou des facteurs qui perturbent l’analyse (sans parler de neige sur le green, il semble que la rosée suffit à fausser l’analyse).

Autant, 20 ans en arrière, je n’imaginais pas un tel outil, autant, dans 20 ans, j’imagine plus facilement que les golfeurs et golfeuses du futur utiliseront des lunettes qui embarqueront directement et encore plus intuitivement ce type d’applications et informations.

Le débat sera toujours entre l’éthique du golf (les règles et traditions) et le développement moderne de la pratique (technologie, et facilité). 

Crédit photo Patrick Reed : David Hahn/Icon Sportswire

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