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Reconfinement dans 16 départements: Être ou ne pas être à 10 kilomètres d’un golf ?

Un an après le début de la crise sanitaire liée à l’épidémie de Coronavirus, le premier Ministre Jean Castex a annoncé ce jeudi, de nouvelles mesures de confinements, et notamment pour 16 départements Français. Dès vendredi, la filière golf (fédération, parcours, fabricants et encore distributeurs) était à pied d’œuvre pour tenter de trouver la bonne organisation, et ce, pour surtout gérer au mieux une nouvelle période de quatre semaines, entre restrictions et peut-être opportunités. En effet, à la différence de l’an passé, la pratique sportive n’est pas interdite, sans limite de temps, mais dans un rayon d’actions limité à dix kilomètres.

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Samedi 20 mars 2021, la France est coupée en deux.

16 départements, principalement dans les Hauts de France, en région Parisienne, et les Alpes Maritimes, se retrouvent sous l’ordre d’un nouveau confinement, sept jours sur sept, et pour au moins quatre semaines.

80 autres départements voient au contraire le couvre-feu repoussé à 19h au lieu de 18h.

Dans les chiffres, et selon les données de la FFGOLF pour 2020, un golfeur français sur quatre va donc être directement impacté par le reconfinement.

En 2020, la ligue Paris-Ile-de-France représentaient justement déjà 85 000 pratiquants tandis que 28 000 licenciés étaient enregistrés auprès de la ligue des Hauts-de-France.

Il faut encore ajouter 10 000 licenciés dans les Alpes-Maritimes.

Dans la foulée des annonces du Premier Ministre, avec son lot de nouvelles règles, la filière golf a dans un premier temps poussé un « ouf » de soulagement, puis tenté de décoder les annonces, et enfin cherché à s’organiser.

Premier constat, même si chaque annonce de reconfinement peut-être légitimement vécue comme la suite sans fin d’une mauvaise série à faux suspense, depuis un an, la peine s’allège.

Comparativement au premier confinement, les nouvelles mesures s’adaptent à la pression mise sur les ressources hospitalières dans les départements concernés, sans mettre sous cloche tout un pays.

Sans prétention de comprendre tous les tenants de cette crise sanitaire sans précédent, on peut raisonnablement constater qu’en réalité, la situation globale s’améliore, et la fin de la crise est peut-être plus proche.

Au 17 mars 2021, selon les chiffres de COVIDTRACKER pour la France, plus de 5,6 millions de Français ont déjà reçu une première dose de vaccin.

Si le rythme actuel de vaccination en France ne permet pas d’espérer une couverture totale de la population adulte française (52 millions de personnes) avant juillet 2022, on peut imaginer qu’à juin 2021, peut-être près de 25 millions d’adultes auront été vaccinés, et mis un très gros frein à la progression du virus, et en même temps aux mesures de restrictions.

Par rapport au premier confinement, la filière golf dispose donc de plus d’informations.

La Fédération annonce que les golfs sont des ERP de catégorie PA, ce qui en bref justifie qu’ils pourront rester ouverts dans les départements confinés.

Pour la Fédération, il s’agirait d’une avancée majeure, et d’une reconnaissante tout à fait marquante de notre discipline, et de la part de l’exécutif.

Cela étant, il est à noter qu’il ne s’agit en fait pas d’une mesure d’exception alors que le gouvernement n’a pas fait des annonces spécifiques sport de plein air par sport de plein air.

Arguer d’une avancée majeure ou de résultats de travaux menés sur de longs mois peut paraître à la fois hors de propos, et à minima présomptueux de l’influence d’une fédération sur son ministère de tutelle, et alors que c’est plus souvent l’inverse.

Le golf n’a pas changé de statut dans l’esprit des décideurs. C’est simplement un non-sujet que l’on essaie de nous vendre comme un succès. Le gouvernement a sans doute autre chose à gérer.

La communication de crise est un enjeu majeur.

Enjeu qu’affrontent déjà les magasins, et les fabricants, concernés par la mesure des commerces de première nécessité, et donc amenés à fermer.

Un fabricant qui nous a joint par téléphone le lendemain des annonces a confirmé une journée de vendredi compliquée, pour gérer pas moins de 50% de l’activité économique et golfique en France.

A la différence de l’an passé, majoritairement pas d’annulations de commandes de la part des distributeurs, qui cette fois, anticipent toujours une augmentation des ventes, et par conséquent, toujours une intense pression sur les stocks.

Situation qui selon notre contact haut placé ne devrait pas s’améliorer, même pas avant le second semestre 2021.

Les marques sont fortement dépendantes d’un nombre limité d’usines en Chine, et qui produisent un peu pour toutes les marques.

De ce point de vue, on retrouve une situation comparable à celle des masques au Printemps 2020, avec des pays qui tentaient de passer devant d’autres.

Callaway, TaylorMade, Cleveland… toutes les marques sont à couteaux tirés pour faire venir des containers de produits depuis la Chine. Après une forte pénurie de manches, la pression serait dorénavant sur les grips.

Au cours des derniers mois, la consommation de produits golfiques n’a finalement reculé que de -5% en France (en 2020) au bénéfice depuis la fin du premier confinement, à une forte reprise de la pratique.

Le mois de confinement pourrait servir à reconstituer un minimum de stock en prévision d’une activité encore plus forte en avril.

Cependant, les magasins concernés angoissent encore qu’Internet soit le grand gagnant du confinement, bien que d’une part, de plus en plus de golfeurs préfèrent le fitting à l’achat spontané sur Internet, et que d’autre part, avec le Brexit, les sites anglo-saxons sont à la peine.

Activité qui pourrait être principalement tirée non pas par un afflux massif de nouveaux golfeurs, mais bien plus par des reprises de licences par d’anciens golfeurs réactivés.

Cela pourrait être l’un des principaux enseignements des 18 derniers mois, finalement, en France, la crise sanitaire n’aurait pas réellement généré un fort impact de créations de nouveaux golfeurs, ce qui pourrait constituer une réelle déception sur la capacité d’attraction de notre filière en-dehors de sa sphère d’influence.

Sur ce point, pas de communication grandiloquente mis à part à expliquer que la baisse contenue du nombre de licenciés est en fait une performance.

Les résultats des licences 2020 marquent pourtant un recul des licenciés à seulement 402 000 individus, et donc une perte de 15 000 personnes, au niveau le plus bas depuis dix ans.

La création de nouveaux licenciés par an est tombée à 31 000 personnes contre 48 000 en 2011. La reprise de licences s’est quelque peu maintenue à 29 000 versus 32 000 sur la même période de dix ans.

Les golfs ont pourtant fait le plein, parce que les golfeurs ont plus joué ! On peut aussi imaginer que beaucoup de nouveaux golfeurs n’ont peut-être pas pris de licences en 2020… d’où une campagne plus pressante depuis le début de l’année, et de la part de la FFGOLF, pour transformer plus de golfeurs en licenciés. 

Cela étant les chiffres des licences 2020 donnent aussi des indications inquiétantes concernant l’avenir de la filière : Un vieillissement de plus en plus marquée de la population avec un âge moyen à 54 ans !

Le nombre d’hommes de plus de 70 ans continue d’être la plus grande part de la population golfique.

L’image du golf n’a donc pas bougé avec les effets positifs de la crise sanitaire, et notamment le besoin de plus d’espaces verts pour une plus grande partie de la population.

Pourtant, les chaines mènent des politiques commerciales très attractives qui pourraient limiter l’impression de « golf, un sport qui peut coûter cher ».

Par exemple, UGOLF met en place une formule Start4U à 29 euros par mois avec 3 heures de cours collectif, prêt des clubs, et deux seaux de balles offerts.

D’autres formules existent entre 75 et 98 euros par mois, avec cours de golf collectif à volonté, passage de la carte verte, et accès au parcours illimité (swing4u).

A l’évidence, les différentes restrictions qui ont pesé sur la pratique golfique depuis mars 2020 ont bien eu un impact sur la baisse du nombre de licenciés et du temps disponible pour jouer. La bonne surprise, c’est que finalement, pendant les périodes où cela a été possible, les golfeurs ont maximisé leur temps de jeu.

Comme aucune campagne de promotion nationale du golf n’a été menée pendant cette période pourtant propice à créer des nouveaux « nouveaux » joueurs ou joueuses, sans surprise, il n’y a eu aucun impact sur le reste de la population pour l’inciter à découvrir.

Comme d’habitude, on attend que les non-pratiquants aient l’idée du golf.

Effectivement ce phénomène n'est pas Franco-Français, à titre de comparaison, en Angleterre, selon les chiffres de Statista.com, le nombre de joueurs a aussi baissé, passant de 980 000 en 2019 à 883 000 en 2020.

Pour tirer un véritable bilan de l'évolution de la pratique golfique, il faudra néanmoins se montrer patient, et mesurer les chiffres quand la crise sera réellement derrière nous. En 2022 ou 2023, le nombre de pratiquants en France aura-t-il réellement augmenté ?

En attendant, les golfeurs, et les golfeuses vont bien être confrontés à une nouvelle sorte de fracture golfique, entre ceux qui seront contraint par une dizaine de kilomètres pour atteindre le golf le plus proche, et les autres qui au contraire, vont bénéficier d’un couvre-feu repoussé à 19h.

Pour les Parisiens, notamment ceux qui habiteraient au centre de Paris, il va falloir compter au mètre près pour atteindre par exemple le Golf de Paris-LongChamp, déjà à 11,2 kilomètres de l’hôtel de ville de Paris, dans le quatrième arrondissement.

Ceux qui auront la chance d’habiter à moins de 10 kilomètres, pourront pleinement profiter du golf, et peut-être même toute la journée.

Sur les réseaux sociaux, avant même les annonces du Premier Ministre, une certaine appréhension se faisait sentir sur le fait d’être à nouveau enfermé, et sans pouvoir jouer au golf.

Globalement, les nouvelles mesures semblent plutôt bien accueillies… par la majorité même s’il faut noter une nouvelle exode massive de Parisiens depuis les annonces.

La SNCF a déjà enregistré une hausse de 20% des réservations au départ de Paris qui s’ajoute à des kilomètres de bouchons dès jeudi.

Dans ce cas, difficile de ne pas imaginer que les golfs franciliens pourraient subir une nouvelle baisse de fréquentation, alors que déjà dans le Var, et depuis les premiers week-ends de confinements, les golfeurs pouvaient constater l’arrivée de golfeurs voisins, et donc en provenance des Alpes-Maritimes. 

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Commentaires   

pjourdan75@yahoo.fr
0 #2 Trop c'est trop !!pjourdan75@yahoo.fr 22-03-2021 14:56
Pire que le précédent !!
On se moque de nous, 10 km de rayon comme le dit l'article n'offre plus grand choix pour jouer quand habite dans Paris, même dans le XVème.
Heureusement, que l'on doit s'aérer!
Tout çà à cause de personnes inconscientes qui se foutent des règles de précaution élémentaire.
Le golf est une passion, un moment de totale liberté de concentration sur soi et son jeu. Pas du tout un sport de riches pas besoin de changer tous les ans ses clubs, l'important reste la convivialité entre partenaires d'une partie.
Golfiquement
Patrick J
mhezkia@gmail.com
0 #1 Toujours pareilmhezkia@gmail.com 21-03-2021 23:54
En lisant votre article, on se rend compte que, décidément rien ne change. Notre sport a, depuis des décennies, un problème de renouvellement des joueurs, des vieux joueurs qui s'accrochent (heureusement, d'ailleurs, sinon, il y aurait encore moins de monde dans les clubs) une démocratisation qui n'existe que dans les rêves de ceux qui pensent qu'elle arrive (Je me souviens qu'en 80, on en parlait déjà). L'image élitiste perdure toujours, il suffit de lire les revues golfiques, les plaquettes publicitaires offertes dans les clubs-houses... Pubs pour Bentley, Richard Mille, Rolex (ça c'est pour les pauvres ! ;o))) Hermès, Vuitton et compagnie, qui font l'ordinaire quotidien des achats de la majorités de golfeurs, bien-sûr. Des destinations de rêve, dans des palaces d'un luxe inouï... Je ne parle même pas des geens-fees délirants de certains golfs, des prix de certains matériels, etc... Tu joues au golf, donc tu as du fric, donc tu peux payer... et on va te faire casquer, ne t'inquiètes pas. Pour beaucoup le golf, en France, n'est qu'un marqueur de statut. Ce ne sont pas ces "joueurs" qui font la force de ce sport. Ils ne résisteront pas à la patience et l'humilité que requiert notre passe-temps favori. Acquérir un bon niveau est trop long pour beaucoup, car nous sommes dans une société de l'immédiateté où la tolérance à la frustration est de plus en plus faible. Je finis par me dire qu'en vieillissant, on devient plus patient, plus sage. Nous n'avons plus grand chose à prouver et qu'une partie où l'on a perdu 4 balles et foiré beaucoup de coups, n'est pas dramatique quand on la passe avec des gens de bonne compagnie. Pour une fois, ce pseudo confinement ne me gêne pas trop, j'ai de la chance, j'habite à 3 kilomètres de mon club. A ce sujet, un de mes amis qui est handicapé suite à un très grave accident, s'est mis au golf, il y a quelques années, m'a dit hier, qu'il avait épluché le décret ministériel, et que pour les personnes handicapées, la règle des 10 kilomètres ne tient pas, il n'y aurait donc pas de limites, ce qui l'arrange puisqu'il habite à une vingtaine de kilomètres de notre club. Pour nos amis handicapés, qui peuvent néanmoins jouer au golf, ça devrait les rassurer. Et comme je dis toujours. Take care and fuck the covid.

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