Qui est Paul Barjon à la conquête du PGA Tour, le témoignage de son ancien coach Cyril Gouyon

Paul Barjon a récemment fait parler de lui grâce à sa victoire au Huntsville Championship, sur le Korn Ferry Tour. Cette victoire, qui lui donne le droit de rentrer sur le PGA Tour l’an prochain, va représenter un véritable bouleversement dans la vie du golfeur. En faisant des recherches pour retracer son parcours, nous avons trouvé des dizaines d’articles sur ses performances golfiques, mais très peu (voire presque pas) sur qui est vraiment Paul Barjon, au-delà du golfeur ? Comment ce joueur s’est-il construit pour atteindre la 170ème place mondiale ? Quel a été son parcours ? Comment est-il en dehors des parcours de golf ? Cyril Gouyon, ancien coach du joueur lorsqu’il était en Pôle France, nous livre son témoignage inédit, sur celui qui fait la une des journaux depuis quelques jours.

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Paul Barjon est né le 19 septembre 1992, en France. Il est allé vivre à l’âge de deux ans à Dumbéa, en Nouvelle Calédonie, suite au déménagement de ses parents.

Il n’a cependant pas tiré un trait pour autant sur la France, qu’il retrouvera à ses 16 ans, pour intégrer le Pôle France de golf à Antibes.

Pour continuer son profond engagement dans le golf, et atteindre ses objectifs, il est ensuite parti faire ses études dans une université américaine en 2012, à Texas Christian University, pour quatre ans.

En 2016, fraîchement diplômé de son université, il devient alors professionnel de golf.

Il part ensuite à la conquête du Mackenzie Tour PGA Tour au Canada, où il a fini sixième dans l’ordre du mérite, avec une victoire, trois top 10, et 8 cuts passés.

En 2019, il termine numéro 1 dans l’ordre du mérite, et gagne le prix du Mackenzie Tour Player, et donc un droit de jeu complet sur le Korn Ferry Tour, l’antichambre du grand PGA Tour, son réel et ambitieux objectif.

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne suit pas le schéma habituel pour un golfeur tricolore.

Son hobbie en dehors du golf est la plongée sous-marine, et les personnages qui l’inspirent le plus : Tiger Woods et Tony Parker.

Avec sa récente victoire au Huntsville Championship sur le Korn Ferry Tour, il prend donc la 170ème place du classement mondial, mais qui est-il ?

Qui est vraiment Paul Barjon ? Comment s’est-il construit ? Quelles sont les personnes qui lui ont tendu la main à ses débuts ?

C’est dans l’objectif d’obtenir un témoignage plus personnel sur le joueur, que nous avons contacté Cyril Gouyon, ancien coach du golfeur, et en attendant de pouvoir joindre le joueur lui-même.

Cyril Gouyon, a été un personnage déterminant pour le jeune Paul Barjon, lorsqu’il avait seize ans.

Il a été entraineur national à la fédération de 2003 à 2021, et donc entraîneur de Paul Barjon en 2008, en Pôle France à Antibes.

Cyril Gouyon a aujourd'hui 46 ans, et nous explique avec émotions, que le moment de leur rencontre reste encore aujourd’hui « un souvenir bien ancré » chez lui, et qu’il en parle fréquemment aux jeunes athlètes qui rentrent en structure fédérale.

Au moment de leur rencontre, Cyril Gouyon était responsable de l’équipe de France garçons, ainsi que du Pôle France garçons à Antibes.

A ce moment-là, le pôle France était déjà constitué de ce qu’il appelle des « poids lourds », avec un projet professionnel très fort, ainsi que d’excellents résultats, comme Alexander Lévy et, Julien Brun.

Paul Barjon, originaire de Nouvelle Calédonie, ne venait en métropole que très rarement, uniquement pour jouer les championnats de France jeunes, ou le tournoi fédéral jeunes.

Il raconte : « A ce moment-là, Paul Barjon a fait une démarche que je n’avais encore jamais vue auparavant. »

En effet, Paul Barjon avait en 2008, des résultats golfiques en dessous des garçons sélectionnés pour le Pôle France, il n’était pas « dans les clous », pour intégrer le Pôle France garçons.

L’ancien entraineur explique alors que cela était aussi dû au niveau des tournois en Nouvelle Calédonie, qui ne sont pas très bien côtés. Il ne pouvait donc pas rivaliser en terme de ranking mondial.

Cyril Gouyon continue alors son récit : « Paul Barjon est venu me trouver, lors du tournoi fédéral jeunes, ce qui est déjà très rare. Jamais un jeune de seize ans que je ne connais pas, n’est venu me chercher pour me soutirer lui-même des informations sur le Pôle France. »

Il ajoute : « Il souhaitait postuler pour le Pôle France, malgré qu’il n’avait, à ce moment-là, pas le niveau pour. J’ai trouvé cela très courageux, de venir me chercher, et me dire : Viens me voir jouer, je veux jouer dans la structure Pôle France. Surtout que cela impliquait de venir vivre à 16 ans en métropole, sans ses parents, et loin de chez lui. » 

En effet, sa tranche d’âge ne lui permettait d’accéder qu’au Pôle France, et les joueurs sélectionnés sont ceux qui ont déjà des très bons résultats avérés à ce niveau-là.

Il y a alors eu une phase d’observation de ses résultats pendant quelques temps, où le coach y a découvert chez le golfeur « un personnage très intéressant, avec un gros potentiel, mais surtout une motivation hors-normes ».

La Fédération Française de golf lui a donc donné l’autorisation de recruter Paul Barjon dans le Pôle France en 2009, malgré qu’il n’avait pas encore les résultats requis.

Le golfeur, fort de la confiance que lui a accordé le coach, a eu de très bons résultats très rapidement.

Le coach se remémore que, fin 2010, lorsqu’ils ont fait la tournée des tournois américains, Paul Barjon a fini quatrième avec de très bons scores.

Il a alors eu rapidement une forte visibilité chez les coachs américains, et a eu des propositions d’universités américaines dans la foulée de ce déplacement.

Il a ensuite joué au meilleur niveau amateur par équipes, et notamment il a disputé les championnats du monde par équipes.

Il lance avec un brin d’admiration dans la voix que « Paul, c’est surtout une ascension très rapide ».

« Il est parvenu en quelques mois à peine à donner des résultats qu’habituellement les autres mettent deux ans à avoir, grâce à sa capacité d’adaptation, c’est très rare. Il s’est oublié lui-même, et a fait confiance à l’entraîneur et à ses préférences pour opérer des changements très rapides »

Il poursuit : « Il est passé d’un stade en 2008 de gamin pas encore sélectionnable en Pôle France mais qui postule quand même, à un joueur sélectionné pour les championnats du monde par équipes en 2012 ! »

Selon le coach, les traits de caractère les plus marquants chez le joueur sont son espièglerie, et sa vivacité d’esprit, mais sans jamais une once de méchanceté.

« Qui plus est, qualité rare entre un athlète et son coach, il est extrêmement honnête. C’est un bosseur, mais s’il n’a pas bossé, il ne va pas mentir et se chercher des excuses. » dit-il.

Cyril Gouyon nous raconte alors une anecdote du moment où il a su qu’ils auraient une relation d’honnêteté ensemble. 

« Nous avions organisé un week-end d’intégration pour les Pôle France, et le thème du week-end était de cibler son point faible récurrent, celui qui nous suit depuis toujours, et de ne travailler que ça, tout seul, tout le week-end. C’était très dur, et c’était pour voir la capacité d’investissement des jeunes dans leur projet professionnel. »

Il poursuit : « Je m’en souviendrai toujours, Paul a choisi le putting en pente. Je lui ai alors donné des exercices difficiles à faire tout le week-end. Bilan du week-end : « Alors Paul, tu as bien progressé ? » « Oui beaucoup ! » « Tu serais capable de répéter l’expérience tout seul ? » « Non pas du tout. »

Le coach explique alors que c’est à ce moment-là, qu’il a su que sa relation avec le joueur serait saine, et qu’il ne lui mentirait pas.

Il ajoute même : « C’est quelqu’un d'extrêmement respectueux de tout, c’est vraiment un mec bien ! Il apporte énormément de bonne humeur dans un groupe et plaisante beaucoup. C’est une perle à avoir dans une équipe. »

Avant de poursuivre : « C’est d’ailleurs pour cela qu’il a laissé une très bonne image de lui au club à Mougins, ainsi que dans son université américaine au Texas. Il a de très belles valeurs humaines. »

Concernant son évolution et sa récente actualité, Cyril Gouyon affirme que cela ne l’étonne pas de voir Paul Barjon entrer sur le PGA Tour.

Il décrit alors le joueur comme une « force tranquille », une « force de la nature », qui a naturellement des qualités de puissance qui lui permettent de jouer en rythme.

Il précise même que, malgré sa façade extérieure extrêmement lisse, parfaite et sociable, le joueur cache une détermination énorme.

En le regardant jouer aujourd’hui, son ancien coach le reconnaît dans son jeu d’il y a dix ans. Il explique que sa « trace gestuelle, sa signature est toujours là, et tant mieux ! La signature des grands champions reste présente toute leur vie, c’est important ».

La signature de Paul Barjon pour le coach, c’est avant tout un swing avec du rythme, de la puissance, et un énorme engagement du haut du corps lors de la frappe, qui représente selon lui, son engagement psychologique très important dans le jeu.

A ses débuts au Pôle France, Paul Barjon avait déjà une frappe très lourde sur tout le long jeu, et s’appuyait déjà beaucoup sur un « petit fade » régulier sur tout le long jeu également, nous raconte l’ex-entraîneur.

Aussi, il savait déjà à l’époque contenir ses émotions, que ce soit ne pas tenter un shot qu’il ne sent pas le jour J, ou alors rester très calme sur le parcours, même si ses émotions bouillonnent en lui.

Cyril Gouyon ajoute en plaisantant : « Et cela l’a encore bien aidé ce dimanche je pense, vu le début de partie, il y avait de quoi perdre son calme ! Mais Paul sait attendre que l’orage passe. »

A l’époque, son point faible était sa structuration au putting, car les greens étaient assez lents en Nouvelle Calédonie, alors qu’en tournoi ils sont assez rapides.

Le calage au putting, le chipping restaient à peaufiner, ainsi que son empreinte au swing, qui montrait qu’il n’avait pas encore développé toutes ses qualités physiques parfaitement.

Concernant le chemin que prend Paul Barjon, Cyril Gouyon n’est pas non plus étonné de son choix de rester aux Etats-Unis. Il affirme que le golfeur a toujours voulu vivre là-bas, car c’est là-bas que le golf est le plus adoré, le plus reconnu.

Au sujet de son rapport à la France, et à la Nouvelle Calédonie, il nous explique que Paul Barjon a toujours posé le mot « famille » sur la Nouvelle Calédonie.

Il ajoute : « La métropole était une étape incontournable, et un tremplin pour lui pour atteindre ses rêves. Mais il est très proche de sa famille en Nouvelle Calédonie, son papa était d’ailleurs venu visiter les universités américaines avec nous à l’époque. »

Cyril Gouyon a quitté la Fédération Française de golf, il y a quelques jours seulement, pour s’investir dans des projets de golf et santé, axés sur la rando golf, et le coaching privé.

Cependant, ce dont vous pouvez être sûr, c’est qu’il continuera à suivre les exploits de Paul Barjon dans le début de sa nouvelle vie !

Crédit photo : Julian Avram/Icon Sportswire

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