Posté par le dans Chronique de golfeurs

Redécouvrir le plaisir du parcours de golf après le confinement

Je ne sais pas si ce sera dans quelques semaines ou quelques mois, mais je ne peux m’empêcher de penser à ce premier nouveau contact avec le golf, quand la crise du Coronavirus et le confinement qui l’accompagne seront dernière nous. Je pense au parcours que j’aimerais faire, une sorte de parcours de golf de la renaissance, comme un sentiment de liberté retrouvée, même si cela peut paraître bien insouciant et égoïste, en regard avec les drames et les souffrances que ce virus aura engendré, et que cela peu aussi paraître futile de penser aller jouer au golf.

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Ce tout premier parcours, égoïstement, j’aimerai le faire seul pour prendre le temps de savourer tout ce que le golf a pu m’apporter, et que j’espère m’apportera à nouveau. C’est paradoxal je le reconnais, avec la notion de confinement qui nous isole déjà les uns des autres.

Il y a quelque chose de séduisant dans le fait de se diriger vers un parcours de golf et de jouer 18 trous seulement avec sois même.

C’est une bataille silencieuse, juste le joueur et le parcours.

Jouer seul évite la nécessité de se sentir obligé de dire ou d’entendre « beau coup » et pire encore « malchance ». Je veux juste entendre le bruit des oiseaux et du vent.

J'ai toujours aimé jouer au golf en solo de temps en temps.

Jouer seul sur un parcours a ses intérêts, c’est une expérience en harmonie avec le plein air et la nature, c’est plus de temps pour se concentrer, et une opportunité de développer le tempo dans un environnement plus tranquille.

Je sais que ce n’est pas la nature originelle de ce jeu, qui implique plutôt de jouer à deux ou surtout à quatre.

Ainsi, le golf a rejoint la lecture de livres, la musique et les grands vins, dans le panthéon des choses que je préfère quelquefois faire en solo. La grande différence, c’est que pour aller jouer au golf, je suis capable de me lever tôt.

Le jeu de golf en solo présente également pour moi des avantages, je me sens moins coupable lorsque je ramasse et rejoue ma balle après un mauvais coup, par exemple.

Mais ce n'est pas vraiment important, car soyons honnêtes, comme tous les golfeurs, je joue mieux quand personne, à l'exception des animaux impassibles qui traînent sur les parcours de golf, ne me regarde.

Le golf en solitaire permet à mon esprit de rester en jachère pendant quelques heures. Cela m'offre un espace de temps pour réfléchir aux problèmes du jour, et cela m'aide à me recharger émotionnellement.

Ce parcours, je l’imagine tout prêt de chez moi, ou très loin, peu importe. Mais une chose est certaine, je veux prendre le temps d’en profiter, et si ce jour là d’autres joueurs veulent aller plus vite que moi, je les laisserai volontiers passer.

Adeptes de l’anti-jeu lent, courez après la montre pour vite arriver au Club House, pour ma part je veux profiter de tous ce qui m’aura manqué pendant cette période de confinement.

Cette crise ne nous laissera pas comme avant, certains d’entre nous adopteront d’autres modes vies, d’autres attitudes, et le golf ne fera pas exception, ce sera peut être le moment d’avoir un autre regard sur nos objectifs, nos index, nos cartes de score, le temps de jeu, et finalement sur ce que ce sport nous apporte et que nous ne prenons pas toujours le temps d’apprécier.

J’aurai envie de profiter de la nature qui m’entoure, sans avoir besoin de me concentrer sur les autres joueurs d’un groupe, juste me concentrer sur le fait de me sentir en paix et à l'aise dans ce cadre.

Respirer l'air frais, apprécier le paysage et le calme.

J’aimerai juste retrouver ces sensations qui me semblaient banales quand aller jouer au golf était finalement assez facile.

L’odeur de l’herbe fraîchement coupée, la rosée du matin qui blanchie les greens.

Cette rosée qui scintille, brillante comme de la neige fraîche et ralentie les putts, le bruit amical de la tondeuse du jardinier, ce bruit bien plus sympathique que celui des voisins qui pour passer le temps pendant leur confinement passent leur maudite tondeuse dans leur jardin plusieurs fois par semaine.

De tous les parcours sur lesquels j’ai eu la chance de jouer, je garde entre autre le souvenir de ces animaux qui finalement n’étaient que des accessoires, à peine distrayants dans nos parties de golf. 

Pendant toute cette période de confinement pour les humains, tous ces animaux ont du se prendre pour les maîtres des lieux, et sans doute ont ils raisons, au fond ils étaient là avant nous sur ces terrains, et dans ces bois.

J’imagine qu’ils se sont multipliés, les petits lapins de La Boulie, que les oies bernaches de Saint-Marc seront peut-être encore là avant leur migration vers le sud, que le biches des Bordes seront surprises de voir à nouveaux des golfeurs, que les cigognes seront passées par RibaGolf au Portugal, et que les iguanes auront envahie ce qui reste des fairways de Mullet Bay à Saint-Martin.

La plupart du temps, j’apprécie la compagnie et les rires qui entrent dans une partie de golf, mais en m'isolant avec uniquement une balle comme partenaire, je pourrai éviter les ennuis de ces toutes petites conversations, discussion sur l'emploi, l’économie, et des conseils de swing indésirables, et surtout ne plus entendre parler de ce virus.

Même si pendant ce premier parcours, ce n’est pas la technique qui me préoccupera, il y aura quand même quelques avantages à jouer seul, dont la possibilité de jouer plusieurs fois le même coup, soit parce que le premier n’était pas très bon, soit pour essayer de reproduire la sensation d’un bon coup.

Si je joue bien, ce qui serait surprenant après une aussi longue interruption, je pourrai sans doute facilement continuer à un bon rythme.

Si je joue mal, je pourrai prendre quelques minutes supplémentaires sur le tee suivant, ou même frapper quelques balles d'entraînements, pour m’aider à réinitialiser l'élan et remettre mon jeu sur la bonne voie.

Jouer seul élimine le désir de surpasser, d'impressionner, ou d'imiter quelqu'un d'autre.

On peut s’en tenir à sa propre stratégie sans aucune tentation de rivaliser avec les autres.

Sur les greens, garder le drapeau, cela fait des mois que l’on en parle, mais maintenant il n’y plus de débat.

Il n'y a rien à gagner à enlever le drapeau de toute façon et cette foi encore plus, et finalement, concernant les règles, rien de tout cela n'a vraiment d'importance.

Il suffira de jouer au golf ce jour là.

Sans m’inquiéter des règles, des distances, ni du nombre de clubs que j’aurai dans mon sac, et surtout pas des éventuels problèmes de swing.

Profiter du plaisir de frapper un bon coup et de sourire de ceux qui sont ratés, sans me se soucier du résultat, rien de tout cela n'aura vraiment d'importance.

J’oublierai volontairement mon téléphone dans la voiture pour oublier les réseaux sociaux, les emails, et toutes les actualités.

Juste m’accorder une pause de plaisir. Sentir les fleurs, ressentir l’herbe sous mes pieds.

Je ne sais toujours pas où j’aimerai faire ce premier parcours solo.

Certains parcours ne seront pas encore prêts à ouvrir, d’autre économiquement plus fragiles ne réouvriront peut-être pas.

Je choisirai peut être un parcours de golf qui permet de voir la mer, la mer m’aura également manquée pendant cette période de confinement qui restreint les déplacements.

Je pense à quelques parcours qui longent les côtes et m’ont donné envie d’y rejouer, comme Pléneuf-Val-André, Saint Cast, Sperone, pour apercevoir les bateaux des pécheurs et des plaisanciers sortir eux aussi de leur torpeur, ou encore au Portugal, Oitavos et Troia, pour voir à nouveau les barques des pécheurs avancer lentement sur l’Océan, et aussi pour la traversée en Ferry, qui à elle seule est un dépaysement absolu.

Ce premier parcours de golf me rappellera également mon premier vol en solo à bord d’un petit avion monomoteur.

C’était un nouveau challenge, mais je n’avais ressenti aucune crainte, uniquement cette sensation d’être au centre d’un univers bienveillant, pour peu qu’on le respecte et que l’on respecte ses règles.

Cependant, pour beaucoup d’entre nous, le golf sera toujours une expérience sociale, où le jeu est égal ou secondaire à la formation d'amitiés avec des partenaires de jeu sur le parcours ou au 19e trou.

Bien que le côté social du golf soit un atout certain, les avantages de jouer seul doivent également être pris en compte.

Si vous n'avez jamais essayé un parcours en solo, essayez à la prochaine occasion. Vous découvrirez peut-être une nouvelle passion.

Une fois ce premier parcours initiatique en solitaire passé, je serais prêt pour retrouver mes amis et de nouvelles aventures golfiques, avec des challenges, des blagues, des sourires, et le bonheur de se retrouver à nouveau au club house autour d’un verre.

J’espère pour nous tous que ce moment arrivera le plus vite possible, et nous trouvera dans la même forme, et avec le même enthousiasme pour jouer au golf, et toujours alimenter notre virus, le bon, celui pour le golf.

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Commentaires   

busseryhenri@gmail.com
0 #2 oui !busseryhenri@gmail.com 08-04-2020 17:56
je partage intégralement. j aime jouer seul , c est un autre jeu et un autre rapport a l univers de golf. mais c est vrai que j ai l ame d un solitaire mais un solitaire social et le golf permet les deux .
bonne continuation
henri
mhezkia@gmail.com
0 #1 Oh que oui !mhezkia@gmail.com 27-03-2020 21:30
Rien a rajouter !
Take care !

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