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PGA Tour : Ils swinguent de plus en plus vite, et scorent de plus en plus bas

Depuis 2016, on note un phénomène en accélération du côté des golfeurs professionnels évoluant de l’autre côté de l’Atlantique, sur le PGA Tour. A savoir, une plus grande récurrence de cartes de scores rendues sous la barre « mythique » des 60 coups. Pour rappel, la majorité des parcours du circuit professionnel se disputent sur des terrains autorisant 72 coups pour le par. Le premier golfeur qui a cassé cette barre symbolique était Al Geiberger, à l’occasion du Memphis Classic 1977. Il a fallu 14 ans à Chip Beck pour le rejoindre au cours du Las Vegas Invitational 1991. Pour seulement 11 cartes historiques sous la barre des 60 coups, 5 ont été rendues au cours des 4 dernières années ! Accélération ?

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Si les marques de matériel de golf clament toujours plus de vitesse de balle pour vendre de nouveaux drivers, elles s’appuient sur les vitesses de swings au drive de plus en plus importantes de la part des golfeurs professionnels, bien plus que les limites non repoussées de la législation sur le matériel.

Si le coefficient de restitution reste une limite fixe et invariable, depuis déjà plusieurs années, l’illusion de gains de vitesses peut être réelle quand on regarde de plus près les statistiques de vitesses de swings des 50 meilleurs sur le PGA Tour.

Attention, plus de vitesse de swing ne signifie pas automatiquement plus de distance, même si elle y contribue fortement.

Entre 2015 et 2019, sur un échantillon de plus de 180 professionnels jouant aux Etats-Unis, le gain moyen de distance au drive a été mesuré à 3,65 mètres.

Sur cette même période, pour le même échantillon, la vitesse de swing mesurée au Trackman a révélé un gain net d’environ 1 mp/h.

Pris ainsi, ce gain ne paraît pas du tout spectaculaire sur une moyenne constatée à 114 mp/h, soit 0,8% de la vitesse déployée.

En réalité, il faut s’intéresser aux golfeurs les plus rapides, et pour lesquels, les gains de vitesses sont nettement plus spectaculaires.

En 2019, et c’est un record, ils sont 25 à avoir obtenu une moyenne de vitesse de swing sur toute la saison supérieure à 120 mp/h, avec pour leader Cameron Champ, nouveau phénomène du golf mondial mesuré à 128 mp/h, une vitesse qui paraît extra---ordinaire.

On parle bien de moyenne, sachant que sa vitesse maximum a été mesurée à 135 mp/h !

En 2018, ils n’étaient que 17 dans ce club très fermé au-dessus de 120 mp/h de moyenne.

En 2015, ils n’étaient que 13.

Dans les faits, la progression des vitesses de swings est plus marquée chez les 20 meilleurs de la catégorie.

Sur 5 ans, si on se réfère à l’échantillon en ne prenant qu’à partir du 20 -ème, le gain de vitesse n’est que de 1,3 mp/h.

Ce qui est surtout spectaculaire se rapproche de cas individuel.

A lui seul, le phénomène Cameron Champ monte la moyenne du tour.

Avec 128 mp/h de moyenne, il domine le classement 2019 avec une avance de 4 mp/h sur le second Jonathan Vegas, ou même la moyenne du leader de l’an passé, Keith Mitchell, lui aussi à 124 mph.

A plus de 120 mp/h de vitesse de swing au drive, il s’agit quasiment toujours de cas individuels, qu’ils s’appellent Dustin Johnson, Bubba Watson, Rory McIlroy ou encore Phil Mickelson.

Ce qui est intéressant, c’est cette augmentation du « club des 120 » entre 2015 et 2019, ce qui tend à démontrer qu’une nouvelle catégorie de bombardiers est en train de se détacher de la meute.

Toutefois, ces gains de vitesses pourraient s’accompagner d’autres désagréments.

Phil Mickelson qui aura 50 ans l’an prochain fait toujours partie du club des bombardiers, ce qui est déjà un exploit.

Sa propension à taper des « bombes », ce qui semble l’exciter dans le jeu de golf, le conduit aussi à être bon dernier pour la moyenne des coups les plus loin du bord du fairway, avec une moyenne de 11,5 mètres.

Personne n’a fait pire que lui en 2019 !

La moyenne des joueurs a plutôt été autour de 8 mètres en dehors du fairway alors que les meilleurs se situent à 5 mètres.

Mis à part le cas spectaculaire de Phil Mickelson qui tape toujours très vite, et très loin, tout en dispersant plus que jamais, les statistiques n’indiquent pas que les gains de vitesses s’accompagnent d’une plus grande dispersion.

Pour l’ensemble des joueurs, entre 2015 et 2019, la tendance à s’écarter du fairway est restée globalement stable.

Si on prend en compte une tendance à taper plus vite, et à parcourir plus de distance, sans s’écarter plus du fairway, alors on tient une partie de l’explication de scores de plus en plus bas sur le PGA Tour.

Les gains de distances ne peuvent pas être la seule explication, sans une précision au moins maintenue à un niveau constant.

Un autre indicateur est très révélateur : Le nombre de fairways manqués par les joueurs du PGA Tour !

En moyenne, cette statistique est stable autour de seulement 4,3% sur une saison !

En 2019, le moins bon dans cet exercice, Ollie Schniederjans n’a raté en moyenne sur la saison QUE 9,3% de fairways depuis le tee de départ.

Cette statistique peut cacher des résultats très divers.

Dustin Johnson rate en moyenne 6% de fairways, mais concoure toujours pour la place de numéro un mondial ou une victoire en majeur.

A l’inverse, avec une statistique semblable, mais une moyenne de distance au drive nettement plus basse, Jordan Spieth a connu l’une de ses moins bonnes saisons.

Comme constaté depuis plusieurs années, les longs frappeurs ont pris un avantage quasi-définitif pour la victoire en tournoi. L’US Open ou le PGA Championship ont d’ailleurs consacré cette année Gary Woodland, et Brooks Koepka, des membres du « club des 120 ».

Le Masters et le British Open semblent mettre en jeu d’autres compétences, ce qui a permis à Tiger Woods et Shane Lowry de faire valoir leurs qualités, et notamment en matière de stratégie, ou de petit-jeu.

Pour scorer de plus en plus bas, à l’image de Kevin Chappell, auteur d’une carte de 59 mi-septembre, le 11eme à descendre si bas dans l’histoire du PGA Tour, driver plus loin et relativement précis facilite le jeu de golf, bien qu’à ce niveau, tout le reste du jeu est aussi exécuté avec perfection.

Pour ces joueurs, le golf se résume de plus en plus à driver loin et putter bien, quand pour les amateurs, le golf reste un jeu bien plus complexe du tee au green…

Si la moyenne de score de l’ensemble des joueurs du tour entre 2015 et 2019 n’a pas réellement bougé (70,9 coups de moyenne), la moyenne des 20 meilleurs n’ont plus (69,7 coups), en réalité, les scores exceptionnels ont tendance à légèrement augmenté (64 coups ou moins).

Les gains de distances au drive semblent être actuellement le seul moyen réellement à disposition des professionnels pour tenter de faire des différences sur le parcours.

En matière de putting, le compartiment du jeu clé pour la gagne, la moyenne de putts par partie reste globalement stable sur 5 ans, à 29 putts. En moyenne, les meilleurs ne font la différence que pour seulement 2 putts !

En 2019, le meilleur en matière de moyenne de putt la plus basse est Jordan Spieth ! C’était déjà lui en 2015 pour sensiblement la même moyenne (27,7 putts).

Numéro un mondial en août 2015, il est actuellement au-delà du trentième rang, signe que le putting ne suffit plus actuellement pour consacrer le meilleur golfeur de la planète.

Crédit photo : Shelley Lipton/Icon Sportswire

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Commentaires   

golfnswing@gmail.com
0 #1 Très intéressantgolfnswing@gmail.com 21-09-2019 22:27
Excellent article... et qui classe définitivement au chapitre des boniments,le discours des marques de golf les plus connues sur l'amélioration des performances de leurs drivers.

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