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Paige Spiranac et les GolfBabes : Une image sexy du golf sur les réseaux sociaux

Comme nous le savons, les golfeuses professionnelles peinent souvent à faire leur place dans le monde du golf, et donc à avoir autant de visibilité que les golfeurs. C’est alors par un autre biais que nous entendons parler le plus de ces golfeuses, qui sont devenues des influenceuses puissantes sur les réseaux sociaux. Un véritable business, qui repose sur le physique de ces golfeuses, et qui peut rapporter très gros, peut-être même plus que le golf féminin au niveau professionnel ? Pourquoi de plus en plus de golfeuses parient-elles plus sur leur image, que sur leurs qualités sportives ? Quels constats cela montre-t-il sur la place de la femme dans le golf ? Pour les besoins de cet article, nous avons épluché les comptes Instagram des joueuses professionnelles Paige Spiranac, Carly Booth, Maria Fassi ou encore Charley Hull.

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La collecte de données pour cet article a débuté par le phénomène le plus incontournable lorsque l’on parle d’influenceuse golf au féminin, Paige Spiranac.

Paige Spiranac est une golfeuse américaine de 28 ans. Aujourd’hui, déjà retraitée du golf professionnel, elle est devenue une véritable personnalité sur les réseaux sociaux.

Elle a étudié à l’université où elle a joué en équipe, Arizona State, puis à l’Université de San Diego.

Elle a débuté sa carrière professionnelle en 2015, et a ensuite rejoins le Cactus Tour en mai 2016, ce qui lui a permis de remporter seulement un mois plus tard, le Scottdale’s Orange Tree Country Club.

En août de la même année, elle n’a pourtant pas réussi à se qualifier pour jouer avec un statut sur le LPGA Tour, et a décidé d’arrêter sa carrière professionnelle, seulement quelques mois après avoir commencé, en 2016.

Finalement, elle est devenue plus connue pour ses images en tenue de golfeuse sexy, que pour ses résultats golfiques au plus haut niveau.

Sur sa page Instagram, cette golfeuse compte pourtant à son actif pour seulement 426 publications, 3 millions d’abonnés.

3 millions de personnes qui s’intéressent à une golfeuse qui n’a pas percée sur le tour féminin professionnel, et qui était pourtant son premier objectif ?

A titre de comparaison, sa compatriote Lexi Thompson, la meilleure joueuse américaine du moment ne compte que 488 000 abonnés pour 3256 publications.

Paula Creamer, la panthère rose, joueuse plus âgée, descend à 186 000 abonnés, et pourtant c’est une championne majeure, tout comme Michelle Wie West, phénomène des années 2010, avec 585 000 followers.

Paige Spiranac ne partage pas uniquement des photos de ses entraînements de golf…

La très grande majorité des clichés qu’elle poste touchent de près (ou de très loin parfois) au golf, mais toujours dans des tenues légères, qui mettent le plus souvent, en avant sa poitrine.

Pour vous donner une idée, un post Instagram avec une photo de Paige Spiranac fait environ 165 000 likes.

Une photo que l’on pourrait qualifier de « très sexy » (robe moulante, décolleté très subjectif) avec un club de golf à la main (ou bien sans) peut aller jusqu’à 380 000 likes.

Cependant, une photo de la joueuse se montrant en entraînement, ou lors d’une compétition ne fait « que » 150 000 likes.

A titre de comparaison, un post Instagram de Michelle Wie West pour parler d’un tournoi ne dépasse pas les 17 500 likes, soit dix fois moins, et pourtant, en carrière, la jeune maman a remporté 6 801 000 dollars sur les terrains de golf.

De son côté, Lexi Thompson, actuellement dans le top-10 mondial des meilleures joueuses du monde, cumule pratiquement 11 millions de dollars de gains en tournois, et 11 victoires.

Paige Spiranac a trouvé un autre moyen pour utiliser ses talents golfiques, et surtout les monétiser fortement.

Selon le site Golfmagic.com, en 2020, Paige Spiranac a devancé Tiger Woods et Rory McIlroy pour les gains issus des réseaux sociaux (Sports Social Media Rich List).

Pour ses 3 millions de suiveurs, Spiranac recevrait environ plus de 14 000 dollars par post, contre 11 000 dollars pour Tiger Woods et ses… 2,5 millions de suiveurs !

McIlroy qui compte 2,1 millions d’aficionados sur Instagram les monétise 10 000 dollars par message en moyenne.

En remontant sa galerie de photos, je remarque que, à ses débuts sur le réseau social, les photos étaient plus « sages » et « classiques », et surtout plus axées sur le golf.

A ce moment-là, une photo de golf standard lui apportait 22 000 likes, et une photo un peu plus « osée », sans aucun rapport avec le golf, 35 000 likes.

Miser sur ses atouts semble donc être la recette gagnante pour gagner en visibilité, et en popularité sur les réseaux sociaux.

La preuve, une courte vidéo montrant Paige Spiranac « putter » de différentes façons, dont une à l’aide de sa poitrine (qui a lui a valu un énorme buzz), a atteint 1.400.000 vues.

Serait-ce un moyen détourné pour la golfeuse d’attirer les regards sur le golf féminin, et de le faire connaître auprès du grand public ?

Cela semble en tout cas fonctionner, puisqu’on lit sous ses photos des commentaires qui disent : « Je ne regardais pas le golf féminin, mais je vais m’y mettre maintenant ! ».

De nouveaux spectateurs, certes, pas forcément passionnés de golf féminin, mais cela a le mérite de faire parler des golfeuses.

Paige Spiranac prône pour ce qu’elle appelle la « liberté des droits de la femme », et affirme dans le magazine Fortune : « Les golfeuses devraient avoir le droit de porter des décolletés. En les interdisant, la LPGA promeut des stéréotypes dépassés, et insinue que les femmes doivent se plier à la perfection du regard masculin ».

En raison de son image sulfureuse, la golfeuse a également sa communauté de détracteurs, qu’elle appelle ses « haters ». Détracteurs que l’on identifie assez facilement dans les commentaires sous ses photos, stipulant que son image ne lui permettra jamais d’être prise au sérieux dans le monde du golf.

Elle explique alors souffrir de cette image, par exemple, lors qu’une fois où elle avait voulu aider une association caritative en donnant des clubs de golf pour les enfants.

Leur réponse a été : « En raison de la façon dont les membres de notre conseil d’administration te perçoivent, nous ne pouvons accepter ton aide. »

Elle ajoute alors : « Je veux redonner à ces enfants qui n’ont rien, parce que j’ai grandi sans rien, et je ne peux même pas le faire à cause de mon décolleté. Si un gars sur le circuit porte un short au lieu d’un pantalon, c’est la fin du monde. Au golf, les gens rendent tous ces problèmes si graves alors que cela ne l’est pas… »

Carly Booth, autre golfeuse professionnelle, d’origine écossaise, a remporté trois victoires sur le Ladies European Tour.
De son côté, e aussi des suiveurs sur les réseaux sociaux, et en particulier sur Instagram où elle compte 193 000 abonnés, pour 3184 posts. On peut la qualifier d’hyper active sur ce réseau.

Après avoir parcouru ses photos, même constat que pour Paige Spiranac, une photo d’elle en lingerie fait 14 000 likes, et une photo de golf entre 1500 et 3000 likes.

A ses débuts sur Instagram, elle ne publiait d’ailleurs pas de photos en lingerie, mais simplement du golf. Cela n’était-il pas assez rentable d’être « juste » une golfeuse professionnelle « classique »?

Charley Hull, quant à elle, est une golfeuse professionnelle anglaise, qui joue à la fois sur le Ladies European Tour et le LPGA Tour, sur lesquelles elle a remporté 4 victoires.

Sa page Instagram compte 133 000 abonnés, pour 442 publications.

Une photo d’elle en maillot de bain lui rapporte 16 500 likes, mais une photo d’elle au golf, 8000 likes.

Le compte semble vite fait, il serait donc plus intéressant pour une golfeuse en termes de visibilité de s’afficher en maillot de bain, ou en tenue dénudée, qu’en situation de golf « classique », et surtout réaliste, pour nous parler de son métier ou de sa passion.

Je ne peux m’empêcher d’être interloquée par l’écart entre le réel et le virtuel que créé ces photos de golfeuses, mises en scène dans des tenues et positions tendancieuses.

Je n’ai, à titre personnel, jamais vu une golfeuse qui s’apparentait à cela sur nos parcours.

Il est vrai que la golfeuse française est, de part notre culture, plus discrète, plus classique, et peut-être plus classe.

Cependant, même aux Etats-Unis, je ne pense pas que ce type de golfeuses soit très répandu.

Autre golfeuse professionnelle bien connue sur les réseaux, la mexicaine, Maria Fassi, en contrat chez TaylorMade, et qui joue sur le LPGA Tour.

En 2020, elle a gagné le Cooper Communities NWA Classic.

Elle a 80 500 abonnés et 136 publications sur son compte Instagram.

Cette golfeuse, contrairement à celles citées précédemment, ne publie que des photos de golf « classiques » (et par conséquent, pas dénudées).

Sur ces photos, elle recense environ que « 5 000 likes » ce qui ne l’a pas empêché de devenir une des figures de proues du team TaylorMade.

Il semblerait donc que, même si elles ont un niveau assez comparable de jeu, Maria Fassi attise moins les foules que Carly Booth ou Paige Spiranac. Serait-ce en relation directe avec la sobriété des photos Instagram de Maria Fassi ?

Il est important de comprendre que, capitaliser sur leur popularité, leur visibilité et leur physique, permet aux golfeuses d’être rémunérée par les réseaux sociaux, mais aussi d’obtenir des gros contrats auprès des marques.

Par exemple, un influenceur avec plus de 50 000 abonnés, gagne à partir de 250€ pour un post sponsorisé, et cela peut aller jusqu’à plusieurs milliers d’euros.

Pour un compte à 3 millions d’abonnés (comme celui de Paige Spiranac), le post ou la story peut rapporter de 20 000 à plusieurs centaines de milliers de d’euros.

En avril 2021, la fortune de Paige Spiranac s’élèverait d’ailleurs à 3 millions de dollars. C’est moins que les 11 millions de dollars de Lexi Thompson, pro depuis 2010, et donc des gains accumulés sur 11 ans de carrière.

Spiranac, a déjà accumulé un quart de ces gains en seulement cinq ans, et aucun top-10 sur le LPGA Tour.
Afin de comparer avec un compte Instagram de golfeur, j’ai consulté le compte de Dustin Johnson, numéro un mondial du moment.

Surprise, même en étant numéro un mondial, il ne compte « qu’» 1 million d’abonnés.

Une photo de lui faisant du golf rapporte entre 30 000 et 60 000 likes, tandis qu’une photo accompagnée de sa femme, Paulina Gretsky, réalise 186 000 likes.

On est encore bien loin de Paige Spiranac avec ses 3 millions d’abonnés, et ses 380 000 likes sur un post d’elle en tenue légère.

Le golf, le grand public, les médias, s’intéresseraient-ils plus aux golfeuses si les compétitions se déroulaient dans des tenues moins standards ?

Que cela veut-il dire de notre société ? De notre vision de la femme dans le sport ?

En poussant davantage mes recherches, il existe des hashtags #golfbabes qui regroupent 405 000 publications, #golfgirl 347 000 publications, et #golfhotties 28 000 publications.

Ces trois catégories, comme vous vous en doutez, rassemblent des photos de jeunes golfeuses en mini-jupes, et autres combinaisons moulantes.

Il existe même un compte GofBombs007, suivi par 30 000 abonnés.

Le golf féminin « sexy » sur les réseaux, semble donc faire davantage parler de lui, que le golf féminin standard sur les parcours. Toutefois, ne nous méprenons pas, les golfeuses qui la jouent sexy sur les réseaux restent très crédibles d'un point de vue swing ou technique golfique.

Ce n'est donc pas une caricature de golf, mais bien une manière d'exploiter le swing d'une autre manière que celle qui consiste à faire le score le plus bas possible.

Les golfeurs ne semblent pas, pour leur part, avoir besoin de poster de tels clichés pour avoir de la visibilité dans le sport, gagner leur vie, et faire parler d’eux.

Les golfeuses seraient-elles entrain de tenter une nouvelle méthode pour compenser cette inégalité de visibilité dans le golf ?

Toutes les golfeuses professionnelles ne s’adonnent pas à ce petit jeu, à commencer par la numéro deux au Rolex Ranking, Inbee Park qui n’a pas de compte Instagram, du haut de ses 17 millions de dollars de gains en tournoi, et 21 victoires.

C’est aussi le cas de la française Céline Boutier, 27 ans, première tricolore au Rolex Ranking (62eme position) avec 1,5 millions de dollars de gains en carrière, et seulement 12 300 abonnés Instagram.

Ses posts tout à fait « normaux » ne lui rapportent pas souvent plus de 800 likes.

Crédit photo : Lyle Setter/Brian Spurlock /Scott W. Grau/ Icon Sportswire 

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Commentaires   

mhezkia@gmail.com
0 #1 Il faut choisir !mhezkia@gmail.com 03-05-2021 23:36
En fin de compte, ce genre de jeunes femmes pourraient poser avec autre chose qu'un club de golf (Raquette de tennis, ballon de foot, queue de billard) et le résultat serait le même. Le golf n'est qu'un simple prétexte à se montrer en tenue sexy. Aucun intérêt golfique. Le seul intérêt est visuel et érotique. C'est sûr qu'à ce niveau Indee Park ne peut pas lutter. Maintenant, je préfère regarder Indee dans une compétition que Page se trémousser avec un club, c'est moins joli mais sacrément plus instructif ! ;o))))) Certaines femmes se plaindront qu'elles sont considérées comme des objets ! Tout cela est amusant. Je ne connaissais pas Page, et un de mes amis m'en avait parlé avec des étoiles dans les yeux. J'ai regardé et zappé assez vite, ce n'est pas les photos de jeunes femmes encore plus jolies qui manquent sur le net. En fin de compte, je ne suis pas sûr que ça rapporte quoi que ce soit au golf, et je doute qu'un homme ou une femme se mette au golf, parce qu'une jolie fille montre ses seins avec un club dans les mains... Ca leur rapporte du fric, tant mieux pour elles...

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